jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2101379 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DU PARC - CURTIL ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 2 août 2021, le 28 septembre 2022 et le 21 novembre 2022, M. C F, représenté par la SELARL du Parc, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 mars 2021 par lequel le préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté ne l'a pas autorisé à exploiter les parcelles agricoles cadastrées section O n°19, 20, 31, 32 et 33 et ZK n°47situées sur le territoire de la commune d'Autoreille correspondant à une surface totale de 23ha 84a et 84ca ainsi que la décision rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à M. E de produire " ses relevés parcellaires d'exploitation MSA pour les années 2020 et 2021 " ;
3°) d'enjoindre au préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté de " transmettre les observations du preneur en place relatives aux surfaces exploitées " ;
4°) d'enjoindre au préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté de prendre un arrêté l'autorisant à exploiter ces parcelles ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. F soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- il est entaché d'une erreur de droit dès lors qu'il n'est pas établi que la situation de M. E relèverait d'un rang de priorité supérieure à la sienne ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation quant à la compromission de la viabilité de l'exploitation du preneur en place.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mars 2022, le préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient que :
- la requête est irrecevable car elle n'est pas revêtue de la signature de son auteur ;
- les moyens invoqués par M. F ne sont pas fondés.
Vu :
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. D,
- et les observations de Me Cuvillier, pour M. F.
Considérant ce qui suit :
1. Le 4 novembre 2020, M. F, exploitant agricole, a déposé une demande d'autorisation d'exploiter des parcelles d'une surface totale de 28ha 13a et 53ca situées sur les communes d'Autoreille et Courcuire, en Haute-Saône, en vue de l'agrandissement de son exploitation. Par un arrêté du 19 mars 2021, le préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté n'a que partiellement fait droit à sa demande. M. F a exercé un recours gracieux contre cet arrêté qui a été rejeté. L'intéressé demande au tribunal d'annuler cet arrêté en tant que le préfet ne l'a pas autorisé à exploiter les parcelles agricoles cadastrées section ZD n°19, 20, 31, 32 et 33 et ZK n°47 situées sur le territoire de la commune d'Autoreille correspondant à une surface totale de 23ha 84a et 84ca, ainsi que la décision rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. L'article L. 331-1 du code rural et de la pêche maritime prévoit que le contrôle des structures des exploitations agricoles, qui s'applique notamment à la mise en valeur des terres agricoles quels que soient la forme ou le mode d'organisation juridique de celles-ci, s'il a pour objectif principal de favoriser l'installation d'agriculteurs, a également pour objectif de consolider ou de maintenir les exploitations afin de leur permettre d'atteindre ou de conserver une dimension économique viable au regard des critères du schéma directeur régional des exploitations agricoles. Lorsqu'en application de l'article L. 331-2 du même code, une opération est soumise à une autorisation préalable, le préfet ne peut refuser de délivrer au candidat cette autorisation que pour l'un des motifs définis à l'article L. 331-3-1 de ce code, aux termes duquel : " L'autorisation mentionnée à l'article L. 331-2 peut être refusée : / 1° Lorsqu'il existe un candidat à la reprise ou un preneur en place répondant à un rang de priorité supérieur au regard du schéma directeur régional des structures agricoles mentionné à l'article L. 312-1 ; / 2° Lorsque l'opération compromet la viabilité de l'exploitation du preneur en place ; () ".
3. En application de l'article L. 312-1 du code rural et de la pêche maritime, qui prévoit notamment que " Le schéma directeur régional des exploitations agricoles fixe les critères servant à l'appréciation de la dimension économique et de la viabilité des exploitations concernées par la demande d'autorisation mentionnée à l'article L. 331-2 ", le SDREA de Franche-Comté a défini un " coefficient d'exploitation ", dont les modalités de calcul sont indiquées à l'annexe 2 du schéma, qui a pour objet de comparer les exploitations selon leur dimension économique en prenant en compte leurs productions et leurs actifs et en les rapportant à une référence régionale de productions et d'actifs, et qui détermine la viabilité des exploitations au regard d'une " exploitation de référence " dont le coefficient est égal à 1. Ce même schéma a par ailleurs précisé qu'en cas d'exercice du droit de reprise par le propriétaire, l'impact sur l'exploitation du preneur en place " sera déterminé en chiffrant les conséquences sur les résultats financiers de celle-ci ".
4. Aux termes de l'article 6 du SDREA de Franche-Comté : " () la viabilité des exploitations est appréciée au regard de l'exploitation de référence ". Selon l'article 1er de ce même texte : " l'exploitation de référence est l'exploitation dont le coefficient d'exploitation est égal à 1 ".
5. Il résulte de ces dispositions combinées à celles du 2° de l'article L. 331-3-1 citées au point 2 qu'en application du SDREA de Franche-Comté, la viabilité de l'exploitation du preneur en place est considérée comme compromise par l'opération envisagée par le demandeur d'une autorisation d'exploiter lorsque celle-ci a pour effet de porter son coefficient d'exploitation en dessous de 1.
6. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué du 19 mars 2021 que le refus d'autorisation d'exploiter en litige est fondé sur le 2° de l'article L. 331-3-1 du code rural et de la pêche maritime au motif que l'opération envisagée était susceptible de compromettre la viabilité de l'exploitation du preneur en place, M. A E. A cet égard, il ressort des pièces du dossier que le préfet a relevé que le coefficient d'exploitation de M. A E s'élevait, avant reprise, à 1,062 et aurait été, après reprise, de 0,747, en se basant sur des surfaces d'exploitation respectives de 74,73 hectares et 52,5834 hectares avant et après reprise. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, notamment du compte-rendu de l'étude économique de perte foncière réalisée en décembre 2020 par le bureau d'études Cerfrance, que la surface totale d'exploitation de M. E, en prenant en compte, d'une part, les surfaces en cultures dites " SCOP " et, d'autre part, les surfaces toujours en herbe dites " STH ", s'établissait, avant reprise, à 124, 72 hectares et, après reprise, à au moins 103 hectares. Dans ces conditions, M. F établit que la surface d'exploitation de M. E était supérieure d'environ 50 hectares par rapport à celle retenue par l'administration, et que cette différence a pour effet de porter le coefficient d'exploitation après opération au-dessus de 1. Le requérant est donc fondé à soutenir que le préfet a commis une erreur de calcul et, par suite, a entaché sa décision d'inexactitude matérielle.
7. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, M. F est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 19 mars 2021 attaqué.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
8. Eu égard au motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique que le préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté procède au réexamen de la demande d'autorisation présentée par M. F dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit par ailleurs utile de demander à M. E ou au préfet de produire les éléments visés aux points 2°) et 3°) du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. F d'une somme de 1 500 euros au titre des frais qu'il a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : L'arrêté du préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté du 19 mars 2021 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté de réexaminer la demande de M. F dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. F une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C F et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.
Une copie du présent jugement sera adressée au préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté.
Délibéré après l'audience du 1er décembre 2022 à laquelle siégeaient :
- Mme Grossrieder, présidente,
- Mme Besson, conseillère,
- M. Seytel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.
La rapporteure,
M. BLa présidente,
S. GrossriederLa greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026