mardi 13 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2020177 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP D'AVOCATS MARTINE GOUT-ERIC DIAS ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 462171 en date du 4 avril 2022, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a attribué au tribunal administratif de Nîmes le jugement de la requête de M. C, enregistrée au tribunal administratif de Toulouse le 13 janvier 2020 sous le n° 2000177. Cette requête a été enregistrée au greffe du tribunal administratif de Nîmes sous le n° 2020177.
Par cette requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 13 janvier 2020 et le 17 mai 2021, M. B C, représenté par Me Dias, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 juillet 2019 par lequel le ministre de l'éducation nationale a prononcé à son encontre une mesure administrative de retrait de fonctions dans l'intérêt du service, l'a affecté auprès de la rectrice de l'académie de Toulouse jusqu'au 31 août 2019 et l'a nommé proviseur adjoint du lycée Bellevue à Albi à compter du 1er septembre 2019 ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux réceptionné le 17 septembre 2019 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'éducation nationale de réexaminer sa situation et de rétablir sa rémunération à l'indice 960 afin qu'il puisse bénéficier de la rémunération qui devrait être la sienne à son départ à la retraite le 1er août 2020 ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 2 623,72 euros, somme arrêtée au 30 septembre 2019 et à parfaire au titre de son préjudice financier, une somme de 32 028 euros au titre de la perte de ses droits à retraite et une somme de 15 000 euros au titre du préjudice moral subi ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision contestée est irrégulière, dès lors que son changement d'affectation et ses nouvelles fonctions ne comportent pas les mêmes avantages pécuniaires et les mêmes garanties de carrière ; elle constitue ainsi une sanction déguisée ;
- le préjudice correspondant à la perte de rémunération doit être évalué à la somme de 2 623,72 euros arrêtée au 30 décembre 2019 à parfaire correspondant à 655,93 euros brut par mois ;
- ses simulations relatives à la perte de ses droits à pension font apparaître une perte de 157 euros nets mensuels, représentant un préjudice total de 32 028 euros, compte tenu de l'espérance de vie d'un sujet de sexe masculin fixé à 79 ans en France ;
- son préjudice moral doit être évalué à la somme de 15 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 avril 2021, le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi de finances du 22 avril 1905 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 2001-1174 du 11 décembre 2001 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme A,
-et les conclusions de Mme Achour, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a été affecté au lycée polyvalent Louis Vicat à Souillac en qualité de proviseur à compter du 1er septembre 2011. Dans un contexte de conflit avec les enseignants, il a successivement été placé en arrêt de maladie, puis en congé de longue maladie du 3 mai 2017 au 7 juillet 2018. Par un courrier du 17 juillet 2018 adressé à la rectrice de l'académie de Toulouse, il a sollicité le bénéfice de la protection fonctionnelle, qui lui a été accordé le 19 octobre 2018. Après avoir été déclaré apte à reprendre ses fonctions par le comité médical, M. C a été affecté à compter du 1er septembre 2018, en qualité de chef d'établissement, à la cité scolaire Jean Lurçat (Saint-Céré), comprenant un collège classé en catégorie 3 et un lycée général classé en catégorie 2. Dans un contexte de vive hostilité au sein du personnel de la cité scolaire, le ministre de l'éducation nationale l'a suspendu de ses fonctions à titre conservatoire et provisoire dans l'intérêt du service par un arrêté du 5 septembre 2018. M. C a ensuite été réintégré et chargé d'une mission auprès des directeurs académiques des services de l'éducation nationales (DASEN) du Lot et de l'Aveyron à compter du 18 novembre 2018, jusqu'à la fin de l'année scolaire 2018/2019. Par un courrier du 11 juin 2019, la rectrice de l'académie de Toulouse a alerté le ministre de l'éducation nationale sur la nécessité de retirer à M. C ses fonctions au sein de la cité scolaire Jean Lurçat au terme de sa mission auprès des DASEN du Lot et de l'Aveyron. Par un arrêté du 16 juillet 2019, le ministre de l'éducation nationale a, dans l'intérêt du service, retiré à M. C ses fonctions de chef d'établissement à la cité scolaire Jean Lurçat, l'a affecté auprès de la rectrice de l'académie de Toulouse jusqu'à la fin de l'année scolaire et l'a nommé, à compter du 1er septembre 2019, sur le poste de chef d'établissement adjoint à la cité scolaire Bellevue (Albi), comprenant un collège et un lycée général classés en catégorie 4. M. C demande au tribunal l'annulation de cet arrêté, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ainsi que l'indemnisation des préjudices qu'il estime avoir subis.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, une mutation dans l'intérêt du service ne constitue une sanction déguisée que s'il est établi que l'auteur de l'acte a eu l'intention de sanctionner l'agent et que la décision a porté atteinte à la situation professionnelle de ce dernier. En outre, aux termes de l'article 2 du même décret : " Les personnels de direction participent à l'encadrement du système éducatif et aux actions d'éducation. A ce titre, ils occupent principalement, en qualité de chef d'établissement ou de chef d'établissement adjoint, des emplois de direction des établissements mentionnés à l'article L. 421-1 de ce code, dans les conditions prévues aux articles L. 421-3, L. 421-5, L. 421-8, L. 421-23 et L. 421-25 du même code () ". Aux termes du premier alinéa de l'article 23 du même décret : " Tout fonctionnaire pourvu d'une fonction de direction peut se voir retirer cette fonction dans l'intérêt du service ". Enfin, aux termes des dispositions du premier alinéa de l'article 22 de ce décret : " Le ministre chargé de l'éducation procède aux mutations des personnels, en tenant compte, notamment, des résultats de l'entretien professionnel ou, le cas échéant, du rapport d'étape prévu au troisième alinéa. Les mutations peuvent être prononcées soit sur demande des intéressés, soit dans l'intérêt du service ".
3. En l'espèce, d'une part, il ressort des pièces du dossier que les relations extrêmement conflictuelles constatées au sein de la cité scolaire Jean Lurçat, et les relations dégradées entretenues entre nombre d'enseignants et le requérant, faisaient obstacle au bon fonctionnement de l'établissement. Ainsi, les enseignants de l'établissement ont publié dans un journal local un appel à la grève reconductible à partir du 3 septembre 2018 pour s'opposer à la prise de fonctions de M. C à la direction de la cité scolaire Jean Lurçat et le rectorat a été contraint de faire intervenir trois agents de sécurité pour assurer la sécurité du requérant. D'autre part, la perte de rémunération subie par M. C résulte de son poste logé de chef d'établissement adjoint au sein d'une cité scolaire comprenant un lycée général et un collège classés en catégorie 4, contrairement à son précédent poste de chef d'établissement au sein d'une cité scolaire comprenant un lycée général classé en catégorie 2 et un collège classé en catégorie 3. En outre, les personnels de direction de l'éducation nationale peuvent indistinctement occuper des postes de chef d'établissement ou d'adjoint en collège ou en lycée. Par suite, son affectation en qualité de proviseur adjoint au sein de la cité scolaire Bellevue n'emporte aucune modification dans la nature des fonctions qu'il exerce et dans ses conditions de travail. Dans ces conditions, l'arrêté en litige n'a pas eu pour conséquence de porter atteinte à la situation professionnelle de l'intéressé et ne saurait être regardé comme une sanction déguisée.
4. En second lieu, si M. C soutient que son changement d'affection au sein d'un collège distant de 220 kilomètres de son domicile, soit 2h40 et induisant des astreintes liées à l'ouverture durant le week-end et les petites vacances de l'internat lycéen et post-baccalauréat a nui à son équilibre familial, cette circonstance, pour digne de considération qu'elle soit, est insuffisante pour établir que le ministre aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
5. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 16 juillet 2019 par laquelle le ministre de l'éducation nationale a prononcé sa mutation d'office en qualité de proviseur adjoint au lycée Bellevue à Albi à compter du 1er septembre 2019.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et indemnitaires :
6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation, entraîne, par voie de conséquence, le rejet des conclusions indemnitaires et à fin d'injonction présentées par M. C.
Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. C.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Délibéré après l'audience du 29 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Brossier, président,
Mme Bala, première conseillère,
M. Aymard, premier conseiller.
Lu en audience publique le 13 décembre 2022.
La rapporteure,
K. A
Le président,
J. B. BROSSIER
La greffière
E. NIVARD
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026