vendredi 12 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2003933 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SENE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 décembre 2020 et le 11 janvier 2023, la société civile immobilière (SCI) Immo Pôle Active, représentée par Me Sène substituant en cours d'instance Me Gherzouli, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1) d'annuler la décision du 22 octobre 2020 par laquelle le maire de la commune d'Avignon a rejeté son recours gracieux formé contre la décision prononçant la caducité du permis de construire n° PC 84 007 13 0123 ;
2) de mettre à la charge de la commune d'Avignon une somme de 3 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme dès lors que :
. les travaux de démolition des constructions existantes ont débuté en janvier 2014 et se sont achevés en juillet 2018 ;
. les travaux de construction n'ont pu débuter qu'en août 2015, après une intervention d'EDF autorisée par la commune et destinée à remplacer deux poteaux électriques dont les massifs se trouvaient dans l'emprise des murs de soutènement du sous-sol, de sorte que la durée de validité du permis de construire a été prolongée jusqu'au 31 août 2018 ;
. les travaux autorisés par ce permis n'ont jamais été interrompus pendant une période supérieure à un an.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 1er juin 2021 et le 13 avril 2023, ce dernier n'ayant pas été communiqué, la commune d'Avignon conclut au rejet de la requête de la SCI Immo Pôle Active.
La commune soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le décret n° 2014-1661 du 29 décembre 2014 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 24 septembre 2013, le maire de la commune d'Avignon a délivré à la SCI Immo Pôle Active un permis de démolir les constructions situées sur la parcelle cadastrée section IM n°27. Cette autorité a ensuite délivré un permis de construire à la même société portant sur l'édification d'un immeuble comprenant 22 logements, par un arrêté du 22 octobre 2013. Par courrier électronique du 22 juin 2020, les services de la commune d'Avignon ont indiqué à la SCI Immo Pôle Active que ce permis de construire était caduc. Par une décision du 22 octobre 2020, dont la société requérante demande l'annulation, le maire d'Avignon a rejeté son recours gracieux dirigé contre la décision constatant la caducité du permis de construire n° PC 84 007 13 0123.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. La décision attaquée a été signée par Mme B, directeur général adjoint des services de la commune d'Avignon en charge du pôle " paysages urbains ". Par arrêté du 2 mai 2017, le maire d'Avignon a accordé une délégation de signature à Mme B pour les actes relevant de l'urbanisme règlementaire, et notamment les permis de construire. Cet arrêté a été transmis à la préfecture de Vaucluse le 5 mai 2017 et affiché le 12 mai 2017. Le moyen tiré de ce que Mme B ne bénéficierait pas d'une délégation de signature régulière ne peut, dès lors, qu'être écarté.
3. Aux termes de l'article R. 424-10 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au litige : " La décision accordant ou refusant le permis ou s'opposant au projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est notifiée au demandeur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception postal () ". Aux termes de l'article 1er du décret du 29 décembre 2014 prolongeant le délai de validité des permis de construire, des permis d'aménager, des permis de démolir et des décisions de non-opposition à une déclaration préalable : " Par dérogation aux dispositions figurant aux premier et troisième alinéas de l'article R. 424-17 et à l'article R. 424-18 du code de l'urbanisme, le délai de validité des permis de construire, d'aménager ou de démolir et des décisions de non-opposition à une déclaration intervenus au plus tard le 31 décembre 2015 est porté à trois ans. Cette disposition ne fait pas obstacle à la prorogation de ces autorisations dans les conditions définies aux articles R. 424-21 à R. 424-23 du même code ". Aux termes de l'article 2 de ce décret : " Le présent décret s'applique aux autorisations en cours de validité à la date de sa publication () ". Aux termes de l'article R. 424-21 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au litige : " Le permis de construire, d'aménager ou de démolir ou la décision de non-opposition à une déclaration préalable peut être prorogé deux fois pour une durée d'un an, sur demande de son bénéficiaire si les prescriptions d'urbanisme et les servitudes administratives de tous ordres auxquelles est soumis le projet n'ont pas évolué de façon défavorable à son égard. ". Aux termes de l'article R. 424-23 de ce code : " La prorogation est acquise au bénéficiaire du permis si aucune décision ne lui a été adressée dans le délai de deux mois suivant la date de l'avis de réception postal ou de la décharge de l'autorité compétente pour statuer sur la demande. La prorogation prend effet au terme de la validité de la décision initiale. ". Enfin, l'article R. 424-17 du même code dispose que : " Le permis de construire, d'aménager ou de démolir est périmé si les travaux ne sont pas entrepris dans le délai de trois ans à compter de la notification mentionnée à l'article R. 424-10 ou de la date à laquelle la décision tacite est intervenue. / Il en est de même si, passé ce délai, les travaux sont interrompus pendant un délai supérieur à une année. ".
4. Il ressort des pièces du dossier que la date de notification de l'arrêté du 22 octobre 2013 par lequel le maire d'Avignon a délivré un permis de construire à la SCI Immo Pôle Active est inconnue dans la mesure où les services de la commune n'ont pas produit l'avis de réception postal prévu à l'article R. 424-10 du code de l'urbanisme malgré la mesure d'instruction diligentée par le tribunal. Les parties s'accordent cependant sur le fait que la durée de validité de ce permis prenait fin au 13 mars 2017. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées des articles R. 424-21 et R. 424-23 du code de l'urbanisme que ce permis de construire a été prorogé d'une durée d'un an à la suite de l'absence de réponse des services de la commune d'Avignon à la demande de prorogation présentée par la SCI Immo Pôle Active. La société requérante allègue qu'en raison de l'intervention d'EDF en date d'août 2015, autorisée par la commune et destinée à remplacer deux poteaux électriques dont les massifs se trouvaient dans l'emprise des murs de soutènement du sous-sol, et de l'impossibilité d'engager les travaux de construction de l'immeuble projeté jusqu'au terme de cette intervention, la durée de validité du permis de construire a été prolongée jusqu'au 31 août 2018. Elle allègue en outre qu'entre le 31 août 2018 et la date de la décision attaquée, les travaux autorisés par le permis de construire n° PC 84 007 13 0123 n'ont pas été interrompus pendant une durée supérieure à un an. Or, si la société requérante allègue avoir entrepris des travaux de terrassement entre le 31 août 2018 et le 31 août 2019, elle se borne à produire une facture datée du 10 juin 2019, d'un montant de 2 160 euros portant la mention " terrassement sondage pour étude de sol ". Une autre facture datée du 17 février 2020, d'un montant de 8 346,24 euros, porte quant à elle la mention " travaux de terrassement de masse " d'un volume de 368 mètres cube. Au regard du faible montant de la facture du 10 juin 2019, de la réalisation ultérieure de l'intégralité des travaux de terrassement et de l'ampleur du projet autorisé consistant en l'édification d'un immeuble comportant 22 logements, la SCI Immo Pôle Active n'établit pas avoir poursuivi des travaux d'une importance significative pendant la période d'un an, comprise entre le 31 août 2018 et le 31 août 2019. Par suite, à supposer que le permis de construire n° PC 84 007 13 0123 aurait été valide jusqu'au 31 août 2018, le maire d'Avignon a pu en tout état de cause considérer valablement que cette autorisation d'urbanisme était caduque dès lors que les travaux autorisés par ce permis avaient été interrompus pendant une période d'une durée supérieure à un an. La société requérante n'est, dès lors, pas fondée à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la SCI Immo pôle active ne peut qu'être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Avignon, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme demandée par la société requérante au titre des frais exposés et non compris dans les dépens et au titre des dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI Immo Pôle Active est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière Immo Pôle Active et à la commune d'Avignon.
Délibéré après l'audience du 18 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Ciréfice, président du tribunal,
M. Lagarde, premier conseiller,
Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mai 2023.
Le rapporteur,
F. A Le président,
C. CIRÉFICE
La greffière,
A. OLSZEWSKI
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026