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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2003560

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2003560

vendredi 12 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2003560
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantCABINET GIL CROS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 18 novembre 2020, 1er avril 2021, 4 mai 2021, 17 décembre 2021, la société à responsabilité limitée (SARL) Camping Mas de Rey, la société civile (SC) Camping Mas de Rey, Mme C D et M. A E, représentés par la SELARL Gil-Cros, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 février 2020, par lequel le maire d'Arpaillargues-et-Aureilhac a accordé à la société par actions simplifiée (SAS) Mas de Rey Uzès un permis d'aménager pour la création de cinq lodges, d'une piscine et d'un chapiteau en bambou sur un terrain dédié à l'aménagement de résidences légères de loisirs situé au Mas de Rey à Arpaillargues-et-Aureilhac ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Arpaillargues-et-Aureilhac, une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils justifient d'un intérêt à agir ;

- le dossier de demande de permis d'aménager ne comprenait pas l'ensemble des documents requis au titre des articles R. 441-5 et R. 441-6 du code de l'urbanisme ;

- en se gardant de préciser dans son dossier de demande de permis d'aménager la nécessité de réaliser une aire de stationnement, la pétitionnaire s'est livrée à une manœuvre frauduleuse pour tromper l'administration sur la réalité du projet dans le but d'échapper à l'application des règles d'urbanisme et notamment à l'obligation d'obtenir au préalable une autorisation de défrichement ;

- le projet autorisé méconnaît les prescriptions des articles N1 et N2 du règlement du plan local d'urbanisme d'Arpaillargues-et-Aureilhac ;

- le projet qui ne prévoit aucun aménagement du terrain propre aux parcs résidentiels de loisir, tels que définis par les articles D. 333-3 et suivants du code du tourisme n'entre donc pas dans les prévisions de l'article L. 441-2 du code de l'urbanisme et ne peut légalement porter à la fois sur l'aménagement du terrain et sur les projets de construction portant sur les habitations légères de loisirs, le chapiteau et la piscine ;

- les dispositions de l'article N4 du plan local d'urbanisme sont également méconnues ;

- en outre, en délivrant le permis d'aménager en litige, le maire d'Arpaillargues-et-Aureilhac a méconnu les dispositions de l'article R. 111-25 du code de l'urbanisme.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 février 2021, la commune d'Arpaillargues-et-Aureilhac, représentée par Me Audouin, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait application des dispositions des articles L. 600-1 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et à ce que soit mise à la charge solidaire des requérants une somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté ;

- les moyens soulevés par la SARL Camping Mas de Rey et autres ne sont pas fondés.

Par des mémoires, enregistrés les 9 avril 2021 et 2 février 2022, la SAS Mas de Rey Uzès, représentée par le cabinet Fontaine et Floutier Associés, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit sursis à statuer et qu'un délai de six mois lui soit accordé afin de régulariser le permis d'aménager qu'elle a obtenu et, en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté, de l'absence d'intérêt à agir des requérants et de l'absence de lien suffisant entre les conclusions de cette requête collective ;

- les moyens soulevés par la SARL Camping Mas de Rey et autres ne sont pas fondés.

Un courrier du 9 septembre 2021 adressé aux parties en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, les a informées de la période à laquelle il est envisagé d'appeler l'affaire à l'audience et a indiqué la date à partir de laquelle l'instruction pourra être close dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 613-1 et le dernier alinéa de l'article R. 613-2 du même code.

Par ordonnance du 14 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée à sa date d'émission en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code du tourisme ;

- le code de l'urbanisme ;

- le plan local d'urbanisme de la commune d'Arpaillargues-et-Aureilhac ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B,

- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,

- et les observations de Me Crespy, représentant, la SARL Camping Mas de Rey et autres, celles de Me Audouin, représentant la commune d'Arpaillargues-et-Aureilhac et celles de Me Floutier, représentant la SAS Mas de Rey Uzès.

Considérant ce qui suit :

1. La SAS Mas de Rey Uzès a déposé le 7 janvier 2020 un dossier de permis d'aménager en vue de la création de cinq lodges, d'une piscine et d'un chapiteau sur un terrain dédié à l'aménagement de résidences légères de loisirs situé au Mas de Rey en zone Nt à Arpaillargues-et-Aureilhac sur les parcelles cadastrées section AK nos253, 254, 256 et 265. Par un arrêté du 14 février 2020, le maire d'Arpaillargues-et-Aureilhac a délivré l'autorisation sollicitée. Par la présente requête, la SARL Camping Mas de Rey, la SC Camping Mas de Rey, Mme D et M. E demandent au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :

2. En premier lieu, l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme dispose que : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15. ". Aux termes de l'article R. 424-15 du même code, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Mention du permis explicite ou tacite ou de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté ou dès la date à laquelle le permis tacite ou la décision de non-opposition à la déclaration préalable est acquis et pendant toute la durée du chantier. Cet affichage n'est pas obligatoire pour les déclarations préalables portant sur une coupe ou un abattage d'arbres situés en dehors des secteurs urbanisés. /Cet affichage mentionne également l'obligation, prévue à peine d'irrecevabilité par l'article R. 600-1, de notifier tout recours administratif ou tout recours contentieux à l'auteur de la décision et au bénéficiaire du permis ou de la décision prise sur la déclaration préalable. () "

3. La mention relative au droit de recours, qui doit figurer sur le panneau d'affichage du permis de construire en application de l'article R. 424-15 du code de l'urbanisme, permet aux tiers de préserver leurs droits. Toutefois, l'exercice par un tiers d'un recours administratif ou contentieux contre un permis de construire montre qu'il a connaissance de cette décision et a, en conséquence, pour effet de faire courir à son égard le délai de recours contentieux, alors même que la publicité concernant ce permis n'aurait pas satisfait aux dispositions prévues en la matière par l'article R. 424-15 du code de l'urbanisme. Ne sont pas applicables à la détermination du délai imparti aux tiers pour saisir la juridiction compétente à la suite d'une décision rejetant des recours gracieux ou hiérarchiques formés par eux à l'encontre d'autorisations individuelles créant des droits au profit de leurs bénéficiaires, les dispositions de l'article R. 421-5 du code de justice administrative selon lesquelles " les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".

4. La preuve de l'affichage régulier et continu du permis d'aménager litigieux sur le terrain d'assiette du projet en litige n'est pas apportée par la société bénéficiaire du permis d'aménager, les deux attestations qu'elle produit au dossier étant insuffisantes pour établir notamment que le panneau était visible depuis la voie, lisible et comportait l'ensemble des mentions prévues par les textes. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que seule la SARL Camping Mas de Rey a introduit un recours gracieux contre l'arrêté en litige.

5. Il en résulte, d'une part, que les délais étaient opposables à la seule SARL Camping Mas de Rey, dès lors qu'elle a introduit, le 29 juillet 2020, un recours gracieux, montrant qu'elle avait connaissance de l'arrêté en litige. Faute de réponse expresse de la part de la commune, une décision portant rejet de ce recours gracieux est réputée être née le 29 septembre 2020. Ainsi, les délais de recours contentieux à son encontre expirait le 30 novembre 2020. Dans ces conditions, la présente requête, enregistrée le 18 novembre 2020, soit dans le délai de recours contentieux, n'est pas tardive.

6. D'autre part, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus qu'en l'absence de preuve de l'affichage régulier du permis d'aménager litigieux sur le terrain d'assiette, les délais de recours contentieux n'ont pu commencer à courir à l'encontre de la SC Camping Mas de Rey, de Mme D et de M. E, lesquels n'ont introduit aucun recours gracieux à l'encontre du permis attaqué établissant qu'ils en auraient eu connaissance. La fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête ne peut, dès lors, être accueillie.

7. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. / Le présent article n'est pas applicable aux décisions contestées par le pétitionnaire. ". En cas de requête présentée par plusieurs requérants, l'absence d'intérêt pour agir de l'un d'eux, même s'il est le premier dénommé, n'affecte pas la recevabilité de la requête dans son ensemble.

8. Il ressort des pièces du dossier que la SARL Camping Mas de Rey et la SC Camping Mas de Rey sont les sociétés gestionnaires du camping situé sur les parcelles à proximité immédiate du terrain d'assiette du projet en litige. S'agissant de Mme D et M. E, si leur maison d'habitation est située à un peu plus de 200 mètres du projet, il ressort des pièces du dossier qu'aucune construction ni aucun obstacle n'existent entre leur maison et le projet. Par ailleurs, les requérants font valoir que le projet porté par la SAS Mas de Rey Uzès est susceptible de générer des nuisances sonores et des problématiques en termes de circulation et de stationnement. En effet, il ressort du dossier de permis d'aménager déposé par la pétitionnaire que la demande porte non seulement sur la création de cinq lodges, d'une piscine mais également d'un chapiteau pouvant accueillir jusqu'à 200 personnes pour des réceptions et mariages. Il est ainsi établi que le projet est susceptible de porter atteinte aux conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leurs biens par les requérants au sens de l'article L. 600-1-2 précité du code de l'urbanisme. Il s'ensuit que ces derniers justifient d'un intérêt pour agir.

9. En troisième lieu, la requête, présentée par des requérants se prévalant de leur qualité de voisins mitoyens du terrain d'assiette du projet, contient des conclusions identiques qui n'appellent aucun examen distinct de leur situation individuelle. Par suite, la requête collective introduite par les requérants est recevable.

10. Il résulte de ce qui précède que les fins de non-recevoir opposées en défense ne sauraient être accueillies.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le permis d'aménager en tant qu'il autorise un chapiteau :

S'agissant de la fraude :

11. Le dossier de permis d'aménager déposé par la SAS Mas de Rey Uzès fait apparaître la création de cinq lodges et d'une piscine mais également l'implantation d'un chapiteau dont la superficie déclarée est de 225 m². La notice descriptive n'apporte aucune précision quant à la destination et l'usage de ce chapiteau. Les requérants versent des extraits du site internet du Mas de Rey Uzès qui montrent que le chapiteau est destiné à accueillir jusqu'à 200 personnes pour des cérémonies ou réceptions. L'absence d'indication notamment sur le flux de personnes pouvant être accueillies et sur les besoins notamment en termes de stationnement, a permis de donner une apparence de régularité aux constructions autorisées par le permis d'aménager et doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce, comme ayant été effectuée intentionnellement dans le but d'échapper aux prescriptions du règlement du plan local d'urbanisme de la commune et du règlement national d'urbanisme notamment sur les questions de stationnement et de sécurité. Par suite, le permis d'aménager litigieux en tant qu'il porte sur un chapiteau pouvant accueillir jusqu'à 200 personnes doit être regardé comme ayant été obtenu par fraude.

S'agissant de la méconnaissance des dispositions des articles N1 et N2 du règlement du plan local d'urbanisme :

12. Aux termes de l'article N1 " Occupations et utilisations du sol interdites " du règlement du plan local d'urbanisme d'Arpaillargues-et-Aureilhac, applicable à la zone du terrain d'assiette du projet : " - Les habitations nouvelles / - Les commerces et activités de service à l'exception des hébergements hôtelier et touristiques en secteur Nt / - Les équipements d'intérêt collectif et services publics () / - Les autres activités des secteurs secondaire ou tertiaire ". Aux termes de l'article N 2 - " Occupations et utilisations du sol soumises à des conditions particulières " du même règlement : " - Les exploitations forestières / - Les habitations / En secteur Nt, l'extension mesurée en une seule fois et en continuité des bâtiments existants à usage d'habitation à la date d'application de la 1ère Révision générale du PLU, est autorisée si ces bâtiments possèdent une surface de plancher d'au moins 70 m2. L'extension est limitée à 30 % de la surface de plancher existante, sans que la totalité n'excède 340 m2 de surface de plancher. Elle s'inscrira en contiguïté des bâtiments existants, avec une hauteur identique à ces derniers, mais n'excédera pas 8,50 m au maximum. / Les constructions et installations liées et nécessaires à l'aménagement de terrains destinés à accueillir : / • Les campings et les terrains aménagés pour l'accueil des campeurs et des caravanes / • Les aires naturelles de camping / • Les Habitations Légères de Loisirs (H.L.L.) /• Les aires de jeux et de sports ouvertes au public / La capacité d'accueil des terrains de camping ne devra pas excéder 45 emplacements à l'hectare. ()".

13. Ni la commune ni la société pétitionnaire n'établissent que le chapiteau de 225 m² sur lequel porte le permis d'aménager entrerait dans une des catégories d'occupation et utilisation autorisées par le règlement du plan local d'urbanisme d'Arpaillargues-et-Aureilhac. Il ne ressort pas des pièces du dossier, contrairement à ce qui est allégué en défense, que le chapiteau pouvant accueillir jusqu'à 200 personnes constituerait une construction accessoire aux habitations légères de loisirs que sont les cinq lodges projetés. Dès lors, en délivrant le permis d'aménager que la SAS Mas de Rey Uzès sollicitait pour l'implantation d'un chapiteau, le maire d'Arpaillargues-et-Aureilhac a méconnu les dispositions des articles N1 et N2 du règlement du plan local d'urbanisme.

S'agissant de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-25 du code de l'urbanisme :

14. Aux termes de l'article R. 111-25 du code de l'urbanisme : " Le permis ou la décision prise sur la déclaration préalable peut imposer la réalisation d'installations propres à assurer le stationnement hors des voies publiques des véhicules correspondant aux caractéristiques du projet. /Il ne peut être exigé la réalisation de plus d'une aire de stationnement par logement lors de la construction de logements locatifs financés avec un prêt aidé par l'Etat. / L'obligation de réaliser des aires de stationnement n'est pas applicable aux travaux de transformation ou d'amélioration de bâtiments affectés à des logements locatifs financés avec un prêt aidé par l'Etat, y compris dans le cas où ces travaux s'accompagnent de la création de surface de plancher, dans la limite d'un plafond de 50 % de la surface de plancher existant avant le commencement des travaux. ".

15. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du document CERFA, qu'il est prévu seulement quinze places de stationnement alors qu'ainsi qu'il a été dit au point 11, le permis d'aménager porte sur l'implantation d'un chapiteau pouvant accueillir jusqu'à 200 personnes. Il s'en déduit que les modalités de stationnement ainsi prévues ne peuvent être regardées comme correspondant aux caractéristiques du projet porté par la pétitionnaire. Dansces conditions, les requérants sont fondés à soutenir que les dispositions de l'article R. 111-25 du code de l'urbanisme ont été méconnues.

En ce qui concerne le permis d'aménager en tant qu'il autorise cinq lodges et une piscine :

S'agissant de la fraude :

16. Dès lors qu'il n'est pas établi de nécessité de réaliser une aire de stationnement et de solliciter d'autorisation de défrichement pour les seuls lodges et piscine envisagés, le moyen tiré de ce que le permis d'aménager aurait été obtenu par fraude pour ne pas comporter cette aire de stationnement et d'autorisation de défrichement doit être écarté.

S'agissant de la nécessité de délivrance d'un permis d'aménager :

17. Aux termes de l'article L. 441-2 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux d'aménagement impliquent, de façon accessoire, la réalisation par l'aménageur de constructions et d'installations diverses sur le terrain aménagé, la demande de permis d'aménager peut porter à la fois sur l'aménagement du terrain et sur le projet de construction. / Dans ce cas, la demande de permis d'aménager ne peut être instruite que si le demandeur a fait appel à un architecte lorsque le projet de construction n'entre pas dans le champ des dérogations prévues par l'article L. 431-3. "

18. L'article R. 421-19 du code de l'urbanisme dispose que : " Doivent être précédés de la délivrance d'un permis d'aménager : / [] c) La création ou l'agrandissement d'un terrain de camping permettant l'accueil de plus de vingt personnes ou de plus de six hébergements de loisirs constitués de tentes, de caravanes, de résidences mobiles de loisirs ou d'habitations légères de loisirs ; / d) La création ou l'agrandissement d'un parc résidentiel de loisirs prévu à l'article R. 111-42 ou d'un village de vacances classé en hébergement léger prévu par l'article L. 325-1 du code du tourisme ; [] ".

19. Aux termes de l'article R. 111-42 du code de l'urbanisme : " Les résidences mobiles de loisirs ne peuvent être installées que :1° Dans les parcs résidentiels de loisirs spécialement aménagés à cet effet, autres que ceux créés après le 1er octobre 2007 et exploités par cession d'emplacements ou par location d'emplacements d'une durée supérieure à un an ; []. "

20. Si les requérants font valoir que le projet présenté par la SAS Mas de Rey Uzès relevait du régime du permis de construire et non du permis d'aménager, ils ne précisent pas quelles règles auraient été méconnues ni quelle incidence sur la légalité de l'autorisation d'urbanisme ainsi délivrée aurait eu la circonstance qu'un permis d'aménager aurait été sollicité en lieu et place d'un permis de construire alors qu'au demeurant, les dispositions précitées imposent le recours au permis d'aménager dans les cas qu'elles énumèrent mais n'interdisent pas la possibilité de délivrer un permis d'aménager quand les conditions ne sont pas remplies. En tout état de cause, le projet autorisé consistant en création de cinq lodges et d'une piscine relève bien du régime du permis d'aménager dès lors qu'il s'agit de la création d'un parc résidentiel de loisirs spécialement aménagé à cet effet. Par suite, le moyen tiré de ce que le projet n'entre pas dans le champ du permis d'aménager doit être écarté.

S'agissant de la complétude du dossier :

21. Aux termes de l'article R. 441-5 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au litige : " Le dossier joint à la demande de permis d'aménager comprend en outre, selon les cas : / 1° L'étude d'impact ou la décision de l'autorité chargée de l'examen au cas par cas dispensant le projet d'évaluation environnementale lorsque le projet relève du tableau annexé à l'article R. 122-2 du code de l'environnement. L'autorité compétente pour délivrer l'autorisation d'urbanisme vérifie que le projet qui lui est soumis est conforme aux mesures et caractéristiques qui ont justifié la décision de l'autorité chargée de l'examen au cas par cas de ne pas le soumettre à évaluation environnementale ;/ [] ". L'annexe de l'article R. 122-2 du code de l'environnement vise les aires de stationnement ouvertes au public ainsi que les terrains de camping et de caravanage permettant l'accueil de plus de 200 emplacements de tentes, caravanes, résidences mobiles de loisirs ou d'habitations légères de loisirs.

22. Dès lors qu'aucune aire de stationnement ouverte au public n'est prévue ni nécessaire au projet en cause et que la capacité d'accueil du projet n'est que de cinq lodges, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier pour ne pas comporter d'étude environnementale ni d'autorisation de défrichement doit être écarté en raison de son caractère inopérant.

S'agissant du respect du règlement du plan local d'urbanisme d'Arpaillargues-et-Aureilhac :

23. En premier lieu, les cinq lodges projetés par la pétitionnaire peuvent être considérés comme des habitations légères de loisirs lesquelles sont autorisées par les articles N1 et N2 du règlement du plan local d'urbanisme. Pour ce qui est de la piscine, elle entre dans les catégories d'occupation et d'utilisation du sol admises par ces mêmes dispositions dès lors qu'elle peut être regardée comme accessoire aux cinq lodges autorisés tandis que seules les piscines liées à une maison d'habitation nouvelle sont proscrites ainsi que cela est opposé en défense. Le moyen tiré de la méconnaissance des articles N1 et N2 du règlement du plan local d'urbanisme doit, dès lors, être écarté.

24. En deuxième lieu, l'article N4 relatif aux conditions de desserte des terrains par les réseaux publics du règlement du plan local d'urbanisme dispose que : " Eaux pluviales / Les aménagements réalisés sur le terrain doivent garantir l'écoulement des eaux pluviales dans le réseau collecteur. / En l'absence de réseau ou en cas de réseau insuffisant, les aménagements nécessaires au libre écoulement des eaux pluviales et ceux visant à la limitation des débits évacués de la propriété, sont à la charge exclusive du propriétaire qui doit réaliser les dispositifs adaptés à l'opération et au terrain. / Pour les opérations d'emprise supérieure à un hectare, les eaux pluviales seront récupérées et stockées à l'intérieur de chaque opération dans des bassins ou autres dispositifs dont le volume sera calculé sur la base de 100 litres par mètre carré imperméabilisé, (bâtiments et voiries), avec le rejet dans le milieu naturel limité à 7 litres par seconde et par hectare. Les dispositifs sont à concevoir globalement par secteur. Cette disposition n'exclut pas des règles plus contraignantes édictées par des législations étrangères au Code de l'Urbanisme. Une étude hydraulique sera exigée et devra être jointe à toute demande administrative. ".

25. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté en raison de son inopérance dès lors que l'opération en cause ne présente pas une emprise supérieure à un hectare.

S'agissant de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-25 du code de l'urbanisme :

26. En autorisant le projet en litige en tant qu'il porte sur la création de cinq lodges et d'une piscine et qu'il prévoit quinze places de stationnement, dont il ne ressort pas des pièces du dossier que leur nombre serait insuffisant, le maire d'Arpaillargues-et-Aureilhac n'a pas méconnu les dispositions de l'article R. 111-25 du code de l'urbanisme.

27. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 14 février 2020 doit seulement être annulé en tant qu'il autorise la création d'un chapiteau de 225 m².

28. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'apparaît, en l'état de l'instruction, également susceptible de fonder l'annulation de la décision attaquée.

Sur l'éventualité d'une régularisation :

29. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. () ".

30. Eu égard notamment à la circonstance que le chapiteau projeté par la SAS Mas de Rey Uzès n'entre dans aucune des catégories des occupations et utilisations du sol autorisées en zone Nt et que, s'agissant d'une structure relevant de la catégorie des chapiteaux et tentes pouvant accueillir plus de 50 personnes, il constitue un établissement recevant du public de catégorie 5, dont l'autorisation de construire est soumise à des règles spécifiques, aucune mesure de régularisation ni permis modificatif ne peut être envisagé dans le cadre de la présente instance.

Sur les frais liés au litige :

31. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de la commune d'Arpaillargues-et-Aureilhac et de la SAS Mas de Rey Uzès dirigées contre les requérants qui ne sont pas, dans la présente instance, la partie perdante. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune d'Arpaillargues-et-Aureilhac une somme de 1 200 euros à verser aux requérants en application de ces dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 14 février 2020 du maire d'Arpaillargues-et-Aureilhac est annulé en tant qu'il porte sur l'implantation d'un chapiteau.

Article 2 : La commune d'Arpaillargues-et-Aureilhac versera à la SARL Camping Mas de Rey et autres une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions de la commune d'Arpaillargues-et-Aureilhac et de la SAS Mas de Rey Uzès présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée Camping Mas de Rey, première requérante dénommée, à la commune d'Arpaillargues-et-Aureilhac et à la société par actions simplifiée Mas de Rey Uzès.

Copie pour information en sera transmise à la procureure de la République près le tribunal judiciaire de Nîmes en application de l'article R. 751-10 du code de justice administrative.

Délibéré après l'audience du 18 avril 2023 à laquelle siégeaient :

- M. Ciréfice, président,

- Mme Ruiz, première conseillère,

- M. Lagarde, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mai 2023.

La rapporteure,

I. B

Le président,

C. CIRÉFICE

La greffière,

A. OLSZEWSKI

La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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