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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2300104

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2300104

vendredi 20 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2300104
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantJEAN-MARC PETIT-AVOCAT

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête et des mémoires, enregistrés les 23 janvier 2023, 19 juin 2023 et 15 septembre 2023 sous le n° 2300104, M. D E, Mme B E et Mme A E, représentés par Me Ribière, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 juillet 2022 par lequel le maire de la commune des Rousses a délivré à la SARL Foncière Chantin un permis de construire un ensemble immobilier de 43 logements sur le territoire de sa commune ;

2°) de mettre à la charge de la commune des Rousses la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Les requérants soutiennent que :

- la demande de permis de construire déposée par la SARL Foncière Chantin est incomplète dès lors que son plan de masse n'indique pas les conditions de raccordement aux réseaux publics, ce plan de masse ne répertorie pas les points et angles des prises de vue des documents photographiques et la demande de permis de construire ne comporte ni plan de division, ni projet de constitution d'une association syndicale ;

- le permis de construire contesté méconnaît l'orientation d'aménagement et de programmation " chez les Guyots " dès lors que le projet en litige n'a pas pour objet un aménagement global de la zone concernée, qu'il conduit à une densité qui dépasse les objectifs de cette zone et que l'objectif de maintien de végétation et celui de construire des " bâtiments individuels, intermédiaires et petits collectifs " ne sont pas respectés ;

- le projet méconnaît les prescriptions relatives à la hauteur des constructions et la distance en limite séparative de l'article 1 AU 10 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- il méconnaît l'article 1 AU 3 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- il méconnaît les articles 1 AU 2 et 1 AU 11 du règlement du plan local d'urbanisme et l'article L. 111-27 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît l'article l AU 13 du règlement du plan local d'urbanisme.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 19 avril et 30 juin 2023, la SARL Foncière Chantin, représentée par Me Petit, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La SARL Foncière Chantin soutient que la requête est irrecevable et fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 mai 2023, la commune des Rousses, représentée par DSC Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La commune soutient que la requête est irrecevable et fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par un courrier du 1er septembre 2023, les parties ont été informées qu'en application des dispositions des articles L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et R. 611-7 du code de justice administrative, le tribunal était susceptible de surseoir à statuer sur la requête en raison de la méconnaissance par le projet en litige de l'orientation d'aménagement et de programmation " chez les Guyots " dès lors que ce projet n'a pas été conçu sur la base d'" un schéma global cohérent " portant sur le secteur ouest de la zone.

Par un mémoire, enregistré le 6 septembre 2023, la SARL Foncière Chantin a présenté des observations sur cette possibilité de régularisation.

Par un mémoire, enregistré le 6 septembre 2023, M. et Mmes E ont présenté des observations sur cette possibilité de régularisation.

Une note en délibéré pour la SARL Foncière Chantin a été enregistrée le 6 octobre 2023.

II. Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 23 janvier, 19 juin et 15 septembre 2023 sous le n°2300105, M. C G, représenté par Me Ribière, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 juillet 2022 par lequel le maire de la commune des Rousses a délivré à la SARL Foncière Chantin un permis de construire un ensemble immobilier de 43 logements sur le territoire de sa commune ;

2°) de mettre à la charge de la commune des Rousses la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. G soutient que :

- la demande de permis de construire déposée par la SARL Foncière Chantin est incomplète dès lors que son plan de masse n'indique pas les conditions de raccordement aux réseaux publics, ce plan de masse ne répertorie pas les points et angles des prises de vue des documents photographiques et la demande de permis de construire ne comporte ni plan de division, ni projet de constitution d'une association syndicale ;

- le permis de construire contesté méconnaît l'orientation d'aménagement et de programmation " chez les Guyots " dès lors que le projet en litige n'a pas pour objet un aménagement global de la zone concernée, qu'il conduit à une densité qui dépasse les objectifs de cette zone et que l'objectif de maintien de végétation et celui de construire des " bâtiments individuels, intermédiaires et petits collectifs " ne sont pas respectés ;

- le projet méconnaît les prescriptions relatives à la hauteur des constructions et la distance en limite séparative de l'article 1 AU 10 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- il méconnaît l'article 1 AU 3 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- il méconnaît les articles 1 AU 2 et 1 AU 11 du règlement du plan local d'urbanisme et l'article L. 111-27 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît l'article l AU 13 du règlement du plan local d'urbanisme.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 19 avril et 30 juin 2023, la SARL Foncière Chantin, représentée par Me Petit, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. G la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La SARL Foncière Chantin soutient que la requête est irrecevable et fait valoir que les moyens soulevés par M. G ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 mai 2023, la commune des Rousses, représentée par Me Suissa, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. G la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La commune soutient que la requête est irrecevable et fait valoir que les moyens soulevés par M. G ne sont pas fondés.

Par un courrier du 1er septembre 2023, les parties ont été informées qu'en application des dispositions des articles L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et R. 611-7 du code de justice administrative, le tribunal était susceptible de surseoir à statuer sur la requête en raison de la méconnaissance par le projet en litige de l'orientation d'aménagement et de programmation " chez les Guyots " dès lors que ce projet n'a pas été conçu sur la base d' " un schéma global cohérent " portant sur le secteur ouest de la zone.

Par un mémoire, enregistré le 6 septembre 2023, la SARL Foncière Chantin a présenté des observations sur cette possibilité de régularisation.

Par un mémoire, enregistré le 6 septembre 2023, M. G a présenté des observations sur cette possibilité de régularisation.

Une note en délibéré pour la SARL Foncière Chantin a été enregistrée le 6 octobre 2023.

En application des dispositions de l'article R. 222-17 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour présider la deuxième chambre du tribunal, en cas de vacance ou d'empêchement.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Seytel,

- les conclusions de M. F,

- les observations de Me Lorach, sustituant Me Ribière, pour les requérants, de Me Suissa pour la commune des Rousses et de Me Corbalan, substituant Me Petit, pour la SARL Foncière Chantin.

Considérant ce qui suit :

1. Le 30 décembre 2021, la SARL Foncière Chantin a présenté une demande de permis de construire un ensemble immobilier de 43 logements sur le territoire de la commune des Rousses. Par un arrêté du 25 juillet 2022, le maire de cette commune a délivré le permis de construire sollicité. Par une requête n°2300104, M. E, Mme B E et Mme A E demandent l'annulation de ce permis de construire. Par une requête n°2300105, M. G demande l'annulation du même permis de construire.

2. Les requêtes visées ci-dessus sont dirigées contre la même décision et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur la légalité de l'arrêté attaqué :

En ce qui concerne la complétude de la demande de permis de construire :

3. Aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement () ".

4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la demande de permis de construire en litige a été complétée par la SARL Foncière Chantin le 26 avril 2022 par un plan de masse lequel indique les modalités de raccordement de la construction projetée aux différents réseaux publics, dont l'alimentation en eau et l'assainissement. Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de permis de construire à raison de l'absence de ces éléments sur le plan de masse doit être écarté.

5. En deuxième lieu, il ne ressort pas des dispositions précitées de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme ni d'aucune autre disposition légale ou réglementaire que le plan de masse doive répertorier les points et angles des prises de vue des documents photographiques. Par suite, le moyen développé en ce sens ne peut qu'être écarté.

6. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet en litige porte sur des constructions qui feront l'objet d'une division en propriété ou en jouissance. Dès lors, les requérants ne peuvent utilement soutenir que la demande de permis de construire devait comporter un plan de division et un projet de constitution d'une association syndicale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'orientation d'aménagement et de programmation " chez les Guyots " :

7. Aux termes de l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques. / Ces travaux ou opérations sont, en outre, compatibles, lorsqu'elles existent, avec les orientations d'aménagement et de programmation ". Il résulte de ces dispositions qu'une autorisation d'urbanisme ne peut être légalement délivrée si les travaux qu'elle prévoit sont incompatibles avec les orientations d'aménagement et de programmation d'un plan local d'urbanisme et, en particulier, en contrarient les objectifs.

8. Par une délibération du 10 novembre 2016, le conseil municipal de la commune des Rousses a approuvé son plan local d'urbanisme qui prévoit des orientations d'aménagement et de programmation (OAP) pour la zone dite " chez les Guyots ". L'OAP " chez les Guyots " porte sur une zone divisée en deux secteurs, l'un situé à l'ouest de la zone et le second à l'est de cette zone. L'OAP fixe un objectif de 25 logements minimum par hectare pour son secteur ouest et de 15 logements minimum par hectare pour son secteur est, ainsi qu'une densité de 22 logements par hectare pour la totalité de la zone. Par ailleurs, l'OAP " chez les Guyots " indique que les deux secteurs pourront faire l'objet d'opérations d'aménagement distinctes ou d'ensemble. Enfin, le secteur ouest pourra faire l'objet d'un aménagement en plusieurs phases mais, dans ce cas, " sur la base d'un schéma global cohérent de la zone ".

9. En premier lieu, si le projet en litige consiste à n'urbaniser qu'une seule parcelle du secteur ouest de l'OAP " chez les Guyots ", cette parcelle se situe à la limite sud-ouest de la zone dite " chez les Guyots ". Elle n'est pas enclavée à l'intérieur de la zone et ne crée aucun délaissé d'aménagement à l'échelle de la zone. Par ailleurs, son emplacement respecte et s'adapte aux accès prévus par l'OAP à la zone, aux cheminements intérieurs et aux arbres à préserver. Enfin, le positionnement des bâtiments sur la parcelle est cohérent avec la phase ultérieure d'aménagement de la zone en ce qu'il préserve la possibilité de créer des liaisons pour les piétons ou les véhicules vers le nord et l'est de la zone. Dans ces conditions, le projet doit être regardé comme une première phase de l'aménagement du secteur ouest de la zone dite " chez les Guyots " réalisée sur la base d'un schéma global cohérent de la zone. Dès lors, le projet n'est pas de nature à compromettre l'objectif d'un aménagement d'ensemble du secteur ouest de l'OAP.

10. En deuxième lieu et ainsi qu'il a été exposé au point 8, l'OAP fixe des objectifs de densités minimales de logements par hectare différents selon le secteur ouest et le secteur est. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, l'article 1 AU C du règlement du plan local d'urbanisme, qui se borne à rappeler les règles de densité prévues par l'OAP " chez les Guyots " ne fixe aucune règle de densité maximale. Dans ces conditions, les requérants ne peuvent sérieusement soutenir que le projet en litige " consomme toute la densité qu'impose l'OAP " et dès lors que le permis de construire contesté est de nature à contrarier les objectifs de l'OAP relatifs aux densités minimales de logements par hectare.

11. En troisième lieu, l'OAP " chez les Guyots " fixe l'objectif de favoriser " des logements individuels, intermédiaires et petits collectifs ". La typologie des constructions compatibles avec l'OAP s'apprécie en tenant compte de l'objectif d'augmenter la densité de logements rappelé au point précédent. En l'espèce, le projet en litige prévoit la construction de deux immeubles constitués d'un rez-de-chaussée et de deux ou trois étages. Pour les raisons qui viennent d'être exposées, ces immeubles doivent être regardés comme des " petits collectifs " compatibles avec les objectifs fixés par l'OAP " chez les Guyots " en matière de typologie des constructions et de densités de logements.

12. En dernier lieu, l'OAP " chez les Guyots " fixe l'objectif de maintenir " dans la mesure du possible " l'essentiel des arbres existants sur la zone. Il ressort de la demande de permis de construire en litige que la végétalisation sera conservée, notamment les arbres de part et d'autre de la voie d'accès du projet.

13. Il résulte de tout ce qui précède que le moyen tiré de ce que le projet n'est pas compatible avec l'OAP " chez les Guyots " ou en contrarie ses objectifs doit être écarté, en toutes ses branches.

En ce qui concerne la méconnaissance du règlement du plan local d'urbanisme de la commune des Rousses :

14. En premier lieu, l'article 1 AU 10 du règlement du plan local d'urbanisme dispose qu'en zone 1AUc : " La hauteur maximale autorisée correspond à la différence " d'altitude " entre le point le plus haut et le point le plus bas de la construction. () En secteurs () 1AUc () la hauteur des constructions est limitée à 12 mètres au faîtage ou 9 m à l'acrotère () En cas d'immeuble collectif, une hauteur supérieure de 2.5 m au maximum sera admise en cas réalisation d'un niveau souterrain entièrement dédiée au stationnement ". L'article 1 AU 10 du règlement du plan local d'urbanisme dispose également que lorsque le projet est d'une hauteur supérieure à 6 mètres, alors la distance en limite séparative avec les parcelles voisines doit être d'au moins 3 mètres.

15. Il ressort des pièces du dossier que le projet se situe en zone 1AUc et consiste à édifier deux immeubles collectifs. Dès lors, la hauteur maximale autorisée est de 14,50 mètres mesurée du faîtage jusqu'au point le plus bas de la construction qui peut être en-dessous du niveau du sol lorsque le projet prévoit un sous-sol. En l'espèce, il ressort de la demande de permis de construire en litige que la hauteur de la construction est conforme à cette hauteur maximale et ces modalités de mesure.

16. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que la demande de permis de construire en litige a été complétée par la SARL Foncière Chantin le 26 avril 2022 par un plan de masse, lequel indique qu'une distance de 3 mètres sépare chaque construction de la limite séparative des parcelles voisines.

17. Par suite, le moyen tiré de ce que le projet ne respecte pas la hauteur limite des constructions et la distance en limite séparative fixées par l'article 1 AU 10 du règlement du plan local d'urbanisme pour les constructions en zone 1AUc doit être écarté en toutes ses branches.

18. En deuxième lieu, l'article 3 du règlement du plan local d'urbanisme prescrit que les voies " publiques ou privées () doivent présenter des caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de la sécurité, de la défense contre l'incendie et la protection civile et comporter une chaussée d'au moins 3,50 m de largeur ". Il ressort du plan de masse de la demande de permis de construire en litige que la voie interne du projet est d'une largeur de 3,50 mètres. Dès lors, le projet respecte les prescriptions imposées par l'article 3 du règlement du plan local d'urbanisme et, par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces prescriptions doit être écarté.

19. En troisième lieu, il ressort de l'article 1 AU 11 du règlement du plan local d'urbanisme qui renvoie à l'application de l'article UB 11 du même règlement que " la volumétrie des constructions, la proportion des ouvertures, le choix de la mise en œuvre des matériaux, doit s'inspirer des exemples d'architecture traditionnelle locale ou en être une expression contemporaine. / Elles devront respecter les principes suivants : / - elles présenteront une simplicité de volume et une disposition harmonieuse des ouvertures / () / Les ouvertures en façades devront respecter des alignements horizontaux et/ou verticaux / () " et l'article 1 AU 2 précise que les opérations d'aménagement ne pourront se réaliser que sous réserve d'une bonne insertion dans le site sur lequel la construction est édifiée.

20. D'abord, il ne ressort pas des pièces du dossier que les terrasses d'un niveau de construction prennent appui sur les niveaux qui leur sont immédiatement inférieurs. Dans ces conditions, les terrasses prévues par le projet en litige ne constituent pas des toitures terrasses et les requérants ne peuvent opposer au projet en litige, s'agissant des prescriptions relatives aux toitures terrasses, l'application de l'article UB 11 du règlement du plan local d'urbanisme.

21. Par ailleurs, il ressort de la demande de permis de construire contesté que les constructions projetées comporteront des ouvertures verticales alignées. Dès lors, le projet en litige est conforme à la prescription selon laquelle les ouvertures en façade devront respecter un alignement horizontal ou vertical.

22. Enfin, il ressort des pièces du dossier que le projet fait le choix de constructions avec des volumes et des formes symétriques, d'une même couleur pour l'ensemble des façades et menuiseries extérieures et d'un alignement vertical des fenêtres et des baies vitrées. Dans ces conditions, le projet doit être regardé comme présentant une homogénéité et une simplicité dans les volumes et une harmonie dans les ouvertures, qui ne sont pas remises en cause par les terrasses de dimensions différentes selon les étages. En outre, il est constant que le projet se situe en zone à urbaniser. Dès lors, la circonstance que les constructions projetées présentent un volume et une hauteur plus importants que la plupart des constructions situées à proximité ne saurait suffire, dans les circonstances de l'espèce, à regarder le projet en litige comme étant contraire aux dispositions du plan local d'urbanisme qui régissent l'insertion paysagère et architecturale des constructions.

23. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles 1 AU 2 et 1 AU 11 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

24. En dernier lieu, aux termes de l'article l AU 13 : " Pour toute opération de construction () une partie de la surface doit être laissée libre de toute construction ou infrastructure. / Cette surface, ainsi que les délaissés des aires de stationnement, doivent être plantés et ne pas être imperméabilisés afin de permettre une pénétration gravitaire correcte des eaux pluviales dans le sol ".

25. Il est constant qu'une partie du terrain d'assiette du projet sera laissée libre de toute construction ou infrastructure. Or la circonstance qu'il n'y aurait que peu d'arbres plantés sur ces espaces ne saurait caractériser une méconnaissance des dispositions rappelées au point précédent. En tout état de cause, les requérants n'établissent pas que cette circonstance ferait obstacle, en l'espèce, à une pénétration gravitaire des eaux pluviales dans le sol. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 1 AU 13 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

26. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation du permis de construire qu'ils contestent.

Sur les frais liés au litige :

27. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune des Rousses et de la SARL Foncière Chantin qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance.

28. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. et Mmes E une somme globale de 750 euros à verser à la commune des Rousses et une somme globale de 750 euros à verser à la SARL Foncière Chantin et de mettre à la charge de M. G une somme de 750 euros à verser à la commune des Rousses et une somme de 750 euros à verser à la SARL Foncière Chantin.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de M. et Mmes E et de M. G sont rejetées.

Article 2 : M. D E, Mme B E et Mme A E verseront une somme globale de 750 euros à la commune des Rousses et une somme globale de 750 euros à la SARL Foncière Chantin et M. G versera une somme de 750 euros à la commune des Rousses et une somme de 750 euros à la SARL Foncière Chantin, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions présentées par la commune des Rousses et la SARL Foncière Chantin est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D E, à M. C G, à la commune des Rousses et à la SARL Foncière Chantin.

Délibéré après l'audience du 28 septembre 2023 à laquelle siégeaient :

- M. Pernot, premier conseiller faisant fonction de président,

- M. Seytel, conseiller,

- Mme Marquesuzaa, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2023.

Le rapporteur,

J. SeytelLe premier conseiller faisant fonction de président,

A. Pernot

La greffière,

C. Quelos

La République mande et ordonne au préfet du Jura, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

(DEF)(/DEF)

2-2300105

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