LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2504028

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2504028

jeudi 5 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2504028
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantBEN HADJ YOUNES SANA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Dijon a rejeté la requête de Mme F..., ressortissante congolaise, qui contestait l'arrêté préfectoral du 22 septembre 2025 lui faisant obligation de quitter le territoire français. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence, d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation concernant l'obligation de quitter le territoire, en raison de l'absence d'attaches personnelles et professionnelles en France et de la présence de ses enfants au Congo. La décision fixant le pays de destination a été jugée légale, la requérante n'ayant pas démontré de risques personnels et actuels de traitements contraires à l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme. En conséquence, l'interdiction de retour d'un an a également été confirmée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 octobre 2025, Mme A... H... représentée par Me Ben Hadj Younès demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 22 septembre 2025 par lequel le préfet de Saône-et-Loire, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d’un an ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

S’agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d’erreur manifeste d’appréciation ;
- elle est entachée d’une erreur de droit dès lors que le préfet s’est cru, à tort, en situation de compétence liée.


S’agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle devra être annulée par voie de conséquence de l’annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- il y a violation des stipulations de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

S’agissant de la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle devra être annulée par voie de conséquence de l’annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d’une erreur d’appréciation.

Des pièces enregistrées le 28 octobre 2025 ont été produites par le préfet de Saône-et-Loire.

Par une ordonnance du 29 octobre 2025, la clôture d'instruction a été fixée au 17 novembre 2025.

Par une décision du 10 novembre 2025, Mme F... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

La rapporteure publique a été dispensée de prononcer des conclusions à l’audience, sur sa proposition.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l’audience.

Le rapport de M. B... a été seul entendu au cours de l’audience publique, les parties n’étant ni présentes ni représentées.


Considérant ce qui suit :

Mme F..., ressortissante de la République du Congo née le 23 août 1989, est entrée en France le 22 juillet 2024 et y a sollicité l’asile. Sa demande, a été rejetée par une décision de l’office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 30 janvier 2025 confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d’asile du 8 juillet 2025. Par la présente requête, Mme F... demande au tribunal d’annuler l’arrêté du 22 septembre 2025 par lequel le préfet de Saône-et-Loire, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d’un an.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

2. En premier lieu, par un arrêté du 25 août 2025, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du même jour, le préfet de Saône-et-Loire a délégué sa signature à Mme C... D..., directrice de la citoyenneté et de la légalité, à l’effet de signer la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l’incompétence de la signataire de la décision en litige, qui manque en fait, doit être écarté.

3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, et en particulier des termes de l’arrêté du 22 septembre 2025 qui confirme qu’il a été procédé à un examen particulier de la situation de la requérante, que le préfet de Saône-et-Loire se serait estimé en situation de compétence liée vis-à-vis des décisions de l’OFPRA et de la Cour nationale du droit d’asile. L’erreur de droit alléguée à ce titre doit par suite être écartée.

4. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme F... ne résidait en France que depuis un an à la date de la décision contestée. Par ailleurs, elle ne justifie d’aucune attache privée sur le territoire français et n’y est intégrée ni socialement ni professionnellement. Enfin, elle n’est pas isolée dans son pays d’origine, où, ainsi que cela ressort des mentions non contestées de l’arrêté attaqué, résident, notamment, ses deux enfants et où elle a vécu elle-même pendant trente-cinq ans. Par suite, en faisant obligation à la requérante de quitter le territoire français, le préfet de Saône-et-Loire n’a pas entaché sa décision d’une erreur manifeste dans l’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le pays de destination :


5. En premier lieu, l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire n’ayant pas été établie, la requérante n’est pas fondée à exciper de son illégalité à l’encontre de la décision fixant le pays de destination.

6. En second lieu, aux termes de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ».

7. Mme F... soutient qu’en cas de retour dans son pays d’origine, elle serait exposée, à des risques d’atteintes à son intégrité physique. Toutefois, elle ne verse à l’instance aucune pièce de nature à établir la réalité et l’actualité des mauvais traitements allégués. D’ailleurs, ainsi que cela a été rappelé au point 1 du jugement, sa demande d’asile a été rejetée par l’OFPRA et la Cour nationale du droit d’asile. Dans ces conditions, le préfet de Saône-et-Loire, n’a pas méconnu les stipulations précitées en fixant comme pays de renvoi la République du Congo.

En ce qui concerne la légalité de la décision d’interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d’un an :

8. En premier lieu, l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire n’ayant pas été établie, la requérante n’est pas fondée à exciper de son illégalité à l’encontre de la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d’un an.
9. En second lieu, en vertu des dispositions combinées des articles L. 612‑8 et L. 612-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, lorsqu’un délai de départ volontaire a été accordé à l’étranger, l’autorité administrative, par une décision motivée, peut assortir l’obligation de quitter le territoire français d’une interdiction de retour sur le territoire français, d’une durée maximale de cinq ans à compter de l’exécution de l’obligation de quitter le territoire français, en tenant compte de la durée de présence de l’étranger sur le territoire français, de la nature et de l’ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu’il a déjà fait l’objet ou non d’une mesure d’éloignement et de la menace pour l’ordre public que représente sa présence sur le territoire français.
10. Compte tenu de ce qui a été dit au point 4, et en particulier de l’arrivée récente de Mme F... en France et de son absence de liens personnels et familiaux sur le territoire, le préfet de Saône-et-Loire n’a pas commis d’erreur d’appréciation en décidant de prononcer à l’encontre de l’intéressée une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée d’un an.
11. Il résulte de tout ce qui précède que Mme F... n’est pas fondée à demander l’annulation de l’arrêté du 22 septembre 2025 par lequel le préfet de Saône-et-Loire, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d’un an.

Sur les frais liés au litige :

12. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l’Etat, qui n’est pas, dans la présente instance, la partie perdante, quelque somme que ce soit au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

DÉCIDE :


Article 1er : La requête de Mme F... est rejetée.


Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... G..., au préfet de Saône-et-Loire et à Me Ben Hadj Younès.

Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur.

Délibéré après l'audience du 15 janvier 2026, à laquelle siégeaient :

M. Olivier Rousset, président,
Mme Céline Frey, première conseillère,
Mme Valérie Zancanaro, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 février 2026.


Le président-rapporteur,





O. B...La conseillère première assesseure,





C. Frey

La greffière,





M. E...



La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition,
La greffière,


Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions