jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2001261 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BONNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 22 avril 2020, 11 juin et 15 octobre 2021 et 24 juin 2022, la société Arcadi Pla, représentée par Me Bonnet, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner le département du Gard à lui verser la somme de 1 327 817,88 euros au titre du solde du lot n°1 bis " gros œuvre " du marché public de travaux de construction d'un collège et d'une halle des sports à Bellegarde, assortie des intérêts moratoires à compter du 30 septembre 2019 ;
2°) de condamner le département du Gard à lui verser la somme de 4 615,29 euros au titre du manque à gagner résultant de la résiliation fautive de son marché, assortie des intérêts moratoires à compter du 30 septembre 2019 ;
3°) de mettre à la charge du département du Gard la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la rubrique du décompte de liquidation intitulée " travaux supplémentaires ", qui correspond en réalité à des travaux en " moins-value ", n'est pas justifiée dès lors qu'ils ont bien été réalisés, le maitre d'ouvrage n'apporte aucune justification du bien-fondé des corrections de prix faites par le maitre d'œuvre ou de l'absence de prise en compte de certains travaux supplémentaires qui n'étaient pas compris dans le marché de base ; elle a droit au paiement de travaux supplémentaires réalisés pour un montant total de 4 143,70 euros qui ont été indispensables à l'achèvement de l'ouvrage, ramenés à un montant de 4 117,68 euros comme en conviennent le maitre d'ouvrage et son mandataire ;
- elle a droit au remboursement de la somme de 54 282,99 euros au titre du montant restant à régler par les corps d'état secondaires pour la partie " logement fonction / demi-pension " dans le cadre du compte prorata du chantier dont elle assurait la gestion dès lors qu'il incombait au maitre d'ouvrage et à son mandataire, conformément à l'article 3 du cahier des clauses particulières de son contrat de mandat, de s'assurer que les autres entreprises étaient à jour et avaient obtenu son quitus avant de régler leur situation ;
- elle a droit au paiement de la somme de 4 625,45 euros au titre du compte inter-entreprises à raison des travaux demandés par le représentant du maitre d'ouvrage, relevant contractuellement d'autres lots ou répartis directement entre les entreprises, dès lors que les dépenses correspondantes étaient utiles et indispensables à la bonne exécution du chantier et qu'il incombait au maitre d'ouvrage et à son mandataire, même en l'absence de stipulations contractuelles en ce sens, de s'assurer que les autres entreprises étaient à jour à son égard avant de régler leur situation et leur décompte général respectif ; en s'abstenant d'émettre des réserves ou des réfactions sur leur prix, le département a commis une faute engageant sa responsabilité à son égard ;
- le montant total des prestations exécutées par ses sous-traitants à la date de la résiliation du marché s'élève à la somme de 256 713,81 euros et le montant total de ses propres situations déjà réglées à celle de 212 399, 64 euros, soit un solde de 44 314,17 euros qui a été réglé aux sous-traitants bénéficiant du paiement direct ; il n'y a donc pas lieu de déduire à nouveau cette somme dans le décompte, sauf à enrichir sans cause le maitre d'ouvrage ;
- il n'y a pas lieu de déduire la somme de 19 326,66 euros au titre de la révision des prix, ni même celle ramenée par le département dans ses écritures à 10 510,96 euros, dès lors qu'il convient de tenir compte des révisions déjà retenues pour un montant total de 21 221,76 euros sur les situations réglées jusqu'à la date de la résiliation du marché ; elle a donc droit au paiement du solde correspondant d'un montant de 1 985,10 euros ;
- l'ensemble des retenues et réfactions pour " non-conformité " ne sont pas justifiées ni étayées et font doublon avec le marché de substitution incluant nécessairement la reprise des réserves et les travaux inexécutés ;
- la somme de 5 260 euros correspondant à la retenue pour l'étude de contrôle des bétons du collège est à un montant toutes taxes comprises alors que seul le montant hors taxes de 4 383,33 euros doit être mis à sa charge ;
- les réfactions pour non-conformité font doublon avec les retenues liées aux malfaçons des façades béton ;
- il n'y a pas lieu de déduire la somme de 518 572,18 euros au titre des travaux non réalisés du marché de base eu égard au caractère fautif de la décision de résiliation ; à titre subsidiaire celle-ci doit être requalifiée comme ayant été prononcée aux torts partagés avec le maitre d'ouvrage ; le montant total des travaux effectivement réalisés à la date de la résiliation s'élève à 2 726 727,61 euros de sorte que le solde correspondant aux travaux restant à réaliser s'élève à 451 888,93 euros ;
- le maitre d'ouvrage devra être condamné à l'indemniser à hauteur de de 4 615,29 euros au titre du manque à gagner résultant de la résiliation fautive de son marché, calculés par application du ratio de 0,89 % constaté sur ce type de chantier au montant de 518 572,18 euros au titre des travaux restant à réaliser à la date de la résiliation ;
- aucune somme ne doit être mise à sa charge au titre du surcoût lié à la conclusion d'un marché de substitution compte tenu du caractère fautif de la résiliation ; à titre subsidiaire, il ressort du décompte final du titulaire du marché de substitution qu'il a réalisé des travaux non compris dans le marché initial, constituant des travaux supplémentaires ou des travaux qui n'avaient fait l'objet d'aucune réserve à la réception, dont le coût ne doit pas être inclus dans le montant mis à sa charge dans son décompte de liquidation, limité à la différence entre le montant du marché de substitution ramené à 659 356,48 euros et le montant qui devait être sous-traité avant la résiliation de son marché, soit la somme de 141 656,48 euros ; il ne peut davantage être mis à sa charge le montant de 11 629,39 euros, même ramené à 11 326,96 euros, au titre de la révision des prix du marché de substitution dont le principe même est contesté, alors que cette somme ne tient pas compte des corrections à apporter sur le montant de ce marché ;
- il n'y a pas lieu de verser au département la somme de 395 837,25 euros au titre d'un préjudice résultant des surcoûts et de l'allongement des délais de l'opération qui n'est pas justifié, n'est pas au nombre des réserves émises lors de la réception du marché à la date de sa résiliation, le 18 janvier 2017, et ne peut figurer dans un décompte de résiliation en application de l'article 47.2.2 du cahier des clauses administratives générales (CCAG) applicable aux marchés publics de travaux ; à titre subsidiaire, le maitre d'ouvrage ne démontre pas l'existence d'une faute qui lui serait imputable en lien avec le préjudice subi ;
- les pénalités de retard sur la phase " collège " et " halle des sports ", de montants respectifs de 140 000 euros et 544 000 euros, ne sont pas justifiées et ne respectent pas l'article 4.4.1 du cahier des clauses administratives particulières (CCAP) du marché qui limitent ces pénalités à 1 000 euros par jour pour l'ensemble de l'opération, sans distinguer les travaux relatifs à la construction de chaque bâtiment, alors qu'elle a respecté le planning global du chantier pour ce qui concerne le collège, achevé pour la rentrée scolaire de 2016 ; à titre subsidiaire il conviendrait, pour les calculer, de tenir compte de la répartition en volume financier des travaux relatifs à chacun des bâtiments ; elles n'ont fait l'objet d'aucune mise en demeure préalable, les calendriers détaillés d'exécution et la preuve de leur notification n'ont pas été produits ; en tout état de cause leur montant exorbitant devra être minoré par le juge ; une partie du retard sur la base duquel ces pénalités ont été calculées, relatif au plancher bas des vestiaires de la halle des sports, ne lui est pas imputable et s'avère lié aux opérations d'expertise qui ont nécessité un arrêt du chantier ;
- elle a droit au paiement des intérêts moratoires à compter de la réception de son mémoire en réclamation dirigé contre le décompte de résiliation, conformément à l'article 4.3.2 du CCAP.
Par des mémoires en défense enregistrés les 24 février et 13 septembre 2021 et le 18 mai 2022, le département du Gard, représenté par Me Brault, conclut au rejet de la requête, à la condamnation de la société Arcadi Pla à lui verser la somme de 1 523 262,11 euros au titre du solde débiteur de son marché et à ce que soit mise à sa charge la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la rubrique " travaux supplémentaires " du décompte de liquidation inclut à bon droit le coût des travaux supplémentaires réalisés et validés par le maitre d'œuvre pour un montant de 31 312,41 euros ainsi que, d'une part, le montant de 4 117,68 euros réclamé par la requérante correspondant au coût des travaux supplémentaires réalisés pour la saignée sur dalle en zone 3 (855 euros) et la ventilation basse des vides sanitaires avec sortie en cour anglaise (3 262,68 euros) initialement non pris en compte à tort , et, d'autre part, une moins-value pour travaux non réalisés d'un montant de 61 751,98 euros ;
- sauf stipulation particulière du marché, ni le maitre d'œuvre ni le maitre d'ouvrage n'ont à intervenir dans la gestion des comptes prorata et inter-entreprises ou des différends qui y sont liés et l'absence de mise en œuvre de sa faculté de déduire les sommes dues aux différentes entreprises n'engage pas la responsabilité du maitre d'ouvrage ou son mandataire ; à titre subsidiaire le montant réclamé au titre du compte inter-entreprises ne correspond pas aux pièces justificatives auxquelles la requérante se réfère sur la base de devis non signés qui n'attestent pas du règlement effectif de ces sommes ;
- le décompte de liquidation tient compte des sommes dues à l'entreprise en règlement des travaux exécutés au titre du marché, soit de son montant global duquel il faut déduire le montant des acomptes déjà versés au titulaire à hauteur de 2 396 138,27 euros et la somme non contestée de 256 863,02 euros due aux sous-traitants bénéficiant du paiement direct à la date de la résiliation et déjà réglée à la date d'établissement du décompte ; il n'y a pas de doublon entre les lignes 30 et 31 du décompte correspondant à ces deux montants, ni lieu de déduire une somme de 44 314,17 euros du montant dû à l'entreprise ;
- la révision des prix du marché de base intègre bien celle déjà retenue sur les situations mensuelles de travaux jusqu'à la situation n°17 et il convient d'y ajouter celles correspondant à l'état d'avancement des travaux de reprise des réserves non levées par le titulaire sur les situations n°18 à 20, ce qui ramène le montant de la révision à - 10 510,96 euros ;
- si la dernière situation du 30 juin 2016, présentée par la requérante avant la résiliation du marché, fait état d'un avancement des travaux pour un montant de 2 726 727,61 euros, celui validé par le maitre d'œuvre à la date de la résiliation est chiffré à 2 660 044,36 euros, soit un montant des travaux restant à exécuter de 518 572,18 euros à déduire des sommes dues à l'entreprise ;
- le caractère régulier et le bien-fondé de la résiliation du marché aux frais et risques du titulaire, retenu par le jugement n° 1700810 du 6 juin 2019 du tribunal administratif de Nîmes ne peut plus être contesté ; à titre subsidiaire il est renvoyé à ses écritures en défense dans cette instance par lesquelles il a été démontré le bien-fondé de cette mesure, aucune indemnisation ne pouvant être réclamée à ce titre ; le surcoût lié au marché de substitution en résultant doit être mis à sa charge à hauteur du montant de ce marché de base de 1 179 000 euros, duquel il faut déduire la somme de 12 098,28 euros correspondant à des travaux ne faisant pas partie du marché initial et non nécessaires à la remise en conformité des travaux réalisés par la requérante, auquel il faudra ajouter le montant de la révision des prix à hauteur de 11 326,94 euros avant de déduire le coût des travaux restant à réaliser à la date de la résiliation, d'un montant de 518 572,18 euros, soit un surcoût total de 659 656,48 euros au débit de la requérante ;
- le coût des travaux de reprise de réserves liées aux façades incombant à la requérante n'était pas intégré au marché initial de substitution ; ces travaux ont été confiés à son titulaire par la signature d'un avenant pour des montants de 1 364,12 euros et 9 497 euros devant être mis à la charge de la requérante au titre des retenues pour réserves non levées ; les autres travaux supplémentaires confiés à cette entreprise pour un montant de 93 030,17 euros, comme les travaux de reprise de réserves non levées, n'ont pas été pris en compte pour le calcul du surcoût lié au marché de substitution, comme en atteste le décompte final de ce marché annexé au décompte de liquidation et il n'y a donc pas de doublon ;
- la retenue pour réserve non levée relative à l'aspect des voiles, d'un montant de 1 364,12 euros, est justifiée par la décision partielle de réception particulièrement bien documentée par le maitre d'œuvre et confirmée par la retenue du même montant opérée par la requérante sur la facture de son sous-traitant ; la retenue pour réserve non levée sur les façades des bâtiments d'enseignement, de restauration et des logements, d'un montant de 9 497 euros, est justifiée par la mise en demeure du 22 septembre 2017, adressée après prolongation expresse de la garantie de parfait achèvement, et l'absence de présentation de l'entreprise à la réunion du 20 octobre suivant à laquelle elle avait été convoquée par le maitre d'œuvre, lors de laquelle a été constatée l'absence de reprise des réserves ; le montant de la retenue pour l'étude de contrôle des bétons du collège s'élève bien à 5 260 euros hors taxes comme en atteste la facture produite, alors que l'étude de contrôle des bétons de la halle des sports était nécessaire à la consultation du marché de substitution afin d'intégrer les modalités correctives des défaillances de la requérante ; son montant, porté initialement au débit du décompte à hauteur de 14 920 euros, est erroné et il convient de retenir à ce titre le montant de 9 680 euros ;
- il est fondé à demander l'inscription au débit du décompte de liquidation, conformément à l'article 47.2.2 du CCAG-travaux, la somme de 395 837,25 euros au titre du préjudice subi à raison des surcoûts supportés auprès des autres intervenants du chantier et liés à l'allongement des délais d'exécution du fait des défaillances de la requérante ; le montant de ce préjudice est justifié par la conclusion des avenants avec ces différents intervenants sans avoir à produire les factures ou décomptes des marchés considérés ;
- le montant des pénalités de retard est justifié dès lors qu'en application combinée des articles 4.4.1 et 2.1.1 du CCAP et eu égard à la valeur contractuelle conférée au calendrier détaillé d'exécution, il était fondé à appliquer des pénalités pour chaque dépassement de délai relatif aux tâches décrites dans ce calendrier ; l'avenant n°1 a modifié les délais d'exécution avec une réception partielle des logements, locaux de service, restauration et externat au 1er juin 2016 et une réception définitive au 2 août suivant, à la suite de cet avenant de nouveaux calendriers détaillés d'exécution ont été notifiés fixant l'achèvement du plancher haut R+1 de la zone 1 du bâtiment de l'externat (tâche n°40) au 11 septembre 2015 et celui du plancher bas des vestiaires de la halle des sports au 23 juillet 2015 ; à titre subsidiaire, s'il convient de ne tenir compte que de la date contractuelle d'achèvement de l'ensemble de l'opération, fixée au 2 août 2016, le retard de 168 jours accusé par la société requérante à la date de la résiliation justifierait l'application de pénalités pour un montant total de 168 000 euros.
Par des mémoires enregistrés les 26 mars, 13 et 14 septembre 2021 et le 4 avril 2022, la SAS Samop a présenté des observations et demande au tribunal :
1°) de rejeter la requête de la société Arcadi Pla après avoir fixé le solde de son marché au montant débiteur de 1 522 214,70 euros ;
2°) de condamner la société Arcadi Pla à lui verser la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que la SAS Samop, en sa qualité d'observateur, n'est pas recevable à formuler des conclusions.
Par ordonnance du 11 septembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 11 octobre 2023 à 12h00.
En réponse aux pièces complémentaires transmises suite à une mesure d'instruction ciblée en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, un mémoire présenté pour la société Arcadi Pla a été enregistré le 19 septembre 2024 dans lequel elle maintient ses précédentes écritures et conteste d'autres postes de dépense inclus dans le marché de substitution au motif qu'ils ne sont pas justifiés et n'ont pas à être mis à sa charge.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Vosgien, rapporteure,
- les conclusions de M. Chaussard, rapporteur public,
- et les observations de Me Bonnet, représentant la société Arcadi Pla.
Considérant ce qui suit :
1. Par acte d'engagement du 24 juillet 2013, le département du Gard a confié à la SAS Samop une mission de mandat de maîtrise d'ouvrage pour l'opération de construction d'un collège et d'une halle des sports à Bellegarde. Par un acte d'engagement du 3 novembre 2014, la réalisation des travaux du lot n° 1 bis " gros œuvre " de cette opération a été confiée à la société Arcadi Pla. Le démarrage des travaux a été ordonné par l'ordre de service n° 1 du 14 novembre 2014 fixant le délai global d'exécution à une durée de vingt-un mois incluant la période de préparation. A la suite de diverses difficultés ayant marqué l'exécution de ce marché et après lui avoir adressé plusieurs mises en demeure de réaliser certains travaux, le département du Gard, par une décision du 18 janvier 2017, a prononcé sa résiliation aux frais et risques de la société Arcadi Pla. Par un jugement n° 1700810 du 6 juin 2019, le tribunal administratif de Nîmes a rejeté le recours de la société Arcadi Pla contestant la régularité et le bien-fondé de cette mesure et tendant à la reprise des relations contractuelles. Par un arrêt n° 19MA03709 du 21 février 2022, la cour administrative d'appel de Marseille a constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur l'appel formé contre ce jugement compte tenu de l'achèvement du marché de travaux de substitution confié à la société Demathieu Bard par acte d'engagement du 31 mai 2017. La SAS Samop a notifié à la société Arcadi Pla, le 3 septembre 2019, un projet de décompte de liquidation auquel était annexé le décompte du marché de substitution, que celle-ci a contesté le 30 septembre suivant. La société Arcadi Pla demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, la condamnation du département du Gard à lui verser les sommes de 1 327 817,8 euros au titre du solde du décompte de son marché et 4 615,29 euros au titre de l'indemnisation du manque à gagner qu'elle aurait subi du fait de la résiliation fautive de celui-ci. Le département du Gard sollicite, à titre reconventionnel, la condamnation de la société Arcadi Pla à lui verser la somme de 1 523 262,11 euros au titre du solde débiteur de son marché.
Sur les conclusions de la SAS Samop :
2. La SAS Samop, mandataire du maitre d'ouvrage, contre laquelle aucune conclusion des parties n'a été dirigée et qui n'aurait pas pu faire tierce-opposition au présent jugement, n'a été appelée à l'instance qu'en qualité d'observateur par le tribunal qui lui a communiqué l'ensemble de la procédure le 2 février 2021. N'ayant donc pas la qualité de partie à l'instance, elle n'est pas recevable à y présenter des conclusions propres. Dès lors, ses conclusions tendant au rejet de la requête après fixation du solde du marché au montant débiteur de 1 522 214,70 euros et à ce que soit mis à la charge de la société Arcadi Pla la somme de 3 000 euros au titre des frais d'instance ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions relatives au solde du marché :
3. Aux termes de l'article 47.2 du CCAG-travaux applicable au marché : 47.2.1. En cas de résiliation du marché, une liquidation des comptes est effectuée. Le décompte de liquidation du marché, qui se substitue au décompte général prévu à l'article 13.4.2, est arrêté par décision du représentant du pouvoir adjudicateur et notifié au titulaire. / 47.2.2. Le décompte de liquidation comprend : / a) Au débit du titulaire : / - le montant des sommes versées à titre d'avance et d'acompte ; / - la valeur, fixée par le marché et ses avenants éventuels, des moyens confiés au titulaire que celui-ci ne peut restituer ainsi que la valeur de reprise des moyens que le pouvoir adjudicateur cède à l'amiable au titulaire ; / - le montant des pénalités ; / - le cas échéant, le supplément des dépenses résultant de la passation d'un marché aux frais et risques du titulaire dans les conditions fixées à l'article 48. / b) Au crédit du titulaire : / - la valeur contractuelle des travaux exécutés, y compris, s'il y a lieu, les intérêts moratoires ; / - le montant des rachats ou locations résultant de l'application de l'article 47.1.3 ; / - le cas échéant, le montant des indemnités résultant de l'application des articles 46.2 et 46.4. ". L'ensemble des opérations auxquelles donne lieu l'exécution d'un marché public est compris dans un compte dont aucun élément ne peut être isolé et dont seul le solde arrêté lors de l'établissement du décompte général et définitif détermine les droits et obligations définitifs des parties. L'ensemble des conséquences financières de l'exécution du marché sont retracées dans ce décompte même lorsqu'elles ne correspondent pas aux prévisions initiales.
En ce qui concerne les travaux supplémentaires :
4. Le caractère global et forfaitaire des prix du marché ne fait pas obstacle à ce que l'entreprise cocontractante sollicite une indemnisation au titre de travaux supplémentaires commandés par le maitre d'ouvrage ou toute autre personne habilitée par lui à cet effet ainsi que ceux réalisés, même sans ordre de service, dès lors qu'ils étaient indispensables à la réalisation de l'ouvrage dans les règles de l'art.
5. Il résulte de l'instruction que le décompte de liquidation notifié à la société Arcadi Pla comprend une rubrique intitulée " travaux supplémentaires " d'un solde débiteur de 30 439,57 euros obtenu par la déduction de la somme justifiée par le département et, au demeurant, non contestée par la société requérante, de 61 751,98 euros, correspondant à des travaux qu'elle n'a pas réalisés, du montant de 31 312,41 euros, correspondant au coût de travaux supplémentaires commandés par le maitre d'ouvrage et validés par le maitre d'œuvre après certaines corrections, que la société Arcadi Pla estime devoir être porté à la somme de 65 895,68 euros.
S'agissant du montant des travaux supplémentaires validé en cours d'instance :
6. En cours d'instance, et après nouvelle validation de son maitre d'œuvre, le département du Gard a admis l'intégration au crédit de la requérante des sommes correspondantes au coût de deux postes de travaux supplémentaires, relatifs à la réalisation d'une saignée sur la dalle portée de la zone 3 et la ventilation basse des vides sanitaires avec sortie en cours anglaise, des montants respectifs de 855 euros et 3 262,68 euros dont la société Arcadi Pla est fondée à demander la prise en compte dans le décompte général et définitif du marché en cause.
S'agissant des devis rectifiés par le maitre d'œuvre (lignes n°1 à 3)
7. Il résulte de l'instruction que le maitre d'œuvre a validé à des montants définitifs de 15 116,67 euros le devis de 21 105,77 euros présenté par l'entreprise au titre des poteaux métalliques en zone 4 (ligne n°1) et de 350 euros le devis de 664,62 euros présenté au titre de l'ouverture 60/80 sur l'escalier 1 de la zone 3 (ligne n°3), après avoir effectué des corrections sur la base des prix du marché, comme en atteste son courrier du 19 mai 2016 produit au dossier. Le maitre d'œuvre a également validé à un montant définitif de 8 233,60 euros le devis de 12 926,89 euros établi au titre du voile VRD des logements (ligne n°2), en corrigeant les surfaces et l'épaisseur des façades et en supprimant les moyens d'élévation déjà en place et compris dans le marché de base. Des ordres de service n° 12, 13 et 15 ont été émis le 26 janvier 2016, suivis de fiches de travaux modificatifs n° 113, 114 et 115, le 30 novembre 2016, pour les montants définitifs susvisés. Si l'intéressée a formulé des réserves sur ces ordres de service et concernant le projet d'avenant n° 2 récapitulant les travaux supplémentaires commandés par le maitre d'ouvrage, qu'elle a refusé de signer, par courriers des 24 mai 2016 et 18 janvier 2017, aucun de ces derniers ne précise les motifs de son désaccord qui n'est pas davantage explicité dans ses écritures. Par suite, dès lors que la requérante n'établit pas avoir réalisé d'autres travaux supplémentaires que ceux effectivement commandés par le maitre d'ouvrage pour ces trois postes de dépenses ou qui auraient été indispensables à la réalisation de l'ouvrage dans les règles de l'art, elle n'est pas fondée à réclamer une indemnisation d'un montant supérieur aux 23 700,47 euros validés par le maitre d'œuvre.
S'agissant des travaux non pris en compte par le maitre d'œuvre (lignes n°6, 10 et 13 à 19)
8. Il ressort des articles 0.2.8, 0.2.10 et 0.2.11 du CCTP tous corps d'état (TCE) que sont à la charge du titulaire du lot gros œuvre, l'entretien et le déplacement des clôtures de chantier, la dépose, le démontage et la démolition de tous ouvrages provisoires, la matérialisation du balisage du chantier ainsi que le nettoyage complet du terrain et des zones de chantier tant qu'il sera seul sur celui-ci, puis à compter de l'intervention des autres entreprises, alors chargées de nettoyer leurs propres zones d'intervention avec enlèvement des déchets et gravats, le titulaire du lot gros œuvre reste en charge de l'enlèvement périodique des bennes de déchets, du nettoyage complet de ses propres zones d'intervention au fur et à mesure de l'avancement de ses travaux et du grattage et balayage fin des sols après son intervention.
9. En premier lieu et d'une part, les devis présentés pour les clôtures et le balisage du chantier (lignes n°6, 10 et 17) correspondent à des prestations comprises dans le marché de base qui ne sauraient donc ouvrir droit à indemnisation au titre de travaux supplémentaires. D'autre part, il résulte de l'instruction que les prestations de nettoyage et d'enlèvement des déchets (lignes n°16, 18 et 19) ont été réalisées à la demande du maitre d'œuvre, dans le cadre de sa mission d'ordonnancement, de pilotage et de coordination (OPC) du chantier, pour permettre aux autres entreprises déjà présentes sur le chantier de finaliser leurs travaux, ce que confirme la date d'établissement des devis le 10 août 2016, soit peu de temps avant la réception partielle des ouvrages, le 18 août suivant, de telle sorte que la société Arcadi Pla n'était dès lors plus tenue, à ce stade, de procéder seule à un nettoyage complet du chantier mais devait néanmoins, conformément au marché de base, procéder au nettoyage de ses propres zones d'intervention, ainsi que l'enlèvement périodique des bennes à déchets et un grattage et balayage fin des sols sur l'ensemble du chantier à l'issue de son intervention. Dans ces conditions, la société requérante, qui n'apporte aucune précision quant à la nature des prestations réalisées au titre du nettoyage de la cour de récréation (ligne n°16) et de l'enlèvement des déchets (ligne n°19), n'établit pas qu'elles constitueraient des travaux supplémentaires. Elle n'est, dès lors, pas fondée à réclamer une quelconque indemnisation à ce titre. En revanche, elle est fondée à demander l'indemnisation à hauteur de 420 euros des travaux de nettoyage des locaux casiers et vélo qui n'étaient pas contractuellement prévus par le marché de base, ont donné lieu à une commande du maître d'œuvre que le maitre d'ouvrage ne conteste pas avoir validée et constituent ainsi des travaux supplémentaires.
10. En deuxième lieu, il résulte des articles 1.0.4 du CCTP et 7.5.3 du CCAP du marché en cause que la réalisation des études d'exécution des travaux, incluant les plans et notes de calcul, sont à la charge de l'entreprise tenue de les soumettre à l'approbation du maitre d'œuvre et du bureau de contrôle avant toute mise en œuvre. En l'espèce, d'une part, il résulte de l'instruction, et notamment des courriers des 19 mai et 10 juin 2016 adressés par le maitre d'œuvre, que les travaux de démolition et reconstruction de l'escalier en zone 2 des bâtiments d'enseignement (ligne 13), qui ont fait l'objet d'un ordre de service n° 20, visaient à la reprise de travaux que la société Arcadi Pla avait réalisés non conformément au marché et, d'autre part, il n'est pas démontré que les plans d'exécution relatifs à ces travaux qui se sont avérés non conformes auraient été soumis, préalablement à leur réalisation, à l'approbation du maître d'œuvre. Dans ces conditions, les travaux de reprises en cause ne sauraient être regardés comme des travaux supplémentaires ouvrant à l'indemnité réclamée à ce titre par la société Arcadi Pla.
11. En troisième et dernier lieu, d'une part, il résulte de l'instruction que les locations complémentaires d'ouvrages de protection collectives du coût desquelles la société Arcadi Pla demande le règlement (lignes n° 14 et 15), prévues pour toute la durée du chantier dans son marché de base, nécessaires à l'intervention des autres entreprises, du 12 juin 2015 au 13 avril 2016 sur les logements de fonction et du 16 octobre 2015 au 31 mai 2016 sur les locaux destinés à la demi-pension, sont consécutifs à l'allongement des délais d'exécution et au recalage du planning en résultant. D'autre part, il résulte de l'instruction que la société requérante n'a pas contesté l'avenant n° 1 à son marché, conclu le 29 mai 2015, intégrant au délai global d'exécution de vingt-et-un mois une réception partielle des ouvrages le 1er juin 2016, avant leur réception définitive le 2 août suivant, alors que le démarrage de ses prestations avait été décalé de deux mois suite à un retard pris dans les études de synthèse, nécessitant, pour tenir ces délais sur lesquels elle n'avait émis aucune réserve, la mise en œuvre de moyens supplémentaires pour intervenir de manière simultanée sur les différents sites du chantier, conformément à ce que prévoyaient les calendriers détaillés d'exécution élaborés en concertation avec elle et qui lui ont été notifiés le 30 janvier 2015 pour la halle des sports et le 8 juin 2015 pour le collège. Par ailleurs, malgré les sept mises en demeure qui lui ont été adressées entre les mois d'août 2015 et de novembre 2016, afin qu'elle rattrape le retard qu'elle avait pris concernant diverses prestations non réalisées ou inachevées et des reprises de travaux, la requérante n'est plus intervenue sur le chantier à partir du mois de février 2016 et jusqu'à la résiliation de son marché, le 18 janvier 2017. Ces retards et défaillances ayant affecté l'exécution du lot " gros œuvre ", ont retardé l'intervention des autres entreprises et allongé le délai d'exécution global de l'opération. Au regard de ces éléments, alors qu'il n'est pas établi qu'il aurait pour origine d'autres causes et notamment l'exécution d'autres lots, la réalisation de travaux supplémentaires par d'autres intervenants ou les conditions dans lesquelles le mandataire du maître d'ouvrage a refusé certains sous-traitants, cet allongement de la durée du chantier doit être regardé comme étant exclusivement imputable à la société Arcadi Pla. Elle ne saurait, dès lors, être fondée à demander l'indemnisation du surcoût ainsi occasionné par le prolongement de la durée de location des ouvrages de protection collective qu'elle a mis à disposition du chantier.
12. Il résulte de ce qui précède que la société requérante a droit au paiement des travaux supplémentaires qu'elle a réalisés pour les montants validés par le maitre d'œuvre des lignes n° 1 à 3, pour un montant de 23 700,47 euros, des lignes n° 11 et 12, admises par le maitre d'ouvrage pour un montant de 4 117,68 euros, des lignes non contestées n° 4 (passage pour réseaux enterrés sous fondation voiles - cour de service) pour un montant de 5 437,25 euros et n° 9 (piquage dallage logette gaz restauration) pour un montant de 2 174,69 euros, ainsi que de la ligne n° 18 pour un montant de 420 euros. Le montant total dû à cette entreprise au titre des travaux supplémentaires s'élève donc à la somme de 35 850,09 euros, de laquelle sera déduit le montant non contesté des travaux non réalisés de 61 751,98 euros, pour inscrire à son débit dans le décompte en litige la somme de 25 901,89 euros.
En ce qui concerne le compte prorata :
13. Il ne résulte pas des termes des articles 4.5 du CCAP et 0.2.14 du CCTP TCE relatifs au compte prorata, ni de l'article 3 du cahier des charges de la convention de mandat de la SAS Samop relative au règlement des dépenses du chantier, dont les stipulations ne peuvent, en tout état de cause, être utilement invoquées par la société requérante qui est tiers à ce contrat, ni d'aucune stipulation contractuelle ou légale ni d'aucun principe général applicable au marché en cause que le maitre d'ouvrage ou son mandataire aurait pour obligation, ni même pour faculté, d'intervenir dans la gestion du compte prorata confiée à l'entreprise en charge du lot " gros œuvre " ou d'obtenir son approbation préalable au règlement des situations des autres entreprises. Ainsi, la société Arcadi Pla n'est pas fondée à soutenir qu'en n'intervenant pas auprès de ces entreprises, le maître d'ouvrage ou son mandataire aurait commis une faute engageant la responsabilité contractuelle du département pour le règlement de la somme de 54 282 euros par les corps d'état secondaires, dans le cadre du compte prorata ni à réclamer une indemnisation à ce titre.
En ce qui concerne le compte inter-entreprises :
14. Aucune stipulation contractuelle relative à ce compte ou à la répartition des dépenses communes du chantier figurant à l'article 0.2.13 du CCTP TCE ni aucun principe général ne prévoit l'obligation, ni même la faculté, du maitre d'ouvrage ou de son mandataire d'intervenir dans la gestion du compte inter-entreprises confiée à l'entreprise en charge du lot " gros œuvre " ou d'obtenir son approbation préalable au règlement des situations des autres entreprises. La société Arcadi Pla n'est donc pas fondée à soutenir qu'en n'intervenant pas auprès d'elle, le maître d'ouvrage ou son mandataire aurait commis une faute engageant la responsabilité contractuelle du département pour le règlement de la somme de 4 625,45 euros due au titre du compte inter-entreprises à raison des travaux demandés par le maitre d'ouvrage incombant contractuellement à d'autres lots ou répartis directement entre les entreprises, ni à réclamer une indemnisation sur ce point.
En ce qui concerne les acomptes perçus par les sous-traitants :
15. Le décompte du marché en cause comporte deux rubriques au titre des acomptes perçus par la société Arcadi Pla, d'un montant total de 2 396 138 euros, et de ceux perçus par les sous-traitants, d'un montant total de 256 863,02 euros, qui correspondent aux montants figurant dans l'annexe récapitulative des acomptes mensuels et du solde. Il ressort de cette annexe non sérieusement contestée par la société requérante que les sous-traitants bénéficiant du paiement direct ont perçu un cumul d'acomptes de 212 400,44 euros à la situation n° 17 du 4 août 2016, auquel se sont ajoutées les sommes de 23 915 euros versées aux sous-traitants sur la situation n° 19 de février 2017 et 20 547,88 euros sur la situation n° 20 de novembre 2017, soit un montant total de 256 863,82 euros qui a été ainsi repris à bon droit dans le décompte. La société requérante n'est donc pas fondée à soutenir qu'une partie de cette somme aurait été déduite à tort par deux fois de la somme qui lui serait due.
En ce qui concerne le montant des travaux du marché de base non réalisés à la date de la résiliation :
16. Il résulte de l'application combinée des stipulations précitées de l'article 47.2 du CCAG-travaux et de son article 13.1.3, prévoyant que le montant des travaux figurant dans les décomptes mensuels et final de l'entreprise correspond au montant exécuté, que le titulaire du marché a droit au paiement des travaux effectivement réalisés à la date de la résiliation de son marché quel qu'en soit le motif. Il ressort tant de la situation n° 17, établie le 4 août 2016, reprenant les propositions de projet de décompte de la requérante, que de la dernière situation n° 20 du 5 décembre 2017, validée par le maitre d'œuvre, un état d'avancement de 2 660 044,36 euros. La requérante n'établit pas avoir réalisé d'autres travaux depuis la situation n° 17 et jusqu'à la date de résiliation de son marché, ce que confirment au demeurant les constats et mises en demeure successifs adressés par le maitre d'œuvre et déjà évoqués, ainsi que les constats d'huissier contradictoires effectués à la demande de la SAS Samop, les 15 décembre 2016 et 7 février 2017. Dans ces conditions, c'est à bon droit que le décompte en litige a inscrit au débit de la société Arcadi Pla, sur la base de la différence entre le prix du marché de base de 3 178 616,53 euros et ce montant de 2 660 044,36 euros correspondant à l'état d'avancement des travaux à la date de la résiliation, la somme de 518 572,18 euros au titre du montant des travaux non exécutés à la même date.
En ce qui concerne la révision des prix du marché de base :
17. Il résulte de l'instruction, notamment de l'annexe au décompte notifié à la société requérante, que le montant total de la révision des prix du marché s'établit au montant de négatif de 19 326,66 euros, calculé sur la base du montant des travaux réalisés à la date de sa résiliation de 2 660 044,36 euros, ainsi qu'il a été dit au point précédent. Il n'y a, tout d'abord, pas lieu d'intégrer dans la révision des prix de ce marché, un montant supplémentaire de 8 815,73 euros calculé sur le montant des travaux restant à réaliser à cette date de 518 572,18 euros alors qu'il a par ailleurs déjà été tenu compte, dans le calcul du surcoût lié à la conclusion du marché de substitution de la révision des prix afférente à ce dernier. Par suite, et conformément au détail des calculs non contesté sur la révision des prix figurant en annexe au décompte, celle-ci s'établit au montant négatif de 19 326,66 euros à la date de la résiliation du marché. Compte tenu des sommes, d'un montant total de 20 742,68 euros, déjà retenues à ce titre sur les précédentes situations de l'entreprise requérante, cette dernière est fondée à réclamer l'inscription d'un solde créditeur de 1 416,02 euros au décompte de son marché.
En ce qui concerne l'indemnisation du manque à gagner résultant du caractère fautif de la résiliation :
18. Aux termes de l'article 46.3 du CCAG-travaux : " 46.3. Résiliation pour faute du titulaire : / 46.3.1. Le représentant du pouvoir adjudicateur peut résilier le marché pour faute du titulaire dans les cas suivants : () c) Le titulaire, dans les conditions prévues à l'article 48, ne s'est pas acquitté de ses obligations dans les délais contractuels, après que le manquement a fait l'objet d'une constatation contradictoire et d'un avis du maître d'œuvre, et si le titulaire n'a pas été autorisé par ordre de service à reprendre l'exécution des travaux ; dans ce cas, la résiliation du marché décidée peut être soit simple, soit aux frais et risques du titulaire et, dans ce dernier cas, les dispositions des articles 48.4 à 48.7 s'appliquent ; () ". Aux termes de l'article 9.2 du CCAP : " () lorsque l'entrepreneur ne se conforme pas aux dispositions du marché ou aux ordres de service, le mandataire du maitre de l'ouvrage le met en demeure d'y satisfaire, dans un délai déterminé, par une décision qui lui est notifiée par écrit. () ". Aux termes de l'article 9.3 du même cahier : " Si l'entrepreneur n'a pas déféré à la mise en demeure, le mandataire du maitre de l'ouvrage pourra prononcer toutes les mesures qu'il jugera utile aux frais et risques de l'entrepreneur, ou la résiliation du marché pourra être décidée. La résiliation du marché peut être soit simple soit aux frais et risques de l'entrepreneur. ".
19. Il résulte de l'instruction que, suite à un différend survenu en cours de chantier, relatif à la reprise des désordres affectant notamment les voiles béton des façades du collège, de la demi-pension et des logements qu'elle avait réalisés et aux retards qu'elle accusait au regard des calendriers détaillés d'exécution élaborés en concertation avec elle et qui lui avaient été notifiés, notamment s'agissant de la réalisation des planchers du rez-de-chaussée et du premier étage des bâtiments du collège, de fondation, dallage et plancher bas des vestiaires de la halle des sports, de la pose du bandeau préfabriqué indispensable à la pose de la charpente métallique ou de la remise en état des installations de chantier, la société Arcadi Pla, tel qu'il a déjà été dit au point 11 du présent jugement, a fait successivement l'objet de sept mises en demeure entre les mois d'août 2015 et de novembre 2016 auxquelles elle n'a pas déféré et ne s'est plus présentée sur le chantier à compter du mois de février 2016. Contrairement à ce qu'elle avance, il n'est pas démontré que les conditions dans lesquelles le mandataire du maître d'ouvrage a refusé les sous-traitant proposés ni que l'expertise judiciaire relative aux désordres affectant les voiles béton, ordonnée à sa demande, le 2 février 2016, auraient privé la société requérante de la possibilité de poursuivre l'exécution d'autres postes de travaux conditionnant l'avancement du chantier, notamment après la réalisation des constats lors du premier accedit du 10 mars 2016. Par ailleurs, au regard de l'ensemble de ces éléments, de l'importance des retards qu'elle a pris dans l'exécution des travaux, de ses répercussions sur l'ensemble du chantier, de l'ampleur des travaux non réalisés à la date de la résiliation, représentant 16% du montant du marché initial, et des mises en demeure répétées auxquelles elle n'a pas déféré, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que la résiliation prononcée à ses torts ne serait pas justifiée ni, par suite, à demander l'indemnisation du manque à gagner en résultant.
En ce qui concerne le surcoût lié au marché de substitution :
20. Aux termes de l'article 48 du CCAG-travaux : " () 48.4. En cas de résiliation aux frais et risques du titulaire, les mesures prises en application de l'article 48.3 sont à la charge de celui-ci. Pour l'achèvement des travaux conformément à la réglementation en vigueur, il est passé un marché avec un autre entrepreneur. Ce marché de substitution est transmis pour information au titulaire défaillant. Par exception aux dispositions de l'article 13.4.2, le décompte général du marché résilié ne sera notifié au titulaire qu'après règlement définitif du nouveau marché passé pour l'achèvement des travaux. / () 48.6. Les excédents de dépenses qui résultent du nouveau marché, passé après la décision de résiliation prévue aux articles 48.2 ou 48.3, sont à la charge du titulaire. Ils sont prélevés sur les sommes qui peuvent lui être dues ou, à défaut, sur ses sûretés éventuelles, sans préjudice des droits à exercer contre lui en cas d'insuffisance. ".
21. En application de ces stipulations et compte tenu de ce qui a été dit au point 19 du présent jugement, la requérante n'est pas fondée à contester la mise à sa charge du surcoût lié à la conclusion du marché de substitution conclu en mai 2017 avec la société Demathieu Bard afin d'achever les travaux de son marché résilié à ses frais et risques.
22. Il résulte de l'instruction, et notamment de l'acte d'engagement du marché de substitution versé aux débats, qu'il a été conclu pour un montant de 1 179 000 euros repris dans la rubrique correspondante du décompte de liquidation en litige. La société Arcadi n'est pas fondée à soutenir que seul devrait être mis à sa charge le montant de 518 000 euros correspondant au projet d'acte de sous-traitance présenté pour les mêmes travaux, avant la résiliation, par le titulaire du marché de substitution dès lors, en tout état de cause, que cette proposition n'a pas obtenu l'approbation du maitre d'œuvre et qu'elle ne saurait constituer un marché de substitution au sens des stipulations précitées de l'article 48 du CCAG.
S'agissant des retenues acceptées par le maître d'ouvrage :
23. Le département convient, dans ses dernières écritures, qu'il y a lieu de déduire du montant initial du marché de substitution la somme de 12 098,28 euros correspondant aux postes de travaux C1.7.4, C1.10.3, C1.10.4 et C1.10.7, qui n'étaient pas au nombre de ceux que la société requérante devait exécuter dans le cadre du marché résilié et n'étaient pas davantage nécessaires à la remise en conformité ou la reprise de ceux qu'elle a réalisés.
S'agissant des postes 1.1.1 " mesures d'organisation générale du chantier " et 1.1.2 " protections collectives - sécurité du chantier " :
24. En se bornant à se référer aux montants des mêmes postes de son marché de base conclu plusieurs années avant pour soutenir que les montants chiffrés dans le marché de substitution au titre des postes 1.1.1 " mesures d'organisation générale du chantier " et 1.1.2 " protections collectives - sécurité du chantier " seraient disproportionnés au regard du montant des travaux restant à réaliser, alors qu'il s'agit de prestations, par nature forfaitaire, sans produire de devis comparatifs actualisés, la société Arcadi Pla ne conteste pas sérieusement le montant de ces postes de travaux mis à sa charge.
S'agissant du poste 1.2.3 " remise en état de la parcelle " :
25. Il résulte de l'instruction et notamment du constat d'huissier établi le 7 février 2017 que, tel que le fait valoir le département, ces travaux ont été rendus nécessaires du fait de la présence sur le chantier de déchets provenant de l'exécution du lot " gros œuvre " par la société requérante. Si cette dernière soutient avoir procédé à la remise en état de la parcelle postérieurement à l'établissement de ce constat d'huissier, elle n'apporte toutefois aucun élément de nature à l'établir. Il y a donc lieu de maintenir ce poste de dépenses dans le montant du marché de substitution.
S'agissant des postes A1.9.3, B1.11, C1.10.5 et C1.10.6 relatifs à la reprise des façades béton :
26. Il résulte de l'instruction que des réserves ont été émises à la réception des travaux quant à l'aspect des voiles béton des façades des bâtiments du collège (externat), de la restauration (demi-pension) et des logements qui présentaient des ragréages localisés non conformes aux exigences contractuelles de finition lisse ainsi que de nombreuses fissures. Contrairement à ce que soutient la requérante, d'une part, tel que cela ressort notamment de la mise en demeure et des constats figurant dans les courriers adressés par le maître d'œuvre les 22 septembre et 20 octobre 2017, aucune de ces réserves n'a été levée durant le délai de garantie de parfait achèvement (GPA), en dépit de sa prolongation, et, d'autre part, il ressort du rapport d'expertise que la finition de ces voiles béton n'était pas conforme aux exigences contractuelles fixées par le Document technique unifié (DTU) 21. Or, les postes A1.9.3 et B1.11 du marché de substitution, relatifs au traitement de finitions des façades béton existantes " travaux communs " et " enseignement ", C1.10.5 " imprégnation inhibitrice de corrosion " et C1.10.6 " enduit et surfaçage " répondent à la nécessité de reprendre ces désordres conformément à la solution de reprise préconisée par l'expert judiciaire et le bureau d'étude mandaté par le maitre d'ouvrage, après réalisation d'études complémentaires également préconisées par l'expert. La société Arcadi Pla n'est donc pas fondée à demander que le coût de ces travaux de reprise ne soit pas mis à sa charge au titre du marché de substitution.
S'agissant du poste B1.1.2 " remblaiement contre des ouvrages enterrés " :
27. Il résulte de l'instruction que les travaux de remblaiement qui concernaient le bâtiment de la demi-pension ont été réalisés par la société Arcadi Pla dans le cadre de son marché et réceptionnés sans réserve. Cette dernière est donc fondée à soutenir que le montant de 210 euros des travaux du poste B1.1.2, qui a le même objet dans le marché de substitution, doit être déduit du surcoût mis à sa charge.
S'agissant des postes C1.1.1, C1.2.1, C1.2.2, C1.3.1, C1.4.3, C1.4.4 et C1.12.2 relatifs aux fondations de la halle des sports :
28. Il résulte de l'instruction, et notamment des mises en demeure successivement adressées par le maitre d'œuvre à la société Arcadi Pla avant l'établissement des constats d'huissier des 15 décembre 2016 et 7 février 2017 qu'aucuns travaux de fondation et de dallage de la halle des sports n'ont été réalisés avant la résiliation du marché en litige. La société requérante n'est, dès lors, pas fondée à soutenir que les postes C1.1.1 " fouilles en trou et rigoles exécutées mécaniquement en terrain meuble ", C1.2.1 " béton de propreté ", C1.2.2 " gros béton pour fondations ", C1.3.1 " fourreaux, réservations et pénétrations ", C1.4.3 " traitement hydrofuge des parois enterrées ", C1.4.4 " traitement anti-termites des parois enterrées et des fondations " et C1.12.2 " tranchées pour réseaux intérieurs sous dallage dans remblai " correspondraient à des prestations qu'elle aurait intégralement réalisées à la date de résiliation de son marché, le 18 janvier 2017, à des modifications de programme ou des améliorations par rapport à son marché de base, alors notamment que les quantités à réaliser demeurent les mêmes que celles prévues par ce dernier. Par suite, il y a lieu de maintenir ces postes de dépenses dans le montant du marché de substitution pour le calcul du surcoût mis à sa charge.
S'agissant du poste C1.6.2 " poutres bandeaux préfabriqués " :
29. Il résulte de l'instruction que deux des quatre bandeaux préfabriqués fournis par la requérante n'ont pas été posés avant la résiliation de son marché et sont restés sur site après la réception partielle des ouvrages intervenue en août 2016 et jusqu'au constat d'huissier dressé le 15 décembre suivant. Si la société Arcadi Pla soutient que ces bandeaux ont été fabriqués par son sous-traitant selon les plans d'exécution validés par le maitre d'œuvre, il apparait que ces derniers, laissés à l'abandon sans condition particulière de stockage pendant plusieurs mois, ne pouvaient être réutilisés par le titulaire du marché de substitution, comme le confirme le courrier de la SAS Samop du 17 février 2017, demandant à la société requérante d'évacuer ces matériels. Dans ces conditions, alors qu'elle n'apporte aucun élément de nature à établir que l'entreprise titulaire du marché de substitution aurait réutilisé ces deux bandeaux, la société Arcadi Pla n'est pas fondée à soutenir que les postes de dépenses relatifs à la fourniture et la pose de deux nouveaux bandeaux préfabriqués devraient être exclus du calcul du surcoût mis à sa charge.
S'agissant du poste C1.7.2.6 " poutres bandeaux en façades " :
30. La société requérante ne conteste pas que son marché de base comprenait un poste de travaux relatif à la réalisation des poutres bandeaux en façades Nord, Sud et Est de la halle des sports pour des quantités de 24,10 mètres cubes de béton et 175 mètres carrés de coffrage, comme le confirme son CDPGF, ni que celles prévues sur les façades Est et Nord n'étaient pas réalisées à la date de résiliation de son marché. Au regard de ces éléments et du chiffrage des quantités restant à réaliser de 6,90 mètres cubes de béton et 56,55 mètres carrés de coffrage inscrit dans le CDPGF du marché de substitution, la société Arcadi Pla n'est pas fondée à soutenir qu'il s'agirait de travaux supplémentaires devant être exclus du montant du surcoût mis à sa charge au titre du marché de substitution.
S'agissant du poste C1.7.4 " poteaux métalliques avec remplissage béton " :
31. Si la société Arcadi Pla soutient que le département lui aurait imputé à tort un montant de 21 105,77 euros au titre de ce poste de dépenses qu'il aurait pourtant admis correspondre à des travaux supplémentaires qui n'avaient pas à être mis à sa charge, il ressort toutefois du CDPGF du marché de substitution que le chiffrage retenu pour ce poste ne s'élève qu'à la somme de 3 453,84 euros que le département a consenti de déduire du montant du marché de substitution pour le calcul du surcoût mis à sa charge, tel qu'indiqué au point 23 du présent jugement. Il n'y a, dès lors, pas lieu de retenir un montant supérieur à déduire sur ce poste de dépenses.
S'agissant des postes C1.8 " murs en béton banché " et C1.9 " planchers " :
32. Si le cocontractant défaillant doit être mis à même de suivre l'exécution du marché de substitution afin de lui permettre de veiller à la sauvegarde de ses intérêts et que l'administration doit, dans tous les cas, lui notifier le marché de substitution, elle n'est, en revanche, tenue de lui communiquer les pièces justifiant de la réalité des prestations effectuées en exécution du nouveau contrat qu'à la condition d'être saisie d'une demande en ce sens.
33. S'agissant des postes C1.8 " murs en béton banché " et C1.9 " planchers ", en se bornant à affirmer qu'elle n'aurait pas été mise en possession des plans du dossier des ouvrages exécutés pour vérifier la concordance entre les postes de travaux ayant le même objet dans son marché initial, qu'elle ne conteste pas ne pas avoir effectués avant sa résiliation, et ceux réalisés par le titulaire du marché de substitution, la société requérante, qui n'établit pas en avoir demandé la communication préalable, n'est pas fondée à soutenir, pour ce seul motif, qu'ils devraient être regardés comme des travaux supplémentaires correspondant à une modification du programme dont le coût ne pouvait être mis à sa charge.
34. S'agissant en revanche, du poste C1.8.3 " murs de refends du bâtiment ", le CDPGF du marché initial prévoyait 507,56 mètres carrés, sur la base de la proposition du maitre d'œuvre. Celui du marché de substitution prévoit désormais 533,35 mètres carrés alors que le maitre d'œuvre retenait une surface de 396,02 mètres carrés restant à réaliser. Si le département fait valoir qu'il n'y a pas eu de modification de programme et de travaux supplémentaires sur ce poste de dépenses, il n'explique pas comment le titulaire du marché de substitution aurait pu réaliser, sur la base des mêmes prestations, une surface globale supérieure à celle proposée par le maitre d'œuvre dans le marché de base puis dans le dossier de consultation établi pour l'attribution du marché de substitution, sur la base de l'état d'avancement constaté par ce dernier à la date de résiliation du marché initial. Par suite, et en l'absence de tout autre élément, sur la base de la surface de 396,02 mètres carrés restant à réaliser à la date de résiliation du marché et du prix unitaire de 143,51 euros, il y a lieu de ramener la somme de 76 541,06 euros indûment retenue à celle de 56 832,83 euros pour ce poste de dépenses.
S'agissant du poste C1.12.6 " reprise des tableaux béton " :
35. Contrairement à ce qu'affirme le maitre d'ouvrage, il ne résulte pas de l'instruction ni de la lecture du constat d'huissier établi le 15 décembre 2016 que ces travaux consisteraient en une reprise des malfaçons affectant le mur de refend intérieur de la salle de sport qui relève, au demeurant, du poste C1.8.1.3 visé au point précédent et pris en compte dans les surcoûts mis à la charge de la société Arcadi Pla. En outre, aucun autre poste de travaux relatifs aux tableaux béton ne figure dans le CDPGF du marché de base. Au regard de ces éléments, la requérante est fondée à soutenir qu'il s'agit de travaux supplémentaires dont le montant de 40 097,24 euros ne peut être mis à sa charge.
S'agissant du poste C1.13.1 " divers " :
36. Il résulte de l'instruction que parmi les douze lignes de dépenses de ce poste de travaux figurant au CDPGF du marché de substitution, seule la première, relative au joint de dilatation antisismique, correspond à des travaux dont la réalisation était prévue dans le marché résilié. En outre, le département se borne à faire valoir que ces éléments ont été ajoutés par le titulaire du marché de substitution suite à sa visite des lieux, sans que le maitre d'œuvre n'en ait contesté le bien-fondé dans l'analyse de son offre. Il s'agit ainsi de travaux supplémentaires, dont le maître d'ouvrage n'était pas fondé à faire supporter le coût de 51 524,43 euros à la société Arcadi Pla, à les supposer même indispensables à la réalisation de l'ouvrage dans les règles de l'art. Il y a donc lieu de déduire cette somme du calcul du surcoût du marché de substitution mis à la charge de la société requérante.
37. Il résulte de ce qui précède que, d'une part, le département du Gard a mis à tort à la charge de la société Arcadi Pla au titre du montant du marché de substitution, une somme totale de 123 628,18 euros qu'il convient de déduire du montant de 1 179 000 euros retenu dans le décompte en litige afin de le ramener à la somme de 1 055 371,82 euros. D'autre part, sur la base de ce montant corrigé du marché de substitution et par application du coefficient de révision du solde non contesté de 0,025, la somme due par la société Arcadi Pla au titre de la révision des prix de ce marché s'élève à 8 538, 68 euros. Le montant total dû par la société requérante au titre du marché de substitution s'élève ainsi à la somme de 1 063 910,50 euros de laquelle il convient de déduire le montant des travaux non réalisés de son marché à la date de sa résiliation et non réglés, de 518 572,18 euros, tel qu'indiqué au point 16 du présent jugement, soit un surcoût consécutif au marché de substitution à inscrire au débit de la société requérante d'un montant de 545 338,32 euros.
En ce qui concerne les retenues et réfactions pour non-conformité :
S'agissant des retenues pour reprise de réserves non levées liées aux façades :
38. Le décompte notifié à la société Arcadi Pla comporte deux retenues sur les sommes dues, l'une au titre de la mise en conformité de l'aspect des voiles béton, d'un montant de 1 364 euros, et l'autre au titre de la reprise des façades béton " collège ", " restauration " et " logements ", d'un montant de 9 497 euros. Or, contrairement à ce qu'affirme le département du Gard, il ne résulte pas de l'instruction que le coût de ces travaux n'auraient pas été inclus dans le montant initial du marché de substitution déjà mis à la charge de la requérante incluant déjà un coût, dont le chiffrage n'est pas détaillé, de travaux de reprises de ces mêmes désordres ayant fait l'objet de réserves non levées, ni qu'ils constitueraient des travaux supplémentaires confiés à son titulaire par voie d'avenant, celui-ci n'étant pas davantage produit que les éventuels ordres de service s'y rapportant. La société requérante est donc fondée à soutenir que le montant global de ces retenues de 10 861 euros a été mis à tort à sa charge dans le décompte en litige.
S'agissant des retenues pour les études de contrôle des bétons en phase collège et halle des sports :
39. Le décompte notifié à la requérante comporte deux retenues sur les sommes dues, au titre des études de contrôle des bétons des façades phase collège et halle des sports, de montants respectifs de 5 260 euros et 14 920 euros. D'une part, le département admet dans ses écritures que le montant de cette dernière doit être ramené à 9 680 euros. D'autre part, il résulte de l'instruction que ces études et essais complémentaires réalisés sur les bétons ont été préconisés par l'expert judiciaire et constituaient, comme le fait valoir le maitre d'ouvrage, un préalable nécessaire à la consultation des entreprises pour l'attribution du marché de substitution afin d'y intégrer les actions correctrices des malfaçons imputables à la requérante. Par suite, les retenues opérées par le département, sur la base des factures produites au dossier, de même, d'ailleurs, que le rapport d'étude réalisé, de montants respectifs de 5 260 euros et 9 680 euros hors taxes, sont justifiées à hauteur d'une somme totale de 14 940 euros.
S'agissant des réfactions pour non-conformités :
40. Aux termes de l'article 41.6 du CCAG-travaux : " " 41.6. Lorsque la réception est assortie de réserves, le titulaire doit remédier aux imperfections et malfaçons correspondantes dans le délai fixé par le représentant du pouvoir adjudicateur ou, en l'absence d'un tel délai, trois mois avant l'expiration du délai de garantie défini à l'article 44.1. / Au cas où ces travaux ne seraient pas faits dans le délai prescrit, le maître de l'ouvrage peut les faire exécuter aux frais et risques du titulaire, après mise en demeure demeurée infructueuse. ". Aux termes de l'article 41.7 du même cahier : " 41.7. Si certains ouvrages ou certaines parties d'ouvrages ne sont pas entièrement conformes aux spécifications du marché, sans que les imperfections constatées soient de nature à porter atteinte à la sécurité, au comportement ou à l'utilisation des ouvrages, le maître de l'ouvrage peut, eu égard à la faible importance des imperfections et aux difficultés que présenterait la mise en conformité, renoncer à ordonner la réfection des ouvrages estimés défectueux et proposer au titulaire une réfaction sur les prix. / Si le titulaire accepte la réfaction, les imperfections qui l'ont motivée se trouvent couvertes de ce fait et la réception est prononcée sans réserve. / Dans le cas contraire, le titulaire demeure tenu de réparer ces imperfections, la réception étant prononcée sous réserve de leur réparation. ". Il résulte de l'application combinée de ces stipulations que le maitre d'ouvrage ne peut opérer des réfactions sur les prix d'un marché que s'il renonce, eu égard à la faible importance des malfaçons constatées à la réception, à en ordonner la reprise dont le coût doit, en principe, être mis à la charge du titulaire.
41. Le décompte notifié à la requérante comporte une réfaction pour non-conformité d'un montant total de 29 594,53 euros dont les motifs et modalités de calcul figurent en annexe. Il résulte de l'instruction et n'est d'ailleurs pas contesté que ces réfactions pour non-conformité sont toutes fondées sur les malfaçons affectant la réalisation des façades béton dont le coût des travaux de reprise est inclus dans le montant du marché de substitution mis à la charge de la société Arcadi Pla. Cette dernière est donc fondée à soutenir que ces réfactions opérées sur le montant de son marché ne sont pas justifiées. Par suite, il n'y a pas lieu d'inscrire au débit de la société Arcadi Pla cette somme de 29 594,53 euros dans le décompte en litige.
En ce qui concerne les pénalités de retard :
42. Les pénalités de retard prévues par les clauses d'un marché public ont pour objet de réparer forfaitairement le préjudice qu'est susceptible de causer au pouvoir adjudicateur le non-respect, par le titulaire du marché, des délais d'exécution contractuellement prévus. Elles sont applicables au seul motif qu'un retard dans l'exécution du marché est constaté et alors même que le pouvoir adjudicateur n'aurait subi aucun préjudice ou que le montant des pénalités mises à la charge du titulaire du marché qui résulte de leur application serait supérieur au préjudice subi. Si, lorsqu'il est saisi d'un litige entre les parties à un marché public, le juge du contrat doit, en principe, appliquer les clauses relatives aux pénalités dont sont convenues les parties en signant le contrat, il peut, à titre exceptionnel, saisi de conclusions en ce sens par une partie, modérer ou augmenter les pénalités de retard résultant du contrat si elles atteignent un montant manifestement excessif ou dérisoire, eu égard au montant du marché et compte tenu de l'ampleur du retard constaté dans l'exécution des prestations.
43. En premier lieu, aux termes de l'article 20.1 du CCAG-travaux applicable au marché : " En cas de retard imputable au titulaire dans l'exécution des travaux, qu'il s'agisse de l'ensemble du marché ou d'une tranche pour laquelle un délai d'exécution partiel ou une date limite a été fixé, il est appliqué une pénalité journalière de 1/3 000 du montant hors taxes de l'ensemble du marché, de la tranche considérée ou du bon de commande. () ". Aux termes de l'article 4.2.1 du CCAP : " Le délai d'exécution de l'ensemble des travaux est stipulé à l'acte d'engagement. / Le délai d'exécution de chaque lot s'insère dans ce délai d'ensemble, conformément au calendrier détaillé d'exécution établi lors de la période de préparation de chantier. () ". Aux termes de l'article 4.2.2 de ce cahier : " () Chaque intervention de l'entrepreneur sur le chantier fait l'objet d'un délai particulier ; la durée cumulée de ces délais particuliers est au plus égale à la durée du délai d'exécution propre au lot considéré. ". Aux termes de l'article 4.2.3 du même cahier : " a) Le calendrier détaillé d'exécution est élaboré par le prestataire assurant la mission OPC, en concertation avec les entrepreneurs titulaires des différents lots, dans le cadre du calendrier prévisionnel d'exécution cité au 4.2.2 ci-dessus. / Le calendrier détaillé d'exécution distingue les différents ouvrages dont la construction fait l'objet des travaux. Il indique en outre pour chacun des lots : / - la durée et la date probable de départ du délai d'exécution qui lui est propre ; / () / - la durée et la date probable de départ des délais particuliers correspondant aux interventions successives de l'entrepreneur sur le chantier. / b) Le délai d'exécution propre à chacun des lots commence à la date d'effet de l'ordre de service prescrivant à l'entrepreneur concerné de commencer l'exécution des travaux lui incombant. / () / d) Au cours du chantier et après concertation avec les différents entrepreneurs concernés, le maitre d'œuvre peut modifier le calendrier détaillé d'exécution. Ces modifications ne doivent entraîner aucune répercussion sur le délai d'exécution de l'ensemble des lots ; () ". Enfin, aux termes de l'article 4.4.1 dudit CCAP : " Par dérogation à l'article 20.1 du CCAG-travaux, en cas de retard imputable au titulaire dans l'exécution des travaux il sera fait application des pénalités suivantes : retard d'exécution du chantier : montant des pénalités égal à 1/1000ème du montant du marché initial par jour calendaire de retard, cette pénalité ne pourra être ni inférieure à 150 euros ni supérieure à 1 000 euros par jour calendaire de retard. Les pénalités sont encourues de plein droit par l'entrepreneur et sans mise en demeure préalable du mandataire du maitre d'ouvrage sur simple constatation du retard par le prestataire chargé de l'OPC. Le maitre d'œuvre les imputera sur le montant des décomptes provisoires ou du décompte final. ".
44. Il résulte des stipulations des articles 4.2.1, 4.2.2 et 4.2.3 précités du CCAP que les parties ont entendu conférer une valeur contractuelle aux calendriers détaillés d'exécution prévoyant des délais particuliers pour la réalisation de certains travaux ou prestations, dans le cadre du délai global d'exécution du lot d'un intervenant, dont la méconnaissance engagerait donc sa responsabilité contractuelle à l'égard du maitre d'ouvrage. En revanche, il ne résulte ni de ces stipulations, ni de celles de l'article 4.4.1, par lesquelles il n'est dérogé à l'article 20.1 du CCAG-travaux qu'en ce qui concerne le montant de la pénalité journalière à appliquer et non pour ce qui concerne l'application de ces pénalités aux seuls retards affectant l'ensemble du marché ou une tranche de ce dernier, que les parties auraient entendu sanctionner, par l'application de pénalités, les retards constatés sur les délais particuliers fixés dans les calendriers détaillés. Par suite, la société Arcadi Pla est fondée à soutenir que les pénalités qui lui ont été appliquées dans le décompte en litige sur la base des jours de retard constatés sur des délais particuliers relatifs à la réalisation du plancher haut R+1 en zone externat d'une part, et celle du plancher bas des vestiaires de la halle des sports d'autre part, ne reposent sur aucun fondement contractuel et ne sont, dès lors, pas justifiées. En revanche, il résulte de l'instruction que, tel que le fait valoir le département à titre subsidiaire, sur la base du délai global d'exécution de son lot devant s'achever aux termes de l'avenant n° 1 au 2 août 2016, alors qu'une part importante de ses prestations n'était toujours pas réalisée à la date de résiliation du marché, le 18 janvier 2017, ainsi qu'il a été dit précédemment, cent soixante-huit jours de retard sont imputables à la société requérante. En application de l'article 4.4.1 du CCAP et au regard du prix global et forfaitaire de ce marché, le montant de la pénalité journalière doit être fixé à 1 000 euros, pour un montant total contractuellement dû au titre des pénalités de retard de 168 000 euros.
45. En second lieu, en l'absence de toute précision sur les caractéristiques particulières du marché ou des pratiques sensiblement différentes pour des marchés comparables, le montant global des pénalités découlant des stipulations contractuelles, fixé au point précédent à la somme de 168 000 euros, représentant désormais 5,3% du montant du marché initial, ne saurait être regardé comme manifestement excessif pour un retard cumulé de cent soixante-huit jours sur une période de travaux prévue au marché pour une durée de vingt-et-un mois. La société Arcadi Pla n'est, dès lors, pas fondée à soutenir que le montant de ces pénalités serait excessif et devrait être minoré.
En ce qui concerne le préjudice lié à l'allongement des délais :
46. Le département sollicite l'inscription au débit de la société requérante d'une somme de 395 837,25 euros au titre du préjudice qu'il estime avoir subi du fait de l'allongement des délais d'exécution qui lui serait imputable et l'a contraint à conclure des avenants avec les autres entreprises intervenant sur le chantier pour les indemniser au titre des travaux ou prestations supplémentaires ainsi que de la mobilisation prolongée de leurs équipes au-delà des prévisions initiales de leurs marchés respectifs.
47. En premier lieu, contrairement à ce qu'affirme la société requérante, une telle indemnité, qui relève des conséquences financières de l'exécution du marché, est au nombre des éléments devant figurer dans le décompte général de celui-ci et aucune stipulation contractuelle ni aucun principe général ne subordonne cette inscription à l'émission de réserves à la réception des travaux. Celle-ci demeure possible tant que ledit décompte n'a pas acquis un caractère définitif, ce qui est le cas en l'espèce.
48. En second lieu, il résulte de l'instruction, d'une part, qu'ainsi qu'il a été dit précédemment, les défaillances et retards conséquents de l'entreprise de gros œuvre chargée d'intervenir en premier sur le chantier et dont les travaux conditionnaient l'intervention des autres entreprises ont eu des répercussions importantes sur le délai d'exécution global de l'opération qui n'a finalement été achevée qu'à l'issue du marché de substitution, en juillet 2018, soit quasiment deux ans après la date de réception définitive des ouvrages initialement prévue en août 2016 ; et d'autre part, que cet allongement du délai d'exécution du lot n° 1 a entrainé une mobilisation des équipes et des frais supplémentaires engagés par la plupart des autres intervenants de l'opération, ayant donné lieu, à cet égard, à la signature d'avenants à leur marché respectif produits au dossier dont il résulte que sont ainsi imputables à la société requérante les sommes de 4 339,25 euros au titre l'avenant au lot n° 2 " charpente métallique ", 23 128,42 euros au titre de l'avenant au lot n° 4 " menuiseries extérieures ", 16 689,02 euros au titre de l'avenant au lot n° 7 " menuiseries bois ", 17 947,50 euros au titre de l'avenant au lot n° 12 " peinture ", 35 957,81 euros au titre de l'avenant au lot n° 13 " chauffage, plomberie, ventilation ", 26 915,75 euros au titre de l'avenant au lot n° 14 électricité, 6 125 euros au titre de l'avenant au marché de coordination sécurité et protection de la santé (CSPS), 7 790 euros au titre de l'avenant au marché de contrôle technique, 144 920 euros au titre de l'avenant au marché de maitrise d'œuvre, 2 436 euros au titre de l'avenant au marché de programmation environnementale et 110 425 euros au titre de l'avenant au marché de mandat de maitrise d'ouvrage. Si l'intéressée fait valoir qu'il lui avait été confirmé, lors d'une réunion de chantier du 30 mars 2016, que le surcoût lié aux honoraires de l'équipe de pilotage du chantier ne lui serait pas imputé, elle ne produit, en tout état de cause, aucun élément à l'appui de ses allégations. Compte tenu de ce qui précède, il y a lieu, dans la limite de ce que demande sur ce point le maitre d'ouvrage, d'inscrire au débit de la société Arcadi Pla la somme de 395 837,25 euros au titre du préjudice résultant de l'allongement du délai d'exécution.
49. Le décompte du marché en litige s'établit par conséquent au montant total de 2 436 018,12 euros toutes taxes comprises, décomposé de la manière suivante :
Montant du marché de base (hors taxe) 3 178 616,54 euros
Travaux supplémentaires - 25 901,89 euros
Révision des prix1 416,02 euros
Retenue pour étude contrôle béton phase collège- 5 260 euros
Retenue pour étude contrôle béton phase halle des sports- 9 680 euros
Pénalités de retard- 168 000 euros
Surcoût lié au marché de substitution- 545 338,32 euros
Préjudice lié à l'allongement des délais d'exécution- 395 837,25 euros
Montant total des sommes dues hors taxes2 030 015,10 euros
Montant total des sommes dues toutes taxes comprises (TVA 20%)2 436 018,12 euros
50. Il convient de déduire du montant total de ce décompte, le cumul des acomptes déjà perçus par la requérante à hauteur de 2 396 138,27 euros et ceux perçus par les sous-traitants bénéficiant du paiement direct à hauteur de 256 863,02 euros, pour fixer le solde débiteur du marché au montant de 216 983,17 euros.
51. Il résulte de tout ce qui précède que la société Arcadi Pla n'est pas fondée à rechercher la condamnation du département du Gard à lui verser les sommes de 1 327 817,88 euros au titre du solde de son marché et 4 615,29 euros au titre du manque à gagner résultant de la résiliation de celui-ci et que les conclusions indemnitaires qu'elles a présentées à ce titre devront ainsi être rejetées. Il y a lieu, en revanche de faire droit aux conclusions reconventionnelles du département du Gard en condamnant la société Arcadi Pla à lui verser la somme de 216 983,17 euros au titre du solde débiteur de son marché.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
52. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du département du Gard, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que la société Arcadi Pla demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Arcadi Pla le versement de la somme que le département du Gard demande sur le fondement des mêmes dispositions.
DÉCIDE :
Article 1er : La société Arcadi Pla est condamnée à verser au département du Gard la somme de 216 983,17 euros au titre du solde débiteur du lot n°1 bis " gros œuvre " du marché public de construction d'un collège et d'une halle des sports à Bellegarde.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Arcadi Pla et au département du Gard.
Copie en sera transmise pour information à la SAS Samop.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Roux, président,
Mme Vosgien, première conseillère,
Mme Béréhouc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
La rapporteure,
S. VOSGIEN
Le président,
G. ROUXLa greffière,
F. DESMOULIÈRES
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026