mardi 21 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2003946 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP MARGALL D'ALBENAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 décembre 2020, M. B D, représenté par la SELARL Callon, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 28 avril 2017 par laquelle le maire de la commune de Cabrières ne s'est pas opposé aux travaux déclarés par Mme A en vue de la construction d'une piscine, d'un pool-house et de murs ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Cabrières une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il justifie de son intérêt à agir ;
- la requête est recevable dès lors qu'aucun affichage visible n'a été réalisé sur le terrain ;
- les dispositions de l'article R. 421-14 du code de l'urbanisme ont été méconnues puisque les travaux projetés relèvent du permis de construire et non de la déclaration préalable ;
- les dispositions de l'article Up 11.5 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) relatives aux clôtures ont été méconnues puisque les murs de clôture en limite séparative à l'est et au sud du terrain d'assiette du projet excèdent la hauteur réglementaire fixée à deux mètres ;
- les dispositions de l'article Up 11.2 du règlement du PLU relatives aux façades, matériaux et enduits ont été méconnues puisque l'emploi de parpaings sans enduit est interdit.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 janvier 2021, la commune de Cabrières, représentée par la SCP Territoires Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. D une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable compte tenu de sa tardiveté étant donné la connaissance acquise par le requérant de la décision de non-opposition à une déclaration préalable ;
- le maire n'a pas méconnu les dispositions de l'article R. 421-14 du code de l'urbanisme dès lors que la décision de non-opposition à déclaration préalable n'a pas vocation à autoriser des travaux exécutés sur des constructions existantes ;
- le maire n'a pas méconnu les dispositions de l'article Up 11.5 du règlement du PLU dès lors que les murs, qui dépassent en partie la hauteur autorisée par ledit article, entrent dans les cas particuliers de l'article Up 7.2 du document d'urbanisme ;
- le maire n'a pas méconnu les dispositions de l'article Up 11.2 du PLU dès lors que, d'une part, la décision de non-opposition à déclaration préalable n'implique pas que les parpaings ne seront pas enduits et que, d'autre part, les plans joints à la déclaration préalable permettent de considérer que le projet s'adaptera aux constructions environnantes telles que définies en zone Up.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le plan local d'urbanisme de la commune de Cabrières ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- et les observations de Me Teles, représentant la commune de Cabrière.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a déposé le 28 avril 2017 une déclaration préalable en vue de la construction d'une piscine, d'un " pool-house " et de murs attenant au " pool-house ", sur un terrain situé 229 chemin des Vayets. Par arrêté du 28 avril 2017, le maire de la commune de Cabrières ne s'est pas opposé à cette déclaration préalable. M. D demande l'annulation de cette décision.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Cabrières :
2. Aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15 ".
3. D'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision de non-opposition à déclaration préalable délivrée le 28 avril 2017 à Madame A aurait fait l'objet d'un affichage sur le terrain d'assiette du projet.
4. D'autre part, si la commune fait valoir que le requérant doit être regardé comme ayant eu connaissance acquise de la décision de non-opposition à déclaration préalable le 15 juillet 2019, date à laquelle M. D a, par un courrier intitulé " demande d'évaluation d'une conformité de travaux sur DP ", demandé au maire de mettre en conformité les travaux par rapport au PLU. Toutefois, si par dérogation aux dispositions précitées de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme, l'exercice par un tiers d'un recours administratif ou contentieux contre décision de non-opposition à une déclaration préalable montre qu'il a connaissance de cette décision et a pour effet de faire courir le délai de recours contentieux à son égard, le courrier susmentionné ne peut, eu égard à son objet et compte tenu des termes dans lesquels il est rédigé, être regardé comme un recours administratif et n'a dès lors pas pu avoir pour effet de faire courir le délai de recours contentieux contre ladite décision à l'égard du requérant. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. En premier lieu, en application de l'article R. 421-12 du code de l'urbanisme, sont soumis à déclaration préalable les travaux de moins de 12 mètres de hauteur dont l'emprise au sol ou la surface de plancher est inférieure ou égale à 20 m². L'article R. 421-14 du même code prévoit toutefois que cette superficie est portée à 40 m² lorsque les projets sont situés en zone urbaine d'un document d'urbanisme, si les travaux portent sur une construction existante et n'ont pas pour effet de porter la surface de plancher à plus de 150 m².
6. M. D soutient que les travaux en litige relevaient du régime du permis de construire et non de celui de la déclaration préalable dès lors qu'ils ont pour effet de créer une surface de plancher ou une emprise au sol supérieure à 20 m². Il ressort des pièces du dossier que les travaux autorisés par la décision en litige sont distants de la maison d'habitation du pétitionnaire et ne peuvent en conséquence être regardés comme portant sur une construction existante au sens de l'article R. 421-14 du code de l'urbanisme. Dès lors qu'ils excèdent une surface de 20 m², ces travaux relevaient du régime des permis de construire. Dans ces conditions, M. D est fondé à soutenir que le projet qu'il conteste a été autorisé en violation des dispositions sus rappelées. Il s'ensuit que le maire était tenu de rejeter la demande et d'inviter le pétitionnaire à présenter une demande de permis de construire.
Sur la régularisation possible :
7. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé ". Ces dispositions permettent au juge de l'excès de pouvoir de procéder à l'annulation partielle d'une autorisation d'urbanisme non divisible dans le cas où l'illégalité affectant une partie identifiable d'un projet de construction ou d'aménagement est susceptible d'être régularisée par une autorisation modificative. Eu égard à la nature du vice relevé au point 6, aucune régularisation n'apparaît possible.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. D, qui n'est pas la partie perdante, la somme demandée par la commune de Cabrières, au titre des frais non compris dans les dépens qu'elle a exposés dans cette instance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Cabrières la somme que M. D demande sur le fondement de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 28 avril 2017 du maire de la commune de Cabrières est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B D, à la commune de Cabrières et à Mme A.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Antolini, président,
M. Lagarde, premier conseiller,
Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2023.
Le président,
J. C
Le conseiller le plus ancien,
F. Lagarde
La greffière,
A. Olszewski
La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026