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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2404194

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2404194

jeudi 3 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2404194
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantCENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Dijon a examiné les recours de M. F A contre les arrêtés du préfet de l'Yonne portant retrait de sa carte de résident, expulsion du territoire, et assignations à résidence. Le requérant invoquait notamment des erreurs d'appréciation, des vices d'incompétence, et une méconnaissance des articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Le tribunal a rejeté l'ensemble des requêtes, considérant que les moyens soulevés n'étaient pas fondés et que les décisions préfectorales étaient légalement justifiées. Les textes appliqués incluent le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les stipulations conventionnelles invoquées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, enregistrée le 13 décembre 2024 sous le n° 2404194, M. F A demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 4 décembre 2024 par lequel le préfet de l'Yonne a retiré sa carte de résident, l'a expulsé du territoire français et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'annuler l'arrêté du 10 décembre 2024 par lequel le préfet de l'Yonne l'a assigné à résidence dans le département de l'Yonne pour une durée de quarante-cinq jours.

M. A soutient que les arrêtés attaqués sont entachés d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 avril 2025, le préfet de l'Yonne, représenté par la SELARL Centaure Avocats, conclut au rejet de la requête.

Le préfet soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

II. Par une requête, enregistrée le 17 décembre 2024 sous le n° 2404227, M. F A, représenté par Me Mezghani demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 10 décembre 2024 par lequel le préfet de l'Yonne l'a assigné à résidence dans le département de l'Yonne pour une durée de quarante-cinq jours ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice d'incompétence ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur d'appréciation quant au principe même de la mesure d'assignation ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur d'appréciation quant aux modalités de contrôle de l'exécution de la mesure d'assignation à résidence ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 janvier 2025, le préfet de l'Yonne, représenté par la SELARL Centaure Avocats, conclut au rejet de la requête.

Le préfet soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

III. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 décembre 2024 et 27 mai 2025 sous le n° 2404228, M. F A, représenté par la SELURL Garcia Avocats, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 4 décembre 2024 par lequel le préfet de l'Yonne a retiré sa carte de résident, l'a expulsé du territoire français et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Yonne de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice d'incompétence ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations du 4° et du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de droit dès lors qu'il aurait dû être fait application de l'article L. 631-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur d'appréciation ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 20 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne et de l'article 7 de la directive n° 2004/38/CE du 29 avril 2004 ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 janvier 2025, le préfet de l'Yonne, représenté par la SELARL Centaure Avocats, conclut au rejet de la requête.

Le préfet soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

IV. Par une requête, enregistrée le 29 janvier 2025 sous le n° 2500302, M. F A, représenté par Me Mezghani, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 23 janvier 2025 par lequel le préfet de l'Yonne a prolongé son assignation à résidence dans le département de l'Yonne pour une durée de quarante-cinq jours ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice d'incompétence ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur d'appréciation quant au principe même de la mesure d'assignation ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur d'appréciation quant aux modalités de contrôle de l'exécution de la mesure d'assignation à résidence ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 février 2025, le préfet de l'Yonne, représenté par la SELARL Centaure Avocats, conclut au rejet de la requête.

Le préfet soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

V. Par une requête, enregistrée le 17 mars 2025 sous le n° 2500959, M. F A, représenté par la SELURL Garcia Avocats, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 13 mars 2025 par lequel le préfet de l'Yonne l'a assigné à résidence dans le département de l'Yonne pour une durée de quarante-cinq jours ;

2°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'une insuffisance de motivation ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions des articles L. 731-2 et L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- en indiquant qu'il est assigné à résidence à son lieu de résidence erroné, le préfet a méconnu les dispositions de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a entaché son arrêté d'une erreur de fait ;

- les modalités d'application de la mesure d'assignation sont disproportionnées et portent atteinte à la liberté fondamentale d'aller et venir.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 avril 2025, le préfet de l'Yonne, représenté par la SELARL Centaure Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 500 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Le préfet soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

VI. Par une requête, enregistrée au greffe de la cour administrative d'appel de Nantes le 13 mars 2025, enregistrée au tribunal administratif de Dijon sous le n° 2500979, M. F A, représenté par Me Mezghani, demande :

1°) d'annuler l'arrêté n° PREF/DCL/BMI/2025/0257 notifié le 6 mars 2025 par lequel le préfet de l'Yonne a prolongé son assignation à résidence dans le département de l'Yonne pour une durée de quarante-cinq jours ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice d'incompétence ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur d'appréciation quant au principe même de la mesure d'assignation ;

- les modalités d'application de la mesure d'assignation sont disproportionnées ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par une ordonnance du 18 mars 2025, prise sur le fondement de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, le président de la cour administrative d'appel de Nantes a transmis au tribunal administratif de Dijon le dossier de la requête de M. A.

La requête a été communiquée au préfet de l'Yonne qui n'a pas produit de mémoire en défense.

VII. Par une requête, enregistrée le 22 mars 2025 sous le n° 2501047, M. F A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 13 mars 2025 par lequel le préfet de l'Yonne l'a assigné à résidence dans le département de l'Yonne pour une durée de quarante-cinq jours.

M. A soutient que :

- l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- il ne constitue pas une menace grave à l'ordre public.

La requête a été communiquée au préfet de l'Yonne qui n'a pas produit de mémoire en défense.

VIII. Par une requête, enregistrée le 24 avril 2025 sous le n° 2501488, M. F A, représenté par la SELURL Garcia avocats, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 23 avril 2025 par lequel le préfet de l'Yonne a prolongé son assignation à résidence dans le département de l'Yonne pour une durée de quarante-cinq jours ;

2°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'une insuffisance de motivation ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions des articles L. 731-2 et L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- en indiquant qu'il est assigné à résidence dans un lieu erroné, le préfet a méconnu les dispositions de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a entaché son arrêté d'une erreur de fait ;

- les modalités d'application de la mesure d'assignation sont disproportionnées et portent atteinte à la liberté fondamentale d'aller et venir.

La requête a été communiquée au préfet de l'Yonne qui n'a pas produit de mémoire en défense.

IX. Par une requête, enregistrée le 2 juin 2025 sous le n° 2501913, M. F A, représenté par la SELURL Garcia Avocats, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 26 mai 2025 par laquelle le préfet de l'Yonne a prolongé son assignation à résidence dans le département de l'Yonne pour une durée de quarante-cinq jours ;

2°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'une insuffisance de motivation ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions des articles L. 731-2 et L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- en indiquant qu'il est assigné à résidence dans un lieu de résidence erroné, le préfet a méconnu les dispositions de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a entaché son arrêté d'une erreur de fait ;

- les modalités d'application de la mesure d'assignation sont disproportionnées et portent atteinte à la liberté fondamentale d'aller et venir.

Le 11 juin 2025, postérieurement à la clôture d'instruction, le préfet de l'Yonne a produit un mémoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne ;

- la directive n°2004/38/CE du Parlement européen et du conseil du 29 avril 2004 relative au droit des citoyens de l'Union et des membres de leurs familles de circuler et de séjourner librement sur le territoire des États membres ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code pénal ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bois,

- les conclusions de M. D,

- et les observations de Me Garcia, représentant M. A, et de Me Rannou, substitué par Me Potterie, représentant le préfet de l'Yonne.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant algérien né en 1987 et entré en France en 2010, a bénéficié d'un certificat de résidence d'une durée d'un an entre 2016 et 2017. Depuis le 20 avril 2017, il était titulaire d'un certificat de résidence algérien d'une durée de dix ans en qualité de parent d'enfant français. Par un arrêté du 4 décembre 2024, le préfet de l'Yonne a décidé de retirer son certificat de résidence, l'a expulsé du territoire français et a fixé le pays de renvoi. Par un arrêté du 10 décembre 2024, le préfet de l'Yonne l'a assigné à résidence dans le département de l'Yonne pour une durée de quarante-cinq jours. Cette mesure d'assignation à résidence a été prolongée à deux reprises pour la même durée et par la même autorité par un arrêté du 23 janvier 2025 et un arrêté notifié le 6 mars 2025. L'intéressé, interpellé à Melun, a ensuite été placé en rétention administrative au centre de rétention administrative de Vincennes entre le 9 et le 12 mars 2025 par un arrêté du préfet de Seine-et-Marne du 9 mars 2025. Son placement en rétention a été prolongé jusqu'au 13 mars 2025, date à laquelle le juge de la liberté et de la détention a annulé la décision de prolongation. Par un arrêté du 13 mars 2025, le préfet de l'Yonne l'a assigné à résidence dans le département de l'Yonne pour une durée de quarante-cinq jours. Cette mesure d'assignation a été prolongé à deux reprises pour la même durée par la même autorité par des arrêtés du 23 avril 2025 et du 26 mai 2025.

2. Par des requêtes nos 2404194, 2404227, 2404228, 2500302, 2500959, 2500979, 2501047, 2501488 et 2501913, qu'il y a lieu de joindre pour statuer par un seul jugement, M. A demande au tribunal d'annuler les arrêtés du 4 décembre 2024, du 10 décembre 2024 et du 23 janvier 2025, l'arrêté notifié le 6 mars 2025, l'arrêté du 13 mars 2025, l'arrêté du 23 avril 2025 ainsi que l'arrêté du 26 mai 2025.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre l'arrêté du 4 décembre 2024 portant retrait de carte de résident, expulsion du territoire français et décision fixant le pays de renvoi :

3. En premier lieu, par un arrêté du 14 septembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du même jour, le préfet de l'Yonne a donné délégation à Mme G I, sous-préfète, secrétaire générale de la préfecture de l'Yonne à l'effet de signer tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'État dans le département, à l'exception d'actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions de retrait de titre de séjour, les mesures d'expulsion, les décisions fixant le pays de renvoi et les mesures d'assignation à résidence. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteure de l'arrêté attaqué doit dès lors être écarté.

4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de l'Yonne aurait omis de procéder à un examen personnalisé de la situation de M. A et n'aurait pas pris en compte les éléments relatifs à sa situation personnelle avant d'édicter l'arrêté attaqué.

5. En troisième lieu, en l'absence de décision de rejet d'une demande de certificat de résidence, le requérant ne peut pas utilement se prévaloir des stipulations du 4° et du 5° de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.

6. En quatrième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut décider d'expulser un étranger lorsque sa présence en France constitue une menace grave pour l'ordre public, sous réserve des conditions propres aux étrangers mentionnés aux articles L. 631-2 et L. 631-3 ". L'article L. 631-2 du même code dispose que : " Ne peut faire l'objet d'une décision d'expulsion que si elle constitue une nécessité impérieuse pour la sûreté de l'Etat ou la sécurité publique et sous réserve que l'article L. 631-3 n'y fasse pas obstacle : / 1° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins un an (). Par dérogation au présent article, peut faire l'objet d'une décision d'expulsion en application de l'article L. 631-1 l'étranger mentionné aux 1° à 4° du présent article lorsqu'il a déjà fait l'objet d'une condamnation définitive pour des crimes ou des délits punis de trois ans ou plus d'emprisonnement () ".

7. D'autre part, aux termes de l'article 311-4 du code pénal : " Le vol est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 d'amende : / 1° Lorsqu'il est commis par plusieurs personnes agissant en qualité d'auteur ou de complice, sans qu'elles constituent une bande organisée ; () 6° Lorsqu'il est commis dans un local d'habitation (). Les peines sont portées à sept ans d'emprisonnement () lorsque le vol est commis dans deux circonstances prévues par le présent article () ". L'article 121-4 de ce code dispose que : " Est auteur de l'infraction la personne qui : () 2° Tente de commettre un crime ou, dans les cas prévus par la loi, un délit ". L'article 121-5 du même code prévoit que : " La tentative est constituée dès lors que, manifestée par un commencement d'exécution, elle n'a été suspendue ou n'a manqué son effet qu'en raison de circonstances indépendantes de la volonté de son auteur ".

8. Il ressort des pièces du dossier que M. A a notamment été définitivement condamné à une peine ferme de huit mois d'emprisonnement pour des faits de tentative de vol aggravé par deux circonstances par un jugement correctionnel du 10 juillet 2023 prononcé par le tribunal judiciaire d'Auxerre, faits susceptibles d'être punis d'une peine de sept années d'emprisonnement. Dans ces conditions, en estimant que l'intéressé pouvait se voir appliquer les dispositions de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile -et non celles de l'article L. 631-2-, le préfet de l'Yonne n'a pas entaché son arrêté d'une erreur de droit. Le moyen invoqué à ce titre doit dès lors être écarté.

9. En cinquième lieu, il ressort des pièces du dossier qu'en plus de la condamnation, mentionnée au point 8, dont il a fait l'objet pour des faits commis en récidive d'une précédente condamnation prononcée le 29 juin 2021, M. A a fait l'objet d'une condamnation à six mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits de recel par un jugement du tribunal judiciaire de Cergy-Pontoise le 1er septembre 2021, à quatre mois d'emprisonnement avec sursis pour avoir conduit un véhicule terrestre à moteur sous l'empire d'un état alcoolique avec usage de stupéfiants par un jugement du tribunal judiciaire d'Auxerre du 20 mars 2023 et à trois mois de détention à domicile sous surveillance électronique pour refus d'obtempérer à une sommation de s'arrêter par un jugement de la même juridiction du 14 novembre 2023. M. A a été écroué à la maison d'arrêt d'Auxerre entre le 16 mai et le 2 juillet 2024 puis placé sous surveillance électronique à compter du 5 août 2024 jusqu'à sa libération prévue le 19 mai 2025. Compte tenu du nombre de condamnations dont il fait l'objet, récentes et, pour certaines, commises en récidive, et de leur gravité, M. A doit être regardé comme constituant une menace grave pour l'ordre public. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.

10. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

11. Le requérant fait valoir qu'il réside en France depuis 2010, que son fils, mineur et français, le jeune B né en 2015, avec lequel il entretient des liens importants, réside également sur le territoire français, qu'il vit en situation de concubinage avec Mme H depuis 2023, qu'il pourvoit à l'éducation des deux enfants de cette dernière, qu'il dispose d'un logement fixe et d'un emploi stable. Toutefois, tout d'abord, comme il a été dit aux points 8 et 9, M. A a déjà été condamné à six reprises pour des délits, dont des tentatives de vol aggravées par deux circonstances commises en 2023 et constitue une menace grave à l'ordre public. Ensuite, l'intéressé n'établit pas être dépourvu de tout lien avec son pays d'origine où il a vécu la majeure partie de sa vie. Enfin, d'une part, si l'intéressé dispose d'un droit de visite auprès de son fils, le week-end, la résidence habituelle de ce dernier a été fixée au domicile de la mère et en dehors du jugement prononcé par la juge aux affaires familiales le 4 janvier 2024 et de la justification du versement d'une pension alimentaire en application de ce jugement, l'intéressé ne produit aucune pièce tendant à démontrer un lien affectif significatif avec son fils, les attestations produites par ce dernier de voisins ou de la famille de sa concubine restant peu circonstanciées et produites pour les besoins de la cause et les factures produites restant insuffisantes. Par ailleurs, la production d'une seule attestation de Mme H est insuffisante pour établir une situation de concubinage ancienne et stable ainsi que des liens significatifs avec les enfants de cette dernière. D'autre part, si l'intéressé a notamment occupé un emploi à durée indéterminée entre 2017 et février 2024 en qualité de cariste, il n'établit pas, par la réalisation de missions intérimaires ou des contrats à durée déterminée de faible durée, détenir un emploi stable. Dans ces conditions, et eu égard au parcours délinquant de l'intéressé, l'arrêté attaqué n'a pas, dans les circonstances particulières de l'espèce, porté au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Le préfet de l'Yonne n'a pas davantage entaché l'arrêté attaqué d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé.

12. En septième lieu, aux termes de l'article 20 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne : " 1. Il est institué une citoyenneté de l'Union. Est citoyen de l'Union toute personne ayant la nationalité d'un Etat membre. La citoyenneté de l'Union s'ajoute à la citoyenneté nationale et ne la remplace pas. / 2. Les citoyens de l'Union jouissent des droits et sont soumis aux devoirs prévus par les traités. Ils ont, entre autres : / a) le droit de circuler et de séjourner librement sur le territoire des Etats membres () ". La directive n° 2004/38/CE a été notamment transposée en droit interne français aux articles L. 233-1 et L. 200-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Aux termes de l'article L. 233-1 du même code : " " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : () 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie () 4° Ils sont membres de famille accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne qui satisfaisait aux conditions énoncées aux 1° ou 2° () ". L'article L. 200-4 de ce code prévoit que : " Par membre de famille d'un citoyen de l'Union européenne, on entend le ressortissant étranger, quelle que soit sa nationalité, qui relève d'une des situations suivantes : () 4° Ascendant direct à charge du citoyen de l'Union européenne ou de son conjoint ".

13. Compte tenu de ce qui a été dit au point 11 et alors que M. A n'établit pas être un " ascendant direct " à charge de son fils B disposant de ressources suffisantes ou exerçant une activité professionnelle, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 20 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne et de la " directive n°2004-38/CE du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 " doit en tout état de cause être écarté.

14. En huitième lieu, l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant stipule que : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

15. Compte tenu de ce qui a été dit aux points 8, 9 et 11, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

16. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

17. M. A n'établit ni même n'allègue qu'il existerait des risques particuliers en cas de retour dans son pays d'origine. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre l'arrêté du 10 décembre 2024 portant assignation à résidence :

18. En premier lieu, par un arrêté du 14 septembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du même jour du département de l'Yonne, le préfet de l'Yonne a donné délégation à Mme E, sous-préfète, directrice de cabinet du préfet de l'Yonne, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme I, sous-préfète et secrétaire générale de la préfecture de l'Yonne, à l'effet de signer tous arrêtés relevant des attributions de l'État dans le département, à l'exception des réquisitions à comptable et des arrêtés de conflits. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme I n'aurait pas été absente ou empêchée le jour de la signature de l'arrêté en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.

19. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de l'Yonne aurait omis de procéder à un examen personnalisé de la situation de M. A et n'aurait pas pris en compte les éléments relatifs à sa situation personnelle avant d'édicter la mesure d'assignation à résidence.

20. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : () 6° L'étranger fait l'objet d'une décision d'expulsion () ".

21. Il ressort des pièces du dossier que l'éloignement de M. A, qui est détenteur d'un passeport algérien en cours de validité, demeure une perspective raisonnable même si l'intéressé ne peut pas quitter immédiatement le territoire français en raison du temps requis pour l'organisation matérielle de son éloignement et, en particulier, du délai nécessaire pour obtenir une autorisation délivrée par les autorités algériennes. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit dès lors être écarté.

22. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie () ". L'article R. 733-1 du même code prévoit que : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ".

23. En se bornant à indiquer que l'exercice de son travail nécessite une mobilité hors du département de l'Yonne, M. A, qui est domicilié sur le territoire de la commune d'Avallon, n'établit pas être dans l'impossibilité de se rendre quotidiennement du lundi au vendredi à 8h aux services de gendarmerie d'Avallon et de demeurer à son domicile les mêmes jours entre 6h et 8h. Les modalités d'application de la mesure d'assignation ne sont dès lors pas disproportionnées.

24. En cinquième lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 11 et alors que l'arrêté attaqué ne vise pas à éloigner le requérant du territoire, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit en tout état de cause être écarté. Pour le même motif, le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la mesure d'assignation à résidence sur la situation personnelle du requérant doit être écarté.

25. En dernier lieu, M. A ne peut pas utilement se prévaloir de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits et des libertés fondamentales à l'encontre d'une mesure d'assignation à résidence.

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre l'arrêté du 23 janvier 2025 portant première prolongation d'assignation à résidence :

26. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 3, le moyen tiré du vice d'incompétence doit être écarté.

27. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de l'Yonne aurait omis de procéder à un examen personnalisé de la situation de M. A et n'aurait pas pris en compte les éléments relatifs à sa situation personnelle avant d'édicter la mesure de prolongation d'assignation à résidence.

28. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 732-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. / Elle est renouvelable deux fois dans la même limite de durée ".

29. Pour les mêmes motifs que ceux qui ont été énoncés au point 21, le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 731-1 et L. 732-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

30. En quatrième lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 23 et alors que l'intéressé ne justifie pas à la date de l'arrêté attaqué de l'exercice d'une activité professionnelle, les modalités d'application de la mesure d'assignation fixées le 3 janvier 2025 ne sont en l'espèce pas disproportionnées.

31. En cinquième lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 9 et 11, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit en tout état de cause être écarté. Pour le même motif, le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la mesure d'assignation à résidence sur la situation personnelle du requérant doit être écarté.

32. En dernier lieu, M. A ne peut pas utilement se prévaloir de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre de la mesure d'assignation à résidence.

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre l'arrêté notifié le 6 mars 2025 portant seconde prolongation d'assignation à résidence :

33. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 3, le moyen tiré du vice d'incompétence doit être écarté.

34. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de l'Yonne aurait omis de procéder à un examen personnalisé de la situation de M. A et n'aurait pas pris en compte les éléments relatifs à sa situation personnelle avant d'édicter la mesure de prolongation d'assignation à résidence.

35. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 732-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. / Elle est renouvelable deux fois dans la même limite de durée ".

36. Pour les mêmes motifs que ceux qui ont été énoncés au point 21, le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 731-1 et L. 732-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

37. En quatrième lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 23 et alors que l'intéressé ne justifie pas à la date de l'arrêté attaqué de l'exercice d'une activité professionnelle, les modalités d'application de la mesure d'assignation fixées dans l'arrêté notifié le 6 mars 2025 ne sont en l'espèce pas disproportionnées.

38. En cinquième lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 9 et 11, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit en tout état de cause être écarté. Pour le même motif, le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la mesure d'assignation à résidence sur la situation personnelle du requérant doit être écarté.

39. En dernier lieu, M. A ne peut pas utilement se prévaloir de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre de la mesure d'assignation à résidence.

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre l'arrêté du 13 mars 2025 portant assignation à résidence :

40. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, n'a pas méconnu les dispositions combinées de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.

41. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de l'Yonne aurait omis de procéder à un examen personnalisé de la situation de M. A et n'aurait pas pris en compte les éléments relatifs à sa situation personnelle avant d'édicter la mesure d'assignation à résidence.

42. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : () 6° L'étranger fait l'objet d'une décision d'expulsion () ".

43. En dépit d'une erreur de plume, la mesure d'assignation à résidence doit être regardée, comme ayant été prise sur le fondement des dispositions du 6° et du premier alinéa de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'intéressé ayant fait l'objet d'une mesure d'expulsion et, comme il a été dit au point 21, compte tenu du délai d'organisation matérielle de son éloignement, le préfet de l'Yonne pouvait, à l'issue de la mesure de rétention dont il a fait l'objet, assigner M. A à résidence pour une nouvelle période initiale de quarante-cinq jours sur le fondement du 6° l'article L. 731-1. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit dès lors être écarté.

44. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 731-2 de code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger assigné à résidence en application de l'article L.731-1 peut être placé en rétention en application de l'article L. 741-1, lorsqu'il ne présente plus de garanties de représentation effectives propres à prévenir un risque de soustraction à l'exécution de la décision d'éloignement apprécié selon les mêmes critères que ceux prévus à l'article L. 612-3 () ". Le premier alinéa de l'article L. 751-2 du même code dispose que : " L'étranger qui fait l'objet d'une requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge peut être assigné à résidence par l'autorité administrative pour le temps strictement nécessaire à la détermination de l'Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile ".

45. M. A ne peut pas utilement se prévaloir d'une méconnaissance des dispositions des articles L. 731-2 et L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans le cadre d'un recours dirigé contre une mesure d'assignation à résidence prise sur le fondement d'une décision d'expulsion.

46. En cinquième lieu, en assignant à résidence, dans le département de l'Yonne, M. A, lequel est domicilié sur le territoire de la commune d'Avallon, et en lui demandant de se présenter tous les jours, à 9h, aux services de gendarmerie d'Avallon et de demeurer à son domicile entre 6h et 8h et de 16h à minuit, le préfet de l'Yonne n'a en l'espèce pas édicté des modalités d'application de la mesure d'assignation disproportionnées. Les moyens tirés de la violation de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur de fait doivent dès lors être écartés. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'atteinte à la liberté d'aller et venir doit être écarté.

47. En sixième lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 9 et 11, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit en tout état de cause être écarté. Pour le même motif, le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la mesure d'assignation à résidence sur la situation personnelle du requérant doit être écarté.

48. En dernier lieu, M. A ne peut pas utilement se prévaloir de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre de la mesure d'assignation à résidence.

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre l'arrêté du 23 avril 2025 portant prolongation d'assignation à résidence :

49. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, n'a pas méconnu les dispositions combinées de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.

50. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de l'Yonne aurait omis de procéder à un examen personnalisé de la situation de M. A et n'aurait pas pris en compte les éléments relatifs à sa situation personnelle avant d'édicter la mesure de prolongation d'assignation à résidence.

51. En troisième lieu, l'intéressé ayant fait l'objet d'une mesure d'expulsion et, comme il a été dit au point 21 compte tenu du délai d'organisation matérielle de son éloignement, le préfet de l'Yonne pouvait, à l'issue de la mesure de rétention et de l'assignation à résidence dont il a fait l'objet, prolonger l'assignation à résidence de M. A à résidence d'une durée de quarante-cinq jours sur le fondement des dispositions des articles L. 731-1 et L. 732-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sans entacher son arrêté d'une erreur de droit ou d'une erreur d'appréciation.

52. En quatrième lieu, comme il a été dit au point 45, M. A ne peut pas utilement se prévaloir des dispositions des articles L. 731-2 et L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

53. En cinquième lieu, contrairement à ce qu'il fait valoir, M. A justifie lui-même, par la production d'un bail d'habitation, résider dans le département de l'Yonne à la date de l'arrêté attaqué. Le moyen tiré de l'erreur de fait doit dès lors être écarté.

54. En dernier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 23 et de ce que l'intéressé ne justifie pas, à la date de l'arrêté attaqué, exercer une activité professionnelle, le moyen tiré de ce que les modalités de contrôle de l'exécution de la mesure d'assignation à résidence -lesquelles prévoient une obligation de pointage chaque jour de la semaine à 8h et les dimanches et jours fériés à 9h aux services de gendarmerie d'Avallon- seraient disproportionnées doit être écarté. Pour le même motif, le moyen tiré de l'atteinte à la liberté d'aller et venir doit être écarté.

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre l'arrêté du 26 mai 2025 portant seconde prolongation d'assignation à résidence :

55. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, n'a pas méconnu les dispositions combinées de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.

56. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de l'Yonne aurait omis de procéder à un examen personnalisé de la situation de M. A et n'aurait pas pris en compte les éléments relatifs à sa situation personnelle avant d'édicter la mesure de prolongation d'assignation à résidence.

57. En troisième lieu, l'intéressé ayant fait l'objet d'une mesure d'expulsion et, comme il a été dit au point 23, compte tenu du délai d'organisation matérielle de son éloignement, le préfet de l'Yonne pouvait, à l'issue de la mesure de rétention et de l'assignation à résidence dont il a fait l'objet, prolonger une deuxième fois l'assignation à résidence de M. A à résidence d'une durée de quarante-cinq jours sur le fondement des dispositions des articles L. 731-1 et L. 732-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sans entacher son arrêté d'une erreur de droit ou d'une erreur d'appréciation.

58. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux qui ont été énoncés au point 45, M. A ne peut pas utilement se prévaloir des dispositions des articles L. 731-2 et L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

59. En cinquième lieu, contrairement à ce qu'il fait valoir dans sa requête, M. A justifie lui-même, par la production d'un bail d'habitation, résider dans le département de l'Yonne à la date de l'arrêté attaqué. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur de fait doivent dès lors être écartés.

60. En dernier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 23 et de ce que l'intéressé ne justifie pas, à la date de l'arrêté attaqué, exercer une activité professionnelle, le moyen tiré de ce que les modalités de contrôle de l'exécution de la mesure d'assignation à résidence -lesquelles prévoient une obligation de pointage chaque jour de la semaine à 8h et les dimanches et jours fériés à 9h aux services de gendarmerie d'Avallon- seraient disproportionnées doit être écarté. Pour le même motif, le moyen tiré de l'atteinte à la liberté d'aller et venir doit être écarté.

61. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés attaqués. Ses conclusions à fin d'annulation doivent par suite être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

62. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A, n'implique, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par le requérant doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

63. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas dans les présentes instances la partie perdante, le versement des sommes que demande M. A au titre des frais qu'il a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.

64. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme que demande le préfet de l'Yonne au titre des frais qu'il a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.

DECIDE :

Article 1er : Les requêtes nos 2404194, 2404227, 2404228, 2500302, 2500959, 2500979, 2501047, 2501488 et 2501913 sont rejetées.

Article 2 : Les conclusions présentées par le préfet de l'Yonne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F A et au préfet de l'Yonne.

Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 12 juin 2025 à laquelle siégeaient :

- M. Boissy, président,

- Mme Desseix, première conseillère,

- Mme Bois, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2025.

La rapporteure,

C. BoisLe président,

L. BoissyLa greffière,

M. C

La République mande et ordonne au préfet de l'Yonne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière

Nos 2404194, 2404227, 2404228, 2500302, 2500959, 2500979, 2501047, 2501488, 2501913

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01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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