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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2022024

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2022024

mardi 19 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2022024
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSAIHI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 mai 2020 et un mémoire enregistré le 7 décembre 2020, M. A B, représenté par Me Saihi, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 27 janvier 2020 portant exclusion définitive des effectifs de l'institut de formation aux métiers de la santé (IFSI) du centre hospitalier intercommunal des Vallées de l'Ariège (CHIVA) ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier intercommunal des vallées de l'Ariège la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :

- il n'a pas entendu se désister de sa requête ;

- la requête n'est pas tardive ;

- la décision attaquée méconnait les dispositions des articles 15 de l'arrêté du 21 avril 2007 modifié par l'arrêté du 17 avril 2018 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux garantissant une procédure contradictoire préalable ;

* l'IFSI ne démontre pas lui avoir remis en main propre la convocation à la réunion de la section compétente fixée le 27 janvier 2020 ;

* la convocation n'est pas signée et ne lui a pas été remise au moins sept jours calendaires avant la réunion de la section compétente ;

* elle n'était pas accompagnée d'un rapport motivé du directeur ;

- la décision attaquée méconnait les dispositions de l'article 16 de l'arrêté du 21 avril 2007 modifié par l'arrêté du 17 avril 2018 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux puisque la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants s'est réunie plus d'un mois après la survenance des faits qui lui sont reprochés ;

- elle est entachée d'une " erreur manifeste d'appréciation " puisque la sanction pédagogique est disproportionnée au regard de son dossier scolaire et des faits imputés.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 décembre 2020, le centre hospitalier intercommunal des vallées de l'Ariège, représenté par Me Sabatte, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- faute d'avoir confirmé le maintien de sa requête dans un délai d'un mois à compter de la notification du rejet de son référé suspension, le requérant est réputé s'être désisté en application des dispositions de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative ;

- le requérant ne peut revendiquer le bénéfice des dispositions de l'article 2 de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 de sorte que la requête est tardive ;

- les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 8 décembre 2020, la clôture d'instruction a été fixée au 11 janvier 2021.

Un mémoire, non communiqué, présenté pour M. B, a été enregistré le 21 juin 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 ;

- l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Villemejeanne, rapporteure,

- les conclusions de Mme Corneloup, rapporteure publique,

- et les observations de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a intégré la formation au métier d'infirmier au sein de l'IFSI du CHIVA à compter de la rentrée universitaire 2018/2019. Suite à la réunion du 27 janvier 2020 de la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants, la directrice de l'IFSI a, par décision du 29 janvier 2020, prononcé, l'exclusion définitive de M. B des effectifs de l'IFSI du CHIVA. M. B demande l'annulation de la décision du 27 janvier 2020.

Sur le désistement d'office :

2. D'une part, aux termes de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative : " En cas de rejet d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 au motif qu'il n'est pas fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision, il appartient au requérant, sauf lorsqu'un pourvoi en cassation est exercé contre l'ordonnance rendue par le juge des référés, de confirmer le maintien de sa requête à fin d'annulation ou de réformation dans un délai d'un mois à compter de la notification de ce rejet. A défaut, le requérant est réputé s'être désisté. Dans le cas prévu au premier alinéa, la notification de l'ordonnance de rejet mentionne qu'à défaut de confirmation du maintien de sa requête dans le délai d'un mois, le requérant est réputé s'être désisté ".

3. D'autre part, aux termes de l'article 1er de l'ordonnance du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période : " I. ' Les dispositions du présent titre sont applicables aux délais et mesures qui ont expiré ou qui expirent entre le 12 mars 2020 et le 23 juin 2020 inclus ". Aux termes de l'article 2 de cette ordonnance : " Tout acte, recours, action en justice, formalité, inscription, déclaration, notification ou publication prescrit par la loi ou le règlement à peine de nullité, sanction, caducité, forclusion, prescription, inopposabilité, irrecevabilité, péremption, désistement d'office, application d'un régime particulier, non avenu ou déchéance d'un droit quelconque et qui aurait dû être accompli pendant la période mentionnée à l'article 1er sera réputé avoir été fait à temps s'il a été effectué dans un délai qui ne peut excéder, à compter de la fin de cette période, le délai légalement imparti pour agir, dans la limite de deux mois ". Aux termes de l'article 15 de l'ordonnance du 25 mars 2020 portant adaptation des règles applicables devant les juridictions de l'ordre administratif : " I.- Les dispositions de l'article 2 de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 susvisée relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période sont applicables aux procédures devant les juridictions de l'ordre administratif () ".

4. Enfin, aux termes de l'article R. 751-3 du code de justice administrative : " Sauf disposition contraire, les décisions sont notifiées le même jour à toutes les parties en cause et adressées à leur domicile réel, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, sans préjudice du droit des parties de faire signifier ces décisions par acte d'huissier de justice. () ". Aux termes du premier alinéa de l'article 13 de l'ordonnance du 25 mars 2020 : " Lorsqu'une partie est représentée par un avocat, la notification prévue à l'article R. 751-3 du code de justice administrative est valablement accomplie par l'expédition de la décision à son mandataire. ".

5. Par une ordonnance n° 2002032 du 20 mai 2020, le juge des référés a rejeté la demande de M. B tendant à la suspension de l'exécution de la décision contestée au motif que les moyens invoqués n'étaient pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de cette décision. Le courrier du 25 mai 2020 adressant cette ordonnance au mandataire de l'association requérante, qui valait notification à celle-ci en vertu de l'article 13 de l'ordonnance du 25 mars 2020 portant adaptation des règles applicables devant les juridictions de l'ordre administratif, précisait, en application de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative, qu'à défaut de maintien de la requête à fin d'annulation dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance précitée du juge des référés, M. B serait réputé s'être désisté de sa requête au fond. La notification étant intervenue le 25 mai 2020, ce délai, qui n'a pas expiré entre le 12 mars 2020 et le 23 juin 2020 n'a pas été prorogé en application des dispositions précitées au point 3. En dépit de cette invitation, l'intéressé, qui n'a pas introduit de pourvoi en cassation contre cette ordonnance, n'a pas confirmé le maintien de sa requête dans le délai imparti d'un mois. Par suite, M. B est réputé s'être désisté de sa requête.

Sur les frais liés au litige :

6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions du Centre hospitalier intercommunal des vallées de l'Ariège présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1 er : Il est donné acte du désistement de la requête de M. B.

Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier intercommunal des vallées de l'Ariège présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au Centre hospitalier intercommunal des vallées de l'Ariège.

Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Antolini, président,

Mme Bourjade, première conseillère,

Mme Villemejeanne, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2022.

La rapporteure,

P. VILLEMEJEANNE

Le président,

J. ANTOLINILa greffière,

C. GILLET

La République mande et ordonne ministre des solidarités et de la santé en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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