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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2300128

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2300128

mercredi 9 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2300128
TypeDécision
PublicationC
FormationJuge unique 2ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Besançon a examiné le recours de Mme B contre la décision de la commission de recours amiable de la CAF du Doubs du 2 décembre 2022, confirmant un indu de prime d'activité. Le tribunal a constaté que la CAF avait réduit le montant de l'indu de 495,30 euros à 267,24 euros, limitant ainsi le litige à ce solde. Il a rejeté la requête en jugeant que les indemnités journalières de maladie, bien que versées en août 2021, devaient être rattachées au mois de juillet 2021 pour le calcul des ressources, conformément aux articles L. 842-3, L. 842-4 et R. 843-1 du code de la sécurité sociale. La solution retenue est le rejet de la demande d'annulation de la décision attaquée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 janvier 2023, Mme A B conteste la décision du 2 décembre 2022 par laquelle la commission du recours amiable de la caisse d'allocations familiales (CAF) du Doubs a rejeté son recours concernant un indu de prime d'activité d'un montant de 479,61 euros.

Mme B soutient que la CAF du Doubs a commis une erreur d'appréciation en refusant de prendre en compte les indemnités journalières de maladie (IJM) dues au titre du mois de juillet 2021 au motif qu'elles lui ont été versées le 2 août 2021 par la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Doubs.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mai 2024, la CAF du Doubs conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'après un réexamen complet des justificatifs transmis par Mme B, le trop-perçu est de 267,24 euros au lieu de 495,30 euros et que le moyen invoqué par la requérante n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de M. Pernot a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. Par un courrier du 30 mai 2022, la CAF du Doubs a notifié à Mme B un trop-perçu de prime d'activité d'un montant initial de 495,30 euros pour la période d'octobre à décembre 2021. Mme B a présenté contre cet indu un premier recours le 8 juin 2022, devant la commission du recours amiable de la CAF du Doubs, lequel est resté sans réponse. Son second recours, introduit le 12 octobre 2022, a toutefois fait l'objet d'un rejet explicite le 2 décembre 2022. Mme B demande au tribunal d'annuler cette décision du 2 décembre 2022.

Sur l'étendue du litige :

2. Il résulte de l'instruction que la CAF du Doubs a réduit l'indu de prime d'activité de Mme B de 495,30 euros à 267,24 euros. La différence lui ayant été versée en décembre 2023, le litige ne porte plus que sur les 267,24 euros restants.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

3. D'une part, en vertu des dispositions combinées des articles L. 841-1, L. 843-1, L. 845-2 et L. 845-3 du code de la sécurité sociale, la prime d'activité, qui a pour objet d'inciter les travailleurs aux ressources modestes, qu'ils soient salariés ou non-salariés, à l'exercice ou à la reprise d'une activité professionnelle et de soutenir leur pouvoir d'achat, est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants.

4. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 3 décide de récupérer un paiement indu de prime d'activité, remettant ainsi en cause des paiements déjà effectués, la personne qui en conteste le bien-fondé doit, avant de saisir le juge, former un recours administratif préalable auprès de la commission de recours amiable de cet organisme et la décision prise par cette commission se substitue à la décision initiale et est seule susceptible d'être contestée devant le juge administratif. Statuant sur un recours dirigé contre une telle décision, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient également, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

5. D'autre part, aux termes de l'article L. 842-3 du code de la sécurité sociale : " La prime d'activité est égale à la différence entre : / 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; / 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1°. () ". Aux termes de l'article L. 842-4 du même code : " Les ressources mentionnées à l'article L. 842-3 prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont : / () 2° Les revenus de remplacement des revenus professionnels () ". Aux termes de l'article R. 843-1 du même code : " I. - Le montant dû au foyer bénéficiaire de la prime d'activité est égal à la moyenne des primes calculées conformément à l'article L. 842-3 pour chacun des trois mois précédant l'examen ou le réexamen périodique du droit. / () / III. - Pour chacun des trois mois mentionnés au I, les ressources prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont celles perçues au cours du mois considéré () ". Enfin, aux termes de l'article R. 844-1 du même code : " Ont le caractère de revenus professionnels ou en tiennent lieu en application du 1° de l'article L. 842-4 : 1° L'ensemble des revenus tirés d'une activité salariée ou non salariée ; () 6° Les indemnités journalières de sécurité sociale de base et complémentaires, perçues en cas d'incapacité physique médicalement constatée de continuer ou de reprendre le travail, d'accident du travail ou de maladie professionnelle pendant une durée qui ne peut excéder trois mois à compter de l'arrêt de travail ; () ". Il résulte des dispositions précitées, et tout particulièrement de celles de l'article R. 843-1 du code de la sécurité sociale, seules dispositions à devoir s'appliquer en l'espèce, que les ressources d'un allocataire de la prime d'activité sont prises en compte au titre du mois au cours duquel elles ont été effectivement perçues.

6. En l'espèce, Mme B conteste le trop-perçu de prime d'activité au motif que les IJM de juillet 2021 devaient être prises en compte au titre de ce mois et non du mois d'août. Toutefois, il résulte de l'instruction que les IJM précitées concernaient la période du 5 juillet au 2 août 2021 et qu'elles ont été mandatées le 3 août. Si la requérante invoque un retard du traitement de son dossier d'arrêt maladie par la CPAM, elle ne le démontre pas. Ainsi, la CAF du Doubs a fait une exacte application des dispositions citées au point précédent en prenant en compte la date de perception des IJM précitées pour le calcul de la prime d'activité de Mme B alors que l'intéressée avait, dans sa déclaration de ressources trimestrielles du 8 octobre 2021, déclaré à tort les IJM perçues pour la période du 5 juillet au 2 août au titre du mois d'attribution et non au titre du mois de leur perception. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.

DECIDE :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes.

Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, à la caisse d'allocations familiales du Doubs.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

A. PernotLa greffière,

N. Viennet

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière

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