LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2200709

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2200709

lundi 4 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2200709
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantMIGLIORE GABIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

D une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 26 avril et 16 mai 2022 2021, M. C A, représenté D Me Migliore, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 4 mars 2022 D lequel le préfet du Doubs a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi, a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une période de deux ans et a procédé à un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen pour la durée d'interdiction de retour ;

3°) d'enjoindre au préfet du Doubs de réexaminer sa demande et de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- la décision portant refus de titre de séjour a été signée D une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'un vice de procédure au regard des dispositions des articles L. 425-9 et R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle a été prise en violation de son droit d'être entendu, tel qu'il résulte de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français a été signée D une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle a été prise en violation de son droit d'être entendu, tel qu'il résulte de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant le pays de destination est illégale D voie de conséquence de l'illégalité entachant les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale D voie de conséquence de l'illégalité entachant les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire ;

- la décision portant signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen est illégale D voie de conséquence de l'illégalité entachant la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.

D un mémoire en défense, enregistré le 19 mai 2022, le préfet du Doubs conclut au rejet de la requête.

Le préfet soutient que les moyens invoqués D M. A ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale D une décision du 6 mai 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Trottier, président, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant kosovar né le 6 février 1994, est entré irrégulièrement en France le 28 octobre 2012 selon ses déclarations. Il a présenté une demande d'asile qui a été rejetée D une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 6 mai 2014, confirmée D la Cour nationale du droit d'asile le 19 mai 2015 et sa demande de réexamen a été rejetée D l'OFPRA le 17 août 2015. Le 5 octobre 2015, le préfet du Doubs a pris un arrêté portant rejet de la demande de titre de séjour du requérant, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Le 19 juin 2018, le requérant a déposé une demande de titre de séjour sur le fondement du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable. D une décision du 18 juin 2019, le préfet du Doubs a rejeté sa demande avec obligation de quitter le territoire français sans délai en fixant le pays de renvoi et en prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. D un arrêté du 28 août 2020, le préfet du Doubs a rejeté une nouvelle demande de titre de séjour du requérant et prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai en fixant le pays de renvoi et en prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. M. A a présenté, le 8 avril 2021, une nouvelle demande de titre séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. D un arrêté du 4 mars 2022, le préfet du Doubs a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi, a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une période de deux ans et a procédé à un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen pour la durée d'interdiction de retour. M. A demande l'annulation de ces décisions.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale D une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 6 mai 2022. Dans ces conditions, sa demande d'aide juridictionnelle à titre provisoire est devenue sans objet.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions portant refus du titre de séjour et obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, les décisions en litige ont été signées D M. Portal, secrétaire général de la préfecture du Doubs, en vertu d'un arrêté n° 25-2021-09-27-00001 du 27 septembre 2021, publié au recueil des actes administratifs dans le département le même jour, D lequel le préfet du Doubs a donné à M. B délégation à l'effet de signer les décisions pour toutes matières relevant des compétences et attributions du représentant de l'État dans le département. D suite, le moyen tiré de ce que M. B n'est pas compétent pour signer les décisions attaquées manque en fait et doit être écarté.

4. En deuxième lieu, d'une part, la décision portant refus de titre de séjour qui reprend notamment l'avis émis le 11 janvier 2022 D le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) en mentionnant, dans le respect du secret médical, que l'état de santé de M. A nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut ne saurait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il peut voyager sans risque vers son pays d'origine et que de ce fait l'intéressé ne remplit pas les conditions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour obtenir le titre de séjour sollicité, comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. D'autre part, si l'article 2 de l'arrêté attaqué ne mentionne pas de manière complète l'obligation de quitter le territoire français, sa rédaction, qui indique que pour satisfaire à cette obligation, M. A dispose d'un délai de trente jours pour rejoindre le pays dont il a la nationalité ou tout pays dans lequel il est légalement admissible, permettait à l'intéressé, qui déclare, dans sa requête, parler et comprendre le français et qui a déjà fait l'objet de plusieurs mesures d'éloignement D le passé, de comprendre qu'il faisait à nouveau l'objet d'une telle mesure. D suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

5. En troisième lieu, lorsqu'il présente une demande de titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de rejet de sa demande, il pourra faire l'objet d'un refus de titre de séjour et d'une mesure d'éloignement du territoire français. Il lui appartient, lors du dépôt de sa demande, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles, et notamment celles de nature à permettre le cas échéant à l'administration d'apprécier son droit au séjour et son maintien sur le territoire français. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Enfin, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle les décisions faisant grief sont prises que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de ces décisions, ce qu'il lui revient, le cas échéant, de démontrer devant la juridiction saisie.

6. En l'espèce, M. A se borne à soutenir qu'il n'aurait pas été mis en mesure de faire valoir ses observations avant que n'interviennent les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français, sans apporter la moindre précision quant aux éventuels éléments pertinents qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit prise ces décisions et qui, s'ils avaient pu être communiqués à temps, auraient été de nature à y faire obstacle. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il aurait ainsi été privé du droit d'être entendu, qui figure au nombre des droits fondamentaux faisant partie intégrante de l'ordre juridique de l'Union européenne (UE) et consacré à l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'UE.

En ce qui concerne la décision portant refus du titre de séjour :

7. Aux termes des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. ()". La décision de délivrer cette carte de séjour est prise D l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies D décret en Conseil d'Etat () ". Aux termes de l'article R. 425-11 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis D un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées D arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi D un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi D un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi D le médecin qui suit habituellement le demandeur ou D un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues D l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. () ". En vertu de l'article 6 de l'arrêté ministériel susvisé : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. / () ".

8. En premier lieu, il ressort des pièces produites aux débats D le préfet du Doubs qu'un avis a été émis le 11 janvier 2022 sur l'état de santé de M. A D le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, lequel, d'une part, a statué au vu du rapport médical, visé à l'article R. 425-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, établi le 23 décembre 2021 et, d'autre part, s'est prononcé au vu de l'état de santé du requérant et des conséquences en cas de défaut de prise en charge médicale. Le collège des médecins ayant considéré que l'état de santé de l'intéressé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut ne saurait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et les conditions prévues D l'article L. 425-9 du code précité étant cumulatives, cette instance pouvait rendre un avis sans se prononcer sur l'offre de soin et les caractéristiques du système de santé dans le pays d'origine. D suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure doit être écarté.

9. En second lieu, la partie qui justifie d'un avis du collège des médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect du secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et d'établir l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi et de la possibilité pour l'intéressé d'y accéder effectivement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

10. En l'espèce, le collège de médecins a estimé que l'état de santé de l'intéressé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut ne saurait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il peut voyager sans risque vers son pays d'origine, le Kosovo. Le certificat médical en date du 29 octobre 2021 produit D M. A, qui retrace ses antécédents médico-chirurgicaux, ne démontre pas qu'un défaut de suivi médical pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et le rapport publié le 6 mars 2017 D l'organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR) qui évoque de manière générale les dysfonctionnements du système de santé du Kosovo, est insuffisant pour établir que le requérant ne pourrait pas avoir accès à une offre de soin dans ce pays en rapport avec ses problèmes de santé. D suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus du titre de séjour :

11. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue D la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

12. M. A fait valoir d'une part, sa présence en France depuis près de dix ans et celle de ses grands-parents, chez lesquels il réside et qu'il aide dans leurs tâches quotidiennes et pour leur suivi médical et, d'autre part, qu'il souhaite s'intégrer professionnellement dans le secteur de la boulangerie. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le requérant, arrivé en France en 2012, n'a été autorisé à se maintenir sur le territoire français que le temps nécessaire à l'examen de sa demande d'asile, qu'il n'a pas ensuite exécuté les mesures d'éloignement dont il a fait l'objet les 5 octobre 2015, 18 juin 2019 et 20 août 2020 et qu'il s'est depuis lors maintenu en situation irrégulière sur le territoire français. Ensuite, l'intéressé n'apporte aucun élément tendant à démontrer que sa présence serait indispensable auprès de ses grands-parents notamment compte-tenu de leur état de santé. En outre, M. A ne démontre pas être dépourvu de toute attache familiale dans son pays d'origine, le Kosovo, alors qu'il ressort des termes de la décision attaquée que l'intéressé a déclaré que ses parents y résidaient. Enfin, il n'apporte aucun élément tendant à démontrer une quelconque insertion professionnelle. D suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus d'un délai de départ volontaire :

13. Contrairement à ce que soutient le requérant, la décision portant obligation de quitter le territoire français est assortie d'un délai de départ volontaire de trente jours. D suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation et de l'erreur de droit en raison de l'absence de délai de départ volontaire est inopérant et doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

14. Il résulte de ce qui a été dit aux points 3 à 12 que le moyen soulevé à l'encontre de la décision fixant le pays de destination et tiré de l'exception d'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

15. Il résulte de ce qui a été dit aux points 3 à 12 que le moyen soulevé à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français et tiré de l'exception d'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision procédant au signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen :

16. Il résulte de ce qui a été dit au point 15 que le moyen soulevé à l'encontre de la décision procédant au signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen de M. A et tiré de l'exception d'illégalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français ne peut qu'être écarté.

17. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

18. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées D M. A, n'appelle, D lui-même, aucune mesure d'exécution. D suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées D le requérant doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

19. Les dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une quelconque somme au bénéfice du conseil de M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

DECIDE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet du Doubs.

Délibéré après l'audience du 14 juin 2022 à laquelle siégeaient :

- M. Trottier, président,

- M. Charret, premier conseiller,

- Mme Guitard, première conseillère,

Rendu public D mise à dispose au greffe le 4 juillet 2022.

Le président rapporteur,

T. TrottierL'assesseur le plus ancien,

J. CharretLa greffière,

E. Cartier

La République mande et ordonne au préfet du Doubs, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions