mardi 18 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-1902728 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | AUDOUIN |
Vu les procédures suivantes :
Par une requête enregistrée le 7 août 2019 et des mémoires complémentaires enregistrés les 23 novembre 2021, 14 mars 2022, 12 avril 2022, 26 avril 2022, 5 septembre 2022, et un mémoire récapitulatif produit à la demande du tribunal le 14 octobre 2022, en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, la société Foncière de France, représentée par Me Audouin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet du Gard du 17 juillet 2019 prescrivant à la société Foncière de France la suspension temporaire des travaux sur le site du centre commercial Porte Sud à Alès ;
2°) d'enjoindre au préfet du Gard de prendre toutes mesures utiles et de faire cesser tout trouble notamment concernant l'EURL Les Magnolias et ses locataires venant à ses droits ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'arrêté du 4 décembre 2018 contesté dans l'instance n° 1804026, cet arrêté du préfet du Gard étant entaché d'erreurs de droit dès lors que, d'une part, l'étude réalisée par la société Hydropraxis est de nature à répondre aux demandes de l'administration et dès lors que, d'autre part, aucun remblaiement n'a été effectué sur le terrain ;
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé et est entaché d'erreur de fait dès lors qu'aucun élément technique ou scientifique n'est apporté par le préfet pour fonder sa décision ;
- les prescriptions formulées à l'article 1.1 et 1.2 de l'arrêté du 4 décembre 2018 ont été entièrement exécutées, comme le tribunal administratif de Nîmes l'a constaté dans son ordonnance du 13 août 2019 ;
- il est dépourvu de base légale en ce que l'étude hydraulique du cabinet Hydropraxis répond aux exigences de l'arrêté du 4 décembre 2018 car :
* la contestation de la validité de l'étude est un argument inopérant ;
* le préfet a imposé, à tort, une méthodologie nouvelle de prise en compte des digues effacées qui est contradictoire avec celle retenue par le PPRi consistant en un arasement de la digue en rive gauche au droit du projet ;
* l'étude est conforme à la méthodologie retenue par le PPRi définissant des cotes d'inondable allant de 15 à 25 cm A inférieures aux cotes du PPRi ;
* elle modélise effectivement la crue de 2002 en retenant l'hypothèse de l'effacement des digues sur la traversée ;
* sa transmission a été validée par le tribunal administratif de Nîmes à l'occasion d'une ordonnance du 13 août 2019 ;
* la modélisation de l'effacement des digues a pris en compte les cotes altimétriques des terrains situés derrière les ouvrages réalisés sur la base du modèle numérique de terrain (MNT) fourni par les services de la DDTM, la cote de 120,90 m A devant être la cote à retenir puisque le terrain au droit des bâtiments se situe au même niveau que la cote plancher des bâtiments, soit 120,90 m A ;
* le zonage du PPRi du terrain d'assiette de la zone en litige est illégal en dépit de sa validation par l'arrêt du 6 juin 2017 rendu par la cour administrative d'appel de Lyon dès lors que de nouvelles circonstances de fait et de droit sont intervenues en ce que l'aléa fort du risque d'inondation dépendait du caractère non urbanisé des parcelles avant la réalisation des travaux ;
* l'étude démontre que le réseau de la Pierre Plantée n'est pas inondable ;
- l'arrêt en litige est entaché d'illégalité dès lors que l'arrêté du 28 octobre 2019 portant prescriptions spécifiques à déclaration au titre de l'article L. 214-3 du code de l'environnement a été exécuté en ce qui concerne l'installation de barrières et de systèmes d'alerte de crue ;
- le préfet a commis des erreurs de droit, car l'arrêté en litige est adressé à la société Foncière de France alors qu'il concerne des travaux de construction de bâtiments appartenant à l'EURL Les Magnolias qu'elle met en œuvre et car la suspension des travaux prononcée est une mesure disproportionnée ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir.
Par des mémoires en défense enregistrés les 22 octobre 2021, 24 février 2022, 28 mars 2022, 12 mai 2022, 26 juillet 2022 et un mémoire récapitulatif produit à la demande du tribunal le 14 octobre 2022, en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, la préfète du Gard conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 17 juillet portant suspension des travaux de réalisation du centre commercial " Porte Sud " et de l'aménagement de ses abords, car les travaux sont achevés ;
- les moyens soulevés par la société Foncière de France ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Antolini,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- les observations de Me Audouin, représentant la société Foncière de France, et celles de Mme B et M. C, représentant la préfète du Gard.
Une note en délibéré présentée pour la société Foncière de France a été enregistrée le 7 juillet 2023.
Considérant ce qui suit :
1. La société Foncière de France a développé un projet de centre commercial " Porte Sud " sur le territoire des communes d'Alès et de Saint-Hilaire-de-Brethmas, pour lequel elle a obtenu permis de construire délivré le 13 mars 2014, un permis d'aménager le 28 mars 2018, une autorisation au titre de la loi sur l'eau le 20 août 2007 et une autorisation d'exploitation commerciale le 24 juillet 2007. Il résulte de l'instruction que ces autorisations ont été obtenues avant l'entrée en vigueur du PPRi modifié dans le périmètre duquel s'inscrit le projet en litige, dont la légalité a été confirmée par un arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon du 6 juin 2017. Il résulte également de l'instruction que si les travaux, débutés en 2017, sont désormais achevés, le préfet du Gard a demandé, le 4 décembre 2018, de produire une nouvelle modélisation hydraulique intégrant les données nouvelles figurant au dernier PPRi. Par arrêté modificatif en date du 29 avril 2019, le préfet a mis en demeure la société Foncière de France de respecter seulement les prescriptions spécifiques de l'article 1.2 de l'arrêté préfectoral du 4 décembre 2018. Par trois décisions du 17 juillet 2019, le préfet du Gard a procédé à la suspension temporaire des travaux en cours sur le site du centre commercial " Porte Sud ", assortie d'une astreinte d'un montant de 1 500 euros par jour de retard et d'une amende administrative d'un montant de 15 000 euros pour non-respect de la mise en demeure du 29 avril 2019. La société Foncière de France demande l'annulation de l'arrêté suspendant l'exécution des travaux.
2. Il résulte des dispositions de l'article L. 171-11 du code de l'environnement que les décisions prises en application des articles L. 171-7, L. 171-8 et L. 171-10 de ce code, au titre des contrôles administratifs et mesures de police administrative en matière environnementale, sont soumises à un contentieux de pleine juridiction. Il appartient au juge de ce contentieux de pleine juridiction de se prononcer sur l'étendue des obligations mises à la charge des exploitants par l'autorité compétente au regard des circonstances de fait et de droit existant à la date à laquelle il statue. Lorsque l'autorité administrative, dans le cas où des installations ou ouvrages sont exploités, des objets et dispositifs sont utilisés ou des travaux, opérations, activités ou aménagements sont réalisés irrégulièrement, met en demeure l'intéressé de régulariser sa situation, sur le fondement des dispositions de l'article L. 171-7 du code de l'environnement, l'exécution complète des mesures ou formalités prescrites par cette mise en demeure ou l'impossibilité de les exécuter prive d'objet le recours tendant à son annulation, sur lequel il n'y a, dès lors, plus lieu de statuer.
3. Il résulte de l'instruction que les travaux relatifs à l'édification du centre commercial sont entièrement achevés puisque ce dernier est désormais ouvert au public. Les conclusions tendant à l'annulation de cet arrêté et à fin d'injonction sont désormais sans objet.
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, verse à la société requérante, la somme demandée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de la société Foncière de France tendant à l'annulation de l'arrêté suspensif de travaux.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Foncière de France et à la ministre de la transition écologique.
Copie en sera adressée à la préfète du Gard.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Antolini, président,
M. Lagarde, Premier conseiller,
Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2023.
Le président,
J. ANTOLINI
Le conseiller le plus ancien,
F. LAGARDE
La greffière,
A. OLSZEWSKI
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026