mardi 31 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2003044 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL MAILLOT AVOCATS ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 octobre 2020 et un mémoire enregistré le 21 juin 2021, l'association bagnolaise du commerce, M. B A et M. D E, représentés par Me Maillot, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 août 2020 par lequel le maire de Bagnols-sur-Cèze a délivré un permis de construire valant permis de démolir à la SNC Lidl ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bagnols-sur-Cèzes et de la SNC Lidl la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent, dans le dernier état de leurs écritures, que :
- le dossier de demande de permis de construire est insuffisant au regard des exigences de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article UE 4 et le zonage pluvial communal du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UE 3 du même règlement de zone ;
- il viole les dispositions de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme et le régime des divisions foncières.
Par des mémoires en défense enregistrés les 30 novembre 2020 et 6 mai 2021, la commune de Bagnols-sur-Cèze, représentée par la SELARL Gil-Cros, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 septembre 2021, la SNC Lidl, représentée par la SELARL Leonem, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- les observations de Me Castagnilo, représentant les requérants, celles de Me Crespy, représentant la commune de Bagnols-sur-Cèze, et celles de Me Juliac-Degrelle, représentant la SNC Lidl.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 7 août 2020, le maire de Bagnols-sur-Cèze a délivré à la SNC Lidl un permis de construire valant permis de démolir pour réaliser un bâtiment commercial d'une surface de plancher de 2 195 m² ainsi que 88 places de stationnement, sur un terrain situé 1 863, route d'Avignon, cadastré section AL parcelle numéro 104, en zone UE du plan local d'urbanisme de la commune. Un permis de construire modificatif a été délivré à la SNC Lidl le 23 avril 2021, en cours d'instance. L'association bagnolaise du commerce, M. A et M. E, ces deux derniers étant voisins du projet, demandent l'annulation de l'arrêté du 7 août 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
2. En premier lieu, selon l'article R. 431-5 du code de justice administrative : " La demande de permis de construire précise : () c) La localisation et la superficie du ou des terrains () ".
3. Si les requérants soulevaient le moyen tiré de l'insuffisance du dossier de demande du permis de construire initial en ce que les pièces qui le composaient étaient contradictoires entre elles, s'agissant de la superficie du terrain d'assiette du projet, ils reconnaissent eux-mêmes que cette insuffisance a été régularisée par la délivrance du permis de construire modificatif à la SNC Lidl, le dossier de demande de ce second permis comprenant les informations exigées par le c) de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme précité.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article UE 4 du PLU de la commune de Bagnols-sur-Cèze : " 3 - Assainissement - Eaux pluviales () Les dispositions du zonage pluvial communal () devront être respectées ".
5. Le zonage pluvial communal, dans sa partie relative à la stratégie pluviale, prévoit que : " Pour les opérations d'urbanisation () de plus d'1 ha de bassin versant intercepté, l'aménageur est soumis à la " Loi sur l'eau " et se doit de réaliser un dispositif de rétention des eaux pluviales. Les dossiers sont instruits par les services de la préfecture () et doivent répondre aux règles suivantes : - une compensation minimale de 100 l/m² imperméabilisé ; - un débit de fuite de 7 l/s/ha imperméabilisé sur le volume minimal ; - la création de sur-verse afin de permettre le transit des eaux pluviales jusqu'à l'occurrence centennale. Pour les opérations d'urbanisation de taille inférieure à 1 ha () la commune intègre alors les principes de mesures compensatoires pour ce type d'opération dans ses documents d'urbanisme et en particulier dans le zonage d'assainissement pluvial () ".
6. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de la notice hydraulique jointe au dossier de demande de permis de construire initial déposé par la SNC Lidl, que le bassin versant intercepté par le terrain d'assiette du projet est de 0,88 hectares. Par suite, les requérants ne peuvent utilement soutenir que le permis de construire litigieux ne respecte pas les prescriptions du zonage pluvial communal applicables aux opérations d'urbanisation de plus d'un hectare de bassin versant intercepté. Dans ces conditions, le moyen tiré de la violation des dispositions de l'article UE 4 et du zonage pluvial communal du PLU doit être écarté.
7. En troisième lieu, l'article UE 3 du PLU dans sa partie relative aux accès, dispose que " Le nombre d'accès à une construction ou une opération doit être minimum. De plus, les accès doivent être au maximum mutualisés entre plusieurs opérations nouvelles ou existantes. Deux accès contigus desservant plusieurs habitations peuvent être interdits, si un seul accès est d'une capacité suffisante pour la desserte de l'ensemble des constructions. Toute opération doit prendre le minimum d'accès sur les voies publiques. () Les accès véhicules sont limités à deux par terrain () ".
8. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le projet disposera de deux accès préexistants, un au nord et un au sud. Si les requérants soutiennent que ces accès auraient dû être mutualisés avec l'accès à la parcelle cadastrée AL n° 263, cette dernière ne fait pas partie du terrain d'assiette du projet, de telle sorte qu'une mutualisation n'était pas obligatoire. Par ailleurs, les dispositions précitées prévoient que deux accès contigus puissent être interdits seulement lorsqu'ils desservent des habitations. Cette interdiction ne s'applique donc pas au projet de la SNC Lidl qui consiste en la création d'un bâtiment commercial. Ainsi, dès lors que le terrain d'assiette du projet sera desservi par deux accès, le permis de construire litigieux est conforme aux dispositions précitées de l'article UE 3 du PLU.
9. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés portent sur la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette comprenant une ou plusieurs unités foncières contiguës, doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance avant l'achèvement de l'ensemble du projet, le dossier présenté à l'appui de la demande est complété par un plan de division () ". Aux termes de l'article L. 442-1 du même code : " Constitue un lotissement la division en propriété ou en jouissance d'une unité foncière ou de plusieurs unités foncières contiguës ayant pour objet de créer un ou plusieurs lots destinés à être bâtis. " Enfin, l'article R. 442-1 de ce code dispose que " Ne constituent pas des lotissements au sens du présent titre et ne sont soumis ni à déclaration préalable ni à permis d'aménager : () f) Les détachements de terrain d'une propriété en vue d'un rattachement à une propriété contiguë () ".
10. Il ressort des pièces du dossier que le projet tel qu'autorisé par le permis de construire modificatif délivré à la SNC Lidl comprend une division foncière dès lors que la parcelle AL n° 442, qui fait partie du terrain d'assiette du projet, a vocation à être cédée à la commune de Bagnols-sur-Cèze. L'avis rendu par le service " voirie - éclairage public " de la commune le 23 juin 2020 indique que cette cession a pour finalité une régularisation cadastrale. En outre, la commune et la SNC Lidl précisent en défense que cette régularisation sera réalisée par l'intégration de la parcelle AL n° 442 à la voirie à laquelle elle est attenante.
11. D'une part, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir des dispositions de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme pour soutenir qu'un plan de division aurait dû être joint à la demande de permis de construire, dans la mesure où ces dispositions ne s'appliquent qu'aux projets prévoyant la construction de plusieurs bâtiments, ce qui n'est pas le cas du projet autorisé par le permis de construire attaqué. Le moyen tiré de la violation de ces dispositions doit être écarté.
12. D'autre part, la division foncière qu'implique le projet, qui va mener à l'intégration de la parcelle AL n° 442 à la voirie ainsi qu'il l'a été dit précédemment, constitue un détachement de terrain d'une propriété en vue d'un rattachement à une propriété contiguë au sens du f) de l'article R. 442-1 du code de l'urbanisme. Il s'ensuit que cette division ne constitue pas un lotissement et que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le permis de construire litigieux serait illégal en prévoyant la création d'un lotissement non autorisé.
13. Enfin, les requérants font valoir que la demande de permis de construire n'aurait pas dû inclure la parcelle AL n° 442 dans le projet dès lors que cette parcelle est vouée à être cédée à la commune. Cependant, la possibilité de former une demande de permis de construire comprenant une division foncière, et donc nécessairement portant sur des parcelles qui ne feront, à terme, plus partie du terrain d'assiette du projet, est prévue par le code de l'urbanisme lui-même, et notamment par les articles susvisés. De plus, il ressort des pièces du dossier que la demande de permis de construire modificatif fait clairement apparaître qu'une division du terrain d'assiette du projet va être réalisée, de sorte que l'appréciation de l'autorité communale n'a pas été faussée sur ce point pour délivrer le permis de construire litigieux. Dans ces conditions, le moyen tiré de la violation des dispositions de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme et du régime des divisions foncières doit être écarté.
14. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête à fin d'annulation du permis de construire délivré à la SNC Lidl le 7 août 2020 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Bagnols-sur-Cèze et de la SNC Lidl, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge des requérants une quelconque somme à verser à la commune de Bagnols-sur-Cèze et à la SNC Lidl sur ce fondement.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de l'association bagnolaise du commerce, de M. A et de M. E est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Bagnols-sur-Cèze et de la SNC Lidl sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association bagnolaise du commerce, première dénommée dans la requête, à la commune de Bagnols-sur-Cèze et à la SNC Lidl.
Délibéré après l'audience du 17 janvier 2023 où siégeaient :
- M. Antolini, président,
- M. Lagarde, premier conseiller,
- Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 31 janvier 2023.
La rapporteure,
L. C
Le président,
J. ANTOLINILa greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026