jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2401981 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | UBERSCHLAG ADRIEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 juin 2024, et des mémoires complémentaires produits les 24 juin, 28 juin et 1er juillet 2024, la société Château d'Arcenay, représentée par Me Uberschlag, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision, intervenue de façon tacite, par laquelle le maire de Lacour-d'Arcenay, agissant au nom de l'Etat, ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux déposée par la communauté de commune des Terres d'Auxois, relative à l'installation d'un point d'apport volontaire des déchets recyclables sur un terrain sis place de la Chapelle, au lieudit Arcenay ;
2°) de condamner solidairement l'Etat et la commune de Lacour-d'Arcenay à lui verser la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le recours au fond est recevable dès lors que :
•la décision en litige n'ayant donné lieu à un affichage sur le terrain qu'en mai 2024 et le délai de recours contentieux ayant été interrompu par son recours gracieux du 30 mai 2024 ;
•la formalité prévue par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme a été accomplie ;
•elle justifie, en tant que propriétaire de la chapelle Saint-Martin, située au voisinage immédiat du terrain d'assiette du projet, d'un intérêt lui donnant qualité pour agir ;
- l'urgence, au demeurant présumée, est en l'espèce caractérisée, dès lors que les travaux ont débuté et, portant sur la création d'un ouvrage public, ont un caractère quasiment irréversible ;
- il est fait état de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ; en effet :
•le dossier de déclaration préalable, insincère quant à l'insertion du projet dans son environnement, ne répond donc pas aux exigences de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme ;
•alors que le terrain d'assiette du projet est une dépendance du domaine public communal, il n'est pas justifié de l'accord de l'autorité domaniale, exigé par l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme ;
•le maire est passé outre l'avis négatif de l'architecte des bâtiments de France, qui lie sa compétence ;
•la décision attaquée a été prise en violation de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.
• cette décision est entachée d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 juin 2024, le préfet de la Côte-d'Or conclut au rejet des conclusions accessoires présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- l'avis négatif explicite de l'architecte des bâtiments de France a été émis après l'expiration du délai imparti, d'où à résulté un avis tacite favorable, de sorte qu'il n'est qu'un avis simple qui n'a pu lier la compétence du maire de Lacour-d'Arcenay ;
- il s'en rapporte à la sagesse du tribunal concernant l'urgence et la légalité de la décision attaquée au regard de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;
- les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont irrecevables en tant qu'elles visent la commune, qui n'est pas partie à l'instance, et devront être rejetées au fond, dans les circonstances de l'espèce, en tant qu'elles sont dirigées contre l'Etat.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond n° 2401982, enregistrée le 19 juin 2024.
Vu :
- le code du patrimoine ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Lelong, greffière d'audience :
- le rapport de M. Zupan, juge des référés ;
- les observations de Me Uberschlag, pour la société Château d'Arcenay, qui a repris les conclusions et moyens exposés dans les mémoires visés ci-dessus.
L'instruction a été déclarée close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. La société Château d'Arcenay, demande au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision, intervenue de façon tacite et qui a donné lieu à un certificat établi le 22 janvier 2024, par laquelle le maire de Lacour-d'Arcenay, agissant au nom de l'Etat, ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux déposée le 5 octobre 2023 par la communauté de commune des Terres d'Auxois, relative à l'installation d'un point d'apport volontaire des déchets recyclables sur un terrain sis place de la Chapelle, au lieudit Arcenay.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. En premier lieu, l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme prévoit que, s'agissant de la requête en référé suspension visant un permis de construire ou une décision de non-opposition à déclaration préalable de travaux, " la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est présumée satisfaite ". Ni le préfet de la Côte-d'Or ou la communauté de commune des Terres d'Auxois, défendeurs, ni la commune de Lacour-d'Arcenay, appelée en la cause à titre d'observatrice, n'apportent en l'espèce le moindre élément de nature à lever cette présomption, le point n'étant au demeurant pas discuté. Il ne résulte pas de l'instruction, par ailleurs, que les travaux seraient achevés ou sur le point de l'être, la dalle de béton sur laquelle doivent être fixés les conteneurs, quant à eux déjà présents sur le site, n'ayant pas encore été réalisée à ce jour. Ainsi, la condition d'urgence est remplie.
4. En second lieu, les moyens tirés, d'une part, du caractère incomplet du dossier, en l'absence de pièce exprimant l'accord de l'autorité compétente pour engager la procédure d'autorisation domaniale, suivant les prévisions de l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme, d'autre part, de l'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme apparaissent, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à légalité de la décision attaquée.
5. Il doit être relevé, pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, que les autres moyens soulevés par la société requérante échouent, en l'état, à susciter un tel doute.
6. Compte tenu de tout ce qui précède, la société Château d'Arcenay est fondée à demander la suspension de l'exécution de la décision.
Sur les frais liés au litige :
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions accessoires de la société Château d'Arcenay tendant à ce que l'Etat supporte, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le remboursement des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. La commune de Lacour-d'Arcenay figurant dans la cause en qualité de simple observatrice et n'ayant donc pas la qualité de partie au litige, les conclusions présentées au même titre à son encontre ne peuvent qu'être également rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision tacite par laquelle le maire de Lacour-d'Arcenay, agissant au nom de l'Etat, ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux de la communauté de communes des Terres d'Auxois relative à l'installation d'un point d'apport volontaire sur un terrain sis place de la Chapelle est suspendue.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Château d'Arcenay, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, à la communauté de communes des Terres d'Auxois et à la commune de Lacour-d'Arcenay.
Copie en sera adressée au préfet de la Côte-d'Or et, en application de l'article L. 522-14 du code de justice administrative, au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Dijon.
Fait à Dijon, le 4 juillet 2024.
Le président du tribunal, juge des référés,
David Zupan
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026