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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2021428

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2021428

mardi 7 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2021428
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantGOUTAL ALIBERT & ASSOCIES AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 mars 2020 au greffe du tribunal administratif de Toulouse et attribuée au tribunal administratif de Nîmes par une ordonnance du président de la section du contentieux du Conseil d'Etat du 4 avril 2022, M. E B et M. A C, représentés par la SARL ALTEIA, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision en date du 4 octobre 2019 par laquelle le maire de Toulouse a délivré un permis de construire à la SCI Dumeril, ensemble la décision du 14 janvier 2020 par laquelle le maire de cette commune a refusé de retirer cet arrêté ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Toulouse et de la SCI Dumeril, une somme de 3 000 euros chacune au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la requête a été introduite dans le délai de recours contentieux ;

- ils ont accompli les formalités prescrites à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- ils justifient de leur intérêt à agir ;

- les formalités prévues par l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ont été respectées ;

- les dispositions de l'article L. 431-1 du code de l'urbanisme ont été méconnues puisque l'architecte ayant établi le projet architectural est également gérant de la société pétitionnaire ;

- les dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ont été méconnues puisque la notice n'indique pas la hauteur initiale de la construction existante ;

- les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ont été méconnues puisque le projet est de nature à porter atteinte à la salubrité et à la sécurité publique en raison des problèmes de stabilité du bâtiment modifié par le projet ;

- la décision méconnaît les prescriptions des articles L. 151-19 et R. 111-27 du code de l'urbanisme ainsi que les règles d'objectifs applicables dans le cadre d'un espace bâti protégé (EBP) du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal - habitat (PLUi-H) en ce que le projet n'est pas compatible avec le caractère architectural de la façade actuelle qui constitue un EBP ;

- la décision méconnaît les dispositions du règlement graphique du PLUi-H relatives à la hauteur du bâtiment en ce que le projet excède d'un mètre la hauteur réglementaire ;

- la décision méconnaît les dispositions communes du PLUi-H relatives aux places de stationnement dès lors que la dérogation accordée sur le fondement de l'article L. 152-16 du code de l'urbanisme n'étant pas motivée, le projet ne pouvait échapper à la réalisation d'une place de stationnement pour véhicules et d'une aire de parking pour les deux-roues.

Par un mémoire en défense enregistré le 23 avril 2020, la SCI Dumeril, représentée par la SCP Courrech et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B et M. C une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. B et M. C ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense enregistré le 18 février 2021, la commune de Toulouse, représentée par Me Peynet, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. B et M. C une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- à titre principal, la requête est irrecevable en raison de l'absence d'intérêt à agir des requérants et de l'insuffisance de la production des documents précisés à l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme en ce que les requérants ne démontrent pas la régularité de leur occupation à la date d'affichage en mairie de la demande du pétitionnaire ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. B et M. C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le plan local d'urbanisme intercommunal de Toulouse ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D,

- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,

- les observations de Me Alibay, représentant la commune de Toulouse, et celles de Me Callens, représentant la SCI Dumeril.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 4 octobre 2019, le maire de la commune de Toulouse a délivré à la SCI Dumeril un permis de construire en vue de la démolition de locaux annexes et la surélévation du bâtiment existant composé de 2 logements avec création d'un logement supplémentaire, sur un terrain situé 76 rue Alfred Duméril. Un rectificatif a été délivré par arrêté du 23 juin 2020 afin de valider une demande de dérogation à la règle de stationnement. M. B et M. C demandent l'annulation de la décision du 4 octobre 2019 ainsi que de celle du 14 janvier 2020 rejetant leur recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 431-1 du code de l'urbanisme : " Conformément aux dispositions de l'article 3 de la loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l'architecture, la demande de permis de construire ne peut être instruite que si la personne qui désire entreprendre des travaux soumis à une autorisation a fait appel à un architecte pour établir le projet architectural faisant l'objet de la demande de permis de construire ". Aux termes de l'article R. 431-1 du même code : " Le projet architectural prévu à l'article L. 431-2 doit être établi par un architecte ". Ces dispositions, si elles imposent de faire appel à un architecte pour établir le projet faisant l'objet d'une demande de permis de construire, n'ont ni pour objet ni pour effet d'induire un contrôle sur l'objectivité ou sur l'intéressement de l'architecte du projet.

3. Il ressort des pièces du dossier que le projet a été conçu par M. G F, architecte inscrit au tableau de l'ordre des architectes de la région Occitanie, comme le révèle le cachet du cabinet d'architecture figurant tant sur le formulaire cerfa que sur la notice architecturale du dossier de la demande de permis de construire. Ainsi, le dossier de la demande de permis de construire a bien été établi par un architecte. Les requérants ne peuvent dès lors utilement se prévaloir de ce que le gérant de la société pétitionnaire est l'architecte signataire du projet pour invoquer une méconnaissance des dispositions précitées. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 431-1 du code de l'urbanisme doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ".

5. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

6. D'une part, la notice architecturale jointe à la demande de permis de construire déposée par la SCI Dumeril précise, s'agissant de l'état initial de la construction existante, que : " les deux parcelles sont actuellement occupées par un immeuble d'habitation en R + 1 et de trois annexes simples en rez-de-chaussée ". Par ailleurs, des photographies jointes à la notice architecturale permettent d'apprécier la hauteur de la construction existante au regard des immeubles voisins. D'autre part, il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de coupe du terrain et de la construction joint à la demande de permis de construire, que la hauteur de la surélévation projetée est mentionnée.

7. Dans ces conditions, la circonstance que la notice architecturale ne comporte pas de plan de la construction existante mentionnant sa hauteur actuelle n'a pas fait obstacle à ce que l'administration puisse apprécier, en connaissance de cause, l'impact du projet autorisé et sa conformité à la réglementation applicable. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme doit être écarté.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".

9. Pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent. En outre, lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modification substantielle nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.

10. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du plan de coupe du terrain et de la construction joint à la demande de permis de construire, que le projet crée une surface de plancher de 198 m² pour une surface existante avant travaux de 121 m² soit une surface totale après démolition de 297 m². Par ailleurs, il ressort de la notice architecturale du projet que la surélévation projetée porte la hauteur totale de la construction à 16 mètres sans faire état de travaux portant sur la structure de la construction existante.

11. Dès lors que les constructeurs sont réputés construire dans les règles de l'art, les requérants ne peuvent utilement soutenir qu'en l'absence de consolidation de la structure du bâti initial, les travaux autorisés par l'arrêté en litige seraient susceptibles de porter atteinte à la solidité de l'ouvrage lors de l'exécution du permis de construire, et que les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme seraient ainsi méconnues de ce fait.

12. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et identifier, localiser et délimiter les quartiers, îlots, immeubles bâtis ou non bâtis, espaces publics, monuments, sites et secteurs à protéger, à conserver, à mettre en valeur ou à requalifier pour des motifs d'ordre culturel, historique ou architectural et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation leur conservation ou leur restauration. Lorsqu'il s'agit d'espaces boisés, il est fait application du régime d'exception prévu à l'article L. 421-4 pour les coupes et abattages d'arbres ".

13. D'une part, il ressort de l'annexe n° 4b rattachée aux documents graphiques du règlement du PLUi-H de Toulouse Métropole, que la façade de la construction existante est identifiée comme un élément bâti protégé.

14. D'autre part, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". Selon les règles d'objectifs applicables dans le cadre d'un EBP du règlement du PLUi-H de Toulouse Métropole : " Tous travaux de modification (extension, surélévation, travaux de façade, réaménagement partiel) peuvent être admis s'ils sont compatibles avec le caractère architectural, patrimonial, culturel et/ou historique des EBP, sous réserve de ne pas porter atteinte à l'intégrité du patrimoine identifié et de ne pas aggraver la non-conformité à l'égard des règles et prescriptions applicables ". Les dispositions communes à l'ensemble des zones du règlement écrit du PLUi-H de Toulouse Métropole relatives à la qualité urbaine, architecturale, environnementale et paysagère prévoient enfin que : " 1. Principes généraux. Objectif de qualité architecturale. Le projet doit rechercher l'usage d'un style architectural approprié à son contexte existant ou projeté, sans exclure une certaine diversité architecturale, soit en tenant compte des références architecturales traditionnelles présentes sur le territoire, soit en introduisant de nouvelles expressions architecturales adaptées. 2. Les façades et toitures. 2.1. Extensions, surélévations, réhabilitations. Dès lors qu'une construction présente un intérêt architectural au regard notamment des matériaux constructifs employés, de sa composition, de son ordonnancement, tous les travaux réalisés, y compris les ravalements, doivent mettre en valeur les caractéristiques de ladite construction. Ces dispositions ne font pas obstacle à la réalisation d'extensions de conception architecturale contemporaine, dès lors que sont mis en valeur les éléments d'intérêt de la construction initiale ()2.4. Dans tous les cas. Matériaux. Dans les secteurs, quartiers, rues marqués par l'architecture traditionnelle du midi toulousain, caractérisée notamment par la mise en œuvre de brique et de tuile en terre cuite traditionnelle, des prescriptions particulières pourront être imposées pour l'utilisation de ces matériaux afin de conserver ou mettre en valeur les caractéristiques historiques et/ou patrimoniales du cadre bâti environnant ".

15. Les dispositions du règlement du PLUi-H de Toulouse Métropole ont le même objet que celles, également invoquées par les requérants, de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et posent des exigences qui ne sont pas moindres. Il s'ensuit que c'est par rapport aux dispositions du règlement du PLUi-H que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée.

16. Il ressort des pièces du dossier que le projet de surélévation porte sur une construction existante d'architecture traditionnelle située à proximité du centre de la commune. D'une part, si les requérants soutiennent que la surélévation du bâtiment aura pour effet de dénaturer les lieux avoisinants en rompant avec l'architecture des immeubles situés du 76 au 82 de la rue Alfred Dumeril, qui ont justifié la classification de leurs façades en EBP, il ressort toutefois des pièces du dossier, et notamment de la notice architecturale, que le projet ne s'intègre pas en discontinuité des lieux avoisinants au regard de l' " alternance de bâtiments traditionnels du midi toulousain et d'immeubles d'habitations collectifs denses et hauts ". D'autre part, il ressort de cette notice que la façade existante sera rénovée à l'identique et que les matériaux utilisés, notamment la brique de Saves, sont compatibles avec le caractère architectural, patrimonial, culturel et historique de la façade protégée et mettent en valeur les éléments d'intérêt de la construction initiale.

17. Dans ces conditions, le projet, quand bien même il arbore une certaine modernité, apparaît compatible avec l'EBP et le maire a fait une exacte application des dispositions sus rappelées en délivrant le permis de construire en litige.

18. En cinquième lieu, selon les documents graphiques du règlement du PLUi-H, la hauteur réglementaire du bâtiment est fixée à 15 mètres. Aux termes des dispositions communes du règlement du PLUi-H : " en cas de toiture terrasse, la hauteur de l'acrotère ne rentre pas dans le calcul de la hauteur sur façade si et seulement si la hauteur de l'acrotère est = à 60 cm, voire 1 m si des considérations techniques ou esthétiques le justifient. Au-delà, l'acrotère sera considéré comme un élément de la façade devant être pris en compte dans le calcul de la hauteur de façade ".

19. Il ressort du plan de coupe du terrain et de la construction joint à la demande de permis que la hauteur sur façade du bâtiment excède d'1 mètre la hauteur réglementaire, surélévation qui correspond à la hauteur de l'acrotère. La notice architecturale justifie toutefois cette surélévation de 1 mètre au motif qu'elle permettra " d'intégrer une jardinière périphérique au niveau de la terrasse accessible en toiture disposant ainsi une quantité de terre suffisante permettant la plantation d'arbustes et de plantes arbustives ". Dans ces conditions, la hauteur de l'acrotère, portée à 1 mètre, se justifie par des considérations techniques et esthétiques de sorte qu'il n'avait pas à être pris en compte dans le calcul de la hauteur sur façade. Par suite, le dépassement allégué de la hauteur maximale fixée par les documents graphiques du règlement du PLUi-H doit être écarté.

20. En sixième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 152-6 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable : " Dans les communes appartenant à une zone d'urbanisation continue de plus de 50 000 habitants figurant sur la liste prévue à l'article 232 du code général des impôts et dans les communes de plus de 15 000 habitants en forte croissance démographique figurant sur la liste prévue au dernier alinéa du II de l'article L. 302-5 du code de la construction et de l'habitation, il peut être autorisé des dérogations au règlement du plan local d'urbanisme ou du document en tenant lieu, dans les conditions et selon les modalités définies au présent article. En tenant compte de la nature du projet et de la zone d'implantation, l'autorité compétente pour délivrer le permis de construire peut, par décision motivée : () 2° Dans le respect d'un objectif de mixité sociale, déroger aux règles relatives à la densité et aux obligations en matière de création d'aires de stationnement pour autoriser la surélévation d'une construction achevée depuis plus de deux ans, lorsque la surélévation a pour objet la création de logement ou un agrandissement de la surface de logement. Si le projet est contigu à une autre construction, elle peut également déroger aux règles de gabarit pour autoriser la surélévation à dépasser la hauteur maximale dans les conditions et limites fixées au 1° ; () 4° Déroger en tout ou partie aux obligations de création d'aires de stationnement applicables aux logements lorsque le projet de construction de logements est situé à moins de 500 mètres d'une gare ou d'une station de transport public guidé ou de transport collectif en site propre, en tenant compte de la qualité de la desserte, de la densité urbaine ou des besoins propres au projet au regard des capacités de stationnement existantes à proximité ; () ". Les dispositions des articles R. 424-5, A. 424-4 et A. 424-3 du code de l'urbanisme exigent également que la dérogation comporte une motivation. Cette motivation porte sur les circonstances de droit et de fait.

21. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure les respects des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial. Rien ne fait par ailleurs obstacle à ce que, après un nouvel examen, l'autorité en charge de la délivrance des autorisations d'urbanisme délivre, de sa propre initiative, un permis de construire rectificatif venant modifier une irrégularité constatée dans le permis initial.

22. Il ressort des pièces du dossier, qu'initialement, le maire de Toulouse avait implicitement accordé par l'arrêté attaqué une dérogation aux obligations en matière de création d'aires de stationnement sur le fondement de l'article L. 152-6 précité du code de l'urbanisme. Il est constant que, faute d'avoir fait l'objet d'une décision motivée puisqu'elle se bornait à viser l'article L. 152-6 précité du code de l'urbanisme, cette dérogation était irrégulière. Toutefois, postérieurement à l'introduction de la requête, la commune a délivré un rectificatif au permis de construire par arrêté du 23 juin 2020 qui vise expressément une demande de dérogation aux obligations en matière de création d'aires de stationnement présentée sur le fondement de l'article L. 152-6 précité du code de l'urbanisme. Cette demande précise la proximité du projet avec des stations de transport collectif en site propre, la qualité de la desserte et les capacités de stationnement existantes à proximité. Par suite, le permis de construire délivré par l'arrêté du 4 octobre 2019 puis rectifié par l'arrêté du 23 juin 2020 doit être regardé comme comportant une motivation suffisante en droit et en fait. Dès lors, le moyen tiré de l'absence de motivation de la dérogation accordée aux obligations en matière de création d'aires de stationnement doit être écarté comme inopérant.

23. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. B et M. C ne sont fondés à demander l'annulation ni de l'arrêté du maire de la commune de Toulouse du 4 octobre 2019 ni de la décision du 14 janvier 2020 rejetant leur recours gracieux. Il y a lieu en conséquence, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, de rejeter leur requête.

Sur les frais liés au litige :

24. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Toulouse et de la SCI Dumeril, qui ne sont pas les parties perdantes, la somme demandée par M. B et M. C, au titre des frais non compris dans les dépens qu'ils ont exposés dans cette instance. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. B et de M. C une somme de 800 euros à verser tant à la commune de Toulouse qu'à la SCI Dumeril au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B et de M. C est rejetée.

Article 2 : M. B et M. C verseront à la commune de Toulouse une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : M. B et M. C verseront à la SCI Dumeril une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B et M. C, à la commune de Toulouse et à la SCI Dumeril.

Délibéré après l'audience du 14 février 2023, à laquelle siégeaient :

M. Antolini, président,

M. Lagarde, premier conseiller,

Mme Lahmar, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2023

Le président,

J. D

Le conseiller le plus ancien

F. LAGARDELa greffière,

A. OLSZEWSKI

La République mande et ordonne au préfet de Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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