mardi 6 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2003271 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DE PALMA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 octobre 2020, M. D E, représenté par Me De Palma, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 août 2020 par lequel le maire de la commune de Cavaillon s'est opposé à la déclaration préalable qu'il a déposée ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Cavaillon le versement de la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est recevable dès lors que, d'une part, il a intérêt à agir en sa qualité de propriétaire du terrain d'assiette sur lequel le projet doit être réalisé et, d'autre part, le délai de recours n'est pas expiré, la décision ayant été affichée en mairie le 25 août 2020 ;
- la décision est entachée d'incompétence ;
- elle ne méconnaît pas les dispositions de l'article 1NC du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) ;
- le projet n'est pas soumis à permis de construire.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 août 2021, la commune de Cavaillon conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le plan local d'urbanisme de la commune de Cavaillon ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les conclusions de Mme Bahaj, rapporteure publique,
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 9 août 2020, le maire de la commune de Cavaillon s'est opposé à la déclaration préalable déposée par M. E le 3 août 2020 en vue de l'installation de deux chalets en bois d'une surface totale de 39 m² sur un terrain situé chemin du Vieux Taillades, cadastré section AO numéro de parcelle 559, en zone A du PLU de la commune. M. E demande l'annulation de cette décision.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'urbanisme : " Les constructions, même ne comportant pas de fondations, doivent être précédées de la délivrance d'un permis de construire () ". L'article L. 421-4 du même code dispose que : " Un décret en Conseil d'Etat arrête la liste des constructions, aménagements, installations et travaux qui, en raison de leurs dimensions, de leur nature ou de leur localisation, ne justifient pas l'exigence d'un permis et font l'objet d'une déclaration préalable () ". Selon l'article R. 421-1 du même code : " Les constructions nouvelles doivent être précédées de la délivrance d'un permis de construire, à l'exception : / () / b) Des constructions mentionnées aux articles R. 421-9 à R. 421-12 qui doivent faire l'objet d'une déclaration préalable. ". L'article R. 421-9 de ce code dispose que " En dehors du périmètre des sites patrimoniaux remarquables, des abords des monuments historiques et des sites classés ou en instance de classement, les constructions nouvelles suivantes doivent être précédées d'une déclaration préalable, à l'exception des cas mentionnés à la sous-section 2 ci-dessus : a) Les constructions dont soit l'emprise au sol, soit la surface de plancher est supérieure à cinq mètres carrés et répondant aux critères cumulatifs suivants : - une hauteur au-dessus du sol inférieure ou égale à douze mètres ; - une emprise au sol inférieure ou égale à vingt mètres carrés ; - une surface de plancher inférieure ou égale à vingt mètres carrés ; b) Les habitations légères de loisirs implantées dans les conditions définies à l'article R. 111-38, dont la surface de plancher est supérieure à trente-cinq mètres carrés () ". Lorsqu'il est constaté que des travaux sont, en vertu des dispositions du code de l'urbanisme, soumis à l'obligation d'obtenir un permis de construire mais n'ont fait l'objet que d'une simple déclaration, le maire est tenu de s'opposer aux travaux déclarés et d'inviter le pétitionnaire à présenter une demande de permis de construire.
3. M. E a déposé le 3 août 2020, une déclaration de travaux pour installer deux chalets en bois d'une surface totale de 39 m². Contrairement à ce que soutient le requérant, ces travaux, qui doivent s'apprécier globalement, portent sur la création d'une surface au sol supérieure à 20 m² et étaient de ce fait soumis à l'obligation d'obtenir un permis de construire, en vertu des dispositions de l'article R. 421-1 du code de l'urbanisme. Dès lors, le maire de la commune de Cavaillon était tenu de s'opposer aux travaux déclarés et d'inviter l'intéressé à présenter une demande de permis de construire. Compte tenu de cette situation de compétence liée, l'ensemble des moyens soulevés par le requérant sont inopérants.
4. En tout état de cause, en deuxième lieu, et d'une part, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente () pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme () ". Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints () ". Il résulte de ces dispositions combinées que le maire, compétent pour délivrer les permis de construire au nom de la commune, peut consentir une délégation à l'un de ses adjoints, à condition que les limites de cette délégation soient définies avec une précision suffisante.
5. D'autre part, il résulte des dispositions des articles L. 2131-1 et L. 2131-2 du code général des collectivités territoriales que les actes réglementaires du maire, tels les arrêtés de délégation, sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé, d'une part, à leur publication ou à leur affichage et, d'autre part, à leur transmission au représentant de l'Etat.
6. L'arrêté attaqué a été signé, pour le maire de la commune de Cavaillon, par M. A C, adjoint au maire. Par un arrêté n° 2020/72 du 6 juillet 2020, le maire a donné délégation de signature suffisamment précise à M. C à l'effet de signer les autorisations d'urbanisme et en particulier les oppositions à déclaration préalable. Cet arrêté a été reçu au service du contrôle de légalité le 8 juillet 2020 et a fait l'objet d'un affichage régulier le 30 juillet 2007, ainsi qu'en atteste le tampon apposé sur cet arrêté et qui fait foi jusqu'à preuve du contraire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision manque en fait et doit être écarté.
7. En troisième lieu, pour s'opposer à la déclaration préalable déposée par M. E, le maire de la commune de Cavaillon s'est fondé sur un autre motif tiré de ce que le projet méconnaît les articles A 1 et A 2 du règlement du PLU de la commune.
8. Le règlement du PLU de la commune de Cavaillon définit le caractère de la zone A comme une zone qui " comprend des terrains qui font l'objet d'une protection particulière en raison de la valeur et du potentiel agronomique, biologique et économique des terres agricoles " et qui " est destinée à l'activité agricole et aux constructions liées et nécessaires aux besoins de l'exploitation agricole ". Aux termes de l'article A 1 du règlement du PLU de la commune d'Avignon, relatif aux occupations et utilisations du sol interdites : " Toutes les occupations du sol non mentionnées à l'article A2 sont interdites. ". L'article A 2 de ce règlement, relatif aux occupations et utilisations du sol soumises à des conditions particulières, dispose que " Seules peuvent être autorisées les occupations et utilisations du sol ci-après selon l'une des conditions particulières suivantes : / 2.1 En zone A / 2.1.1 A condition qu'elles soient nécessaires à une exploitation agricole en respectant le caractère de la zone et les notions de siège d'exploitation et de regroupement des constructions : / () / - les constructions à usage d'habitation, dans la limite d'une surface de plancher maximale totale de 250 m² (extensions comprises) et à condition de s'implanter en continuité du siège d'exploitation ou à moins de 50 mètres. () ".
9. Pour vérifier que la construction ou l'installation projetée est nécessaire à cette exploitation, l'autorité administrative compétente doit s'assurer au préalable, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de la réalité de l'exploitation agricole, au sens de ces dispositions, laquelle est caractérisée par l'exercice effectif d'une activité agricole ou forestière d'une consistance suffisante. Par ailleurs, le lien de nécessité, qui doit faire l'objet d'un examen au cas par cas, s'apprécie entre, d'une part, la nature et le fonctionnement des activités de l'exploitation agricole et, d'autre part, la destination de la construction ou de l'installation projetée.
10. Les constructions litigieuses - deux chalets en bois - d'une surface de plancher de 39 m² sont destinées à l'habitation du requérant. Si M. E soutient que son élevage de volailles requiert sa présence permanente sur l'exploitation, il ne produit aucune pièce au soutien de ses allégations, alors que si cet élevage peut nécessiter la présence quotidienne de l'exploitant agricole sur les lieux pour donner des soins aux volailles, il n'implique pas, en revanche, que l'agriculteur ait son habitation permanente sur cette exploitation. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier et il n'est même pas soutenu que les conditions dans lesquelles il élève les volailles rendent nécessaires son logement sur place. Par suite, il n'est pas établi que le projet serait lié et nécessaire à l'exploitation agricole de M. E au sens de l'article A 2 du règlement du PLU de la commune. Dès lors, le maire de la commune de Cavaillon a pu légalement s'opposer à la déclaration préalable déposée par M. E au motif que son projet méconnaissait les articles A 1 et A 2 de ce règlement.
11. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 19 août 2020. Il y a lieu en conséquence de rejeter sa requête en ce comprises les conclusions tendant au remboursement des frais non compris dans les dépens qu'il a exposés dans cette instance.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D E et à la commune de Cavaillon.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2022 où siégeaient :
- M. Antolini, président,
- Mme Bourjade, première conseillère,
- Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 5 décembre 2022.
La rapporteure,
A. B
Le président,
J. ANTOLINILa greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026