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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2504624

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2504624

lundi 9 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2504624
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Dijon, statuant par ordonnance, est saisi par M. B... d’un recours pour excès de pouvoir contre trois décisions du président du conseil départemental de l’Yonne et de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées. S’agissant du refus de la carte mobilité inclusion portant la mention « invalidité » ou « priorité », le juge administratif se déclare incompétent et transmet ces conclusions au tribunal judiciaire d’Auxerre (pôle social), en application de l’article L. 241-3 du code de l’action sociale et des familles. Pour les conclusions relatives au refus de la carte « stationnement » et au refus de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé, le tribunal les rejette comme manifestement irrecevables, faute pour le requérant d’avoir exercé le recours préalable obligatoire prévu par les articles R. 241-17-1 et R. 241-35 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 décembre 2025, M. A... B... conteste :

1°) la décision du 2 octobre 2025, par laquelle le président du conseil départemental de l’Yonne a refusé de lui délivrer une carte « mobilité inclusion » portant la mention « invalidité » ou « priorité » ;

2°) la décision du même jour, par laquelle le président du conseil départemental de l’Yonne a refusé de lui délivrer une carte « mobilité inclusion » portant la mention « stationnement pour personnes handicapées » ;

3°) la décision du même jour de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées de l’Yonne lui refusant la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- le code de l’organisation judiciaire ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le décret n° 2015-233 du 27 février 2015 ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

M. B... conteste trois décisions distinctes, la première lui refusant la délivrance de la carte mobilité inclusion portant la mention « invalidité » ou « priorité », la deuxième lui refusant la délivrance de la carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement » et la troisième lui refusant la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé.

Sur les conclusions dirigées contre le refus de carte mobilité inclusion portant la mention « invalidité » ou « priorité » :

2. En vertu de l’article 32 du décret du 27 février 2015, « lorsque la juridiction est saisie d'un contentieux relatif à l'admission à l'aide sociale tel que défini par le code de l'action sociale et des familles ou par le code de la sécurité sociale, elle transmet le dossier de la procédure, sans préjuger de la recevabilité de la demande, à la juridiction de l'autre ordre de juridiction qu'elle estime compétente par une ordonnance qui n'est susceptible d'aucun recours. (…) ».

Selon l’article L. 241-3 du code de l’action sociale et des familles, la carte « mobilité inclusion » est délivrée par le président du conseil départemental sur avis de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées et peut porter la mention « invalidité », la mention « priorité » ou la mention « stationnement pour personnes handicapées ». Aux termes du V bis de même article : « Les décisions prises par le président du conseil départemental sur le fondement du présent article peuvent faire l’objet d’un recours devant le juge judiciaire lorsque la demande concerne la mention " invalidité " ou " priorité " ».
4. Il résulte de ces dispositions que les conclusions de la requête de M. B... concernant la décision lui refusant la carte « mobilité inclusion » mention « invalidité » ou « priorité » relèvent de la compétence des tribunaux de l’ordre judiciaire et plus précisément, en l’occurrence, du tribunal judicaire d’Auxerre (pôle social), auquel ces conclusions doivent dès lors être transmises.

Sur les conclusions dirigées contre le refus de carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement » et le refus de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé :

5. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) peuvent, par ordonnance : / (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ». Selon l’article R. 612-1 du même code : « Lorsque des conclusions sont entachées d’une irrecevabilité susceptible d’être couverte après l’expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d’office cette irrecevabilité qu’après avoir invité leur auteur à les régulariser. (…) La demande de régularisation mentionne qu’à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l’expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l’information prévue à l’article R. 611-7 ».

6. Aux termes, d’une part, de l’article R. 241-17-1 du code de l’action sociale et des familles : « Le recours préalable obligatoire formé contre une décision relative à la carte "mobilité inclusion" destinée aux personnes physiques est formé (…) devant le président du conseil départemental ». D’autre part, l’article R. 241-35 du même code dispose : « Le recours contentieux formé à l'encontre des décisions prises par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées au titre des 1° et 2° du I de l'article L. 241-6 à l'égard d'un adulte handicapé dans le domaine de la rééducation professionnelle, du travail adapté ou protégé, et du 4° du I dudit article est précédé d'un recours préalable ». Et aux termes de l’article L. 241-6 du code de l’action sociale et des familles : « I.- La commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées est compétente pour : (…) 4° Reconnaître, s’il y a lieu, la qualité de travailleur handicapé aux personnes répondant aux conditions définies par l’article L. 323-10 du code du travail (…) ». L’article R. 241-39 du même code prévoit que « La commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées examine le recours préalable obligatoire selon les modalités prévues pour l’examen des demandes initiales prévues à la section 1 du présent chapitre ».

7. Il résulte des dispositions citées au point précédent que la personne qui entend contester une décision relative à la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé et au refus de la carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement » doit, avant de saisir le juge et à peine d’irrecevabilité de sa requête, former un recours administratif préalable devant l’autorité compétente. Les décisions prises à la suite des recours préalables, qui se substituent aux décisions initiales, sont seules susceptibles d’être déférées à la censure du tribunal administratif.

8. M. B..., qui n’a annexé à son mémoire introductif d’instance que des décisions initiales de refus de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé et de refus de la carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement » a été invité, par lettres du greffe du tribunal du 17 décembre 2025, dont il a accusé réception le 19 du même mois, à régulariser sa requête en justifiant de la présentation, devant la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées de l’Yonne et du conseil départemental de l’Yonne, des recours préalables obligatoires imposés par les dispositions citées au point 6. M. B... n’ayant pas justifié de l’accomplissement de ces formalités et le délai imparti étant venu à expiration, les conclusions contestant ces décisions s’avèrent manifestement irrecevables et doivent être rejetées selon la modalité définie par l’article R. 222-1 précité du code de justice administrative.


O R D O N N E :

Article 1er : Les conclusions de M. B... dirigées contre la décision du président du conseil départemental de l’Yonne du 2 octobre 2025 lui refusant la délivrance d’une carte mobilité inclusion portant la mention « invalidité » ou « priorité » sont transmises au tribunal judiciaire d’Auxerre.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....

Copie en sera adressée au département de l’Yonne et à la maison départementale des personnes handicapées de l’Yonne.


Fait à Dijon, le 9 février 2026.


La présidente,




A-L CHENAL-PETER


La République mande et ordonne au préfet de l’Yonne, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition,
La greffière,

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