LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2003550

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2003550

mardi 14 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2003550
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantDLA PIPER FRANCE LLP

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 16 novembre 2020 et 13 septembre 2021, la société On Tower France et la société Free Mobile, représentées par le Cabinet Pamlaw, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 22 septembre 2020 par lequel le maire de la commune d'Avignon s'est opposé aux travaux que la société On Tower France a déclarés en vue de l'installation de 3 antennes de téléphonie en toiture terrasse d'un bâtiment ;

2°) d'enjoindre au maire de la commune d'Avignon, au cas où l'existence d'une décision tacite de non opposition ne serait pas reconnue, de faire droit à sa déclaration préalable dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ou, à défaut, de procéder à son réexamen dans les mêmes conditions de délai ;

3°) de mettre à la charge de la commune d'Avignon, une somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Elles soutiennent que :

- la compétence du signataire de l'arrêté en litige n'est pas établie ;

- l'article 222 de la loi du 23 novembre 2018 a été méconnu dès lors que la décision d'opposition en litige emporte retrait de l'autorisation tacite dont elle était devenue titulaire puisqu'elle a été notifiée tardivement le 24 septembre 2020 après l'expiration du délai d'instruction de 2 mois qui a commencé de courir à la date du dépôt de la déclaration préalable par la société On Tower France le 21 juillet 2020 ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur de droit dès lors que le maire s'est estimé lié par l'avis de l'architecte des bâtiments de France, qui n'est pas même motivé en droit, alors qu'il n'était nullement tenu de se l'approprier ;

- l'avis de l'architecte des bâtiments de France est illégal dès lors que les antennes en cause ne sont pas visibles depuis les remparts puisqu'un bâtiment fait écran et qu'eu égard à leurs caractéristiques et celles des lieux environnants, elles ne sont pas susceptibles d'avoir un quelconque impact ;

- la demande de substitution de motif ne saurait prospérer dès lors que les antennes en cause n'entrent pas dans le champ des interdictions prévues par le jeu des articles 1 et 2 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme (PLU).

Par un mémoire en défense enregistré le 12 avril 2021, la commune d'Avignon, représentée par la SELARL Maillot avocats associés, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des sociétés On Tower France et Free Mobile une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les sociétés requérantes ne peuvent utilement se prévaloir de l'article 222 de la loi du 23 novembre 2018, dès lors que la décision d'opposition en litige doit s'analyser comme une décision d'abrogation et non de retrait ;

- les moyens soulevés par les sociétés On Tower France et Free Mobile ne sont pas fondés ;

- Il est en tout état de cause sollicité une substitution de motif dès lors que la commune était tenue de s'opposer aux travaux déclarés sur le fondement des dispositions de l'article UC2 du plan local d'urbanisme PLU puisque les antennes n'apparaissent pas nécessaires à la zone.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le plan local d'urbanisme de la commune d'Avignon ;

- la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 ;

- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,

- et les observations de Me Montessino-Brisset, représentant la commune d'Avignon

Considérant ce qui suit :

1. La société On Tower France a déposé le 21 juillet 2020 une déclaration préalable en vue de l'installation de 3 antennes de téléphonie en toiture terrasse d'un bâtiment situé à Avignon. Le maire de cette commune s'est toutefois opposé aux travaux déclarés par arrêté du 22 septembre 2020 notifié à la société On Tower France le 24 septembre suivant. La société Free Mobile et la société On Tower France demandent l'annulation de cette décision.

2. Aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés () ". L'article R. 423-23 du même code dispose que : " Le délai d'instruction de droit commun est de : a) Un mois pour les déclarations préalables () ". Ce délai peut toutefois être majoré d'un mois en application de l'article R. 423-4 lorsque comme en l'espèce le projet est situé aux abords d'un monument historique. Aux termes de l'article R. 424-1 de ce code : " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section IV du chapitre III ci-dessus, le silence gardé par l'autorité compétente vaut, selon les cas : a) Décision de non-opposition à la déclaration préalable () ". Enfin, l'article R. 424-10 de ce code prévoit dans sa rédaction applicable : " La décision accordant ou refusant le permis ou s'opposant au projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est notifiée au demandeur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception postal ". Il résulte de ces dispositions qu'une décision de non-opposition à déclaration préalable naît au terme du délai imparti, qui n'est pas un délai franc, à l'administration pour l'instruction de la demande, compte tenu le cas échéant de la notification d'une décision de majoration de délai ou d'une demande de pièces complémentaires prorogeant le délai d'instruction.

3. Il est constant que la déclaration préalable de la société On Tower France a été déposée en mairie le 21 juillet 2020 et que le délai d'instruction a été fixé à 2 mois en raison de la consultation de l'architecte des bâtiments de France. Il est tout aussi constant que l'ordonnance du 25 mars 2020 sus visée n'a pas vocation à s'appliquer en l'espèce. Une décision tacite de non opposition était dès lors susceptible de naître le 22 septembre 2020 à zéro heure. Il ressort des pièces du dossier que la décision d'opposition en litige n'a été édictée que le 22 septembre 2020 et notifiée à la société pétitionnaire le 24 septembre suivant, postérieurement à l'intervention de la décision de non opposition tacite née au terme du délai d'instruction de la déclaration préalable déposée le 21 juillet 2020. Dans ces conditions, les sociétés requérantes sont fondées à soutenir que la société On Tower France était titulaire d'une autorisation tacite préalablement à l'intervention de l'arrêté en litige.

4. Aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire ". Aux termes de l'article 222 de la loi du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique dite " loi Elan " : " A titre expérimental, par dérogation à l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme et jusqu'au 31 décembre 2022, les décisions d'urbanisme autorisant ou ne s'opposant pas à l'implantation d'antennes de radiotéléphonie mobile avec leurs systèmes d'accroche et leurs locaux et installations techniques ne peuvent pas être retirées. Cette disposition est applicable aux décisions d'urbanisme prises à compter du trentième jour suivant la publication de la présente loi ".

Il résulte de ces dispositions que la décision par laquelle l'autorité en charge de la délivrance des autorisations d'urbanisme ne s'oppose pas à des travaux déclarés en vue de l'implantation d'antennes de radiotéléphonie mobile ne peut faire l'objet d'aucun retrait.

5. Contrairement à ce que soutient la commune en défense, la décision par laquelle l'autorité communale s'oppose à l'implantation d'une antenne de téléphonie mobile postérieurement à la naissance d'une autorisation tacite doit s'analyser comme une décision de retrait au sens de l'article 222 de la loi susvisée du 23 novembre 2018. Les sociétés requérantes sont dès lors fondées à soutenir que l'arrêté qu'elles contestent est entaché d'excès de pouvoir et à en demander l'annulation. La commune d'Avignon ne peut utilement solliciter sur ce point une substitution de motif dès lors que l'annulation de l'arrêté en litige n'est pas prononcée en raison de l'illégalité d'un refus d'autorisation mais de l'impossibilité de retirer une autorisation déjà accordée.

6. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté en litige doit être annulé et que la société On Tower France est titulaire d'une autorisation tacite née le 21 septembre 2020.

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des sociétés On Tower France et Free Mobile qui ne sont pas la partie perdante, la somme demandée par la commune d'Avignon au titre des frais non compris dans les dépens qu'elle a exposés dans cette instance. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune d'Avignon une somme globale de 1 200 euros en remboursement des frais non compris dans les dépens exposés par la société On Tower France et la société Free Mobile.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 22 septembre 2022 du maire de la commune d'Avignon est annulée.

Article 2 : La commune d'Avignon versera aux sociétés On Tower France et Free Mobile une somme globale de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions que la commune d'Avignon présente au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société On Tower France, à la société Free Mobile et à la commune d'Avignon.

Délibéré après l'audience du 31 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

M. Antolini, président,

M. Lagarde, premier conseiller,

Mme Lahmar, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2023.

Le président,

J. A

Le conseiller le plus ancien

F. LAGARDE

La greffière,

N. LASNIER

La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions