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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2300988

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2300988

lundi 31 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2300988
TypeDécision
FormationJuge unique 2ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 juin 2023, M. A C doit être regardé comme contestant la décision du 13 juin 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) du Doubs a décidé de lui accorder une remise de dette à hauteur de 25% concernant un indu d'allocation de logement familiale (ALF) d'un montant de 249 euros.

M. C soutient que :

- la dette est née suite au versement de l'ALF postérieurement à la fin du bail de location de son appartement ;

- s'il a perçu le montant de 249 euros d'ALF, il l'a ensuite déduit du montant de la récupération des charges et des loyers à la fin du bail de sa locataire ;

- il est de bonne foi et était persuadé que cette somme était un paiement rétroactif de l'ALF pour le mois de décembre 2021 au titre duquel il n'avait rien perçu ;

- sa locataire en difficulté financière a quitté son logement et lui est encore redevable d'une somme de 600 euros à ce jour.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 février 2025, la CAF du Doubs conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de M. Pernot a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. M. C est le propriétaire d'un appartement qu'il a loué à Mme B du 9 décembre 2021 au 31 octobre 2022. L'ALF, dont bénéficiait Mme B pour la location de ce bien, était versée directement à M. C y compris un dernier versement indu relatif au mois de novembre 2022. Le 24 janvier 2023, la CAF du Doubs a notifié à l'intéressé un indu d'ALF de 249 euros. Le 13 juin 2023, la CAF lui a accordé une remise à hauteur de 25 % de cette dette. M. C demande au tribunal de lui accorder le bénéfice d'une remise totale de dette.

Sur le cadre juridique applicable :

2 En vertu des dispositions combinées des articles L. 812-1, L. 821-1, L. 823-9, L. 825-3, R. 825-2 et R. 825-3 du code de la construction et de l'habitation ainsi que des articles L. 553-2 et R. 142-1 du code de la sécurité sociale, les aides au logement, au nombre desquelles figure l'ALF, sont liquidées et payées, pour le compte du fonds national d'aide au logement, c'est-à-dire au nom de l'État, par les organismes chargés de gérer les prestations familiales.

3. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 2 décide de récupérer un paiement indu d'aide au logement et que le bénéficiaire concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, le directeur de cet organisme, après avoir recueilli l'avis de la commission de recours amiable, peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de la créance qu'il détient dans le cas où le débiteur est de bonne foi et que la précarité de sa situation le justifie. Lorsque l'allocataire a fait de fausses déclarations, lesquelles doivent s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives, ou s'est livré à des manœuvres frauduleuses, aucune remise de dette ne peut en revanche lui être accordée. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande, de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision.

Sur la demande de remise de dette :

4. En premier lieu, si M. C soutient qu'il était persuadé que le dernier versement de 249 euros qu'il a perçu après le départ de sa locataire correspondait au paiement rétroactif de l'ALF pour le mois de décembre 2021, sa bonne foi n'est pas remise en cause, la CAF du Doubs ayant d'ailleurs accepté de lui accorder une remise partielle de sa dette.

5. En second lieu, en se bornant à faire valoir que, d'une part, il aurait déduit le montant de l'indu du solde des charges et loyers de sa locataire au terme du bail et, d'autre part, que celle-ci lui est encore redevable d'une somme de 600 euros à ce jour, il n'établit pas qu'il serait dans une situation financière l'empêchant de régler la somme de 186,75 euros laissée à sa charge. Dans ces conditions, la demande de remise de dette totale de M. C ne saurait être accueillie.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la caisse d'allocations familiales du Doubs.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mars mars 2025.

Le magistrat désigné,

A. PernotLa greffière,

N. Viennet

La République mande et ordonne à la ministre chargée du logement, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière

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