LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2021377

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2021377

mardi 11 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2021377
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantGAYE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 462171 en date du 4 avril 2022 le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a attribué au tribunal administratif de Nîmes le jugement de la requête de M. et Mme H et J F, de M. et Mme G et D C, de M. E I et de l'association santé environnement Sor et Agout (ASSESA), enregistrée au tribunal administratif de Toulouse le 9 mars 2020 sous le n° 2001377. Cette requête a été enregistrée au greffe du tribunal administratif de Nîmes sous le n° 2021377.

Par cette requête et un mémoire enregistré le 26 mars 2021, M. et Mme F, M. et Mme C, M. I, ainsi que l'association santé environnement Sor et Agout (ASSESA), représentés par Me Gaye, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 20 septembre 2019 par lequel le préfet du Tarn a approuvé la révision du plan de prévention du risque inondation (PPRi) sur le bassin versant du Sor, ainsi que les décisions implicites de rejet des recours gracieux formés par l'association santé environnement Sor et Agout (ASSESA), M. I, M. et Mme C et M. et Mme F ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Les requérants soutiennent, outre que la requête est recevable, que :

- les décisions attaquées sont entachées d'un vice de procédure ; en l'absence d'évaluation environnementale, l'autorité environnementale ne disposait pas d'un dossier complet et définitif lui permettant de se prononcer sur une dispense d'enquête publique environnementale ; si l'autorité compétente avait effectué l'examen approprié, elle n'aurait pas manqué de soumettre l'élaboration du PPRi sur le bassin versant du Sor à évaluation environnementale ;

- l'enquête publique est entachée d'irrégularité ; l'avis de l'autorité environnementale n'a pas été mis à la disposition du public et ne figure pas en annexe des documents soumis à enquête publique ;

- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation s'agissant des dispositions d'occupation du sol applicables en zone rouge et des règles d'implantation des occupations du sol autorisées en zone rouge ; le préfet permet de manière large, et sans aucune condition restrictive de surface réelle, les constructions nouvelles de bâtiments agricoles et/ou d'élevage et l'extension desdits bâtiments dans les zones rouges ; l'article II.1.4 organise des règles d'implantation à la protection illusoire en zone rouge et aboutit même à aggraver les risques dès lors que les limitations à l'implantation ne sont pas sérieuses ;

- la différence de traitement réalisé entre les bâtiments de tous ordres et les bâtiments agricoles contrevient directement aux objectifs définis par l'article 4 de l'arrêté du 13 février 2002 fixant les prescriptions générales applicables aux installations, ouvrages ou remblais soumis à déclaration en application des articles L. 214-1 à L. 214-3 du code de l'environnement et relevant de la rubrique 3.2.2.0 (2°) de la nomenclature annexée au décret n° 93-743 du 29 mars 1993 modifié ;

- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elles sont incompatibles avec le plan de gestion du risque inondation du bassin Adour Garonne 2016-2021 en méconnaissance de l'article L. 562-1-VI du code de l'environnement ;

- le PPRi du Bassin versant du Sor méconnaît l'objectif constitutionnel d'accessibilité et d'intelligibilité de la norme ; l'article II.1.2 du PPRI définit un principe général d'interdiction de tous travaux, installations et activités de quelque nature qu'ils soient, à l'exception de ceux visés aux articles II-1-3 à II-1-4 ; il n'est pas permis de comprendre pour quelle raison les bâtiments agricoles sont régis par un dispositif dérogatoire de tous les autres bâtiments et les règles d'implantation des occupations définies à l'article II.1.4 ne sont pas aisées de maniement.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 février 2021, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête.

Le préfet du Tarn fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- l'arrêté du 13 février 2002 fixant les prescriptions générales applicables aux installations, ouvrages ou remblais soumis à déclaration en application des articles L. 214-1 à L. 214-3 du code de l'environnement et relevant de la rubrique 3.2.2.0 (2°) de la nomenclature annexée au décret n° 93-743 du 29 mars 1993 modifié ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

-le rapport de Mme A,

-les conclusions de Mme Chamot, rapporteure publique ;

- et les observations de M. B, représentant le préfet du Tarn.

Considérant ce qui suit :

1. Les requérants demandent l'annulation de l'arrêté du 20 septembre 2019 par lequel le préfet du Tarn a approuvé la révision du plan de prévention du risque inondation (PPRI) sur le bassin versant du Sor ainsi que des décisions implicites de rejet nées du silence gardé par le préfet sur leur recours gracieux réceptionnés les 13, 14 et 15 novembre 2019.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, si le V de l'article L. 122-4 du code de l'environnement n'exige pas que les plans de prévention des risques naturels prévisibles d'inondation, dont la finalité est d'assurer la protection des populations contre les risques naturels, fassent l'objet d'une évaluation de leurs incidences sur l'environnement, en revanche, les dispositions du II de l'article R. 122-17 du code de l'environnement imposent qu'ils fassent l'objet d'un examen au cas par cas destiné à déterminer s'ils doivent faire l'objet d'une telle évaluation. Pour ces plans, l'examen au cas par cas est réalisé dans les conditions et formes prévues à l'article R. 122-18 du code de l'environnement, lequel dispose dans sa rédaction applicable au litige que : " I. - Pour les plans, schémas, programmes ou documents de planification faisant l'objet d'une évaluation environnementale après un examen au cas par cas en application du II, du second alinéa du V ainsi que du VI de l'article R. 122-17, l'autorité environnementale détermine, au regard des informations fournies par la personne publique responsable et des critères de l'annexe II de la directive n° 2001/42/CE du Parlement européen et du Conseil du 27 juin 2001 relative à l'évaluation des incidences de certains plans et programmes sur l'environnement, si une évaluation environnementale doit être réalisée. / () III. L'autorité administrative de l'Etat compétente en matière d'environnement dispose d'un délai de deux mois à compter de la réception des informations mentionnées au I pour informer, par décision motivée, la personne publique responsable de la nécessité ou non de réaliser une évaluation environnementale. () / Cette décision est publiée sur son site internet. Cette décision ou la mention de son caractère tacite figure également dans le dossier soumis à enquête publique ou mis à disposition du public () ".

3. Si l'avis sur l'évaluation environnementale des plans et programmes susceptibles d'avoir des incidences notables sur l'environnement doit être rendu, avant leur approbation ou leur autorisation afin de permettre la prise en compte de ces incidences, par une autorité compétente et objective en matière d'environnement, cette autorité est distincte de celle chargée de procéder à la détermination de la nécessité d'une évaluation environnementale par un examen au cas par cas. Aucune règle ni aucun principe ne fait obstacle à ce que l'autorité chargée de procéder à cet examen au cas par cas soit celle compétente pour approuver le plan, sous réserve toutefois qu'elle ne soit pas chargée de son élaboration.

4. Il résulte de la combinaison de l'article L. 562-3 du code de l'environnement, selon lequel le plan de prévention des risques naturels est approuvé par arrêté préfectoral et du tableau annexé à l'article R. 122-17 dans sa version issue de l'article 1er du décret du 2 mai 2012, que le préfet de département, par ailleurs compétent pour approuver le plan de prévention des risques naturels, était chargé d'effectuer l'examen au cas par cas propre à ce type de plans, destiné à déterminer s'ils devaient faire l'objet d'une évaluation de leurs incidences sur l'environnement. Toutefois, par ses décisions n° 360212 du 26 juin 2015 et 3 novembre 2016, le Conseil d'Etat, statuant au contentieux, a annulé les dispositions du 2° du II de l'article R. 122-17 du code de l'environnement dans la mesure où ces dispositions confiaient à la même autorité administrative de l'État la compétence pour élaborer et approuver les plans de prévention des risques naturels et la compétence pour décider d'un examen au cas par cas sans prévoir de disposition de nature à garantir que cette dernière compétence en matière environnementale serait exercée, au sein de cette autorité, par une entité disposant d'une autonomie effective.

5. D'une part, il résulte de ce qui précède, qu'en l'absence de disposition législative ou réglementaire applicable prévoyant un dispositif propre à garantir que dans le cas où le projet de plan de prévention est élaboré sous l'autorité d'un préfet de département puis approuvé par ce même préfet, la compétence en matière environnementale chargé de l'examen au cas par cas soit exercée par une entité interne disposant d'une autonomie réelle à son égard, il appartient au juge du fond de rechercher si la décision de dispenser un plan de prévention des risques naturels prévisibles de la nécessité d'une évaluation environnementale a été prise dans des conditions répondant à des critères d'objectivité et d'impartialité.

6. D'autre part, aux termes de l'article 1er du décret du 27 février 2009 relatif à l'organisation et aux missions des directions régionales de l'environnement de l'aménagement : " () La direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement exerce les missions définies à l'article 2, sous l'autorité du préfet de région et sous l'autorité fonctionnelle du préfet de département pour les missions relevant de sa compétence. () ". Aux termes de l'article 2 de ce décret : " Dans la région, sous l'autorité du préfet de région, et sous réserve des compétences du préfet de département et des compétences attribuées à d'autres services ou établissements publics de l'Etat, la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement assure les missions suivantes : / 1° Elle est chargée d'élaborer et de mettre en œuvre les politiques de l'Etat en matière d'environnement, de développement et d'aménagement durables, notamment dans les domaines () de la connaissance et de l'évaluation environnementales () ".

7. En l'espèce, les requérants excipent de l'illégalité de l'arrêté du 20 octobre 2014 pris par l'autorité environnementale et portant dispense d'une évaluation environnementale dès lors qu'au moment de cet arrêté, l'autorité environnementale n'aurait pas disposé d'un dossier complet et définitif lui permettant de se prononcer correctement. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le préfet du Tarn a transmis, le 30 septembre 2014, à la direction départementale des territoires sa demande d'examen relative au projet de révision du PPRi du Sor dans le cadre d'une procédure d'examen au cas par cas. Cette demande précise que la préfecture du Tarn a décidé de réaliser la révision du PPRi du bassin du Sor, approuvé en 2008, conformément à la politique nationale qui incite à relancer les études du PPRi anciens pour prendre en compte les évolutions de la doctrine nationale en matière de risque, les modifications des conditions d'écoulement, les événements nouveaux et la connaissance des phénomènes pouvant avoir une incidence sur la cartographie de la zone inondable. Elle précise que l'objectif est d'affiner la cartographie des limites de zones inondables sur la base d'outils géomatiques actualisés, d'adapter le zonage à la nouvelle définition de l'aléa fort de la doctrine nationale en matière de risque inondation, d'améliorer la rédaction du règlement pour en faciliter l'application lors de l'instruction des autorisations d'urbanisme et de tenir compte de l'évolution de la réglementation notamment en matière d'urbanisme. Elle comprend, contrairement à ce que soutiennent les requérants, les principales caractéristiques du plan de prévention. Dès lors qu'il n'est pas établi que ces éléments relatifs au projet de révision du Sor auraient été susceptibles d'évoluer dans le temps, le préfet doit être regardé comme ayant procédé à cet examen au cas par cas. L'autorité environnementale, qui précise dans son arrêté du 20 octobre 2014 que le plan n'est pas susceptible d'entrainer des impacts négatifs notables sur l'environnement, a effectivement disposé d'un dossier complet lui permettant de se prononcer. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 123-12 du code de l'environnement : " Le dossier d'enquête publique est mis en ligne pendant toute la durée de l'enquête. Il reste consultable, pendant cette même durée, sur support papier en un ou plusieurs lieux déterminés dès l'ouverture de l'enquête publique. Un accès gratuit au dossier est également garanti par un ou plusieurs postes informatiques dans un lieu ouvert au public. () ". Et aux termes de l'articles R. 132-8 du même code : " Le dossier soumis à l'enquête publique comprend les pièces et avis exigés par les législations et réglementations applicables au projet, plan ou programme. Le dossier comprend au moins : 1° Lorsqu'ils sont requis : () c) L'avis de l'autorité environnementale mentionné au III de l'article L. 122-1, le cas échéant, au III de l'article L. 122-1-1, à l'article L. 122-7 du présent code ou à l'article L. 104-6 du code de l'urbanisme, ainsi que la réponse écrite du maître d'ouvrage à l'avis de l'autorité environnementale ; 2° En l'absence d'évaluation environnementale le cas échéant, la décision prise après un examen au cas par cas ne soumettant pas le projet, plan ou programme à évaluation environnementale et, lorsqu'elle est requise, l'étude d'incidence environnementale mentionnée à l'article L. 181-8 et son résumé non technique, une note de présentation précisant les coordonnées du maître d'ouvrage ou de la personne publique responsable du projet, plan ou programme, l'objet de l'enquête, les caractéristiques les plus importantes du projet, plan ou programme et présentant un résumé des principales raisons pour lesquelles, notamment du point de vue de l'environnement, le projet, plan ou programme soumis à enquête a été retenu ; ().

9. En l'espèce, le dossier d'enquête publique ne comprend pas, ainsi que le soutiennent les requérants, l'arrêté du 20 octobre 2014 de l'autorité environnementale portant décision de dispense d'une évaluation environnementale. Toutefois, il ressort de l'examen du dossier de l'enquête publique que figure, parmi les annexes, l'arrêté du préfet du Tarn du 8 juin 2016 prescrivant la révision du PPRi et qui vise expressément l'arrêté du 20 octobre 2014 de l'autorité environnementale portant décision de dispense d'une évaluation environnementale. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le dossier d'enquête publique était incomplet au regard des exigences réglementaires citées au point précédent.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 562-1 du code de l'environnement : " I.- L'Etat élabore et met en application des plans de prévention des risques naturels prévisibles tels que les inondations, les mouvements de terrain, les avalanches, les incendies de forêt, les séismes, les éruptions volcaniques, les tempêtes ou les cyclones. II.- Ces plans ont pour objet, en tant que de besoin : 1° De délimiter les zones exposées aux risques, en tenant compte de la nature et de l'intensité du risque encouru, d'y interdire tout type de construction, d'ouvrage, d'aménagement ou d'exploitation agricole, forestière, artisanale, commerciale ou industrielle, notamment afin de ne pas aggraver le risque pour les vies humaines ou, dans le cas où des constructions, ouvrages, aménagements ou exploitations agricoles, forestières, artisanales, commerciales ou industrielles, pourraient y être autorisés, prescrire les conditions dans lesquelles ils doivent être réalisés, utilisés ou exploités ; / 2° De délimiter les zones qui ne sont pas directement exposées aux risques mais où des constructions, des ouvrages, des aménagements ou des exploitations agricoles, forestières, artisanales, commerciales ou industrielles pourraient aggraver des risques ou en provoquer de nouveaux et y prévoir des mesures d'interdiction ou des prescriptions telles que prévues au 1° ; / 3° De définir les mesures de prévention, de protection et de sauvegarde qui doivent être prises, dans les zones mentionnées au 1° et au 2°, par les collectivités publiques dans le cadre de leurs compétences, ainsi que celles qui peuvent incomber aux particuliers ; / 4° De définir, dans les zones mentionnées au 1° et au 2°, les mesures relatives à l'aménagement, l'utilisation ou l'exploitation des constructions, des ouvrages, des espaces mis en culture ou plantés existants à la date de l'approbation du plan qui doivent être prises par les propriétaires, exploitants ou utilisateurs. / III.-La réalisation des mesures prévues aux 3° et 4° du II peut être rendue obligatoire en fonction de la nature et de l'intensité du risque dans un délai de cinq ans, pouvant être réduit en cas d'urgence. A défaut de mise en conformité dans le délai prescrit, le préfet peut, après mise en demeure non suivie d'effet, ordonner la réalisation de ces mesures aux frais du propriétaire, de l'exploitant ou de l'utilisateur. / IV.-Les mesures de prévention prévues aux 3° et 4° du II, concernant les terrains boisés, lorsqu'elles imposent des règles de gestion et d'exploitation forestière ou la réalisation de travaux de prévention concernant les espaces boisés mis à la charge des propriétaires et exploitants forestiers, publics ou privés, sont prises conformément aux dispositions du titre II du livre III et du livre IV du code forestier. / V.-Les travaux de prévention imposés en application du 4° du II à des biens construits ou aménagés conformément aux dispositions du code de l'urbanisme avant l'approbation du plan et mis à la charge des propriétaires, exploitants ou utilisateurs ne peuvent porter que sur des aménagements limités. / VI. ' Les plans de prévention des risques d'inondation sont compatibles ou rendus compatibles avec les dispositions du plan de gestion des risques d'inondation défini à l'article L. 566-7. () ".

11. D'abord, l'article II.1.3 " occupations et utilisations des sols soumises à prescriptions en zone rouge " du règlement du plan de prévention des risques naturels prévisibles dispose que certaines occupations et utilisations du sol sont, par dérogation à la règle commune, autorisables à condition qu'elles n'aggravent pas les risques, qu'elles n'en provoquent pas de nouveaux, qu'elles ne présentent qu'une vulnérabilité restreinte, qu'elles respectent les principes de prévention et de sauvegarde des biens et des personnes et qu'elles respectent certaines prescriptions listées au même article. Parmi ces constructions nouvelles autorisées en zone rouge figure la construction des bâtiments techniques (sans logement) des exploitations existantes, rendus nécessaires par des activités exercées à proximité. La construction de bâtiments destinés à l'hébergement des animaux n'est autorisée que si la hauteur de la crue de référence est inférieure à 0,50 mètre et le plancher utilisé à ces fins doit être situé au-dessus du niveau de la crue de référence. Si les requérants soutiennent que cette dérogation est trop permissive notamment au regard de l'ensemble des autres constructions, il ressort de l'examen du règlement que l'implantation ex nihilo d'un nouveau bâtiment agricole est prohibé, celui devant concerner une exploitation agricole existante. En outre, seuls les bâtiments techniques, c'est-à-dire sans logement, sont autorisés. Par ailleurs, l'autorisation portant sur les bâtiments accueillant des animaux n'est possible que si la hauteur de la crue de référence est inférieure à 0,50 mètres. Enfin, il ressort de l'examen de l'article III.1 du règlement, applicable dans toutes les zones, que les nouvelles constructions, extensions ou reconstructions admises, dont le premier plancher doit se trouver au-dessus de la cote de crue de référence, doivent conserver une transparence hydraulique permettant de la sorte de ne pas faire obstacle aux mouvements des eaux, c'est-à-dire de ne pas amplifier le niveau des plus hautes eaux, de ne pas réduire la zone d'expansion des crues, de ne pas allonger la durée des inondations ou augmenter leur étendue et de ne pas intensifier la vitesse d'écoulement des eaux. Dans ces conditions, si les bâtiments agricoles et/ou d'élevage en zone rouge bénéficient effectivement d'une dérogation, il n'est pas établi que ladite dérogation, telle qu'encadrée par le règlement, aggraverait les risques, en provoquerait de nouveaux, ne présenterait pas qu'une vulnérabilité restreinte, ne respecterait pas les principes de prévention et de sauvegarde des biens et des personnes. Les requérants ne sont ainsi pas fondés à soutenir que ces dérogations ne présentent aucune restriction sérieuse en matière d'implantation de bâtiments agricoles.

12. Ensuite, l'article II.1.4 " Règles d'implantation des occupations du sol autorisées en zone rouge " du règlement du PPRi précise qu'à la date d'approbation du PPRi et pour chaque unité foncière " - si le coefficient d'emprise au sol des bâtiments (ou parties de bâtiments) existants situés en zone rouge est inférieur à 0,30 calculé sur la partie de terrain affecté par la zone rouge : le coefficient d'emprise au sol de l'ensemble des bâtiments en zone rouge, ne pourra dépasser 0,35 après travaux / - si le coefficient d'emprise au sol des bâtiments (ou parties de bâtiments) existants situés en zone rouge est supérieur à 0,30 calculé sur la partie de terrain affecté par la zone rouge : ce coefficient peut, une et une seule fois, être porté à 120% de sa valeur initiale. / Les divisions foncières ayant pour effet d'amener une parcelle au-dessus du coefficient d'emprise au sol, n'ouvrent pas de nouveaux droits à construire. / L'axe principal des constructions et installations isolées doit être parallèle au flux du plan grand écoulement et la longueur de la façade perpendiculaire à ce flux doit être inférieur à 25m ".

13. Les requérants n'établissent pas ces dispositions aggraveraient les risques, en provoqueraient de nouveaux ou ne présenteraient pas qu'une vulnérabilité restreinte alors, ainsi qu'il a été dit, que les constructions envisagées doivent conserver une transparence hydraulique. En outre, alors que les unités foncières impactées par le PPRi du Sor sont les unités foncières uniquement affectées par la zone inondable, la carte des aléas et le règlement élaborés par les services de l'État dans le cadre du plan de prévention des risques d'inondation ne vaut pas autorisation d'urbanisme.

14. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'erreur d'appréciation dont serait entaché le PPRi doit être écarté.

15. En quatrième lieu, l'objectif stratégique n° 5 " gérer les capacités d'écoulement et restaurer les zones d'expansion des crues pour ralentir les écoulements " du plan de gestion du risque inondation du bassin Adour Garonne 2016-2021 énumère 8 dispositions permettant d'atteindre les objectifs stratégiques qui " vont dans le sens () d'une préservation et reconquête des zones naturelles d'expansion des crues, favorisant les dynamiques naturelles des cours d'eau ou de l'océan " et précise qu'elles " incitent à favoriser autant que possible le ralentissement dynamique des écoulements naturels, réservant la création d'ouvrages à cet effet après avoir étudié et démontré que d'autres scénarii alternatifs n'étaient pas réalisables ou adaptés ".

16. D'une part, ainsi qu'il a été dit précédemment, il ne ressort pas des pièces du dossier que le PPRi augmenterait les risques et que les limitations portées sur les bâtiments agricoles et/ou d'élevage ne seraient pas sérieuses et suffisantes. D'autre part, les requérants ne peuvent utilement soutenir que des solutions alternatives à la permission de création de bâtiments agricoles n'ont pas été envisagées, alors que le plan de gestion le prévoyait, dans la mesure où la création d'ouvrages visée par l'objectif stratégique n°5 correspond seulement à la création d'ouvrages de ralentissement dynamique des écoulements de type casiers écrêteurs de crues en amont des zones fortement urbanisées, comme cela est précisé au point D 5.4 du plan. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompatibilité du PPRi avec le plan de gestion du risque inondation du bassin Adour Garonne 2016-2021 doit être écarté.

17. En cinquième lieu, aux termes de l'article 4 de l'arrêté du 13 février 2002 fixant les prescriptions générales applicables aux installations, ouvrages ou remblais soumis à déclaration en application des articles L. 214-1 à L. 214-3 du code de l'environnement et relevant de la rubrique 3.2.2.0 (2°) de la nomenclature annexée au décret n° 93-743 du 29 mars 1993 modifié : " L'implantation de l'installation, de l'ouvrage ou du remblai doit prendre en compte et préserver autant que possible les liens qui peuvent exister entre le cours d'eau et les milieux terrestres adjacents et notamment les écoulements annexes des eaux, le chevelu, les infiltrations dont l'existence de certains milieux naturels comme les zones humides, ou de nappes souterraines, peut dépendre. L'implantation d'une installation, d'un ouvrage ou d'un remblai doit tenir compte des chemins préférentiels d'écoulement des eaux et les préserver. La plus grande transparence hydraulique est demandée dans la conception et l'implantation des installations, ouvrages ou remblais. Cette transparence hydraulique doit être recherchée, au minimum, jusqu'aux conditions hydrauliques de la plus forte crue historique connue ou celle de la crue centennale si celle-ci lui est supérieure. La transparence hydraulique est demandée afin de ne pas réduire les capacités naturelles d'expansion des crues dans le lit majeur, de ne pas aggraver les conséquences des inondations et de ne pas constituer de danger pour la sécurité publique en cas de crue. Les installations, ouvrages ou remblais doivent être conçus ou implantés de façon à réduire au maximum la perte de capacité de stockage des eaux de crue, l'augmentation du débit à l'aval de leur implantation, la surélévation de la ligne d'eau ou l'augmentation de l'emprise des zones inondables à l'amont de leur implantation. Afin qu'ils ne constituent pas de danger pour la sécurité publique, ils ne doivent en aucun cas engendrer une surélévation de la ligne d'eau en amont de leur implantation susceptible d'entraîner leur rupture. Ils ne devront ni faire office de barrage ni de digue, sauf à être conçus, entretenus et surveillés comme tels. Ils relèveraient dans ce cas de la rubrique 3.2.5.0 ou 3.2.6.0. ".

18. Si ces dispositions sont applicables aux installations, ouvrages, remblais dans le lit moyen d'un cours d'eau dont la surface soustraite est supérieure ou égale à 400 m² et inférieure à 10 000 m² et qui sont soumis à autorisation ou déclaration, le PPRi litigieux ne les exonèrent pas de la soumission à autorisation ou à déclaration préalable. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4 de l'arrêté du 13 février 2002 précité doit être écarté pour inopérance.

19. En sixième et dernier lieu, il ressort de l'examen de l'ensemble des documents, notamment graphiques produits au dossier que ces derniers étaient suffisamment clairs pour permettre aux personnes intéressées de déterminer l'appréciation portée par l'auteur du plan quant au dispositif dérogatoire pour les bâtiments agricoles et/ou d'élevage. Le règlement précise notamment au point I.4 et au point II.1.1 que " des extensions modérées au sens du code de l'urbanisme et respectant les prescriptions du PPR (article II.1.4), destinées à maintenir la vie sociale ou une activité existante, pourront y être tolérées et sous réserve qu'elles n'accroissent pas la vulnérabilité ". En outre, la complexité d'une disposition règlementaire ne suffit pas, à elle seule, à porter atteinte à l'objectif constitutionnel d'accessibilité et d'intelligibilité de la norme. Il s'ensuit que le moyen tiré par les requérants de ce que l'arrêté du 20 septembre 2019 méconnaîtrait l'objectif constitutionnel d'accessibilité et d'intelligibilité de la norme, en ce que la raison pour laquelle les bâtiments agricoles sont régis par un dispositif dérogatoire et en ce que les règles d'implantation des occupations définies à l'article II.1.4 ne sont pas aisées de maniement, doit être écarté.

20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par les requérants, au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête n° 2021377 est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. H F, à Mme J F, à M. G C, à Mme D C, à M. E I, à l'association santé environnement Sor et Agout (ASSESA) et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Copie en sera adressée au préfet du Tarn.

Délibéré après l'audience du 28 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Brossier, président,

Mme Bala, première conseillère,

M. Aymard, premier conseiller

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2023.

La rapporteure,

K. A

Le président,

J. B. BROSSIER

La greffière,

E. NIVARD

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne, et à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions