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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2002568

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2002568

mardi 12 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2002568
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantDRAI Associés

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés le 31 août 2020, le 7 mars 2022, le 1er juin 2022 et le 8 juin 2022, la SCI des Gardy, représentée par la Selarl Cabinet Debeaurain et associés, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions par lesquelles la commune de Saumane-de-Vaucluse a implicitement rejeté ses demandes préalables du 7 février 2020 et du 18 mai 2020 ;

2°) d'enjoindre à la commune de Saumane-de-Vaucluse de procéder au débroussaillement et à l'entretien du chemin de la Crémade, de manière à le rendre conforme à sa destination de voie ouverte à la circulation publique, dans un délai de 3 mois à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Saumane-de-Vaucluse une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La SCI des Gardy soutient, outre que la requête est recevable, que :

S'agissant de la décision implicite de rejet de la demande reçue le 10 février 2020 :

- la décision attaquée méconnait les dispositions des articles L. 161-5 et D. 161-11 du code rural et de la pêche maritime, dès lors que le chemin de la Crémade, qui est incorporé dans la voirie communale et ouvert à la circulation publique, est rendu impropre à la circulation, son tracé étant en outre pour partie dévié sur une propriété privée ; la commune a procédé à l'entretien régulier de ce chemin ;

- la décision attaquée méconnait les dispositions de l'article L. 134-10 du code forestier et l'arrêté préfectoral du 25 février 2013 relatif au débroussaillement ;

- la commune de Saumane-de-Vaucluse était tenue de procéder au remaniement du cadastre en vue de conserver l'assiette de ce chemin ;

S'agissant de la décision implicite de rejet de la demande reçue le 29 mai 2020 :

- la décision attaquée méconnait les dispositions des articles L. 2212-1 et L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales, dès lors que le chemin de la Crémade est la seule voie ouverte au public permettant l'accès à plusieurs propriétés privées, particulièrement exposées au risque incendie.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 5 novembre 2021 et le 17 mai 2022, la commune de Saumane-de-Vaucluse, représentée par la Selarl Drai associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la SCI des Gardy au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La commune de Saumane-de-Vaucluse soutient que :

- la juridiction administrative est incompétente pour statuer sur les conclusions portant sur l'entretien du chemin de la Crémade ainsi que sur celles tendant à la modification du tracé de ce chemin ;

- les conclusions dirigées contre la décision implicite de rejet de la demande reçue le 10 février 2020 sont irrecevables comme étant tardives ;

- les moyens soulevés par la SCI des Gardy ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code forestier ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code général des impôts ;

- le code rural et de la pêche maritime ;

- le code de la voirie routière ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

-le rapport de Mme A,

-les conclusions de Mme Achour, rapporteure publique,

-puis les observations de Me Tagnon, représentant la SCI des Gardy,

- et les observations de Me Bail, représentant la commune de Saumane-de-Vaucluse.

Considérant ce qui suit :

1. La société civile immobilière (SCI) des Gardy est propriétaire sur le territoire de la commune de Saumane-de-Vaucluse de la parcelle cadastrée section A n° 296, sur laquelle est édifiée une construction à usage d'habitation. Elle a demandé le 7 février 2020 au maire de Saumane-de-Vaucluse de procéder au débroussaillement et à l'entretien du chemin de la Crémade reliant sa propriété ainsi que d'autres habitations à la route départementale n° 57, de procéder à un remaniement cadastral prenant en compte la modification du tracé de ce chemin, et de le classer dans la voirie communale. Par une nouvelle demande du 18 mai 2020, la SCI des Gardy a demandé au maire d'entretenir ce chemin afin de le rendre conforme à sa destination de voie ouverte à la circulation publique. La SCI des Gardy sollicite l'annulation des décisions rejetant implicitement ces deux demandes.

Sur l'exception d'incompétence opposée par la commune de Saumane-de-Vaucluse:

2. Aux termes de l'article L. 161-1 du code rural et de la pêche maritime : " Les chemins ruraux sont les chemins appartenant aux communes, affectés à l'usage du public, qui n'ont pas été classés comme voies communales. Ils font partie du domaine privé de la commune. ". L'article L. 161-2 de ce code dispose : " L'affectation à l'usage du public est présumée, notamment par l'utilisation du chemin rural comme voie de passage ou par des actes réitérés de surveillance ou de voirie de l'autorité municipale () ". En vertu de l'article L. 161-4 dudit code : " Les contestations qui peuvent être élevées par toute partie intéressée sur la propriété ou sur la possession totale ou partielle des chemins ruraux sont jugées par les tribunaux de l'ordre judiciaire. ". Aux termes de l'article 1402 du code général des impôts : " Les mutations cadastrales consécutives aux mutations de propriété sont faites à la diligence des propriétaires intéressés. Aucune modification à la situation juridique d'un immeuble ne peut faire l'objet d'une mutation si l'acte ou la décision judiciaire constatant cette modification n'a pas été préalablement publié au fichier immobilier. ".

3. Tout d'abord, la SCI des Gardy a demandé le 7 février 2020 à la commune de Saumane-de-Vaucluse de procéder à un remaniement cadastral afin de prendre en compte la modification au cours du temps du tracé du chemin de la Crémade, ainsi que le classement de ce chemin dans la voirie communale. Comme il va être vu au point n° 13, le chemin de la Crémade est un chemin rural qui, en tant que tel et en vertu de l'article L. 161-1 du code rural et de la pêche maritime, fait partie du domaine privé de la commune. Les actes précités demandés le 7 février 2020 ne relèvent pas de la simple gestion du domaine privé communal, mais en affectent le périmètre et la consistance. La juridiction administrative est donc compétente pour statuer sur leur légalité.

4. Ensuite, la SCI des Gardy a demandé à la commune de Saumane-de-Vaucluse, par ses courriers du 7 février 2020 et du 18 mai 2020, de procéder à l'entretien du chemin de la Crémade et d'en assurer le débroussaillement. Ces demandes ne portent ni sur la propriété de la voie, ni sur la gestion du domaine privé de la commune, mais sur le refus implicite de la commune de faire exécuter des travaux d'entretien ou de débroussaillement qui présentent le caractère de travaux publics. Ainsi, la juridiction administrative est également compétente pour statuer sur la légalité de ces refus.

5. Il résulte de ce qui précède que la commune de Saumane-de-Vaucluse n'est pas fondée à soutenir que la juridiction administrative ne serait pas compétente pour statuer sur le présent litige.

Sur la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté des conclusions dirigés contre la décision implicite de rejet de la demande du 7 février 2020 :

6. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". L'article R. 421-2 de ce code dispose : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet () ". Aux termes de l'article L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception () ". L'article R. 112-5 de ce code dispose : " L'accusé de réception prévu par l'article L. 112-3 comporte les mentions suivantes :/ 1° La date de réception de la demande et la date à laquelle, à défaut d'une décision expresse, celle-ci sera réputée acceptée ou rejetée ;/ () Il indique si la demande est susceptible de donner lieu à une décision implicite de rejet ou à une décision implicite d'acceptation. Dans le premier cas, l'accusé de réception mentionne les délais et les voies de recours à l'encontre de la décision () ". En application de l'article L. 112-6 du même code : " Les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis ou ne comporte pas les indications exigées par la réglementation () ".

7. Il ressort des pièces du dossier que la demande de la SCI des Gardy du 7 février 2020 a été notifiée à la commune de Saumane-de-Vaucluse le 10 février 2020. Aucune décision expresse n'ayant été prise par la commune, une décision implicite de rejet est intervenue le 10 avril 2020. Il ne ressort pas des éléments versés au dossier que la commune de Saumane-de-Vaucluse aurait accusé réception de cette demande ou notifié à la SCI des Gardy une réponse indiquant les voies et délais de recours pour contester la décision prise suite à sa demande, conformément à l'obligation qui pesait sur elle en application de l'article L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, la requête de la SCI des Gardy, enregistrée au greffe du tribunal le 31 août 2020 dans un délai raisonnable, n'est pas tardive. Dès lors, la fin de non-recevoir opposée par la commune de Saumane-de-Vaucluse, tirée de la tardiveté des conclusions susvisées, doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la demande visant à une modification cadastrale :

8. S'il ressort des pièces du dossier que le tracé initial du chemin de la Crémade s'est modifié au cours du temps en empruntant en partie la propriété privée d'une personne tierce, il ne ressort d'aucun élément versé au dossier qu'une mutation de propriété serait intervenue au profit de la commune. Par suite, en l'absence d'une telle mutation, la commune de Saumane-de-Vaucluse n'était pas tenue d'engager la procédure de modification cadastrale prévue par les dispositions précitées de l'article 1402 du code général des impôts.

9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la SCI des Gardy tendant à l'annulation de la décision rejetant implicitement sa demande de modification cadastrale doivent être rejetées.

En ce qui concerne le classement dans la voirie communale :

10. Aux termes de l'article L. 141-3 du code de la voirie routière : " Le classement et le déclassement des voies communales sont prononcés par le conseil municipal () ".

11. Il ne ressort pas de ces dispositions, ni d'aucune autre disposition du code de la voirie routière, que le conseil municipal serait tenu de procéder au classement dans la voirie communale de chemins ruraux, quand bien même ceux-ci sont affectés à l'usage du public. Par voie de conséquence, les conclusions de la SCI des Gardy tendant à l'annulation de la décision rejetant implicitement sa demande de classement du chemin de la Crémade dans la voirie communale doivent être rejetées.

En ce qui concerne la demande visant à l'entretien du chemin de la Crémade :

12. En premier lieu, aux termes de l'article L. 141-1 du code de la voirie routière : " Les voies qui font partie du domaine public routier communal sont dénommées voies communales () ". L'article L. 141-3 du même code dispose : " Le classement et le déclassement des voies communales sont prononcés par le conseil municipal () ". En vertu de l'article 9 de l'ordonnance du 7 janvier 1959 relative à la voirie des collectivités locales : " Deviennent voies communales les voies qui, conformément à la législation en vigueur à la date de la présente ordonnance, appartiennent aux catégories ci-après :/ 1° Les voies urbaines ;/ 2° Les chemins vicinaux à l'état d'entretien ; le préfet établira, à cet effet, dans un délai de six mois, la liste par commune des chemins vicinaux à l'état d'entretien ;/ 3° Ceux des chemins ruraux reconnus, dont le conseil municipal aura, dans un délai de six mois, décidé l'incorporation ; cette délibération pourra être prise sans enquête publique. ". L'article 12 de la même ordonnance dispose : " Les chemins vicinaux et les chemins ruraux reconnus autres que ceux visés à l'article 9 sont incorporés de plein droit à la voirie rurale de la commune. ". Aux termes de l'article 1er de la loi du 20 août 1881 relative au code rural, applicable jusqu'à l'entrée en vigueur de l'ordonnance du 7 janvier 1959 : " Les chemins ruraux sont les chemins appartenant aux communes, affectés à l'usage public, qui n'ont pas été classés comme chemins vicinaux ". En application de l'article 4 de cette même loi : " Le conseil municipal peut, sur la proposition du maire, déterminer ceux des chemins ruraux qui devront être l'objet des arrêtés de reconnaissance () ".

13. Il ne ressort pas des pièces versées au dossier que le chemin desservant la propriété de la SCI des Gardy, qui existait avant 1959, ait fait l'objet, antérieurement à l'entrée en vigueur de l'ordonnance du 7 janvier 1959, d'un arrêté de reconnaissance en vertu des dispositions précitées de la loi du 20 août 1881. Il ne ressort pas non plus des pièces versées au dossier que ce chemin, qui n'est pas situé en agglomération, ait fait l'objet de l'une des procédures de classement prévues par l'article 9 de l'ordonnance du 7 janvier 1959. Ainsi, le chemin de la Crémade ne peut être regardé comme faisant partie du domaine public routier communal. A ce titre, la SCI des Gardy ne peut se prévaloir utilement, pour soutenir que ce chemin serait une voie communale, d'un tableau mentionnant ce chemin, qui n'indique ni sa source, ni son objet. Ainsi, le chemin de la Crémade est un chemin rural, au sens des dispositions précitées de l'article L. 161-1 du code rural et de la pêche maritime.

14. Il résulte des dispositions combinées de l'article L. 141-8 du code de la voirie routière, de l'article L. 161-1 du code rural et de la pêche maritime et de l'article L. 2321-2 du code général des collectivités territoriales, que les dépenses obligatoires pour les communes incluent les dépenses d'entretien des seules voies communales, dont ne font pas partie les chemins ruraux. Les communes ne peuvent être tenues à l'entretien des chemins ruraux, sauf dans le cas où, postérieurement à leur incorporation dans la voirie rurale, elles auraient exécuté des travaux destinés à en assurer ou à en améliorer la viabilité, et ainsi accepté d'en assumer en fait l'entretien.

15. A supposer que, comme le soutient la SCI des Gardy, la commune de Saumane-de-Vaucluse aurait procédé à la réfection en 2006 d'un parapet effondré suite à une manœuvre des pompiers ou aurait dégagé pendant l'hiver 2008-2009 un chêne tombé à la suite d'un orage, de telles actions, qui ne sont au demeurant établies par aucun commencement de preuve, ne constituent en tout état de cause que des actes ponctuels et ne sauraient ainsi être regardées comme révélant par elles-mêmes l'intention de la commune d'assurer un tel entretien. Au surplus, la SCI des Gardy ne démontre pas, par les éléments qu'elle produit, que l'état du chemin ne permettrait pas son franchissement en toute sécurité, ni n'établit la réalité de ses affirmations selon lesquelles son courrier ne pourrait lui être distribué du fait du caractère impraticable dudit chemin, alors qu'au demeurant son adresse postale est située le long de la route départementale n° 57. Il en résulte que la SCI des Gardy n'est pas fondée à soutenir que la commune de Saumane-de-Vaucluse serait tenue d'assurer l'entretien du chemin de la Crémade.

16. En second lieu, aux termes de l'article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est chargé, sous le contrôle du représentant de l'Etat dans le département, de la police municipale, de la police rurale et de l'exécution des actes de l'Etat qui y sont relatifs. ". L'article L. 2212-2 de ce code dispose : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment :/ 1° Tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques () ".

17. Ainsi qu'il a été dit précédemment, le chemin de la Crémade ne constitue pas une voie publique, mais est un chemin rural dont la commune n'est pas tenue d'assurer l'entretien. Il ne ressort pas au surplus des pièces du dossier que ce chemin serait rendu impraticable, que ce soit pour les riverains ou pour l'accès des services postaux. Dès lors, le moyen soulevé, tiré de la méconnaissance par le maire des pouvoirs de police qu'il tient des dispositions précitées des articles L. 2212-1 et L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales, doit être écarté.

18. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions rejetant implicitement les demandes du 7 février 2020 et du 18 mai 2020 tendant à ce que la commune entretienne le chemin de la Crémade.

En ce qui concerne la demande visant au débroussaillement du chemin de la Crémade :

19. Aux termes de l'article L. 134-10 du code forestier : " L'Etat et les collectivités territoriales ou leurs groupements propriétaires de voies ouvertes à la circulation publique () procèdent à leurs frais au débroussaillement et au maintien en l'état débroussaillé, sur une bande dont la largeur est fixée par l'autorité administrative compétente de l'Etat et qui ne peut excéder 20 mètres de part et d'autre de l'emprise de ces voies, dans la traversée des bois et forêts et dans les zones situées à moins de 200 mètres de bois et forêts. Les propriétaires des fonds ne peuvent s'opposer à ce débroussaillement dans la limite d'une bande de terrain d'une largeur maximale de 20 mètres de part et d'autre de l'emprise des voies./ Ces dispositions sont applicables aux voies privées ouvertes à la circulation publique () ".

20. Par arrêté du 25 février 2013, pris en application des dispositions précitées, le préfet de Vaucluse a fixé la largeur de la bande débroussaillée de part et d'autre de la voie, en fonction de la sensibilité au risque d'incendie. La zone comprenant la commune de Saumane-de-Vaucluse étant classée en sensibilité très forte au risque d'incendie, l'article 5 de cet arrêté prévoit une largeur de bande débroussaillée de 10 mètres de part et d'autre du bord extérieur de la voie, s'agissant de chemins privés ouverts à la circulation publique. Ainsi, la commune de Saumane-de-Vaucluse est tenue, en application de ces dispositions, de procéder aux opérations de débroussaillement de chaque côté du bord extérieur du chemin de la Crémade.

21. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés par la SCI des Gardy à cet égard, que la décision par laquelle la commune de Saumane-de-Vaucluse a implicitement refusé de faire procéder au débroussaillement du chemin de la Crémade doit être annulée.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

22. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution./ La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. ".

23. L'exécution du présent jugement, qui annule la décision implicite de la commune de Saumane-de-Vaucluse rejetant la demande de la SCI des Gardy tendant au débroussaillement du chemin de la Crémade, implique nécessairement que la commune fasse procéder aux opérations de débroussaillement prescrites par l'article L. 134-10 du code forestier, dans le délai de six mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte financière.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

24. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions des parties présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision implicite rejetant la demande de la SCI des Gardy du 7 février 2020, tendant à ce que la commune de Saumane-de-Vaucluse fasse procéder aux opérations de débroussaillement le long du chemin de la Crémade, est annulée.

Article 2 : Il est enjoint à la commune de Saumane-de-Vaucluse de faire procéder le long du chemin de la Crémade aux opérations de débroussaillement prescrites par l'article L. 134-10 du code forestier, dans le délai de six mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Les conclusions de la commune de Saumane-de-Vaucluse présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SCI des Gardy et à la commune de Saumane-de-Vaucluse.

Délibéré après l'audience du 5 juillet 2022, à laquelle siégeaient :

M. Brossier, président,

Mme Héry, première conseillère,

M. Aymard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.

La rapporteure,

F. A

Le président,

J. B. BROSSIER

La greffière,

E. NIVARD

La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne et à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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