jeudi 2 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2020803 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP CANTIER ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 462171 du 4 avril 2022, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a transmis au tribunal administratif de Nîmes, en application de l'article R. 351-8 du code de justice administrative, le dossier de la requête présentée au tribunal administratif de Toulouse par Mme B A.
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 10 février 2020, le 30 septembre 2021 et le 2 novembre 2021 au greffe du tribunal administratif de Toulouse, Mme A, représentée par Me Ortholan, agissant pour la SCP Cantier et associés, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 décembre 2019 par lequel le maire de la commune de Saint-Jean-du-Falga l'a admise à faire valoir ses droits à la retraite pour invalidité à compter du 31 octobre 2019, sous réserve de l'avis conforme de la caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL), et l'a radiée des effectifs de la commune à compter de la même date ;
2°) d'enjoindre à la commune de Saint-Jean-du-Falga de la réintégrer dans les effectifs de la commune, de reconstituer sa carrière à compter du 31 octobre 2019 et de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Jean-du-Falga la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'aucune autorité ne s'est préalablement prononcée sur la fixation de son taux d'incapacité ;
- il est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas été informée de son droit à bénéficier d'une période préparatoire au reclassement et que cette procédure n'a pas été mise en œuvre à son profit ;
- il est entaché d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation en l'absence de recherche préalable et effective de reclassement dès lors qu'elle n'a pas été reconnue définitivement inapte à toutes fonctions.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 novembre 2020, la commune de Saint-Jean-du-Falga, représentée par Me Bouche, agissant pour la SELARLU Bouche Jean-Paul, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 juillet 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 85-1054 du 30 septembre 1985 ;
- le décret n° 2019-172 du 5 mars 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les conclusions de Mme Chamot, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est adjointe technique principale au sein de la commune de Saint-Jean-du-Falga. Par un arrêté du 3 décembre 2019, le maire de cette commune l'a admise à faire valoir ses droits à la retraite pour invalidité à compter du 31 octobre 2019, sous réserve de l'avis conforme de la CNRACL, et l'a radiée des effectifs de la commune à compter de la même date. Mme A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur la légalité de l'arrêté du 3 décembre 2019 :
2. Aux termes de l'article 81 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, alors en vigueur : " Les fonctionnaires territoriaux reconnus, par suite d'altération de leur état physique, inaptes à l'exercice de leurs fonctions peuvent être reclassés dans les emplois d'un autre cadre d'emploi, emploi ou corps s'ils ont été déclarés en mesure de remplir les fonctions correspondantes. Le reclassement est subordonné à la présentation d'une demande par l'intéressé ". Aux termes de l'article 85-1 de la même loi, dans sa rédaction alors applicable : " Le fonctionnaire à l'égard duquel une procédure tendant à reconnaître son inaptitude à l'exercice de ses fonctions a été engagée a droit à une période de préparation au reclassement avec traitement d'une durée maximale d'un an. Cette période est assimilée à une période de service effectif. Pendant son congé pour raison de santé, le fonctionnaire peut, sur la base du volontariat et avec l'accord de son médecin traitant, suivre une formation ou un bilan de compétences. Pendant cette période, l'agent peut également être mis à disposition du centre de gestion pour exercer une mission définie au deuxième alinéa de l'article 25 de la présente loi ". Aux termes de l'article 2 du décret du 30 septembre 1985 relatif au reclassement des fonctionnaires territoriaux reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions, dans sa rédaction issue du décret du 5 mars 2019 instituant une période de préparation au reclassement au profit des fonctionnaires territoriaux reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions : " Lorsque l'état de santé d'un fonctionnaire territorial, sans lui interdire d'exercer toute activité, ne lui permet pas de remplir les fonctions correspondant aux emplois de son grade, l'autorité territoriale ou le président du Centre national de la fonction publique territoriale ou le président du centre de gestion, après avis du comité médical, propose à l'intéressé une période de préparation au reclassement en application de l'article 85-1 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée. L'agent est informé de son droit à une période de préparation au reclassement dès la réception de l'avis du comité médical, par l'autorité territoriale dont il relève. / La période de préparation au reclassement débute à compter de la réception de l'avis du comité médical si l'agent est en fonction ou à compter de sa reprise de fonction si l'agent est en congé de maladie lors de la réception de l'avis du comité médical. / La période de préparation au reclassement prend fin à la date de reclassement de l'agent et au plus tard un an après la date à laquelle elle a débuté. Toutefois, l'agent qui a présenté une demande de reclassement peut être maintenu en position d'activité jusqu'à la date à laquelle celui-ci prend effet, dans la limite de la durée maximum de trois mois mentionnée à l'article 3. / L'agent qui fait part de son refus de bénéficier d'une période de préparation au reclassement présente une demande de reclassement en application des dispositions du même article. ". Aux termes de l'article 2-1 du même décret, créé par le décret du 5 mars 2019 : " La période de préparation au reclassement a pour objet de préparer et, le cas échéant, de qualifier son bénéficiaire pour l'occupation de nouveaux emplois compatibles avec son état de santé, s'il y a lieu en dehors de sa collectivité ou son établissement public d'affectation. Elle vise à accompagner la transition professionnelle du fonctionnaire vers le reclassement. / La période de préparation au reclassement peut comporter, dans l'administration d'affectation de l'agent ou dans toute administration ou établissement public mentionnés à l'article 2 de la loi du 13 juillet 1983 susvisée, des périodes de formation, d'observation et de mise en situation sur un ou plusieurs postes. / Pendant la période de préparation au reclassement, le fonctionnaire est en position d'activité dans son corps ou cadre d'emplois d'origine et perçoit le traitement correspondant ".
3. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de cette décision ou s'il a privé les intéressés d'une garantie.
4. Il ressort des pièces du dossier Mme A, adjointe technique principale de la commune de Saint-Jean-du-Falga, affectée au service de la cantine municipale, a été placée à compter de l'année 2015 en congé de maladie en raison de la survenance puis de la rechute d'une pathologie de l'épaule droite reconnue comme maladie professionnelle. Son inaptitude totale et définitive à l'exercice de ses fonctions d'adjoint technique ayant été reconnue par un avis rendu le 10 juillet 2018 par la commission de réforme départementale, confirmé le 9 juillet 2019, le maire de la commune de Saint-Jean-du-Falga, par l'arrêté attaqué du 3 décembre 2019, l'a admise à faire valoir ses droits à la retraite pour invalidité à compter du 31 octobre 2019, sous réserve de l'avis conforme de la CNRACL, et l'a radiée des effectifs de la commune à compter de la même date. Il ne ressort toutefois d'aucune des pièces du dossier que Mme A, qui n'avait pas été déclarée inapte à l'exercice de toutes fonctions, et dont le taux d'incapacité permanente partielle était de 8 %, aurait reçu de la commune de Saint-Jean-du-Falga, à compter du 8 mars 2019, date d'entrée en vigueur du décret du 5 mars 2019 instituant une période de préparation au reclassement au profit des fonctionnaires territoriaux reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions, une information sur son droit à bénéficier d'une période de préparation à un éventuel reclassement ou une proposition de suivre une telle période, alors que l'intéressée avait manifesté à plusieurs reprises sa volonté d'être reclassée dans un autre emploi adapté à ses restrictions médicales. Cette absence d'information et de proposition, alors que la commune de Saint-Jean-du-Falga était tenue d'y procéder, a privé Mme A d'une garantie. Mme A est, par suite, fondée à demander l'annulation de la décision du 3 décembre 2019 par laquelle le maire de Saint-Jean-de-Falga l'a admise à faire valoir ses droits à la retraite pour invalidité et l'a radiée des effectifs de la commune.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Eu égard au motif d'annulation retenu, l'annulation de la décision du 3 décembre 2019 implique nécessairement que la commune de Saint-Jean-du-Falga réintègre juridiquement Mme A à compter du 31 octobre 2019, date de son éviction illégale, avec reconstitution de sa carrière, et procède au réexamen de sa situation administrative. Il y a lieu d'enjoindre la commune d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Saint-Jean-du-Falga une somme de 1 200 euros à verser au conseil de Mme A, Me Ortholan, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de Mme A, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 3 décembre 2019 de la commune de Saint-Jean-du-Falga est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Saint-Jean-du-Falga de réintégrer juridiquement Mme A à compter du 31 octobre 2019, de reconstituer sa carrière à compter de cette date et de réexaminer sa situation administrative, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Saint-Jean-du-Falga versera une somme de 1 200 euros à Me Ortholan en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Ortholan renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Jean-du-Falga au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la commune de Saint-Jean-du-Falga et à Me Ortholan.
Copie en sera adressée, pour information, au centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale de l'Ariège.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Ciréfice, président,
M. Chevillard, premier conseiller,
Mme Galtier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2023.
Le rapporteur,
F. C
Le président,
C. CIRÉFICE
La greffière,
F. DESMOULIÈRES
La République mande et ordonne au préfet de l'Ariège en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026