mardi 4 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2002170 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP LEMOINE CLABEAUT |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement avant dire-droit du 19 avril 2022 modifié par une ordonnance en rectification matérielle du 23 juin 2022, le tribunal administratif de Nîmes statuant sur la requête de M. F D tendant à l'annulation de l'arrêté du 29 mai 2020 par lequel le maire de Ners a délivré un permis de construire à M. et Mme C, a décidé, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, de surseoir à statuer sur cette requête afin de permettre la régularisation de l'illégalité entachant la compétence de l'auteur de cet arrêté et d'impartir un délai de 4 mois pour procéder à la régularisation de ce vice.
Le 7 juillet 2022, la commune de Ners a produit un arrêté du 24 juin 2022 par lequel son maire a délivré un permis de construire modificatif à M. et Mme C.
Par un mémoire enregistré le 19 juillet 2022, M. et Mme C, représentés par Me Schneider, ont également produit cet arrêté et demandent au tribunal :
1°) de rejeter la requête ;
2°) de mettre à la charge de M. D une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir que le vice dont était entaché l'arrêté du 29 mai 2020 a été régularisé par l'adoption de l'arrêté du 24 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- l'ordonnance n° 2020-305 du 25 mars 2020 portant adaptation des règles applicables devant les juridictions de l'ordre administratif ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 21 mars 2023 :
- le rapport de Mme A ;
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique ;
- les observations de Me Lorion, représentant M. D, et celles de Me Schneider, représentant M. et Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 29 mai 2020, le maire de Ners a délivré à M. et Mme C un permis de construire pour la réalisation d'une maison d'habitation avec garage et abri de voitures sur un terrain situé sur la parcelle cadastrée section B n° 1257, située 125 chemin d'Uzès, impasse de la Grenouillère. M. D, voisin immédiat du projet, a demandé l'annulation de cet arrêté.
2. Par le jugement avant dire-droit susvisé, le tribunal administratif de Nîmes, après l'avoir relevé d'office, a estimé qu'était fondé le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte en raison de l'absence d'avis conforme favorable de la préfète du Gard à laquelle l'arrêté du 29 mai 2020 a été adopté. Le tribunal a décidé, après avoir écarté les autres moyens de la requête, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, de surseoir à statuer sur la légalité de l'arrêté attaqué et imparti un délai de quatre mois à compter de la notification du jugement pour procéder à la régularisation du permis de construire. La commune de Ners, en exécution de ce jugement, a, par un arrêté en date du 24 juin 2022, délivré à M. et Mme C un permis de construire modificatif.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ". En outre, selon les dispositions de l'article L. 600-5-2 du même code : " Lorsqu'un permis modificatif, une décision modificative ou une mesure de régularisation intervient au cours d'une instance portant sur un recours dirigé contre le permis de construire, de démolir ou d'aménager initialement délivré ou contre la décision de non-opposition à déclaration préalable initialement obtenue et que ce permis modificatif, cette décision modificative ou cette mesure de régularisation ont été communiqués aux parties à cette instance, la légalité de cet acte ne peut être contestée par les parties que dans le cadre de cette même instance ".
4. Aux termes de l'article L. 422-5 du code de l'urbanisme : " Lorsque le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale est compétent, il recueille l'avis conforme du préfet si le projet est situé : a) Sur une partie du territoire communal non couverte par une carte communale, un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu ; () ". Aux termes de l'article R. 423-59 du même code : " Sous réserve des dispositions des articles L. 752-4, L. 752-14 et L. 752-17 du code de commerce et des exceptions prévues aux articles R*423-60 à R*423-71-1, les collectivités territoriales, services, autorités ou commissions qui n'ont pas fait parvenir à l'autorité compétente leur réponse motivée dans le délai d'un mois à compter de la réception de la demande d'avis sont réputés avoir émis un avis favorable ".
5. Par ailleurs, l'article 12 ter de l'ordonnance du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période dispose que : " Sans préjudice de la faculté de prévoir, pour les mêmes motifs que ceux énoncés à l'article 9, une reprise des délais par décret, les délais d'instruction des demandes d'autorisation et de certificats d'urbanisme et des déclarations préalables prévus par le livre IV du code de l'urbanisme, y compris les délais impartis à l'administration pour vérifier le caractère complet d'un dossier ou pour solliciter des pièces complémentaires dans le cadre de l'instruction, ainsi que les procédures de récolement prévues à l'article L. 462-2 du même code, qui n'ont pas expiré avant le 12 mars 2020 sont, à cette date, suspendus. Ils reprennent leur cours à compter du 24 mai 2020. / Le point de départ des délais de même nature qui auraient dû commencer à courir pendant la période comprise entre le 12 mars 2020 et le 23 mai 2020 est reporté à l'achèvement de celle-ci. / Les mêmes règles s'appliquent aux délais impartis aux collectivités territoriales et à leurs établissements publics, aux services, autorités ou commissions, pour émettre un avis ou donner un accord dans le cadre de l'instruction d'une demande ou d'une déclaration mentionnée à l'alinéa précédent ainsi qu'au délai dans lequel une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou une autorisation d'urbanisme tacite ou explicite peut être retirée, en application de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme. / Les dispositions du présent article s'appliquent également aux demandes d'autorisation de division prévues par le livre Ier du code de la construction et de l'habitation ainsi qu'aux demandes d'autorisation d'ouverture, de réouverture, d'occupation et de travaux concernant des établissements recevant du public et des immeubles de moyenne ou de grande hauteur prévues par le même livre, lorsque ces opérations ou travaux ne requièrent pas d'autorisation d'urbanisme ".
6. Le tribunal a retenu, dans le jugement avant dire-droit susvisé, que la communauté d'agglomération " Alès agglomération " à laquelle la commune de Ners avait délégué sa compétence en matière d'urbanisme avait sollicité l'avis conforme de la préfète du Gard mais que, compte tenu des dispositions de l'article 12 ter de l'ordonnance du 25 mars 2020 précitées, cette autorité avait jusqu'au 31 mai 2020 pour émettre un avis, de telle sorte qu'à la date d'adoption de l'arrêté du 29 mai 2020, cet avis n'avait pas été rendu, entachant d'incompétence l'arrêté attaqué. Le tribunal a indiqué dans son jugement du 19 avril 2022 que la régularisation de ce vice pouvait être réalisée par la délivrance d'un permis modificatif par un arrêté adopté après qu'ait été recueilli l'avis conforme de la préfète du Gard.
7. Il ressort des pièces du dossier qu'avant d'adopter l'arrêté du 24 juin 2022 délivrant un permis de construire modificatif à M. et Mme C, le maire de Ners n'a pas procédé à une nouvelle consultation de la préfète du Gard au motif qu'à la date de cet arrêté, un avis favorable tacite avait été rendu par la préfète du Gard sur le permis initial, et que celui-ci était de nature à régulariser le vice constaté dans le jugement du 19 avril 2022. Toutefois, un avis favorable tacite ne pouvait naître du silence de la préfète du Gard que pendant le délai d'instruction de la demande de permis de construire initial, délai auquel il a été mis fin par l'arrêté du 29 mai 2020 délivrant ce permis de construire. Aucun avis favorable tacite ne pouvait donc être rendu après cette date. Il s'ensuit que, conformément aux dispositions de l'article L. 422-5 du code de l'urbanisme, le permis de construire modificatif délivré le 24 juin 2022 ne pouvait l'être que suite à une nouvelle consultation, cette fois régulière, de la préfète du Gard. Par suite, le vice dont est entaché l'arrêté du 29 mai 2020 n'a pas été régularisé.
8. La présente décision juge que le vice d'incompétence entachant l'arrêté du 29 mai 2020 n'a pas été régularisé. Cette illégalité est régularisable par l'obtention d'un nouveau permis de construire modificatif délivré après que la préfète du Gard ait été consultée et ait rendu son avis sur celui-ci. Dès lors que ce vice est néanmoins régularisable et que les dispositions sus rappelées ne font pas obstacle à ce qu'une nouvelle régularisation intervienne lorsque l'administration a mal apprécié les modalités précisées dans un jugement, il y a de surseoir à statuer jusqu'à l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision, pour permettre à la commune ou aux pétitionnaires de notifier au tribunal administratif, dans ce délai, un permis de construire modificatif régularisant le vice en cause après consultation de la préfète du Gard.
D E C I D E
Article 1er : Il est sursis à statuer sur la légalité de l'arrêté du 29 mai 2020 du maire de Ners jusqu'à l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision, dans lequel la régularisation de ce permis, telle que mentionnée au point 8, doit être notifiée au tribunal administratif de Nîmes.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. F D, à la commune de Ners et à M. et Mme E et B C.
Copie en sera faite à la préfète du Gard.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Antolini, président,
M. Lagarde, premier conseiller,
Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 4 avril 2023.
La rapporteure,
L. A
Le président,
J. ANTOLINI
La greffière,
A. OLSZEWSKI
La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026