jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2003457 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP VINSONNEAU-PALIES-NOY-GAUER ET ASSOCIES (VPNG) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 novembre 2020, Mme A B demande au tribunal :
1) d'annuler la décision du 17 février 2020 par laquelle le directeur général du centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Nîmes a prononcé son licenciement pour insuffisance professionnelle ;
2) de mettre à la charge du CHRU de Nîmes la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, en méconnaissance de ses droits de la défense, dès lors que le conseil de discipline a siégé en son absence médicalement justifiée ;
- elle est entachée d'abus de pouvoir dès lors qu'elle résulte de la dégradation de ses conditions de travail et des difficultés relationnelles entretenues avec ses collègues liées à son état de santé et à son statut de travailleur handicapé ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 mars 2022, le CHRU de Nîmes, représenté par Me Moreau de la MB Avocats, (AARPI) conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la requête est irrecevable car tardive et non fondée dans les moyens qu'elle soulève.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n°89-822 du 7 novembre 1989 ;
- le décret n°2010-1139 du 29 septembre 2010 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- les conclusions de Mme Chamot, rapporteur public,
- et les observations de Me Mer, représentant le CHRU de Nîmes.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, agent des services hospitaliers, a été recrutée par contrat le 1er février 1998 par le CHRU de Nîmes puis titularisée le 1er janvier 2001. Titularisée au grade d'infirmière le 1er décembre 2007, elle a exercé ses fonctions au centre de rétention administrative de Nîmes de février 2009 à janvier 2017 puis au sein du service de médecine interne du CHRU de Nîmes à compter de cette date. Le 25 octobre 2019, Mme B a été convoquée devant le conseil de discipline dans le cadre d'une procédure de licenciement pour insuffisance professionnelle engagée à son encontre. La tenue du conseil ayant été ajournée à la demande de Mme B, l'intéressée a été convoquée une nouvelle fois devant le même conseil qui, le 20 janvier 2020, s'est prononcé en faveur de son licenciement. Par une décision du 17 février 2020, le directeur du CHRU de Nîmes a prononcé le licenciement pour insuffisance professionnelle de Mme B. L'intéressée a formé un recours gracieux contre cette décision par un courrier du 17 avril 2020 auquel il a été répondu négativement par lettre du 6 mai 2020. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de la décision du 17 avril 2020.
Sur la légalité de la décision attaquée :
2. Aux termes de l'article 88 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière : " () Le fonctionnaire qui fait preuve d'insuffisance professionnelle peut () être licencié. La décision est prise par l'autorité investie du pouvoir de nomination après observation de la procédure prévue en matière disciplinaire. () ".
3. En premier lieu, l'absence du fonctionnaire lors du conseil de discipline n'est pas à elle seule de nature à vicier la procédure dans la mesure ou l'intéressée a pu faire valoir des observations par écrit et être représentée le jour de la séance.
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a sollicité, pour des raisons médicales, le report de la première séance du conseil de discipline du 2 décembre 2019. Ledit report lui a été accordé ainsi que le prévoit l'article 5 du décret n°89-822 du 7 novembre 1989, article qui ne prévoit qu'un seul report de droit. Si la requérante a présenté, pour les mêmes motifs et par l'intermédiaire de son syndicat, une seconde demande de report pour la séance du conseil de discipline du 20 janvier 2020 et produit un certificat médical du 13 janvier 2020 à cet effet, Mme B a été régulièrement convoquée à cette séance par un courrier du 16 décembre 2019 mentionnant la possibilité de se faire représenter par un ou plusieurs défenseurs de son choix et de transmettre des observations écrites. Ainsi, Mme B, qui ne s'est pas présentée lors de la séance du conseil de discipline du 20 janvier 2020 et ne s'y est pas fait représenter alors qu'elle avait fait l'objet d'une information régulière en ce sens, n'est, par suite, pas fondée à soutenir que ses droits de la défense ont été méconnus.
5. En second lieu, aux termes des dispositions du I de l'article 3 du décret n°2010-1139 du 29 septembre 2010 portant statut particulier du corps des infirmiers en soins généraux et spécialisés de la fonction publique hospitalière : " Les infirmiers en soins généraux accomplissent les actes professionnels et dispensent les soins infirmiers définis aux articles R. 4311-1 à R. 4311-10 et à l'article R. 4311-14 du code de la santé publique. Ils exercent leurs fonctions dans les domaines prévus à l'article R. 4311-15 de ce code. ".
6. Le licenciement pour inaptitude professionnelle d'un agent public ne peut être fondé que sur des éléments révélant l'inaptitude de l'agent à exercer normalement les fonctions pour lesquelles il a été engagé ou correspondant à son grade, et non sur une carence ponctuelle dans l'exercice de ces fonctions.
7. Pour prononcer le licenciement de Mme B pour insuffisance professionnelle, le directeur général du CHRU de Nîmes s'est fondé sur les circonstances que l'intéressée, qui a bénéficié de trois accompagnements dans le cadre de tutorats en 2017, 2018 et 2019, a fait l'objet de rapports mettant en évidence son inaptitude à exercer les fonctions de son grade, fait état d'une incapacité à exercer ses fonctions et assurer les missions pour lesquelles elle a été engagée, a commis des erreurs graves récurrentes pouvant nuire à la sécurité des soins, nuit au bon fonctionnement du service et ne s'est pas améliorée dans sa manière de servir.
8. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des rapports établis par l'administration en 2017, ponctuant deux périodes de tutorat d'une durée de 2 fois 3 semaines par des tuteurs expérimentés en médecine polyvalente, que la requérante a commis de graves erreurs professionnelles durant la garde du 16 janvier 2017, qu'elle éprouve des difficultés dans l'organisation des soins, dans les transmissions orales et écrites, que les soins techniques prévalent ne sont pas acquis et qu'elle a commis des erreurs multiples dans les calculs de doses, la dispensation des traitements et l'observance des prescriptions. Il en ressort également un manque d'implication et de rigueur de Mme B dans les soins infirmiers spécifiques, des connaissances sur les pathologies et thérapeutiques insuffisantes pour permettre une juste analyse clinique ainsi qu'une absence de respect de la distance relationnelle avec les patients, des difficultés de communication avec ses collègues, des difficultés d'apprentissage et, par conséquent une incapacité à assurer les fonctions d'infirmière diplômée d'Etat au sein d'une unité où les soins techniques sont prévalent et à haut risque. Ces éléments sont corroborés par l'évaluation professionnelle de l'intéressée pour cette même année aux termes de laquelle Mme B est dans l'incapacité d'assurer une gestion d'un secteur de dix lits dans des conditions sécuritaires suffisantes. Ces difficultés professionnelles et des nombreuses erreurs graves sont également confirmées, en 2018, par le rapport du 16 mai 2018 rédigé par Mme C, cadre de santé en médecine gériatrique, et par l'évaluation professionnelle de l'intéressée pour la même année, mentionnant une méconnaissance des pratiques et des soins courants, malgré un tutorat renforcé en médecine gériatrique à compter du 12 mai 2018 qui avait pour objectif de permettre à la requérante de réapprendre des actes de soins maitrisés et de se réapproprier les modes de fonctionnement d'une unité de soins, ainsi qu'une incapacité à être positionnée seule dans un secteur y compris limité en nombre de patients. Par ailleurs, pour l'année 2019, il ressort des pièces du dossier, et notamment d'un courriel du coordinateur général des soins du 25 juin 2019 et de l'entretien professionnel de Mme B du 17 juin 2019 que la situation d'insuffisance professionnelle de l'intéressée a perduré malgré la mise en place d'une nouvelle période de tutorat. L'intéressée ne conteste pas ces faits et soutient que cette situation résulte de la dégradation de ses conditions de travail et des difficultés relationnelles avec ses collègues liées à son état de santé et à son statut de travailleur handicapé. Toutefois, ces circonstances, à les supposer établies, sont sans incidence sur la légalité de la sanction attaquée alors que l'administration a organisé un accompagnement en vue de sa progression professionnelle. Par suite, la CHRH de Nîmes n'a pas entaché la décision attaquée d'erreur de droit et de détournement de pouvoir.
9. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête, que les conclusions en annulation de la décision attaquée du 17 février 2020 doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du CHRU de Nîmes qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que Mme B demande sur ce fondement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de Mme B la somme demandée par le CHRU de Nîmes au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du CHRU de Nîmes présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre hospitalier régional universitaire de Nîmes.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Corneloup, présidente de la 2ème chambre,
Mme Galtier, première conseillère,
M. Chevillard, premier conseiller.
Lu en audience publique le 29 septembre 2022.
Le rapporteur,
F. D
La présidente de la 2ème chambre,
F. CORNELOUP Le greffier,
F. GARNIER
La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026