vendredi 12 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2002680 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | LEGIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 4 septembre 2020 et le 19 janvier 2021, M. C A, représenté par Me Treves, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 juillet 2020 par lequel le maire de Lauris a sursis à statuer sur la demande de permis de construire deux maisons individuelles avec garages et piscines qu'il avait déposée le 6 février 2020 et de division du terrain situé Chemin des Huguenots Quartier Saint Martin à Lauris ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Lauris une somme de 3 600 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il doit être regardé comme soutenant que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé en méconnaissance des dispositions de l'article L.424-3 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté n'invoque que de manière imprécise que le projet serait de nature à compromettre l'exécution du futur plan local d'urbanisme ;
- dès lors qu'il était bénéficiaire d'un certificat d'urbanisme déclarant réalisable la construction d'un bâtiment de deux maisons individuelles en date du 11 septembre 2019, le maire ne pouvait lui opposer aucun motif d'urbanisme à l'exception des dispositions qui concernent la sécurité ou la salubrité publique ;
- s'agissant de la sécurité, le préfet du Vaucluse a donné un avis favorable conforme ;
- le projet en litige intègre un secteur fortement urbanisé et doté des réseaux publics desservant même la parcelle à bâtir ;
- la décision entraine une rupture d'égalité devant les charges publiques ;
- le projet immobilier ne dépare pas la physionomie environnante du secteur ;
- il est injustifié tant en fait qu'en droit que le maire puisse opposer la restriction qui consiste à n'accepter que les extensions de bâtiment.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 11 novembre 2020, le 11 janvier 2021 et le 10 octobre 2021, la commune de Lauris, représentée par Me Légier, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Un courrier du 30 août 2021 adressé aux parties en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, les a informées de la période à laquelle il est envisagé d'appeler l'affaire à l'audience et a indiqué la date à partir de laquelle l'instruction pourra être close dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 613-1 et le dernier alinéa de l'article R. 613-2 du même code.
Par ordonnance du 14 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée à sa date d'émission en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- et les observations de Me Fekhardji, représentant la commune de Lauris.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a obtenu le 11 septembre 2019 un certificat d'urbanisme déclarant réalisable l'opération qu'il projetait sur sa parcelle cadastrée section B n°531 et consistant en la division du terrain et la construction de deux maisons individuelles avec piscine sur la commune de Lauris. Le 6 février 2020, l'intéressé a déposé une demande de permis de construire à laquelle le maire de Lauris a opposé, par un arrêté du 20 juillet 2020, un sursis à statuer sur le fondement des dispositions de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée : / a) Indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain ; / b) Indique en outre, lorsque la demande a précisé la nature de l'opération envisagée ainsi que la localisation approximative et la destination des bâtiments projetés, si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération ainsi que l'état des équipements publics existants ou prévus. / Lorsqu'une demande d'autorisation ou une déclaration préalable est déposée dans le délai de dix-huit mois à compter de la délivrance d'un certificat d'urbanisme, les dispositions d'urbanisme, le régime des taxes et participations d'urbanisme ainsi que les limitations administratives au droit de propriété tels qu'ils existaient à la date du certificat ne peuvent être remis en cause à l'exception des dispositions qui ont pour objet la préservation de la sécurité ou de la salubrité publique. () ". Les dispositions de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme ont pour effet de garantir à la personne à laquelle a été délivré un certificat d'urbanisme, quel que soit son contenu, un droit à voir sa demande de permis de construire déposée durant les dix-huit mois qui suivent, examinée au regard des dispositions d'urbanisme applicables à la date de ce certificat, à la seule exception de celles qui ont pour objet la préservation de la sécurité ou de la salubrité publique.
3. L'article L. 424-1 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au litige, dispose que : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable./ Il peut être sursis à statuer sur toute demande d'autorisation concernant des travaux, constructions ou installations dans les cas prévus au 6° de l'article L. 102-13 et aux articles L. 153-11 et L. 311-2 du présent code et par l'article L. 331-6 du code de l'environnement. [] Le sursis à statuer doit être motivé et ne peut excéder deux ans. () ".
4. Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 153-11 du même code : " A compter de la publication de la délibération prescrivant l'élaboration d'un plan local d'urbanisme, l'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan. "
5. Il résulte de la combinaison des articles L. 424-1, L. 153-11 et L. 410-1 du code de l'urbanisme que tout certificat d'urbanisme délivré sur le fondement de l'article L. 410-1 a pour effet de garantir à son titulaire un droit à voir toute demande d'autorisation ou de déclaration préalable déposée dans le délai indiqué examinée au regard des règles d'urbanisme applicables à la date de la délivrance du certificat. Figure cependant parmi ces règles la possibilité de se voir opposer un sursis à statuer à une déclaration préalable ou à une demande de permis, lorsqu'est remplie, à la date de délivrance du certificat, l'une des conditions énumérées à l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme. Une telle possibilité vise à permettre à l'autorité administrative de ne pas délivrer des autorisations pour des travaux, constructions ou installations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan local d'urbanisme. Lorsque le plan en cours d'élaboration et qui aurait justifié, à la date de délivrance du certificat d'urbanisme, que soit opposé un sursis à une demande de permis ou à une déclaration préalable, entre en vigueur dans le délai du certificat, les dispositions issues du nouveau plan sont applicables à la demande de permis de construire ou à la déclaration préalable.
En ce qui concerne la légalité externe :
6. L'arrêté en litige comporte toutes les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. M. A a été ainsi mis à même de comprendre les raisons pour lesquelles le maire de Lauris a décidé de surseoir à statuer sur sa demande de permis de construire et qui étaient fondées sur le risque que le projet en litige compromette l'exécution du futur plan local d'urbanisme de la commune de Lauris. Par suite, la décision est suffisamment motivée au regard des exigences posées par les dispositions de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme.
En ce qui concerne la légalité interne :
7. En premier lieu, il résulte de la combinaison des dispositions citées aux points 2 à 5 que contrairement à ce que soutient le requérant, le certificat d'urbanisme qu'il a obtenu le 11 septembre 2019 n'a pu avoir pour effet d'empêcher la mise en œuvre du sursis à statuer dès lors qu'au moment de sa délivrance, les conditions du sursis étaient remplies et notamment celle tenant à ce que les orientations du projet d'aménagement et de développement durables du futur plan local d'urbanisme aient été débattues avant la délivrance de ce certificat. Or, il ressort des pièces du dossier que, par une délibération du 30 novembre 2016, le conseil municipal de Lauris avait débattu de ces orientations. M. A n'est, dès lors, pas fondé à soutenir que le maire de Lauris ne pouvait refuser le permis de construire sollicité que pour des motifs de sécurité ou de salubrité publique.
8. En deuxième lieu, il ressort des termes mêmes de l'arrêté du 20 juillet 2020 portant sursis à statuer que le maire de Lauris s'est fondé sur le futur zonage prévu par le plan local d'urbanisme en cours d'élaboration, sur le classement de la parcelle du terrain d'assiette du projet en litige en zone Nnf2 et sur l'interdiction des constructions nouvelles prévue par le futur règlement de la zone dans laquelle se situe le terrain d'assiette. En soutenant que cette restriction sur les constructions nouvelles ne serait pas justifiée tant en fait qu'en droit, le requérant ne critique pas utilement le motif qui lui était opposé et tenant à la compromission de l'exécution du futur plan de la commune.
9. En troisième lieu, si M. A soutient que le préfet du Vaucluse a donné un avis favorable à son projet et que ce dernier intègre un secteur fortement urbanisé et doté des réseaux publics desservant même la parcelle à bâtir et ne dépare pas la physionomie environnante du secteur, ces considérations, à les supposer même établies, sont sans incidence sur le motif sur lequel est fondé le sursis à statuer et tiré de ce que ce projet est de nature à compromettre l'exécution du futur plan local d'urbanisme de Lauris. Les circonstances ainsi invoquées sont également sans incidence sur la légalité de la décision en litige laquelle porte non pas sur un refus de permis de construire mais sur un sursis à statuer.
10. En dernier lieu, le moyen tiré de la supposée rupture d'égalité devant les charges publiques n'est pas assorti des précisons suffisantes permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Un tel moyen ne peut dès lors qu'être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de M. A dirigées contre la commune de Lauris qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A une somme de 1 200 euros à verser à la commune de Lauris en application de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera à la commune de Lauris une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la commune de Lauris.
Délibéré après l'audience du 18 avril 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Ciréfice, président,
- Mme Ruiz, première conseillère,
- M. Lagarde, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mai 2023.
La rapporteure,
I. B
Le président,
C. CIRÉFICE
La greffière,
A. OLSZEWSKI
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026