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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2100684

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2100684

mercredi 15 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2100684
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantCARLINI ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 avril 2021, M. B A, représenté par Me Laillet demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 octobre 2020 par lequel la directrice du centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière (CNG) l'a reclassé dans un nouvel échelon, ainsi que la décision rejetant implicitement son recours gracieux et, par voie de conséquence, la décision de reclassement notifiée par le centre hospitalier Jura Sud ;

2°) d'enjoindre au centre national de gestion de le reclasser " à l'échelon souhaité " avec maintien de son ancienneté acquise et de reconstituer sa carrière dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement et ce, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge du centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la directrice du centre de gestion était incompétente pour prendre l'arrêté attaqué ;

- les décisions attaquées sont fondées sur le décret n° 2020-1182 du 28 septembre 2020, qui méconnaît le principe d'égalité de traitement dans la fonction publique, le principe de

non-discrimination prévu par l'article 1er de la loi n° 2008-496 du 27 mai 2008 et le principe de confiance légitime ;

- il subit une sanction disciplinaire, l'abaissement d'échelon étant prévu par l'article 81 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986.

La requête a été communiquée au centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière lequel n'a pas présenté d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;

- la loi n° 2008-496 du 27 mai 2008 ;

- le décret n° 2020-1182 du 28 septembre 2020 ;

- la décision du Conseil d'Etat n° 445031, 446862, 446939, 447078 et 450650 du 28 octobre 2022 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 6° Statuer sur les requêtes relevant d'une série, qui, sans appeler de nouvelle appréciation ou qualification des faits, présentent à juger en droit, pour la juridiction saisie, des questions identiques () à celles tranchées ensemble par une même décision du Conseil d'État statuant au contentieux () ; 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".

2. M. A est praticien hospitalier titulaire au centre hospitalier Jura Sud. Par un arrêté du 12 octobre 2020, la directrice du CNG a placé M. A au dixième échelon de la grille fixée par le décret ci-dessus visé du 28 septembre 2020, à compter du 1er octobre 2020. Par un courrier du 14 décembre 2020, le centre hospitalier Jura Sud lui a notifié ce reclassement. Par un courrier du 7 janvier 2021, l'intéressé a formé un recours gracieux contre l'arrêté du 12 octobre 2020, recours qui a été rejeté par une décision implicite. Par la présente requête, M. A conteste l'ensemble de ces décisions.

3. En premier lieu, en application des dispositions alors applicables des articles R. 6152-8 à R. 6152-21 du code de la santé publique, la directrice du centre national de gestion était compétente pour nommer et reclasser les praticiens hospitaliers. Par suite, le moyen de légalité externe tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté du 12 octobre 2020 est manifestement infondé.

4. En deuxième lieu, la requête de M. A, qui relève d'une série, présente à juger, sans appeler de nouvelle appréciation ou qualification de faits, en droit des questions identiques à celles déjà tranchées par les décisions n° 445031, 446862, 446939, 447078 et 450650 du Conseil d'Etat, statuant au contentieux, du 28 octobre 2022. Il peut, par suite, être statué par ordonnance sur la requête de M. A en application des dispositions du 6° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

5. Le décret du 28 septembre 2020 modifie la grille des émoluments des praticiens hospitaliers à temps plein et à temps partiel, en fusionnant, dans le cadre d'une revalorisation de ces émoluments, les quatre premiers échelons, d'une durée d'un an pour les deux premiers et deux ans pour les deux suivants, en un seul échelon d'une durée de deux ans. Ce décret définit également les conditions de reclassement des membres présents dans le corps, en prévoyant notamment, à son article 7, que les agents classés entre le premier et le troisième échelon sont reclassés, à compter de son entrée en vigueur, intervenue le 1er octobre 2020, au premier échelon de la nouvelle grille, sans que l'ancienneté acquise dans leur précédent échelon ne soit conservée, tandis que les praticiens classés au quatrième échelon sont reclassés à la même date au même premier échelon en conservant leur ancienneté acquise dans leur précédent échelon.

6. Le requérant soutient que le décret aurait pour effet, en violation du principe d'égalité de traitement des agents appartenant à un même corps, d'entraîner une rupture du principe d'égalité et une inversion dans l'ordre d'ancienneté au détriment des agents recrutés dans ce corps avant la date d'entrée en vigueur du décret. Toutefois la différence de traitement, résultant de la modification apportée par le décret attaqué aux règles applicables au corps des praticiens hospitaliers, entre les agents qui ont été recrutés dans ce corps avant la date à laquelle est entrée en vigueur la modification statutaire et ceux qui ont été recrutés sous l'empire des nouvelles règles est inhérente à la succession dans le temps des règles applicables et n'est pas, par elle-même, contraire au principe d'égalité.

7. Eu égard aux modalités de reclassement retenues par le décret, qui placent au même niveau d'ancienneté dans l'échelon les praticiens nommés au 1er octobre 2020 et les praticiens précédemment classés entre le premier et le troisième échelon et reclassés à cette date au même premier échelon, et qui, par ailleurs, prévoient la conservation de l'ancienneté dans l'échelon des praticiens précédemment classés au quatrième échelon et au-delà, il ne résulte du décret attaqué aucune inversion illégale dans l'ordre d'ancienneté au sein du corps. La circonstance que le décret se combine avec la règle, résultant de l'article R. 6152-15 du code de la santé publique, qui prévoit que le classement dans l'emploi de praticien hospitalier des agents qui sont nommés dans le corps tient également compte, notamment, de la durée des fonctions de même nature effectuées antérieurement à leur nomination et présentant un intérêt pour le service public hospitalier, est sans incidence sur le respect du principe d'égalité entre agents d'un même corps, les fonctions ainsi prises en compte ne relevant pas d'une ancienneté dans le corps, et n'entraînant ainsi aucune inversion illégale dans l'ordre d'ancienneté au sein du corps.

8. En troisième lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 4 à 7, les moyens invoqués, tirés de ce que le décret du 28 septembre 2020 méconnaît la non-discrimination protégée par l'article 1er de la loi n° 2008-496 du 27 mai 2008, et que le requérant a fait l'objet d'une sanction d'abaissement d'échelon, ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien.

9. En quatrième lieu, le requérant, qui n'a fait l'objet d'aucune discrimination, ne peut utilement soutenir que le décret du 28 septembre 2020 méconnaît le principe de confiance légitime.

10. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des actes attaqués. Ses conclusions aux fins d'annulation doivent, dès lors, être rejetées sur le fondement des dispositions des 6° et 7° de l'article R.222-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles relatives aux frais de l'instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière.

Copie en sera adressée, pour information, au centre hospitalier Jura Sud.

Fait à Besançon le 15 mars 2023.

La présidente de la 2ème chambre,

S. GrossriederLa République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

1

N°2100684

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