Le Tribunal Administratif de Dijon a été saisi par M. A... B... d’un recours pour excès de pouvoir contre le rejet implicite de sa demande de renouvellement de titre de séjour. En cours d’instance, le préfet de la Côte-d’Or a délivré à l’intéressé une carte de résident valable jusqu’en 2035, rendant sans objet les conclusions en annulation et injonction. Sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, le tribunal constate un non-lieu à statuer sur ces conclusions. Il rejette toutefois la demande de frais irrépétibles présentée au titre de l’article L. 761-1 du même code et de la loi du 10 juillet 1991.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 18 juin 2025 et le 22 janvier 2026, M. C... A... B..., représenté par Me Si Hassen, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision par laquelle le préfet de la Côte-d’Or a implicitement rejeté sa demande de renouvellement de son titre de séjour ;
2°) d’enjoindre au préfet de la Côte-d’Or de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle dans un délai d’un mois à compter de la notification de la décision juridictionnelle et, à défaut, dans ce même délai, de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l’État une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 janvier 2026, le préfet de la Côte-d’Or informe le tribunal que, le 1er août 2025, il a délivré la carte de résident sollicitée et conclut au non-lieu à statuer.
Par une décision du 10 mars 2025, M. A... B... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (...) les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : / 3 Constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête ; (…) 5° Statuer sur les requêtes qui ne présente plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l’article L. 761-1 ou la charge des dépens (…) ».
2. Le 1er août 2025, le préfet de la Côte-d’Or a délivré à M. A... B... une carte de résident valable jusqu’au 20 mai 2035. Les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction présentées par le requérant sont dès lors devenues sans objet.
3. M. A... B... a obtenu le bénéfice de l’aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il n’y a toutefois pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’État le versement de la somme demandée par la requérante au titre de ces dispositions.
ORDONNE :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction présentées par M. A... B....
Article 2 : Les conclusions présentées par M. A... B... sont rejetées pour le surplus.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... A... B..., au préfet de la Côte-d’Or et à Me Si Hassen.
Une copie de cette ordonnance sera transmise, pour information, au ministre de l’intérieur.
Fait à Dijon le 5 février 2026.
Le président de la 3ème chambre,
L. Boissy
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d’Or, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier