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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2501763

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2501763

mercredi 1 juillet 2026

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2501763
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge unique 2ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 août 2025, Mme A... B... C... demande au tribunal d’annuler la décision du 30 juin 2025 par laquelle le président du conseil départemental du Territoire de Belfort a rejeté le recours préalable exercé à l’encontre de la décision du 26 février 2025 portant refus de délivrer à sa fille mineure une carte « mobilité inclusion » portant la mention « stationnement pour personnes handicapées ».

Elle soutient que :
- sa fille est atteinte d’une maladie génétique rare, appelée le syndrome de Cloves se caractérisant par une hypertrophie du bras droit, une lésion pulmonaire, des malformations musculaires, scoliose, déformations osseuses nécessitant une surveillance médicale constante, des soins spécifiques et fréquents dans divers établissements spécialisés, exigeant une prise en charge quotidienne, justifiant qu’elle ait interrompu son activité professionnelle ;
- sa fille supporte mal les attentes prolongées et ne peut être installée de manière confortable assise, le siège auto n’étant pas adaptée à sa morphologie, ou en position debout, elle supporte mal les déplacements et connaît des difficultés à rester en équilibre compte tenu du poids de son bras ;
- l’attribution de cette carte lui est essentielle pour faciliter les déplacements médicaux et limiter les efforts physiques inutiles.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 novembre 2025, le président du conseil départemental du Territoire de Belfort conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la fille de la requérante est âgée d’un an à la date de la décision attaquée, qu’un enfant du même âge qui n’est pas en situation de handicap ne peut se déplacer de manière autonome et doit nécessairement être accompagné de ses parents pour ses déplacements, tandis que son orientation vers un service d’éducation spéciale et de soins à domicile permettra peut-être à leur fille de développer une pleine capacité à une autonomie de déplacements à pied.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l’action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l’audience publique, après l’appel de l’affaire, les parties n’étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l’instruction a été prononcée en application de l’article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de M. Di Candia, président a été entendu.


Considérant ce qui suit :

Mme A... B... C... a déposé auprès de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) du Territoire de Belfort un dossier afin d’obtenir la carte « mobilité inclusion » (CMI) portant la mention « stationnement pour personnes handicapées ». Par une décision du 26 février 2025, le président du département du Territoire de Belfort a refusé de délivrer la CMI sollicitée. Mme B... C... a présenté un recours administratif préalable obligatoire contre cette décision, explicitement rejeté par une décision du 30 juin 2025.

D’une part, aux termes de l’article L. 241-3 du code de l’action sociale et des familles : « I. – La carte " mobilité inclusion" destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l’appréciation, sur le fondement du 3° du I de l’article L. 241-6, de la commission mentionnée à l’article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. / (...) 3° La mention " stationnement pour personnes handicapées " est attribuée à toute personne atteinte d’un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu’elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. / (…) ». Le IV de l’article R. 241-12-1 du même code dispose que : « Pour l’attribution de la mention “ stationnement pour personnes handicapées ”, un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l’extérieur ».

D'autre part, selon l’annexe de l’arrêté ministériel du 3 janvier 2017 visé ci-dessus, pris pour l’application de ces dispositions : « 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied : / La capacité et l’autonomie de déplacement à pied s’apprécient à partir de l’activité relative aux déplacements à l’extérieur. / Une réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). / Ce critère est rempli dans les situations suivantes : / [a] - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; ou ; / [b] - ou la personne a systématiquement recours à l’une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : / - une aide humaine ; / - une prothèse de membre inférieur ; / - une canne ou tous autres appareillages manipulés à l’aide d’un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; / - un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d’attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu’elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; ou / [c] - la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie. / 2. Critère relatif à l’accompagnement par une tierce personne pour les déplacements : / Ce critère concerne les personnes atteintes d’une altération d’une fonction mentale, cognitive, psychique ou sensorielle imposant qu’elles soient accompagnées par une tierce personne dans leurs déplacements. / Ce critère est rempli si elles ne peuvent effectuer aucun déplacement seules, y compris après apprentissage. / La nécessité d'un accompagnement s'impose dès lors que la personne risque d'être en danger ou a besoin d'une surveillance régulière. / (...). 3. Dispositions communes : / La réduction de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied ou le besoin d’accompagnement doit être définitif ou d’une durée prévisible d’au moins un an pour attribuer la carte de stationnement pour personnes handicapées. (...) ».

Dans le cas d’un contentieux portant sur une demande de carte « mobilité inclusion » portant la mention « stationnement pour personnes handicapées », c’est au regard des dispositions applicables et de la situation de fait existant à la date à laquelle il rend sa propre décision que le juge doit statuer.

Il appartient à la personne qui présente devant le juge administratif des conclusions à fin d’annulation d’une décision lui refusant la délivrance d’une carte « mobilité inclusion » portant la mention « stationnement pour personnes handicapées » d’établir, par tous moyens et notamment par la production de justificatifs, qu’elle est atteinte d’un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied.

En l’espèce, si Mme B... C... justifie que sa fille, est atteinte du syndrome de Cloves à l’origine de nombreuses difficultés dans sa prise en charge, les éléments médicaux qu’elle produit ne sont de nature à établir ni qu’une fois en âge de marcher, sa capacité et son autonomie de déplacement à pied demeurera limitée à une distance inférieure à 200 mètres, après sa prise en charge par un service d’éducation spéciale et de soins à domicile, ni que l’altération de ses fonctions sensorielles rendra impossible après apprentissage qu’elle puisse effectuer ses déplacements seule. Dès lors, au vu des éléments dont la requérante se prévaut, son moyen tiré de ce que le président du conseil départemental du Territoire de Belfort aurait fait une inexacte application des dispositions précitées ne peut qu’être écarté.

Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B... C... doit être rejetée.


D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B... C... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B... C... et au département du Territoire de Belfort.

Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, à la maison départementale des personnes handicapées du Territoire de Belfort.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2026.


Le président,



O. Di CandiaLa greffière,



N. Viennet

La République mande et ordonne au préfet du Territoire de Belfort, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier,


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