LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2400210

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2400210

mardi 24 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2400210
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Besançon rejette la demande d'annulation de l'article 12 de l'arrêté préfectoral du 4 décembre 2023, qui interdit de pénétrer dans l'eau de la rivière Dessoubre jusqu'à une date fixée pour protéger la reproduction des salmonidés. La juridiction écarte le moyen de vice de procédure, relevant que les avis requis (fédération de pêche) ont été recueillis et que l'argument sur la consultation du public n'est pas fondé. Elle rejette également le moyen d'erreur d'appréciation, considérant que l'interdiction est justifiée par la nécessité de protéger l'ombre commun, une espèce patrimoniale en déclin, et que le préfet a agi dans le cadre de ses pouvoirs de police de la pêche (Code de l'environnement).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 30 janvier 2024, 18 avril 2024, 23 avril 2024, 20 juin 2024 et 5 mai 2025, l’association agréée pour la pêche et la protection des milieux aquatiques (AAPMA) des deux vallées demande au tribunal d’annuler l’article 12 de l’arrêté du préfet du Doubs du 4 décembre 2023 réglementant l’exercice de la pêche en eau douce dans le département du Doubs pour l’année 2024 en tant qu’il vise la rivière Dessoubre.

L’AAPMA des deux vallées soutient que :
- l’arrêté attaqué est entaché d’un vice de procédure dès lors que les demandes de modification de l’arrêté litigieux n’ont pas été validées par le conseil d’administration de la fédération du Doubs pour la pêche et la protection des milieux aquatiques, que cette dernière n’a pas pris en compte sa demande, et que la procédure de consultation du public est peu utilisée ;
- il est entaché d’erreur d’appréciation dès lors que l’interdiction d’entrer dans l’eau de la rivière Dessoubre jusqu’au vendredi précédant le troisième samedi du mois de mai n’est pas justifiée, les ombres ayant à cette date achevé leur reproduction et ayant quitté les graviers, et dès lors que la mortalité piscicole résulte de la pollution des eaux.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juin 2024, le préfet du Doubs conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par l’AAPMA des deux vallées ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
- le code de l’environnement ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Debat, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Kiefer, rapporteure publique,
- et les observations de M. A..., pour l’AAPMA des deux vallées.


Considérant ce qui suit :


Par un arrêté du 4 décembre 2023, le préfet du Doubs a réglementé la pêche en eau douce dans le département du Doubs pour l’année 2024. L’article 12 de cet arrêté dispose que, pour protéger la reproduction des salmonidés, il est interdit de pénétrer dans l’eau durant la période courant du deuxième samedi de mars au 30 avril 2024 pour ce qui concerne les cours d’eau de 1ère catégorie, et que cette interdiction est prolongée jusqu’au vendredi précédant le troisième samedi de mai, dans les cours d’eau Loue, Dessoubre et Cusancin ainsi que leurs affluents. Par la présente requête, l’AAPMA des deux vallées demande au tribunal d’annuler l’article 12 de l’arrêté du préfet du Doubs du 4 décembre 2023, en tant qu’il vise la rivière Dessoubre.

En premier lieu, aux termes de l’article R. 436-38 du code de l’environnement : « Les arrêtés du préfet prévus aux sous-sections 1 à 6 de la présente section sont pris après avis du directeur régional de l'Office français de la biodiversité, de la fédération départementale des associations agréées de pêche et de protection des milieux aquatiques et, le cas échéant, de l'association agréée des pêcheurs professionnels. ». Par ailleurs, aux termes de l’article L. 123-19-1 de ce même code : « (…) II.-Sous réserve des dispositions de l'article L. 123-19-6, le projet d'une décision mentionnée au I, accompagné d'une note de présentation précisant notamment le contexte et les objectifs de ce projet, est mis à disposition du public par voie électronique et, sur demande présentée dans des conditions prévues par décret, mis en consultation sur support papier dans les préfectures et les sous-préfectures en ce qui concerne les décisions des autorités de l'Etat, y compris les autorités administratives indépendantes, et des établissements publics de l'Etat, ou au siège de l'autorité en ce qui concerne les décisions des autres autorités. Lorsque le volume ou les caractéristiques du projet de décision ne permettent pas sa mise à disposition par voie électronique, la note de présentation précise les lieux et horaires où l'intégralité du projet peut être consultée. (…) ».

D’une part, l’AAPMA des deux vallées ne peut utilement se prévaloir, à l’appui de ses conclusions dirigées contre l’arrêté du préfet du Doubs réglementant l’exercice de la pêche en eau douce pour l’année 2024, de l’absence d’approbation des modifications apportées par l’arrêté contesté par le conseil d’administration de la fédération départementale des associations agréées de pêche et de protection des milieux aquatiques. En tout état de cause, la demande que l’AAPMA des deux vallées a formulée et transmise à la fédération départementale de pêche concernant l’article 12 de l’arrêté litigieux, a été instruite et présentée aux services de l’Etat, ainsi qu’il ressort des termes du compte-rendu de la réunion du 16 octobre 2023 préparatoire à l’édiction de l’arrêté contesté.

D’autre part, s’agissant de la consultation du public sur le projet d’arrêté, l’association requérante se borne à faire valoir que cette procédure n’est pas utilisée par le public qui s’en désintéresse. Par suite, le moyen tiré de l’existence d’un vice de procédure doit être écarté dans toutes ses branches.

En second lieu, pour demander l’annulation de l’article 12 de l’arrêté du préfet du Doubs du 4 décembre 2023, l’AAPMA des deux vallées soutient que l’interdiction d’entrer dans l’eau du Dessoubre jusqu’au vendredi précédant le troisième samedi du mois de mai n’est pas justifiée. En effet, les ombres ont à cette date achevé leur reproduction, quitté les graviers, et la mortalité piscicole résulte non pas des pêcheurs mais de la pollution des eaux.

Cependant, il n’est, d’une part, pas contesté que la population des ombres est une espèce piscicole patrimoniale en déclin notamment dans le cours d’eau Dessoubre. A cet égard, l’état de la biomasse d’ombre commun dans le Dessoubre médian fait apparaître une diminution constante au cours des années précédant l’édiction de l’arrête en litige.

D’autre part, s’il n’est pas sérieusement contesté, ainsi que le montrent les vidéos versées au dossier par l’AAPMA des deux vallées, que la présence d’ombrets est confirmée dans certaines parties de la rivière au cours de la première décade d’avril, les éléments produits par l’association requérante ne permettent pas d’établir une présence dans l’ensemble des sections, ni que la période de fraie ne s’étale pas sur plusieurs semaines sur un même tronçon, ainsi que le fait valoir le préfet du Doubs, ni que les ombrets filmés ne subiraient pas, en cas d’autorisation de pénétrer dans le cours d’eau avant le 30 avril, un piétinement préjudiciable à l’espèce.

De plus, il n’est pas sérieusement contesté par l’AAPMA des deux vallées que la date d’éclosion des ombrets dépend des débits et de la température et qu’elle est donc très variable selon les années. Enfin, la circonstance que la diminution de la population des ombres résulte de la pollution des eaux est sans incidence sur la légalité de la disposition attaquée. Il s’ensuit que le moyen tiré de l’erreur d’appréciation doit être écarté.

Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation présentées par l’AAPAM des deux vallées doivent être rejetées.


D E C I D E :

Article 1er : La requête de l’AAPAM des deux vallées est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l’association agréée pour la pêche et la protection des milieux aquatiques des deux vallées et à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature.

Copie en sera adressée, pour information, au préfet du Doubs.




Délibéré après l'audience du 3 mars 2026, à laquelle siégeaient :

- Mme Michel, présidente,
- M. Debat, premier conseiller,
- Mme Fessard-Marguerie, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mars 2026.




Le rapporteur,





P. Debat
La présidente,





F. MichelLa greffière,





E. Cartier


La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière





Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions