lundi 26 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2402753 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | REFERE |
| Avocat requérant | BALIMA ROMUALD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 13 et 24 août 2024, M. A se disant M. B D, représenté par Me Balima, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 31 juillet 2024 par lequel le préfet de Saône-et-Loire l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans ;
3°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans les deux hypothèses dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
M. A se disant M. D soutient que :
* en ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence ;
- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
* en ce qui concerne l'absence de délai de départ volontaire :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
* en ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision attaquée est disproportionnée.
La requête a été régulièrement communiquée au préfet de Saône-et-Loire, qui n'a produit aucune observation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Blacher, premier conseiller, en application des dispositions de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
Le rapport de M. Blacher, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étant, ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée après appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A se disant M. D, ressortissant de nationalité algérienne né le 29 septembre 1987, déclare être entré irrégulièrement en France au mois de juillet 2023. Le 30 juillet 2024, l'intéressé a été interpellé et placé en garde à vue dans les locaux du commissariat de Mâcon pour des faits de trafic de stupéfiants, offre, cession, détention, transport et acquisition de stupéfiants. Il a, à cette occasion, fait l'objet d'une vérification de son droit au séjour. Par un arrêté du 31 juillet 2024, le préfet de Saône-et-Loire l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans. Le requérant demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ".
3. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A se disant M. D, de prononcer l'admission de l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur la formation de jugement compétente :
4. Aux termes de l'article L. 614-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 614-1, lorsque l'étranger est détenu, la décision portant obligation de quitter le territoire français ainsi que la décision relative au séjour, la décision relative au délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent, le cas échéant, peuvent être contestées devant le tribunal administratif selon la procédure prévue à l'article L. 921-1 ". Aux termes de l'article L. 921-1 du même code : " Lorsqu'une disposition du présent code prévoit qu'une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai de sept jours à compter de la notification de la décision. Sous réserve de l'article L. 921-4, il statue dans un délai de quinze jours à compter de l'introduction du recours ".
5. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la notification du 1er août 2024 de l'arrêté attaqué du 31 juillet 2024 indique qu'un délai de recours contentieux d'un mois est ouvert à son encontre. Cette mention erronée relative au délai de recours contentieux, plus favorable à son destinataire, rend recevable son recours introduit le 13 août 2024. D'autre part, l'intéressé, placé en détention préventive à l'issue de l'audience de comparution immédiate dont il a fait l'objet le 2 août 2024, est actuellement détenu au centre pénitentiaire de Varennes-le-Grand, lequel a informé le greffe du Tribunal de ce que M. A se disant M. D devait à nouveau comparaître devant le tribunal judiciaire de Mâcon le 27 août 2024 en vue de son jugement. Cette circonstance rend applicable à son recours les dispositions de l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aux termes desquelles le magistrat désigné par le président du tribunal statue dans un délai de quinze jours à compter de l'introduction du recours.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, en vertu d'un arrêté du 7 mai 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du même jour de la préfecture, le préfet de la Saône-et-Loire a donné délégation à M. C E, chef de la section éloignement au bureau des migrations et de l'intégration, à l'effet de signer notamment les arrêtés d'obligation de quitter le territoire français avec ou sans délai de départ volontaire, les arrêtés fixant le pays de renvoi et les arrêtés relatifs aux interdictions de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait et doit être écarté.
7. En deuxième lieu, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation manque en fait et doit être écarté.
8. En troisième lieu, M. A se disant M. D, qui se borne à faire valoir que la décision attaquée porte un coup d'arrêt à son projet de vie familiale dès lors que sa femme et sa fille, actuellement en Italie, avaient pour projet de le rejoindre en France, a déclaré être entré irrégulièrement en France en juillet 2023, n'a jamais entrepris aucune démarche pour régulariser sa situation et a été placé en garde à vue le 30 juillet 2024 pour des faits de trafic de stupéfiants. Dans ces conditions, le moyen tiré d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision portant obligation de quitter le territoire français sur sa situation personnelle doit être écarté.
En ce qui concerne la décision refusant un délai de départ volontaire :
9. M. A se disant M. D fait valoir qu'il est arrivé en France en juillet 2023 et qu'il préparait l'installation en France de sa femme et de sa fille. Toutefois, les circonstances ainsi alléguées ne caractérisent aucune erreur manifeste d'appréciation du préfet refusant à l'intéressé un délai de départ volontaire pour exécuter son obligation de quitter le territoire français, aux motifs que son comportement constitue une menace pour l'ordre public et qu'il présente un risque de soustraction à la mesure d'éloignement.
En ce qui concerne la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français :
10. En l'espèce, alors que l'obligation de quitter le territoire français n'est assortie d'aucun délai de départ volontaire, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé, qui déclare être entré en France en juillet 2023, s'y est maintenu irrégulièrement depuis sans effectuer aucune démarche pour régulariser sa situation. En outre, le requérant ne justifie pas d'une ancienneté et d'une particulière intensité de ses liens avec la France, dès lors qu'il déclare que sa femme et sa fille résident en Italie. Enfin, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a été placé en détention préventive pour des faits, non contestés, de trafic de stupéfiants constitutifs d'une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, alors même que l'intéressé n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, le préfet de Saône-et-Loire, en prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans, n'a pas commis d'erreur d'appréciation.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté attaqué du 31 juillet 2024 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
12. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par M. A se disant M. D au titre des frais exposés et non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : M. A se disant M. D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A se disant M. B D, au préfet de Saône-et-Loire et à Me Balima.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au bureau d'aide juridictionnelle.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 août 2024.
Le magistrat désigné,
S. Blacher La greffière,
L. Lelong
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026