mardi 18 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2002499 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DURAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 août 2020 et le 28 octobre 2021, M. B A, représenté par Me Durand, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'avis des sommes à payer du 19 décembre 2019 par lequel le président de la communauté d'agglomération du Grand Avignon a mis à sa charge une somme de 1 482,19 euros au titre de la participation pour le financement de l'assainissement collectif (PFAC) ;
2°) d'annuler la décision du 6 mars 2020 par laquelle la communauté d'agglomération du Grand Avignon a rejeté son recours gracieux ;
3°) de mettre à la charge de l'agglomération du Grand Avignon le versement de la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions sont entachées d'incompétence ;
- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 1331-7 du code de la santé publique en ce que le projet de réaménagement d'un ancien restaurant déjà raccordé au réseau public d'assainissement en trois logements ne génère pas des eaux usées supplémentaires.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 septembre 2021, la communauté d'agglomération du Grand Avignon conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- les conclusions de Mme Bahaj, rapporteure publique,
- et les observations de Mme C, représentant la communauté d'agglomération du Grand Avignon.
Considérant ce qui suit :
1. Par un avis de somme à payer du 19 décembre 2019, le président de la communauté d'agglomération du Grand Avignon a mis à la charge de M. A une somme de 1 482,19 euros au titre de la PFAC. Le requérant demande l'annulation de cet avis ainsi que de la décision du 6 mars 2020 rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes des dispositions de l'article L. 1331-7 du code de la santé publique : " Les propriétaires des immeubles soumis à l'obligation de raccordement au réseau public de collecte des eaux usées en application de l'article L. 1331-1 peuvent être astreints par la commune, la métropole de Lyon, l'établissement public de coopération intercommunale ou le syndicat mixte compétent en matière d'assainissement collectif, pour tenir compte de l'économie par eux réalisée en évitant une installation d'évacuation ou d'épuration individuelle réglementaire ou la mise aux normes d'une telle installation, à verser une participation pour le financement de l'assainissement collectif. / () / Cette participation s'élève au maximum à 80 % du coût de fourniture et de pose de l'installation mentionnée au premier alinéa du présent article, diminué, le cas échéant, du montant du remboursement dû par le même propriétaire en application de l'article L. 1331-2. La participation prévue au présent article est exigible à compter de la date du raccordement au réseau public de collecte des eaux usées de l'immeuble, de l'extension de l'immeuble ou de la partie réaménagée de l'immeuble, dès lors que ce raccordement génère des eaux usées supplémentaires. /Une délibération du conseil municipal, du conseil de la métropole de Lyon ou de l'organe délibérant de l'établissement public détermine les modalités de calcul de cette participation. / () ".
3. Peuvent être assujettis au versement de cette participation, les propriétaires d'immeubles déjà raccordés à l'égout qui réalisent des travaux d'extension ou de réaménagement de nature à induire un supplément d'évacuation d'eaux usées. Le fait générateur de la participation pour l'assainissement collectif est constitué par le raccordement au réseau public de collecte des eaux usées de l'immeuble, de son extension ou de la partie réaménagée de l'immeuble dès lors que ce raccordement génère des eaux usées supplémentaires.
4. D'autre part, par une délibération du 24 septembre 2012, le conseil communautaire de la communauté d'agglomération du Grand Avignon a décidé, sur le fondement des dispositions législatives citées au point 2, d'instituer la PFAC et fixé le montant de cette participation à 15 euros par mètre carré de surface de plancher révisable le 1er janvier de chaque année en fonction des variations de l'indice TP01 exigible. Cette délibération précise que la PFAC est exigible à la date du raccordement de l'immeuble à un réseau public de collecte des eaux usées ancien ou nouveau, ou à la date d'achèvement de l'extension ou du réaménagement d'un immeuble d'habitation déjà raccordé qui rejette des eaux usées supplémentaires. Elle indique aussi que la PFAC est due par les propriétaires d'immeubles d'habitation dès lors que des eaux usées supplémentaires sont rejetées dans le réseau public de collecte des eaux usées à compter du 1er octobre 2012, sauf si ces mêmes propriétaires sont redevables de la participation pour le raccordement à l'égout au titre d'un permis de construire ou d'aménager correspondant à une demande déposée avant le 1er juillet 2012.
5. Il résulte de l'instruction que les travaux effectués par M. A, que la communauté d'agglomération du Grand Avignon a assujetti à la PFAC, consistent à réaménager un restaurant de 75 m² en deux logements de type F2 et un studio. Toutefois, il résulte des documents produits par M. A que le projet en litige ne génère pas des eaux usées supplémentaires dès lors que la salle de restaurant de 75 m² qui peut accueillir 53 couverts, soit 18 équivalents habitants (53 x 0.33), entraine une consommation journalière de 3 005,10 litres (53 x 56,7 litres par couvert) inférieure à celle des 10 équivalents habitants des logements qui consomment 1 700 litres d'eau par jour. Il suit de là qu'en émettant l'avis de somme à payer attaqué, le président de la communauté d'agglomération du Grand Avignon a méconnu le champ d'application de la loi.
6. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il besoin d'examiner les moyens de la requête, que l'avis de somme à payer émis le 19 décembre 2019 doit être annulé. Il en est de même de la décision du 6 mars 2020 rejetant le recours gracieux formé par le requérant.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme demandée par la communauté d'agglomération du Grand Avignon au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la communauté d'agglomération du Grand Avignon la somme de 1 200 euros à verser à M. A au titre des frais qu'il a engagés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : L'avis de sommes à payer émis le 19 décembre 2019 par le président de la communauté d'agglomération du Grand Avignon et la décision de rejet du recours gracieux sont annulés.
Article 2 : La communauté d'agglomération du Grand Avignon versera à M. A une somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la communauté d'agglomération du Grand Avignon présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la communauté d'agglomération du Grand Avignon.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2022 où siégeaient :
- M. Antolini, président,
- M. D, magistrat honoraire,
- Mme Bourjade, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 18 octobre 2022.
La rapporteure,
A. E
Le président,
J. ANTOLINILa greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026