lundi 4 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2102067 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | DRAVIGNY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 novembre 2021 et 3 février 2022, M. B A, représenté par Me Dravigny, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 juin 2021 par laquelle la préfète de la Haute-Saône a rejeté sa demande tendant à l'obtention du bénéfice du regroupement familial au profit de son épouse ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Saône, à titre principal, de faire droit à sa demande de regroupement familial dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande, dans le même délai, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros, au profit de son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision contestée est entachée d'une erreur de droit et d'un défaut de base légale ;
- elle méconnaît l'autorité de la chose jugée par le tribunal administratif de Besançon le 17 juillet 2020 ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 janvier 2022, le préfet de la Haute-Saône conclut au non-lieu à statuer.
Il informe le tribunal qu'il a abrogé la décision contestée.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 septembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Guitard, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant algérien né le 10 juillet 1967, arrivé en France à l'âge de cinq ans et titulaire d'un certificat de résidence algérien valable dix ans, a présenté, le 15 novembre 2017, une demande de regroupement familial au profit de son épouse algérienne, avec laquelle il s'est marié en Algérie le 19 septembre 2016 et qui demeure dans ce pays. Par une décision du 19 octobre 2018, le préfet de la Haute-Saône a rejeté sa demande. Par un jugement du 17 juillet 2020, le tribunal administratif de Besançon a annulé cette décision pour erreur de droit et a enjoint au préfet de la Haute-Saône de réexaminer la demande de l'intéressé. Par un arrêté du 15 juin 2021, la préfète de la Haute-Saône a de nouveau refusé à M. A le bénéfice du regroupement familial au profit de son épouse. M. A demande l'annulation de cette décision.
Sur l'exception de non-lieu opposée par le préfet :
2. Si le préfet soutient que l'abrogation, le 27 janvier 2022, de son arrêté du 15 juin 2021 par lequel il a rejeté la demande de M. A tendant à l'obtention du bénéfice du regroupement familial au profit de son épouse aurait privé d'objet les conclusions du requérant tendant à l'annulation de cette décision de refus de regroupement familial, il ne ressort pas des pièces du dossier que celle-ci, qui a fait obstacle à ce que l'épouse de M. A, présente en Algérie, rejoigne son conjoint en France, n'aurait reçu aucune exécution. Dès lors, l'exception de non-lieu soulevée par le préfet ne peut qu'être écartée.
Sur la légalité de la décision contestée :
3. Pour rejeter, par la décision contestée, la demande de regroupement familial déposée par M. A au profit de son épouse, la préfète de la Haute-Saône s'est fondée sur le 3° de l'article L. 411-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui avait au demeurant été repris au 2° de l'article L. 561-3 du même code à la date de cette décision, aux termes duquel le regroupement familial peut être refusé si " le demandeur ne se conforme pas aux principes essentiels qui, conformément aux lois de la République, régissent la vie familiale en France, pays d'accueil ". Ces dispositions ne sont pas applicables aux ressortissants algériens, dont les conditions dans lesquelles leur conjoint peut s'installer en France sont régies par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, applicable à M. A en raison de sa nationalité, et qui ne comporte pas de stipulations similaires qui permettraient de procéder à une substitution de base légale. Par suite, la décision contestée est entachée d'erreur de droit et doit ainsi être annulée.
4. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision contestée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
5. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. / La juridiction peut également prescrire d'office l'intervention de cette nouvelle décision. ". Le juge de l'injonction est tenu de statuer sur le fondement de l'article L. 911-2 du code de justice administrative en tenant compte de la situation de droit et de fait existant à la date de son jugement.
6. Le présent jugement, eu égard au motif d'annulation sur lequel il se fonde, n'implique pas nécessairement que le préfet fasse droit à la demande de regroupement familial présentée par le requérant. Il résulte toutefois de ce qui précède qu'il y a lieu de prescrire au préfet de la Haute-Saône de se prononcer de nouveau sur la demande de regroupement familial de M. A au regard des circonstances de droit et de fait existant à la date du réexamen et dans le respect de l'autorité de la chose jugée par le présent jugement, dans le délai de deux mois suivant la notification dudit jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions tendant à ce que cette injonction soit assortie d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Dravigny, avocate de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 900 euros HT au profit de Me Dravigny, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La décision du 15 juin 2021 par laquelle la préfète de la Haute-Saône a rejeté la demande de M. A tendant à l'obtention du bénéfice du regroupement familial au profit de son épouse est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Haute-Saône de se prononcer de nouveau sur la demande de regroupement familial de M. A dans le délai de deux mois suivant la notification du jugement.
Article 3 : En application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, l'Etat versera à Me Dravigny, avocate de M. A, la somme de 900 (neuf cents) euros HT, sous réserve que cette avocate renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Haute-Saône.
Délibéré après l'audience du 14 juin 2022 à laquelle siégeaient :
- M. Trottier, président,
- M. Charret, premier conseiller,
- Mme Guitard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 4 juillet 2022.
La rapporteure,
F. GuitardLe président,
T. Trottier
La greffière,
E. CartierLa République mande et ordonne au préfet de la Haute-Saône, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026