mardi 27 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2003277 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BLANC-TARDIVEL-BOCOGNANO |
Vu la procédure suivante :
I - Par une requête enregistrée le 27 octobre 2020 sous le n° 2003277, et un mémoire enregistré le 24 septembre 2021, Mme D C et M. A B, représentés par la SELARL Blanc-Tardivel-Bocognano, demandent au tribunal :
1°) d'annuler le titre de recettes n° 2020-2 émis par la commune de Garons en vue du recouvrement d'une participation pour voirie et réseaux de 16 076, 25 euros ;
2°) de les décharger de l'obligation de payer la somme de 16 076, 25 euros ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Garons la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la délibération du conseil municipal de Garons du 17 décembre 2014 instituant la participation pour voirie et réseaux pour l'impasse Claude Fontanier-Prêtre méconnaît les dispositions de l'article L. 332-11-1 du code de l'urbanisme ;
- cette délibération étant la base légale du titre de recettes attaqué, il est lui-même illégal.
Par des mémoires en défense enregistrés les 7 juin et 4 octobre 2021, la commune de Garons, représentée par Me Merland, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge solidaire de Mme C et M. B la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
II - Par une requête enregistrée le 27 octobre 2020 sous le n° 2003278, et un mémoire enregistré le 24 septembre 2021, Mme D C et M. A B, représentés par la SELARL Blanc-Tardivel-Bocognano, demandent au tribunal :
1°) d'annuler le titre de perception émis le 7 août 2020 par le directeur départemental des territoires et de la mer du Gard en vue du recouvrement d'une taxe d'aménagement d'un montant de 6 834 euros ;
2°) de les décharger de l'obligation de payer la somme de 6 834 euros ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Garons la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le titre de perception litigieux ne comporte pas la signature de son auteur, en violation de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il ne comporte pas l'indication des bases de liquidation de la créance ;
- le principe de non-cumul des taxes et des participations est méconnu dès lors qu'est mise simultanément à leur charge la taxe d'aménagement et la participation pour voirie et réseaux.
Par des mémoires en défense enregistrés les 7 juin et 4 octobre 2021, la commune de Garons, représentée par Me Merland, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge solidaire de Mme C et M. B la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que c'est la direction départementale des finances publiques du Tarn qui a émis le titre litigieux, et que l'Etat aurait donc dû être appelé dans l'instance ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La requête a été régulièrement communiquée à la direction départementale des finances publiques du Tarn qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lahmar ;
- les conclusions de Mme Bourjade,
- et les observations de Me Mer, pour la commune de Garons.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 22 juin 2018, le maire de Garons a délivré à Mme C et M. B
un permis de construire une maison individuelle sur un terrain situé impasse Claude Fontainier-Prêtre, passage du Lavoir. Le 17 janvier 2020, un avis des sommes à payer de 16 076, 25 euros a été émis par la commune de Garons pour recouvrer une participation pour voirie et réseaux due au titre de cette opération de construction. Par ailleurs, le 7 août 2020, un titre de perception de 6 834 euros correspondant à la taxe d'aménagement due au titre de cette même opération a été émis par le directeur départemental des territoires et de la mer du Tarn. Mme C et M. B ont formé un recours gracieux à l'encontre de ce titre, lequel a été rejeté par décision du directeur départemental des finances publiques du Tarn du 21 octobre 2020. Mme C et M. B demandent l'annulation de l'avis des sommes à payer du 17 janvier 2020 et la décharge de l'obligation de payer la somme correspondante dans l'instance 2003277, et l'annulation du titre de perception du 7 août 2020 et de la décision rejetant leur recours gracieux ainsi que la décharge de l'obligation de payer la somme correspondante dans l'instance 2003278.
En ce qui concerne l'instance n° 2003277 :
Sur la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ". En application du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. L'envoi sous pli simple ou par voie électronique au redevable de cette ampliation à l'adresse qu'il a lui-même fait connaître à la collectivité territoriale, à l'établissement public local ou au comptable public compétent vaut notification de ladite ampliation. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la commune de Garons a adressé aux requérants l'avis des sommes à payer émis le 17 janvier 2020 par un pli recommandé avec accusé de réception du 21 janvier 2020. Ce pli a été présenté à leur domicile et est retourné à la commune avec la mention " pli avisé et non réclamé ". Les requérants ne contestent pas utilement la portée de cet envoi en se bornant à soutenir qu'ils avaient fait appel à un conseil pour les représenter et qu'ils n'étaient pas en mesure de savoir que ce courrier procédait à la notification d'un nouveau titre exécutoire, alors qu'un précédent titre exécutoire avait été émis par la commune de Garons puis retiré. Dans ces conditions, le délai de recours contentieux a commencé à courir à compter de la date à laquelle le pli a été présenté au domicile des requérants. En outre, la commune a également adressé le titre exécutoire litigieux aux requérants par courriel du 20 janvier 2020, dont ils ont accusé réception le jour même, ce mode de notification étant conforme aux dispositions précitées de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales et ayant également pour effet de faire courir le délai de recours contentieux. Par suite, la requête n° 2003277, enregistrée au greffe du tribunal le 27 octobre 2020, a été formée au-delà du délai de deux mois prévu par les dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative. Elle est donc tardive et, par suite, irrecevable.
En ce qui concerne l'instance n° 2003278 :
Sur la fin de non-recevoir tirée de l'absence de mise en cause de l'Etat :
4. La commune de Garons fait valoir en défense que la requête est irrecevable dès lors que le titre exécutoire attaqué a été émis par la direction départementale des finances publiques du Tarn, de telle sorte que l'Etat, représenté par le préfet, aurait dû être appelé en la cause. Toutefois, il ne s'agit pas d'une cause d'irrecevabilité de la requête. Au surplus, la procédure a été communiquée à la direction départementale des finances publiques du Tarn.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. Aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Dans les conditions prévues pour chaque catégorie d'entre elles, les recettes sont liquidées avant d'être recouvrées. La liquidation a pour objet de déterminer le montant de la dette des redevables. () Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de liquidation. ". Ainsi, tout état exécutoire doit indiquer les bases de la liquidation de la créance pour laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur. Lorsque le destinataire d'un titre exécutoire affirme qu'il lui a été notifié de manière incomplète, il lui appartient de démontrer qu'il a accompli les diligences nécessaires pour se voir transmettre les pages manquantes.
6. Il ressort des pièces du dossier que le titre exécutoire litigieux est composé de trois pages, et que les bases de liquidation de la créance sont indiquées sur la troisième de ces pages. Les requérants soutiennent que cette page ne leur a été adressée qu'au stade de la décision de rejet de leur recours gracieux, et non lors de la notification initiale du titre. Si la commune fait valoir en défense que les trois pages leur ont bien été transmises dès la notification initiale, elle ne le démontre pas, alors qu'il résulte des mentions du titre attaqué que les pages qui le composent ne sont pas numérotées, de telle sorte que dans l'hypothèse où seules les deux premières pages avaient été adressées aux requérants lors de la notification initiale, ils ne disposaient d'aucun élément leur permettant de savoir que le titre comportait une troisième page qu'il leur aurait alors appartenu de réclamer. Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir que le titre exécutoire litigieux ne comportait pas la mention des bases de liquidation de la créance, en violation des dispositions précitées de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012.
7. Il résulte de ce qui vient d'être dit, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que le titre exécutoire émis le 7 août 2020 par le directeur départemental des territoires et de la mer du Gard doit être annulé.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
8. L'annulation d'un titre exécutoire pour un motif de régularité en la forme n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse, à la différence d'une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bien-fondé du titre. Au regard de ce qui a été dit au point 6, il n'y a pas lieu de prononcer la décharge de la somme mise à la charge des requérants au titre de la taxe d'aménagement.
Sur les frais liés aux litiges :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il convient de laisser à chacune des parties les frais qu'elles ont engagés au titre des deux instances.
D E C I D E :
Article 1er : La requête n° 2003277 est rejetée.
Article 2 : Le titre exécutoire émis par le directeur départemental des territoires et de la mer du Gard le 7 août 2020 est annulé.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2003278 est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Garons sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans les instance n° 2003278 et n° 2003277 sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C et à M. A B, à la commune de Garons, au directeur départemental des finances publiques du Tarn et à la préfète du Gard.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Antolini, président,
M. Lagarde, premier conseiller,
Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2023.
La rapporteure,
L. LAHMAR
Le président,
J. ANTOLINILa greffière,
A. OLSZEWSKI
La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2003277-2003278
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026