jeudi 23 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2200603 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | GUYON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 avril 2022, Mme C B, représentée par Me Guyon, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 février 2022 par laquelle le directeur général de l'Hôpital Nord Franche-Comté a pris à son encontre une sanction disciplinaire l'excluant de ses fonctions pendant une durée de 2 ans à compter du 8 mars 2022 ;
2°) d'annuler la décision du 28 février 2022 par laquelle le directeur général de l'Hôpital Nord Franche-Comté a mis un terme à la décision du 15 septembre 2021 par laquelle elle a été suspendue de ses fonctions en application de la loi du 5 août 2021, en tant qu'elle l'a rétablie dans ses fonctions à compter du 10 février 2022 ;
3°) d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur général de l'Hôpital Nord Franche-Comté a rejeté sa demande de retrait de la décision du 28 février 2022 formée le 23 mars 2022 en tant qu'elle l'a rétablie dans ses fonctions à compter du 10 février 2022 ;
4°) d'annuler la décision du 15 septembre 2021, par laquelle le directeur général de l'Hôpital Nord Franche-Comté l'a suspendue de ses fonctions en application de la loi du 5 août 2021 ;
5°) d'enjoindre à l'Hôpital Nord Franche-Comté " de procéder à sa réintégration " et " de procéder au versement de sa rémunération, y compris de manière rétroactive, dans tous ses éléments et accessoires ", sans délai à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
6°) de mettre à la charge de l'Hôpital Nord Franche-Comté la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que :
- sa requête est recevable ;
En ce qui concerne les décisions des 15 septembre 2021, 18 février et 28 février 2022 :
- les décisions attaquées ont été adoptées par des signataires qui n'avaient pas délégation à cet effet.
En ce qui concerne la décision du 15 septembre 2021 la suspendant de ses fonctions en application de la loi du 5 août 2021 :
- elle n'a pas été précédée de la procédure prévue en matière de sanction disciplinaire ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'elle constitue une mesure de police et devait alors être justifiée, nécessaire et proportionnée ;
- elle est disproportionnée " au regard du caractère expérimental de la vaccination " ;
- elle est disproportionnée au regard de " l'objectif de santé publique " ;
- elle est disproportionnée en raison du " caractère indéterminé de la durée de la mesure de suspension " ;
- elle est disproportionnée " résultant de l'absence de prise en compte d'une solution moins radicale " ;
- elle est inutile pour limiter la propagation de l'épidémie de covid-19 ;
- elle méconnait le droit de mener une vie privée et familiale normale.
En ce qui concerne la décision du 28 février 2022 mettant fin à la décision du 15 septembre 2021 la suspendant de ses fonctions en application de la loi du 5 août 2021 et la décision implicite rejetant sa demande du 23 mars 2022 tendant au retrait de la décision du 28 février 2022 :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de qualification juridique des faits et doit dès lors être annulée en tant qu'elle prévoit " une réintégration de Madame B à compter du 10 février 2022 et non janvier 2022 et conditionne son traitement au regard du service fait alors qu'elle était en arrêt maladie " ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle conditionne sa rémunération au service fait ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que " le centre hospitalier ne pouvait donc pas procéder à l'exclusion de Madame B durant son arrêt maladie ".
En ce qui concerne la décision implicite rejetant sa demande du 23 mars 2022 tendant au retrait de la décision du 28 février 2022 :
- la décision attaquée est illégale en raison de l'illégalité de la décision du 15 septembre 2021.
En ce qui concerne la décision du 18 février 2022 prononçant une sanction disciplinaire à son encontre :
- elle est entachée d'un vice de procédure ;
- elle est fondée sur une procédure qui méconnait son droit à un procès équitable ;
- le directeur général de l'Hôpital n'établit pas qu'elle est l'auteure des tweets incriminés ;
- les faits retenus n'ont pas un caractère fautif ;
- la décision attaquée constitue " une méconnaissance au droit à la santé " ;
- elle méconnait le droit à la vie privée et familiale ;
- la sanction prononcée à son encontre n'est pas proportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 octobre 2022, le directeur général de l'Hôpital Nord Franche Comté, représenté par Me Landbeck, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le directeur général de l'Hôpital Nord Franche Compté fait valoir que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi du n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- la loi n° 2021-689 du 31 mai 2021 ;
- la loi n° 2021-1040 du 5 août 2021 ;
- le décret n° 82-451 du 28 mai 1982 ;
- le décret n° 2021-699 du 1er juin 2021 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Seytel,
- les conclusions de M. A,
- et les observations de Me Landbeck, pour l'Hôpital Nord Franche-Comté.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été recrutée en qualité d'aide-soignante, le 2 août 2010, par le centre hospitalier de Belfort-Montbéliard devenu l'Hôpital Nord Franche-Comté en 2017. Par une décision du 15 septembre 2021, le directeur de l'Hôpital Nord Franche-Comté l'a suspendue de ses fonctions en application de la loi visée ci-dessus du 5 août 2021. Par une décision du 18 février 2022, le directeur de l'Hôpital Nord Franche-Comté a prononcé à l'encontre de Mme B une sanction disciplinaire d'exclusion temporaire de ses fonctions pour une durée de deux ans. Par une décision du 28 février 2022, le directeur de l'Hôpital Nord Franche-Comté a abrogé la décision du 15 septembre 2021 à compter du 10 février 2022 et jusqu'au 8 mars 2022. Par un courrier du 23 mars 2022, Mme B doit être regardée comme formant un recours gracieux contre la décision du 28 février 2022. Mme B demande l'annulation des quatre décisions qui viennent d'être énoncées.
Sur la légalité des décisions attaquées :
En ce qui concerne l'exception d'illégalité de la décision du 15 septembre 2021 la suspendant de ses fonctions en application de la loi du 5 août 2021 :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 6143-7 du code de la santé publique : " () Le directeur exerce son autorité sur l'ensemble du personnel dans le respect des règles déontologiques ou professionnelles qui s'imposent aux professions de santé, des responsabilités qui sont les leurs dans l'administration des soins et de l'indépendance professionnelle du praticien dans l'exercice de son art () ". Il résulte de ces dispositions que le directeur général de l'Hôpital Nord Franche Comté, qui a signé la décision attaquée, était compétent pour prendre une mesure de suspension des fonctions d'un agent en application de la loi du 5 août 2021. Par suite, le moyen doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 12 de la loi du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire : " I. - Doivent être vaccinés, sauf contre-indication médicale reconnue, contre la covid-19 : 1° Les personnes exerçant leur activité dans : a) Les établissements de santé mentionnés à l'article L. 6111-1 du code de la santé publique ainsi que les hôpitaux des armées mentionnés à l'article L. 6147-7 du même code ; () II. - Un décret, pris après avis de la Haute Autorité de santé, détermine les conditions de vaccination contre la COVID-19 des personnes mentionnées au I du présent article () " et aux termes de l'article 13 de cette loi : " I. - Les personnes mentionnées au I de l'article 12 établissent : 1° Satisfaire à l'obligation de vaccination en présentant le certificat de statut vaccinal prévu au second alinéa du II du même article 12. / Par dérogation au premier alinéa du présent 1°, peut être présenté, pour sa durée de validité, le certificat de rétablissement prévu au second alinéa du II de l'article 12 ". En conséquence, la décision du 15 septembre 2021 ne constitue pas une sanction et Mme B ne peut, dès lors, faire valoir qu'elle a été privée des garanties inhérentes aux procédures disciplinaires. Par suite, le moyen ne peut être qu'écarté.
4. En troisième lieu, Mme B ne donne aucune indication sur les libertés à l'encontre desquelles la décision attaquée constituerait une atteinte. Dès lors, elle n'est pas fondée à soutenir que celle-ci n'est pas justifiée, nécessaire et proportionnée. Par suite, le moyen ainsi soulevé doit être écarté.
5. En quatrième lieu, la décision attaquée n'a pas pour effet de contraindre Mme B d'accepter de se faire vacciner et dès lors, elle ne peut valablement invoquer le caractère inutile de la décision " pour limiter la propagation de l'épidémie de covid-19 " ou la circonstance que l'administration n'aurait pas " pris en compte une solution moins radicale ". Par suite, les moyens afférents ne peuvent être qu'écartés.
6. En dernier lieu, Mme B ne démontre pas l'incidence de la décision attaquée sur sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 15 septembre 2021.
En ce qui concerne la décision du 28 février 2022 qui suspend Mme B sans traitement entre le 1er janvier 2022 et 10 février 2022 ainsi que la décision rejetant implicitement le recours gracieux formé le 23 mars 2022 :
8. Il résulte des dispositions de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986, alors applicables, ainsi que de celles des articles 12 et 14 de la loi du 5 août 2021 que, si le directeur d'un établissement public de santé peut légalement prendre une mesure de suspension à l'égard d'un agent qui ne satisfait pas à l'obligation vaccinale contre la covid-19 alors que cet agent est déjà en congé de maladie, cette mesure et la suspension de traitement qui lui est associée ne peuvent toutefois entrer en vigueur qu'à compter de la date à laquelle prend fin le congé de maladie de l'agent en question. Par ailleurs, aux termes des dispositions de la loi du 5 août 2021, rappelées au point 3, l'agent qui présente un certificat de statut vaccinal satisfait à l'obligation de vaccination.
9. Il est constant que Mme B a été suspendue de ses fonctions à compter du 15 septembre 2021, en application de la loi du 5 août 2021. Il a été mis fin à cette suspension par une décision du 28 février 2022, avec reprise pour l'intéressée de sa rémunération à compter du 10 février 2022. Toutefois, Mme B soutient qu'ayant satisfait à son obligation vaccinale à compter du 1er janvier 2022 et étant placée en congé maladie à cette date, elle aurait dû percevoir une rémunération entre le 1er janvier 2022 et la date effective de la reprise de sa rémunération. A cet égard, il est constant que Mme B a, d'une part, satisfait à ses obligations de vaccination prévues par la loi du 5 août 2021, citée au point précédent et, d'autre part, a été placée en congé maladie le 9 décembre 2021 par son médecin traitant jusqu'au 16 janvier 2021, prolongé jusqu'au 16 février 2022. Dès lors, en application des dispositions rappelées au point précédent, Mme B est fondée à percevoir son traitement pour la période allant du 1er janvier au 9 février 2022. Contrairement à ce que soutient l'Hôpital Nord Franche-Comté, la circonstance qu'elle ne l'aurait informé d'un certificat de rétablissement que le 10 février 2022 et que, pendant la période allant du 1er janvier au 10 février 2022, elle n'était pas en service, est sans incidence sur l'erreur de droit ainsi commise dès lors qu'il vient d'être rappelé que pendant cette période elle était placée en congé maladie.
10. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens soulevés contre ces décisions, que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision du 28 février 2022 en tant qu'elle la suspend de ses fonctions sans traitement entre le 1er janvier 2022 et le 9 février 2022, ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux formé le 23 mars 2022 contre cette même décision.
En ce qui concerne la décision du 18 février 2022 prononçant une sanction disciplinaire d'exclusion de ses fonctions pendant une durée de 2 ans à compter du 8 mars 2022 :
11. En premier lieu, eu égard aux effets d'une sanction disciplinaire, celle-ci ne peut légalement intervenir que si l'agent concerné a été mis à même de discuter des griefs formulés contre lui. A cet égard, l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983, dans sa version applicable à la date de la séance du conseil de discipline en litige, prévoit qu': " () Aucune sanction disciplinaire autre que celles classées dans le premier groupe par les dispositions statutaires relatives aux fonctions publiques de l'Etat, territoriale et hospitalière ne peut être prononcée sans consultation préalable d'un organisme siégeant en conseil de discipline dans lequel le personnel est représenté () " et aux termes de l'article 32 du décret du 28 mai 1982, sous réserve de l'accord exprès du fonctionnaire concerné, la commission en matière disciplinaire peut exceptionnellement se tenir par conférence audiovisuelle, ou à défaut téléphonique. Par ailleurs, aux termes du IV de l'article 47-2 du décret du 1er juin 2021, les personnes accompagnant celles accueillies dans les services d'un établissement hospitalier ou leur rendant visite devaient présenter le résultat d'un examen de dépistage virologique ne concluant pas à une contamination par la covid-19, soit d'un justificatif de statut vaccinal concernant la covid-19, soit d'un certificat de rétablissement à la suite d'une contamination par la covid-19.
12. Il est constant que le conseil de Mme B s'est vu refuser l'accès aux locaux dans lesquels s'est déroulée la séance du conseil de discipline à laquelle l'intéressée était convoquée afin de présenter sa défense dans le cadre de la procédure disciplinaire diligentée contre elle. En défense, l'Hôpital Nord Franche-Comté fait valoir que l'accès aux locaux de l'établissement était subordonné à la présentation d'un " passe sanitaire ". Toutefois, il résulte des dispositions du IV de l'article 47-2 du décret du 1er juin 2021 que les restrictions prévues concernaient seulement les personnes rendant visite ou accompagnant les usagers d'un établissement hospitalier. Il s'ensuit que l'agent ou le conseil le représentant, qui demandent l'accès à un établissement afin de pouvoir présenter une défense devant un conseil de discipline, n'ont pas la qualité de visiteur ou d'accompagnant d'un usager du service public et ne peuvent dès lors se voir opposer les restrictions rappelées au point précédent. Au demeurant, la circonstance que la directrice des ressources humaines de l'Hôpital Nord Franche-Comté ait proposé au conseil de Mme B de tenir la séance du conseil de discipline en vidéoconférence, ne permet pas d'établir que l'intéressée ait été mise à même de présenter sa défense, dès lors que le conseil de Mme B s'y est opposé comme il était en droit de le faire. Dans ces conditions et compte tenu de l'importance que revêt le respect des principes inhérents au droit de la défense, la procédure disciplinaire en litige est irrégulière dès lors que ni Mme B, ni son conseil n'ont été mis à même de discuter des griefs formulés contre l'intéressée lors de la séance du conseil de discipline saisi préalablement à l'édiction de la décision attaquée. Par suite, le directeur général de l'Hôpital Nord Franche-Comté a entaché sa décision d'un vice de procédure substantiel, qui a privé Mme B d'une garantie.
13. En second lieu, la décision attaquée sanctionne Mme B pour des tweets publiés entre le 30 novembre et le 12 décembre 2021. Il ressort des pièces du dossier que les tweets dénoncent les conditions de travail au sein de l'Hôpital Nord Franche Comté par un agent qui était suspendu de ses fonctions et faisait l'objet une procédure pour abandon de poste. Ces tweets ont été postés avec le pseudonyme (ANO) " saperlipopette@chocomicho " (ANO) et (ANO) " saperlipopette@ chantalblue62 " (ANO). L'Hôpital Nord Franche-Comté fait valoir que ces comptes appartiennent à Mme B dès lors que son prénom et son année de naissance correspondent à l'un des pseudos utilisés et que l'un des tweets postés reproduit un courrier envoyé à l'intéressée. Toutefois, la circonstance que l'un des pseudos utilisés comporte le prénom et l'année de naissance de Mme B ne saurait suffire à établir le lien entre l'intéressée et les comptes " saperlipopette@chocomicho " et " saperlipopette@chantal62 " et ainsi établir de manière certaine que Mme B est l'auteur de ces tweets. Dans ces conditions, l'Hôpital Nord Franche-Comté n'établit pas que les propos tenus dans les tweets en litige et qui constituent le fondement de la sanction disciplinaire en litige aient été écrits et postés par Mme B. Par suite, les faits justifiant la sanction disciplinaire, alors même que les tweets existent, ne peuvent être toutefois regardés comme ayant été publiés par l'intéressée et ne sont dès lors matériellement pas établis.
14. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés contre cette décision, que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision du 18 février 2022.
Sur la demande d'injonction et d'astreinte :
15. En premier lieu, l'annulation de la décision du 28 février 2022, ainsi que de la décision implicite de rejet de la demande du 23 mars 2022, implique que l'Hôpital Nord Franche-Comté verse à Mme B le traitement qui lui était dû entre le 1er janvier et le 9 février 2022. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans assortir cette injonction d'une astreinte.
16. En second lieu, l'annulation d'une décision prononçant la révocation d'un agent implique nécessairement la réintégration de cet agent à la date de son éviction et la reconstitution de sa carrière. Dès lors, il y a lieu d'enjoindre à l'Hôpital Nord Franche-Comté de réintégrer Mme B dans ses effectifs, dans son emploi ou dans un emploi équivalent et de reconstituer sa carrière à compter du 8 mars 2022, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais du litige :
17. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Hôpital Nord Franche-Comté une somme de 1 500 euros à verser à Mme B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
18. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme B la somme demandée par l'Hôpital Nord Franche-Comté au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 28 février 2022 ainsi que la décision implicite de rejet du recours gracieux formé contre cette décision, en tant qu'elles suspendent Mme B de ses fonctions sans traitement entre le 1er janvier 2022 et 10 février 2022, sont annulées.
Article 2 : La décision du 18 février 2022 excluant Mme B de ses fonctions pour une durée de deux ans à compter du 8 mars 2022 à titre disciplinaire est annulée.
Article 3 : Il est enjoint à l'Hôpital Nord Franche-Comté de verser à Mme B le traitement qui lui était dû entre le 1er janvier 2022 et le 9 février 2022 dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Il est enjoint à l'Hôpital Nord Franche-Comté de réintégrer Mme B dans ses effectifs et de reconstituer sa carrière à compter du 8 mars 2022 dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 5 : L'Hôpital Nord Franche-Comté versera à Mme B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à l'Hôpital Nord Franche-Comté.
Délibéré après l'audience du 26 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Grossrieder, présidente,
Mme Besson, conseillère,
M. Seytel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2023.
Le rapporteur,
J. Seytel
La présidente,
S. Grossrieder
La greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au préfet du Territoire de Belfort, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
(DEF)(/DEF)
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026