jeudi 29 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2201407 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge unique 2ème chambre |
| Avocat requérant | LEONEM AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 18 août 2022 et 25 mai 2023, Mme C E, représentée par Me Maetz, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 29 juin 2022 par laquelle le ministre des armées a refusé de faire droit à sa demande d'allocation temporaire d'invalidité (ATI) ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme E soutient que :
- le ministre des armées a commis une erreur de droit en s'estimant à tort en situation de compétence liée ;
- le ministre des armées a commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui octroyer l'ATI.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 13 décembre 2022 et 8 juin 2023, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Le ministre soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est dépourvue de conclusions aux fins d'annulation ;
- les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat ;
- le décret n° 60-1089 du 6 octobre 1960 portant règlement d'administration publique pour l'application des dispositions de l'article 23 bis de l'ordonnance n° 59-244 du 4 février 1959 relative au statut général des fonctionnaires ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Besson, conseillère, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Besson,
- et les conclusions de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E, qui exerce les fonctions de secrétaire au sein du ministère des armées, a été victime, le 22 juin 2016, d'un accident vasculaire cérébral (AVC) sur son lieu de travail qui a été reconnu imputable au service. L'intéressée a repris ses fonctions à mi-temps thérapeutique à compter d'octobre 2017 puis à temps complet à compter de juin 2018. Par une décision du 19 février 2020, la ministre des armées l'a informée que son taux d'incapacité permanente partielle (IPP) était fixé à 10% et que la date de consolidation serait fixée au 30 juin 2018. Le 30 septembre 2021, la requérante a sollicité le bénéfice d'une allocation temporaire d'invalidité (ATI) sur le fondement de l'article 65 de la loi du 11 janvier 1984. Par une décision du 29 juin 2022, dont l'intéressée demande l'annulation, le ministre des armées a rejeté sa demande.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Lorsqu'il est saisi d'un litige en matière d'allocation temporaire d'invalidité, il appartient au juge administratif, en sa qualité de juge de plein contentieux, de se prononcer sur les droits de l'intéressé en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, et aussi, le cas échéant, d'apprécier, s'il est saisi de moyens en ce sens ou au vu de moyens d'ordre public, la régularité de la décision en litige.
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 31 du code des pensions civiles et militaires de retraite : " La réalité des infirmités invoquées, la preuve de leur imputabilité au service, le taux d'invalidité qu'elles entraînent, l'incapacité permanente à l'exercice des fonctions sont appréciés par le conseil médical mentionné à l'article L. 28 selon des modalités qui sont fixées par un décret en Conseil d'Etat. / Le pouvoir de décision appartient, dans tous les cas, au ministre dont relève l'agent et au ministre des finances. / Nonobstant toutes dispositions contraires, et notamment celles relatives au secret professionnel, tous renseignements médicaux ou pièces médicales dont la production est indispensable pour l'examen des droits définis par le présent chapitre pourront être communiqués sur leur demande aux services administratifs placés sous l'autorité des ministres auxquels appartient le pouvoir de décision et dont les agents sont eux-mêmes tenus au secret professionnel ".
4. Il résulte de l'instruction que le ministre des armées, pour prendre sa décision, s'est fondé sur l'avis du service des retraites de l'Etat mais également sur les avis médicaux rendus par le Dr D, médecin du travail, et le Dr A, neurochirurgien, qui ne faisaient pas état d'un lien direct entre les fonctions exercées par la requérant et l'AVC dont elle a été victime. Il mentionne également l'avis favorable de la commission de réforme du Doubs sur sa demande et effectue un rappel des conditions d'imputabilité d'un AVC au service. Par conséquent, il ne résulte pas de l'instruction qu'en se prononçant au regard de tous ces éléments, le ministre se soit cru en situation de compétence liée par l'avis rendu par le service des retraites de l'Etat et n'aurait pas fait usage de son pouvoir d'appréciation. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit, par suite, être écarté.
5. En second lieu, aux termes de l'article 65 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984, dans sa version en vigueur et désormais codifié à l'article L. 824-1 du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire qui a été atteint d'une invalidité résultant d'un accident de service ayant entraîné une incapacité permanente d'au moins 10 % ou d'une maladie professionnelle peut prétendre à une allocation temporaire d'invalidité cumulable avec son traitement dont le montant est fixé à la fraction du traitement minimal de la grille mentionnée à l'article 15 du titre Ier du statut général, correspondant au pourcentage d'invalidité. / Les conditions d'attribution ainsi que les modalités de concession, de liquidation, de paiement et de révision de l'allocation temporaire d'invalidité sont fixées par un décret en Conseil d'Etat qui détermine également les maladies d'origine professionnelle ". Aux termes de l'article 1er du décret n° 60-1089 du 6 octobre 1960, dans sa version alors en vigueur : " L'allocation temporaire d'invalidité prévue à l'article 65 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat est attribuée aux agents maintenus en activité qui justifient d'une invalidité permanente résultant : / a) Soit d'un accident de service ayant entraîné une incapacité permanente d'un taux rémunérable au moins égal à 10 % ; () / dans ces cas, par dérogation aux règles prévues par cet article, le pouvoir de décision appartient en dernier ressort au ministre dont relève l'agent et au ministre chargé du budget ; () ".
6. Constitue un accident de service, pour l'application de la réglementation relative à l'allocation temporaire d'invalidité, un évènement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il en est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci. A cet égard, la qualification de l'accident par l'administration dont relève l'agent qui en a été victime, pour le placement de l'intéressé en congé de maladie, est sans incidence sur la qualification de cet événement au regard des dispositions relatives à l'allocation temporaire d'invalidité.
7. Il résulte de l'instruction que Mme E a subi, le 22 juin 2016, un AVC dû à un hématome intra-cérébral frontal gauche. La requérante soutient que cet AVC, intervenu alors qu'elle était sur son lieu de travail, serait dû à la dégradation de ses conditions de travail conduisant à une augmentation de sa charge de travail. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette circonstance, à la supposer établie, soit de nature à traduire l'existence de conditions de travail anormalement lourdes ainsi que la réalisation, par la requérante, d'un effort violent, exceptionnel et inhabituel par rapport à l'exercice normal de ses fonctions. Par ailleurs, cet élément, pas plus que les trois rapports médicaux produits par le ministre des armées, ne permet pas, en tout état de cause, d'établir un lien entre les conditions de travail de l'intéressée et son accident. Par suite, Mme E n'est pas fondée à soutenir que l'AVC dont elle a été victime aurait dû être regardé comme un accident de service de nature à lui ouvrir de droit le bénéfice de l'ATI.
8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que Mme E n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 29 juin 2022. Ses conclusions aux fins d'annulation doivent par suite être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement de la somme que demande Mme E au titre des frais qu'elle a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C E et au ministre des armées.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juin 2023.
La magistrate désignée,
M. BessonLa greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au ministre des armées, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026