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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2502708

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2502708

mardi 10 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2502708
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Besançon a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de Mme B..., qui demandait au juge d’intervenir pour obtenir des informations sur l’avancement de sa demande de titre de séjour ou pour enjoindre à la préfecture de lui délivrer un récépissé. Le tribunal a rappelé que le juge administratif ne peut être saisi que de conclusions tendant à l’annulation d’une décision ou à la condamnation de l’administration, et qu’il ne peut adresser d’injonctions à titre principal ni se substituer à l’administration. La requête, ne contenant aucune conclusion recevable, a été rejetée sur le fondement des articles R. 222-1, R. 411-1 et R. 421-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 décembre 2025, Mme A... B... demande au tribunal son intervention :

- afin d’obtenir des informations sur l’avancement de son dossier [de demande de titre de séjour « parent d’enfant français »] ;
- ou de « faire en sorte que la préfecture examine [sa] demande dans un délai raisonnable » ;
- ou « au minimum de pouvoir obtenir un récépissé [lui] permettant de travailler de poursuivre [ses] démarches ».

Vu les pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (...) les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : / (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».
2. Aux termes de l’article R. 411-1 du même code : « La juridiction est saisie par requête. La requête indique les noms et domicile des parties. Elle contient l’exposé des faits et moyens, ainsi que l’énoncé des conclusions soumises au juge. L’auteur d’une requête ne contenant l’exposé d’aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d’un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu’à l’expiration du délai de recours ». Et aux termes de l’article R. 421-1 du même code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée (...) ».

3. Il résulte des dispositions précitées qu’en dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, il n’appartient pas à la juridiction administrative d’accueillir des conclusions tendant à d’autres fins que l’annulation d’une décision administrative en raison de son illégalité ou la condamnation d’une personne publique à verser une somme d’argent. Ainsi, le juge administratif ne peut pas faire œuvre d’administrateur et se substituer aux administrations compétentes, ni intervenir lui-même activement et directement pour prendre en charge une situation considérée comme anormale par un administré, ni adresser des injonctions à une autorité administrative hormis dans le cas où cela est impliqué par l’annulation d’un acte administratif prononcée à titre principal.

4. Dans sa requête, Mme B... se borne à demander au tribunal « son intervention » afin d’obtenir des informations sur son dossier auprès de la préfecture du Doubs ou d’enjoindre à celle-ci de procéder à un examen de sa situation dans un délai raisonnable ou au minimum de lui délivrer un récépissé l’autorisant à travailler. D’une part, elle ne présente aucune conclusion dont le juge administratif, qui ne peut être saisi que de requêtes aux fins d’annulation d’une décision administrative ou aux fins de condamnation de l’administration au paiement d’une indemnité, pourrait s’estimer valablement saisi. D’autre part, il n’appartient pas au juge administratif, en dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, inapplicables en l'espèce, d’adresser des injonctions à l’administration à titre principal, pas plus qu’il ne lui appartient de faire œuvre d’administrateur.
5. Dès lors, il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B... est manifestement irrecevable et doit, par suite, être rejetée en application du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


ORDONNE :


Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B...


Fait à Besançon le 10 février 2026.


La présidente de la 1ère chambre,


F. Michel

La République mande et ordonne au préfet du Doubs, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,
Le greffier

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