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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2504287

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2504287

vendredi 16 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2504287
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Dijon a rejeté la requête de Mme A... B... contestant un arrêté préfectoral du 6 novembre 2025 l’expulsant d’un logement occupé illicitement. La requérante n’a présenté aucun moyen juridique valable, se limitant à des affirmations de fait insuffisantes, et n’a pas régularisé sa requête dans le délai de recours. L’ordonnance se fonde sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative pour irrecevabilité manifeste, ainsi que sur la loi du 27 juillet 2023 relative à la protection des logements contre l’occupation illicite.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 novembre 2025, Mme A... B... demande au tribunal d’« examiner sa situation » à la suite de l’« avis d’expulsion » qu’elle a reçue.

La requérante soutient qu’elle « vit depuis cinq ans dans une maison mise en quarantaine » et qu’elle l’a « trouvée en ruine ».

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’urbanisme ;
- la loi n°2007-290 du 5 mars 2007 instituant le droit au logement opposable et portant diverses mesures en faveur de la cohésion sociale ;
- la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 visant à protéger les logements contre l’occupation illicite ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (...) les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (…) 7° Rejeter, après l’expiration du délai de recours (…), les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé (…)».

2. Aux termes de l’article R. 411-1 du code de justice administrative : « La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l’exposé des faits et moyens, ainsi que l’énoncé des conclusions soumises au juge. / L’auteur d’une requête ne contenant l’exposé d’aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d’un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu’à l’expiration du délai de recours ».

3. Aux termes de l’article 38 de la loi n° 2007-290 du 5 mars 2007, dans sa rédaction résultant de l’article 5 de la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 : « En cas d’introduction et de maintien dans le domicile d’autrui, qu’il s’agisse ou non de sa résidence principale, ou dans un local à usage d’habitation à l’aide de manœuvres, menaces, voies de fait ou de contrainte, la personne dont le domicile est ainsi occupé, toute personne agissant dans l’intérêt et pour le compte de celle-ci ou le propriétaire du local occupé peut demander au représentant de l’État dans le département de mettre en demeure l’occupant de quitter les lieux, après avoir déposé plainte, fait la preuve que le logement constitue son domicile ou sa propriété et fait constater l’occupation illicite par un officier de police judiciaire, par le maire ou par un commissaire de justice. / Lorsque le propriétaire ne peut apporter la preuve de son droit en raison de l’occupation, le représentant de l’Etat dans le département sollicite, dans un délai de soixante-douze heures, l’administration fiscale pour établir ce droit. / La décision de mise en demeure est prise, après considération de la situation personnelle et familiale de l’occupant, par le représentant de l’État dans le département dans un délai de quarante-huit heures à compter de la réception de la demande. Seule la méconnaissance des conditions prévues au premier alinéa ou l’existence d’un motif impérieux d’intérêt général peuvent amener le représentant de l’État dans le département à ne pas engager la mise en demeure. En cas de refus, les motifs de la décision sont, le cas échéant, communiqués sans délai au demandeur. / La mise en demeure est assortie d’un délai d’exécution qui ne peut être inférieur à vingt-quatre heures. Lorsque le local occupé ne constitue pas le domicile du demandeur, ce délai est porté à sept jours et l’introduction d’une requête en référé sur le fondement des articles L. 521-1 à L. 521-3 du code de justice administrative suspend l’exécution de la décision du représentant de l’État. Elle est notifiée aux occupants et publiée sous forme d’affichage en mairie et sur les lieux. Le cas échéant, elle est notifiée à l’auteur de la demande. / Lorsque la mise en demeure de quitter les lieux n’a pas été suivie d’effet dans le délai fixé, le représentant de l’État dans le département doit procéder sans délai à l’évacuation forcée du logement, sauf opposition de l’auteur de la demande dans le délai fixé pour l’exécution de la mise en demeure ».

4. Par un arrêté du 6 novembre 2025, pris sur le fondement des dispositions citées au point 3, le préfet de la Côte-d’Or a mis en demeure Mme A... B... de quitter les locaux situés au 30 rue de la Sablière, à Dijon, qu’elle occupe sans droit ni titre, dans un délai de sept jours à compter de la notification de l’arrêté, sous peine d’évacuation forcée, si nécessaire avec le concours de la force publique.

5. D’une part, dans ses écritures analysées, ci-dessus, dans les visas, la requérante n’a exposé aucun moyen -c’est-à-dire aucun argument juridique- dirigé contre l’arrêté du 6 novembre 2025. Sa requête n’a été suivie dans le délai de recours contentieux de deux mois, qui a en l’espèce commencé à courir au plus tard le 14 novembre 2025 ‑date à laquelle sa requête a été enregistrée au greffe du tribunal-, d’aucune production satisfaisant aux exigences de l’article R. 411-1 du code de justice administrative. D’autre part, et en tout état de cause, la requérante n’a exposé que des arguments qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou qui ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A... B... -qui n’avait par ailleurs déposé aucune requête en référé sur le fondement des articles L. 521-1 à L. 521-3 du code de justice administrative- peut être rejetée en application des dispositions des 4° et 7° de l’article R. 222-1 du même code.


ORDONNE :


Article 1er : La requête de Mme A... B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....

Une copie de cette ordonnance sera transmise, pour information, au préfet de la Côte-d’Or.

Fait à Dijon le 16 janvier 2026.


Le président de la 3ème chambre,




L. Boissy


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Le greffier

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