jeudi 2 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-1924236 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL LEVI-EGEA-LEVI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 1904236 les 24 juillet 2019 et 17 novembre 2020, au greffe du tribunal administratif de Toulouse et attribués au tribunal administratif de Nîmes par une ordonnance du président de la section du contentieux du Conseil d'Etat du 4 avril 2022, et un mémoire, enregistré sous le n° 1924236 le 12 mai 2022 au greffe du tribunal administratif de Nîmes, M. D F, représenté par Me Lévi de la SELARL Lévi-Egea-Lévi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 mai 2019 par laquelle le maire de Toulouse a décidé sa mise à la retraite pour invalidité, en tant qu'elle refuse de reconnaître l'imputabilité au service de son invalidité ;
2°) de condamner la commune de Toulouse à lui verser une somme de 5 000 euros en réparation des préjudices moral et psychologique subis en raison des fautes commises dans le traitement de son dossier ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Toulouse la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les conclusions en annulation de la décision du 23 mai 2019 sont recevables en l'absence de décision purement confirmative ;
- les conclusions indemnitaires sont recevables au regard de la réclamation préalable adressée à la commune le 5 novembre 2020 ;
- la décision est entachée d'incompétence dès lors qu'elle a été signée par une personne non habilitée, et qui relevait d'une autorité incompétente pour gérer son dossier administratif ;
- sa mise à la retraite pour invalidité a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que le médecin de prévention n'a pas été informé de la séance de la commission de réforme du 17 mai 2019 en méconnaissance de l'article 18 du décret du 14 mars 1986 ;
- tant l'avis rendu par la commission de réforme que la décision refusant de reconnaître l'imputabilité au service de sa mise à la retraite, sont insuffisamment motivés en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision est entachée d'erreur d'appréciation eu égard aux avis médicaux qui imputent une partie de son syndrome anxio-dépressif, voire la totalité, au conflit qui existe avec son employeur depuis 2013 ;
- la durée excessive et les fautes commises par son employeur dans le traitement de son dossier par la commission de réforme lui ont occasionné des préjudices moral et psychologique pour lesquels il est fondé à demander réparation à hauteur de 5 000 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 8 janvier 2020 et 26 février 2021, la commune de Toulouse conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que la gestion humaine de cet agent a été transférée à Toulouse métropole ;
- le recours en annulation est irrecevable dès lors qu'il est dirigé contre une décision du 23 mai 2019, purement confirmative d'une décision du 11 juin 2018 rejetant l'imputabilité au service de l'inaptitude de l'intéressé, et d'un arrêté du 28 septembre 2018 non contesté admettant le requérant à la retraite pour inaptitude non professionnelle ;
- les moyens de la requête sont en tout état de cause infondés ;
- aucune faute n'a été commise dans l'instruction de son dossier, qui a été faite dans des délais raisonnables.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les conclusions de Mme Chamot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. F, adjoint technique principal de 1ère classe de la commune de Toulouse, exerçant les fonctions d'agent d'entretien à la direction des cimetières et des pompes funèbres, a été placé à compter du 30 août 2013 en congé de maladie ordinaire, devenu congé de longue maladie, puis en congé de longue durée jusqu'à l'expiration de ses droits le 29 août 2018. Par arrêté du 26 décembre 2016, M. F a été transféré dans les services de l'établissement public de coopération intercommunale " Toulouse Métropole " à compter du 1er janvier 2017. Saisi pour avis sur l'aptitude de l'intéressé à reprendre ses fonctions, le comité médical départemental a, dans une séance du 2 mai 2018, rendu un avis défavorable et estimé que, compte tenu de l'inaptitude définitive de cet agent à toutes fonctions, il y avait lieu d'instruire un dossier de mise à la retraite pour invalidité. Par une décision du 11 juin 2018, le président de Toulouse métropole a prolongé le congé de longue durée jusqu'au 29 août 2018, date de la fin de ses droits, et décidé de le mettre en retraite pour invalidité en le plaçant, à compter du 30 août 2018, en disponibilité d'office pour maladie dans l'attente de la décision de la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales. Par la même décision, le président de Toulouse métropole a refusé de faire droit à la demande de M. F tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de son invalidité. Saisi d'un recours de l'intéressé à l'encontre de la décision refusant de reconnaître l'imputabilité au service de sa pathologie, le président de Toulouse métropole l'a informé, par courrier du 27 juillet 2018, de la tenue d'une expertise médicale complémentaire, laquelle s'est déroulée le 15 novembre 2018 auprès du docteur A, médecin psychiatre. Parallèlement, par un arrêté du 29 novembre 2018, le président de Toulouse métropole a admis l'intéressé à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 1er septembre 2018. Le 17 mai 2019, la commission de réforme a rendu un avis défavorable à l'imputabilité au service de la mise à la retraite de M. F. Suivant cet avis, le maire de Toulouse a, par une décision du 23 mai 2019, informé l'intéressé du maintien de sa mise à la retraite pour invalidité non imputable au service. Par la présente requête, M. F demande au tribunal d'annuler cette décision en tant qu'elle refuse de reconnaître l'imputabilité au service de la pathologie à l'origine de son invalidité et de condamner la commune de Toulouse à lui verser une somme de 5 000 euros en réparation des préjudices moral et psychologique subis à raison de fautes commises dans le traitement de sa demande de reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne les fins de non-recevoir opposées par la commune de Toulouse :
2. Si la commune de Toulouse fait valoir que, eu égard au transfert de personnel opéré au profit de l'établissement public de coopération intercommunale " Toulouse Métropole " le 1er janvier 2017, elle n'est pas la personne morale " concernée " par les conclusions de M. F tendant à l'annulation de la décision du 23 mai 2019 qui a été prise en réalité par le président de Toulouse Métropole, il ressort toutefois des pièces du dossier que cette décision, qui porte l'en-tête de la mairie de Toulouse, a été signée pour le maire, par Mme E C, en sa qualité de responsable " cellule absences médicales " de la direction adjointe administration ressources humaines de la commune de Toulouse. Dans ces conditions, dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que, comme la commune de Toulouse le soutient, la signature de la décision attaquée par son maire résulterait d'une simple erreur matérielle, la fin de non-recevoir opposée par la commune de Toulouse doit être écartée.
3. Il est constant que, par une décision du 11 juin 2018, puis par un arrêté du 29 novembre 2018, le président de Toulouse métropole a instruit la mise à la retraite pour invalidité de M. F, laquelle a été prononcée, à compter du 1er septembre 2018, sans reconnaissance d'origine professionnelle et sans versement de rente d'invalidité. Si la commune de Toulouse fait valoir que, dans ces conditions, la décision du 23 mai 2019, qui refuse de reconnaître comme imputable au service la mise à la retraite pour invalidité de l'intéressé, est purement confirmative de ces deux précédents actes, il ressort toutefois des pièces du dossier que la décision en litige, prise par le maire de la commune de Toulouse en réponse à la demande de reconnaissance de l'imputabilité au service de la maladie de M. F et après l'avis émis le 17 mai 2019, dans ce cadre, par la commission de réforme, ne peut présenter un caractère purement confirmatif des décisions prises par le président de Toulouse métropole, laquelle constitue une autorité administrative distincte de la commune de Toulouse. Il s'ensuit que la fin de non-recevoir tirée du caractère confirmatif de la décision du 23 mai 2019 doit être écartée.
En ce qui concerne la légalité de la décision du 23 mai 2019 :
4. Lorsqu'une autorité administrative est saisie d'une demande ne relevant pas de sa compétence, elle doit, dès lors qu'aucune autre autorité à laquelle elle aurait été tenue de transmettre cette demande n'est compétente, rejeter cette demande en fondant le rejet sur son incompétence, sans pouvoir compétemment la rejeter au fond.
5. D'une part, aux termes de l'article L. 5211-4-1 du code général des collectivités territoriales : " I. - Le transfert de compétences d'une commune à un établissement public de coopération intercommunale entraîne le transfert du service ou de la partie de service chargé de sa mise en œuvre. () / Les fonctionnaires territoriaux et agents territoriaux non titulaires qui remplissent en totalité leurs fonctions dans un service ou une partie de service transféré en application de l'alinéa précédent sont transférés dans l'établissement public de coopération intercommunale. Ils relèvent de cet établissement dans les conditions de statut et d'emploi qui sont les leurs. () ". D'autre part, en application de l'article 31 du décret du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales, le pouvoir pour apprécier le caractère imputable de l'invalidité d'un agent appartient dans tous les cas à l'autorité qui a qualité pour procéder à sa nomination, sous réserve de l'avis conforme de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales.
6. Ainsi qu'il a été dit au point 1, la compétence en matière de gestion des cimetières qu'exerçait la commune de Toulouse a été transférée à l'établissement public de coopération intercommunale " Toulouse Métropole ", et M. F a été transféré dans les effectifs de cette collectivité à compter du 1er janvier 2017. Dès lors, à compter de cette dernière date, en application des dispositions précitées de l'article L. 5211-4-1 du code général des collectivités territoriales, la commune de Toulouse n'était plus compétente pour prendre des décisions en matière de gestion du personnel rattaché au service de gestion des cimetières dont la compétence avait été transférée à Toulouse Métropole. Dans ces conditions, M. F est fondé à soutenir qu'à la date du 23 mai 2019, le maire de Toulouse n'était plus l'autorité compétente pour se prononcer sur l'imputabilité de son invalidité au service. En application du principe énoncé au point 4, la décision du 23 mai 2019 du maire de la commune de Toulouse, qui a rejeté au fond la demande de M. F, est entachée d'incompétence et doit, pour ce motif, être annulée.
Sur les conclusions indemnitaires :
7. Il résulte de ce qu'il vient d'être dit au point 6 que le lien qui unissait M. F à la commune de Toulouse a nécessairement pris fin le 1er janvier 2017, date de son transfert dans les effectifs de Toulouse Métropole qui avait seule compétence pour instruire sa demande de reconnaissance de l'imputabilité au service de son invalidité. Par suite, les conclusions de M. F tendant à la condamnation de la commune de Toulouse à l'indemniser des préjudices résultant de fautes commises dans l'instruction de sa demande de reconnaissance d'imputabilité au service de son invalidité, postérieurs au 1er janvier 2017, sont mal dirigées à l'encontre cette collectivité. Par ailleurs, l'existence d'un lien direct et certain entre les préjudices moral et psychologique allégués par M. F et l'illégalité fautive entachant la décision du 23 mai 2019, tenant à ce que le maire de Toulouse a rejeté sa demande au fond et non au motif tiré de ce que la commune de Toulouse n'était pas compétente pour en connaître, n'est pas établie. Les conclusions indemnitaires de M. F ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Toulouse la somme de 1 200 euros à verser à M. F au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du maire de Toulouse du 23 mai 2019 refusant de reconnaître l'imputabilité au service de la mise à la retraite pour invalidité de M. F est annulée.
Article 2 : La commune de Toulouse versera à M. F la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. F est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D F et à la commune de Toulouse.
Copie en sera adressée pour information à Toulouse Métropole.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Ciréfice, président,
Mme Galtier, première conseillère,
M. Chevillard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2023.
La rapporteure,
F. B
Le président,
C. CIRÉFICE
La greffière,
F. DESMOULIÈRES
La République mande et ordonne au préfet de Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026