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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2003812

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2003812

mardi 6 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2003812
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSCP VINSONNEAU-PALIES-NOY-GAUER ET ASSOCIES (VPNG)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 16 décembre 2020 et les 29 juin et 13 septembre 2022, M. A B, représenté par Me Geoffret, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de faire usage des pouvoirs d'enquête prévus par les dispositions de l'article R. 623-4 du code de justice administrative pour consulter, sans le soumettre au contradictoire, le journal horodaté des consultations de son dossier médical sur les années civiles 2016 à 2020 ;

2°) d'annuler la décision du 29 juin 2020 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire (CHU) de Nîmes a refusé de procéder à sa titularisation au terme de sa période de stage, ainsi que la décision implicite portant rejet de son recours gracieux formé le 21 août 2020 ;

3°) de mettre à la charge du CHU de Nîmes la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la décision attaquée a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'a pas été mis à même de faire valoir ses observations et de prendre connaissance de son dossier ;

- la décision attaquée repose sur des faits matériellement inexacts et non circonstanciés ;

- la décision attaquée est entachée de détournement de pouvoir.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 24 mars et 1er août 2022, le CHU de Nîmes, représenté par l'AARPI MB Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant sont inopérants ou infondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Aymard,

- les conclusions de Mme Achour, rapporteure publique,

- et les observations de Me Geoffret représentant M. B et celles de Me Bellotti représentant le CHU de Nîmes.

Une note en délibéré, enregistrée le 23 mai 2023, a été produite pour M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, manipulateur radio en électroradiologie médicale, a été recruté par contrats à durée déterminée par le CHU de Nîmes pour la période du 4 juillet 2016 au 28 février 2019, puis a été placé en stage à compter du 1er mars 2019 dans le cadre d'emploi des manipulateurs d'électroradiologie médicale de la fonction publique hospitalière. A l'issue de son stage, le directeur général du CHU de Nîmes a décidé, par une décision du 29 juin 2020 prise au vu de l'avis de la commission administrative paritaire en date du 25 juin 2020, de ne pas titulariser l'intéressé et de le licencier à compter du 6 juillet 2020. Le 21 août 2020, M. B a présenté à l'encontre de cette décision du 29 juin 2020 un recours gracieux, auquel le CHU de Nîmes n'a pas répondu. Par la présente requête, le requérant demande au tribunal d'annuler cette décision du 29 juin 2020, ainsi que la décision portant rejet de son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, un agent public ayant, à la suite de son recrutement ou dans le cadre de la formation qui lui est dispensée, la qualité de stagiaire se trouve dans une situation probatoire et provisoire. Il en résulte qu'alors même que la décision de ne pas le titulariser en fin de stage est fondée sur l'appréciation portée par l'autorité compétente sur son aptitude à exercer les fonctions auxquelles il peut être appelé et, de manière générale, sur sa manière de servir, et se trouve ainsi prise en considération de sa personne, elle n'est pas - sauf à revêtir le caractère d'une mesure disciplinaire - au nombre des mesures qui ne peuvent légalement intervenir sans que l'intéressé ait été mis à même de faire valoir ses observations ou de prendre connaissance de son dossier, et n'est soumise qu'aux formes et procédures expressément prévues par les lois et les règlements.

3. Il résulte de ce qui précède que les moyens tirés du défaut de consultation du dossier de l'agent concerné et de l'absence de procédure contradictoire préalable sont inopérants, étant précisé que la décision contestée ne revêt pas le caractère d'une mesure disciplinaire.

4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée en date du 29 juin 2020 a été prise aux motifs tirés de manquements dans la manière de service, lesquels se traduisaient par un manque de technicité, un manquement aux exigences de qualité du service lors de la prise en charge des patients, des difficultés pour travailler en équipe, un manque de ponctualité et le non-respect des horaires, et d'un désinvestissement professionnel marqué par la non atteinte des objectifs professionnels en termes de posture professionnelle et de respect des protocoles et par un manque de remise en question sur sa manière de servir. Si le requérant conteste le bien-fondé de ces motifs, l'intéressé reconnaît toutefois avoir été en retard à plusieurs reprises. Dès lors qu'il résulte de l'instruction que, sur le fondement du seul motif tiré du manque de ponctualité et du non-respect des horaires, le CHU de Nîmes aurait pris la même décision, le moyen tiré de l'inexactitude des motifs de la décision en litige doit être écarté.

5. En troisième lieu, si le requérant soutient que la décision attaquée en date du 29 juin 2020 procède d'un détournement de pouvoir au motif qu'elle constituerait une discrimination à raison de son état de santé et de son orientation sexuelle réelle et supposée, l'intéressé étant suivi par le CHU de Nîmes pour sa séropositivité. Alors que le CHU de Nîmes a produit à l'instance le journal horodaté des consultations du dossier médical de M. B sur les années civiles 2016 à 2020, à la suite de la mesure d'instruction diligentée le 24 mars 2023 par le tribunal, les affirmations de M. B, tirées de ce que son dossier médical aurait été indument consulté et que sa hiérarchie et ses collègues ayant ainsi appris sa séropositivité auraient alors changé d'attitude à son égard, ne sont pas suffisamment étayées pour présumer l'existence d'une situation de discrimination. Par suite, le moyen tiré du détournement de pouvoir doit être écarté.

6. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions qu'il conteste.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge du CHU de Nîmes, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y pas lieu de faire application des mêmes dispositions au bénéfice du CHU de Nîmes.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par le CHU de Nîmes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au centre hospitalier universitaire de Nîmes.

Délibéré après l'audience du 23 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Brossier, président,

Mme Bourjade, première conseillère,

M. Aymard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2023.

Le rapporteur,

F. AYMARD

Le président,

J. B. BROSSIER

La greffière,

A. NOGUERO

La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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