jeudi 23 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2200578 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 2ème chambre |
| Avocat requérant | ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 avril 2022, M. B A, représenté par Me Grebille-Romand, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 mars 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur a prononcé l'invalidation de son permis de conduire ;
2°) d'annuler les décisions de retrait de points du capital affecté à son permis de conduire consécutives aux infractions commises les 27 avril 2013, 24 septembre 2013, 20 avril 2014, 20 mars 2017, 14 mai 2017, 29 septembre 2017, 11 et 15 décembre 2017, 25 janvier 2018, 28 janvier 2020, 28 avril 2020, 11 juillet 2020 et 27 novembre 2020 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points illégalement retirés sur son permis de conduire dans un délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- les décisions de retrait de points sont entachées d'un vice de procédure tiré du défaut d'information prévue par l'article L. 223-3 du code de la route ;
- la réalité des infractions n'a pas été établie conformément aux dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route ;
- la décision d'invalidation du permis de conduire est illégale par voie de conséquence de l'illégalité des décisions de retrait de points.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 mai 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Le ministre soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Grossrieder, présidente, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Grossrieder a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. À la suite d'infractions au code de la route commises les 27 avril 2013, 24 septembre 2013, 20 avril 2014, 20 mars 2017, 14 mai 2017, 29 septembre 2017, 11 et 15 décembre 2017, 25 janvier 2018, 28 janvier 2020, 28 avril 2020, 11 juillet 2020 et 27 novembre 2020, le ministre de l'intérieur a respectivement retiré au capital affecté au permis de conduire de M. A, un point, deux points, trois points, un point, un point, deux points, un point, un point, un point, un point, deux points, trois points et quatre points. Après avoir constaté que, malgré la restitution de onze points attribués les 15 janvier 2015, 3 octobre 2017, 1er mars 2018, 26 décembre 2018 et 30 octobre 2020, le nombre de points de ce permis de conduire, initialement crédité de douze points, était nul, le ministre de l'intérieur a décidé, le 12 mars 2022, d'en prononcer l'invalidation. M. A demande l'annulation de la décision prononçant l'invalidation de son permis de conduire et de l'ensemble des décisions de retraits de points.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre les décisions de retrait de points :
S'agissant des décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les 20 mars 2017, 28 janvier 2020 et 28 avril 2020 :
2. En premier lieu, il résulte des dispositions des articles L. 223-1 et L. 225-1 du code de la route, combinées avec celles des articles 529 et suivants du code de procédure pénale et du premier alinéa de l'article 530 du même code, que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à estimer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 de ce code dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou avoir formé, dans les conditions prévues à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.
3. Il ressort des mentions portées sur le relevé d'information intégral de M. A que les infractions commises les 20 mars 2017, 28 janvier et 28 avril 2020 ont donné lieu à des amendes forfaitaires devenues définitives. Si M. A soutient qu'il n'a pas payé les amendes forfaitaires correspondant à ces infractions, il ne fait toutefois état d'aucun élément qui serait de nature à remettre en cause l'exactitude des mentions portées sur le relevé d'information intégral et n'établit pas davantage avoir présenté des requêtes en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de ces infractions ou de l'envoi des avis de contravention. Dans ces conditions, compte tenu de ce qui a été dit au point 2, la réalité de ces infractions doit être en l'espèce regardée comme établie.
4. En deuxième lieu, il résulte des arrêtés pris pour l'application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment de leurs dispositions codifiées à l'article A. 37-8 puis à l'article A. 37-13 de ce code, que, lorsqu'une contravention mentionnée à l'article L. 121-3 du code de la route est constatée sans interception du véhicule et à l'aide d'un système de contrôle automatisé enregistrant les données en numérique, le service verbalisateur adresse à l'intéressé un formulaire unique d'avis de contravention, qui comprend en bas de page la carte de paiement et comporte non seulement les références de l'infraction dont la connaissance est matériellement indispensable pour procéder au paiement de l'amende forfaitaire mais aussi une information suffisante au regard des exigences résultant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Ainsi, lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction constatée par radar automatique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises en vertu des dispositions précitées, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
5. Il ressort des mentions portées sur le relevé d'information intégral de M. A que les infractions commises les 20 mars 2017 et 28 janvier 2020 ont été relevées par l'intermédiaire d'un radar automatique et que les contraventions en résultant ont été réglées, ainsi qu'il a été dit au point 3, par la voie d'amendes forfaitaires devenues définitives. Par suite, le requérant a nécessairement reçu, pour chacune de ces infractions, l'avis d'information mentionné au point précédent. L'intéressé, qui n'a pas produit ce dernier document, n'établit pas qu'il ne comportait pas les informations requises. Dès lors, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers M. A de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement des amendes correspondant à ces infractions, les informations requises en vertu des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
6. En troisième lieu, il résulte des dispositions portant application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment celles des articles A. 37-15 à A. 37-18 de ce code relatifs aux formulaires utilisés pour la constatation et le paiement des contraventions soumises à la procédure de l'amende forfaitaire, que lorsqu'une contravention soumise à cette procédure est constatée par un procès-verbal dressé avec un appareil électronique sécurisé, sans que l'amende soit payée immédiatement entre les mains de l'agent verbalisateur, il est adressé au contrevenant un avis de contravention, qui comporte une information suffisante au regard des exigences des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, une notice de paiement qui comprend une carte de paiement et un formulaire de requête en exonération. Dès lors, le titulaire d'un permis de conduire à l'encontre duquel une infraction au code de la route est relevée au moyen d'un appareil électronique sécurisé et dont il est établi, notamment par la mention qui en est faite au système national des permis de conduire, qu'il a payé, à une date postérieure à celle de l'infraction, l'amende forfaitaire correspondant à celle-ci, a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis est réputé être revêtu, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet.
7. Il ressort des mentions portées sur le relevé d'information intégral de M. A que l'infraction commise le 28 avril 2020, relevée par l'intermédiaire d'un procès-verbal dématérialisé, a donné lieu au paiement différé de l'amende forfaitaire correspondante et qui est devenue définitive. Par suite, le requérant a nécessairement reçu, pour cette infraction, l'avis de contravention mentionné au point 6. L'intéressé, qui n'a pas produit ce dernier document, n'établit pas qu'il ne comportait pas les informations requises. Dès lors, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers M. A de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende forfaitaire, les informations requises en vertu des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
S'agissant des décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les 27 avril 2013, 14 mai 2017, 11 et 15 décembre 2017 et 25 janvier 2018 :
8. En premier lieu, il ressort des mentions portées sur le relevé d'information intégral de M. A que les infractions commises les 27 avril 2013, 14 mai 2017, 11 et 15 décembre 2017 et 25 janvier 2018 ont donné lieu à des amendes forfaitaires majorées devenues définitives. Si M. A soutient qu'il n'a pas payé ces amendes forfaitaires majorées et qu'il a contesté ces amendes, il n'établit pas avoir exercé des diligences tendant à obtenir la communication des titres exécutoires correspondant à ces amendes ou avoir formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation recevable ayant entraîné l'annulation de ces titres exécutoires ou encore avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation des infractions ou de l'envoi des avis de contravention. Il ne fait par ailleurs état d'aucun élément qui serait de nature à remettre en cause l'exactitude des mentions portées sur le relevé d'information intégral. Dans ces conditions, compte tenu de ce qui a été dit au point 2, la réalité des infractions susvisées doit être en l'espèce regardée comme établie.
9. En second lieu, il résulte du second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale qu'en l'absence de paiement ou de requête en exonération, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public. Conformément aux dispositions de l'article A. 37-28 du même code, ce titre exécutoire est adressé au contrevenant sous forme d'avis d'amende forfaitaire majorée qui contient une information suffisante au regard des exigences résultant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Ainsi, le titulaire d'un permis de conduire à l'encontre duquel une infraction au code de la route est constatée par radar automatique et dont il est établi qu'il a payé sans objection l'amende forfaitaire majorée correspondant à cette infraction ou n'a formé aucune réclamation dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale a nécessairement reçu le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée. Eu égard aux mentions dont cet avis est réputé être revêtu, l'administration doit alors être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet.
10. Il résulte de l'instruction, et en particulier des attestations de paiement de la trésorerie de Rennes, que les infractions commises les 27 avril 2013, 14 mai 2017, 11 et 15 décembre 2017 et 25 janvier 2018 ont été relevées par l'intermédiaire de radars automatiques et que le montant de l'amende forfaitaire correspondant à chacune de ces infractions a été majoré en vertu d'un titre exécutoire puis réglé à hauteur de 375 euros pour la première infraction et de 180 euros pour ce qui concerne les quatre suivantes. Compte tenu de ce qui a été dit au point 9, M. A, qui a nécessairement reçu les avis d'amendes forfaitaires majorées, n'établit ni même n'allègue que ces avis étaient inexacts ou incomplets. Dès lors, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers le requérant de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement des amendes correspondant aux infractions susvisées, les informations requises en vertu des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
S'agissant des décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les 24 septembre 2013, 20 avril 2014, 29 septembre 2017 et 11 juillet 2020 :
11. En premier lieu, il ressort des mentions portées sur le relevé d'information intégral de M. A que les infractions commises les 24 septembre 2013, 20 avril 2014, 29 septembre 2017 et 11 juillet 2020 ont donné lieu à des amendes forfaitaires majorées devenues définitives. Si M. A soutient qu'il n'a pas payé ces amendes forfaitaires majorées et qu'il a contesté ces amendes, il n'établit pas avoir exercé des diligences tendant à obtenir la communication des titres exécutoires correspondant à ces amendes ou avoir formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation recevable ayant entraîné l'annulation de ces titres exécutoires ou encore avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation des infractions ou de l'envoi des avis de contravention. Il ne fait par ailleurs état d'aucun élément qui serait de nature à remettre en cause l'exactitude des mentions portées sur le relevé d'information intégral. Dans ces conditions, compte tenu de ce qui a été dit au point 2, la réalité des infractions susvisées doit être en l'espèce regardée comme établie.
12. En second lieu, l'article R. 49-1 du code de procédure pénale prévoit, dans son II issu du décret du 26 mai 2009, que le procès-verbal constatant une contravention pouvant donner lieu à une amende forfaitaire " peut être dressé au moyen d'un appareil sécurisé dont les caractéristiques sont fixées par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, permettant le recours à une signature manuscrite conservée sous forme numérique ". En vertu des dispositions de l'article A. 37-19, issu d'un arrêté du 13 mai 2011 et modifié par un arrêté du 6 mai 2014, l'appareil électronique sécurisé permet d'enregistrer, pour chaque procès-verbal, d'une part, la signature de l'agent verbalisateur, d'autre part, celle du contrevenant qui est invité à l'apposer " sur une page écran qui lui présente un résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée à son encontre, informations dont il reconnait ainsi avoir eu connaissance ". En vertu des dispositions du II de l'article A. 37-27-2, issu d'un arrêté du 4 décembre 2014, en cas d'infraction entrainant retrait de points, le résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée précise qu'elle entraine retrait de points et comporte l'ensemble des éléments mentionnés aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaitre sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entrainant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante. Toutefois, la seule circonstance que l'intéressé n'a pas été informé, lors de la constatation d'une infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il résulte de l'instruction que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes
13. Il résulte de l'instruction, et en particulier des mentions du relevé d'information intégral de M. A, que les infractions commises les 29 septembre 2017 et 11 juillet 2020 ont été constatées sur des procès-verbaux dématérialisés qui comportaient l'ensemble des informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Dès lors, compte tenu de ce qui a été dit au point 12, l'administration apporte la preuve qu'elle a en l'espèce satisfait à son obligation d'information. En revanche, s'il résulte de l'instruction, et en particulier des mentions du relevé d'information intégral du requérant, que les infractions commises les 24 septembre 2013 et 20 avril 2014 ont également été constatées sur des procès-verbaux dématérialisés, ceux-ci ne comportaient pas l'ensemble des informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Il ressort seulement des mentions portées sur le relevé d'information intégral que l'intéressé a été destinataire de telles informations à l'occasion d'une infraction commise le 25 août 2010, soit plus de trois ans auparavant, dès lors que la réalité de ces infractions a été établie par le paiement d'une amende forfaitaire. Dans ces conditions, l'administration n'apporte pas la preuve qu'elle a en l'espèce satisfait à son obligation d'information. Les décisions retirant cinq points du capital affecté au permis de conduire de M. A à la suite des infractions commises les 24 septembre 2013 et 20 avril 2014 sont donc entachées d'illégalité.
S'agissant de la décision de retrait de points consécutive à l'infraction commise le 27 novembre 2020 :
14. En premier lieu, il ressort des mentions portées sur le relevé d'information intégral de M. A que l'infraction commise le 27 novembre 2020 a donné lieu à une condamnation pénale prononcée par la juridiction de proximité de Lons-le-Saunier le 25 mars 2021 et qui est devenue définitive le 19 mai 2021. Le requérant n'apporte aucun élément qui serait de nature à remettre en cause l'exactitude des mentions portées sur ce relevé d'information intégral. Dans ces conditions, compte tenu de ce qui a été dit au point 2, la réalité de l'infraction précitée doit en l'espèce être regardée comme établie.
15. En second lieu, il résulte des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie notamment par une condamnation pénale devenue définitive. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé. Toutefois, lorsque la réalité de l'infraction a été établie par une condamnation devenue définitive prononcée par le juge pénal qui a statué sur tous les éléments de fait et de droit portés à sa connaissance et que l'auteur de l'infraction a ainsi pu la contester, l'omission de cette formalité est sans influence sur la régularité du retrait de points résultant de la condamnation.
16. Compte tenu de ce qui vient d'être dit au point 14, le moyen tiré du manquement à l'obligation d'information préalable prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ne saurait, en tout état de cause, être utilement invoqué à l'encontre du retrait de points correspondant à cette infraction.
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la décision du 12 mars 2022 :
17. Compte tenu de ce qui vient d'être dit aux points 2 à 16 et, en dépit du nombre de points légalement retirés à M. A, le solde de points affecté au capital de son permis de conduire n'était pas nul lorsque le ministre de l'intérieur a décidé d'en prononcer l'invalidation et a ordonné à l'intéressé de restituer son titre de conduite.
18. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander l'annulation de la décision prononçant l'invalidation de son permis de conduire et des décisions lui retirant cinq points sur le capital affecté à son permis de conduire à la suite des infractions commises les 24 septembre 2013 et 20 avril 2014.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
19. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ". Aux termes de l'article L. 911-2 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé ".
20. M. A demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, d'ordonner au ministre de l'intérieur de procéder à la reconstitution de son capital de points à hauteur de douze points.
21. Le juge de l'exécution statue en tenant compte de la situation de droit et de fait existant au jour de sa décision. L'annulation contentieuse d'une décision portant invalidation d'un permis de conduire à raison de l'illégalité d'un ou de plusieurs des retraits de points qui la fondent implique nécessairement que l'administration reconnaisse à l'intéressé le bénéfice des points illégalement retirés. Elle doit à cette fin les rétablir dans le traitement automatisé mentionné à l'article L. 225-1 du code de la route et reconstituer le capital de points attaché au permis de conduire tel qu'il devrait être, à la date où le jugement est exécuté, si les retraits illégaux n'étaient jamais intervenus, le cas échéant en faisant application des règles relatives au permis probatoire et des règles de reconstitution automatique prévues à l'article L. 223-6 du code de la route. Le capital de points détenu à cette date résulte toutefois également des décisions de retrait ou de reconstitution de points qu'il appartient à l'administration de prendre à raison de circonstances qui n'avaient pu être prises en compte aussi longtemps que l'invalidation annulée était exécutoire, telles que des infractions autres que celles qui avaient fondé les retraits contestés devant le juge, et des conséquences de ces nouvelles décisions sur l'application des règles relatives au permis probatoire et aux reconstitutions automatiques.
22. Le présent jugement, qui annule les décisions de retrait de points du capital affecté au permis de conduire de M. A à la suite des infractions commises les 24 septembre 2013 et 20 avril 2014, implique en principe nécessairement que le ministre de l'intérieur rétablisse le bénéfice des cinq points illégalement retirés à M. A dans le système automatisé de l'intéressé. Dès lors, à la date du présent jugement, il y a lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur de rétablir dans le système automatisé relatif au permis de conduire de M. A le bénéfice de cinq points.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
23. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement de la somme que demande M. A au titre des frais qu'il a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : La décision prononçant l'invalidation du permis de conduire de M. A est annulée.
Article 2 : Les décisions de retrait de points sur le capital affecté au permis de conduire de M. A à la suite des infractions commises les 24 septembre 2013 et 20 avril 2014 sont annulées.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, de rétablir dans le système automatisé relatif au permis de conduire de M. A le bénéfice de cinq points retirés à la suite des infractions commises les 24 septembre 2013 et 20 avril 2014.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, au préfet du Jura.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2023.
La magistrate désignée,
S. GrossriederLa greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière
No 2200578
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026