mardi 6 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2003934 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP BEDEL DE BUZAREINGUES-BOILLOT ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 décembre 2020, la SAS Hectare, représentée par la SCP Bedel de Buzareingues, Boillot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 octobre 2020 par lequel le maire de la commune de Méjannes Lès Alès a refusé de lui délivrer un permis d'aménager ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Méjannes Lès Alès de lui délivrer le permis d'aménager dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Méjannes Lès Alès le versement de la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'une erreur de qualification juridique et d'une erreur d'appréciation quant à l'application de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation quant à l'application de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme et de l'avis d'Enedis ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit quant à l'application de l'article R. 111-7 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 octobre 2022, la commune de Méjannes Lès Alès, représentée par la SCP CGCB, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la SAS Hectare en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par la SAS Hectare ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le plan local d'urbanisme de la commune de Méjannes Lès Alès ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Bahaj, rapporteure publique,
- les observations de Me Boillot, représentant la SAS Hectare, et celles de Me Geoffret représentant la commune de Méjannes Lès Alès.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Hectare a déposé le 6 août 2020, une demande de permis d'aménager en vue de réaliser un lotissement de 26 lots destinés à recevoir des constructions à usage d'habitation et des locaux professionnels en mode libéral pour une surface de plancher totale de 27 505 m² et lotir 33 lots sur un terrain situé chemin des Tourettes, cadastré section A numéro de parcelles 365, 1619 et 2050 sur le territoire de la commune de Méjannes-lès-Alès soumis au règlement national d'urbanisme en l'absence d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu ou d'une carte communale. Par arrêté du 29 octobre 2020, le maire a refusé de lui délivrer le permis d'aménager aux motifs, d'une part, que le projet, en méconnaissance de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme, était situé en dehors des parties urbanisées de la commune, d'autre part, qu'il nécessitait des travaux d'extension du réseau public d'électricité pour lesquels l'autorité compétente n'était pas en mesure d'indiquer dans quel délai ils devaient être exécutés en application de l'article L. 111-11 du même code, et, enfin, que la surface des espaces verts ne correspondait pas à l'importance du projet en méconnaissance de l'article R. 111-7 du code de l'urbanisme. La SAS Hectare demande l'annulation de cette décision.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager () est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, () / b) le préfet ou le maire au nom de l'Etat dans les autres communes ". L'article L. 422-5 du même code dispose que " Lorsque le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale est compétent, il recueille l'avis conforme du préfet si le projet est situé : / a) Sur une partie du territoire communal non couverte par une carte communale, un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu. () ". Il résulte de ces dispositions que le maire, lorsqu'il consulte le représentant de l'Etat dans le département, est tenu de se conformer à l'avis rendu par cette autorité. Il appartient en conséquence à l'auteur d'un recours contentieux dirigé contre une décision de refus de permis de construire prise sur un avis conforme défavorable du préfet d'invoquer par la voie de l'exception, l'illégalité de cet avis.
3. D'autre part, en application de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme, les constructions ne peuvent être autorisées que dans les parties urbanisées des communes dépourvues de tout document d'urbanisme. L'article L. 111-4 du même code autorise toutefois en dehors de ces espaces urbanisés l'extension des constructions existantes. Doivent être regardées comme une extension de l'urbanisation au sens de ces dispositions l'ouverture à la construction de zones non urbanisées ainsi que la densification significative de zones déjà urbanisées.
4. Il ressort de l'arrêté contesté que le maire de la commune de Méjanne Lès Alès a saisi le préfet du Gard pour avis conforme sur la demande de la SAS Hectare, en application des dispositions précitées du code de l'urbanisme. Le préfet a émis le 25 septembre 2020 un avis. Le maire de la commune était dès lors tenu de se conformer à cet avis et de refuser comme il l'a fait par l'arrêté du 29 octobre 2020, l'autorisation sollicitée. La requérante ne conteste pas, à l'appui de sa requête, la légalité de cet avis préfectoral, mais se borne à soulever l'erreur de qualification et l'erreur d'appréciation commises par le maire quant à l'application de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme, l'erreur d'appréciation quant à l'application de l'article L. 111-11 du même code et de l'avis d'Enedis et l'erreur de droit quant à l'application de l'article R. 111-7 du code de l'urbanisme. Ces moyens sont inopérants dès lors que le maire de la commune de Méjanne Lès Alès était en situation de compétence liée pour refuser le permis d'aménager sollicité.
5. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête en ce comprises les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte qu'elle comporte ainsi que celles tendant au remboursement des frais non compris dans les dépens exposés dans cette instance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Méjanne Lès Alès présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Hectare est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Méjannes Lès Alès présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Hectare et à la commune de Méjannes Lès Alès.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2022 où siégeaient :
- M. Antolini, président,
- Mme Bourjade, première conseillère,
- Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 6 décembre 2022.
La rapporteure,
A. A
Le président,
J. ANTOLINILa greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026