mardi 20 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2022108 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CABINET L CONSEIL AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 mai 2020 au greffe du tribunal administratif de Toulouse et attribuée au tribunal administratif de Nîmes par une ordonnance du président de la section du contentieux du Conseil d'Etat du 4 avril 2022, Mme B A, représentée par la SCP Gervais-Mattar-Cassignol, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 12 mars 2020 procédant au retrait de l'arrêté du 17 décembre 2019 par lequel le maire de la commune de Bouloc-en-Quercy lui a délivré un permis de construire en vue du changement de destination d'une grange en habitation ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bouloc-en-Quercy la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté en litige est insuffisamment motivé au regard de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ; le motif de retrait tiré de l'illégalité de l'article A2 du règlement du PLU ne correspond pas aux conclusions du préfet concernant la non identification du bâtiment par le PLU ; le défaut d'avis de la CDPENAF n'a pas été repris dans les motifs de l'arrêté en litige ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation dès lors que le projet en litige ne doit pas être regardé comme un changement de destination au sens de l'article L. 151-11 du code de l'urbanisme mais comme une extension d'une habitation existante au sens de l'article L.151-12 du même code.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 octobre 2021, la commune de Bouloc en Quercy, représentée par Me Faure-Tronche conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Abauzit, rapporteur,
- et les conclusions de Mme Bahaj, rapporteure publique,
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté en date du 17 décembre 2019, le maire de Bouloc-en-Quercy a accordé un permis de construire à Mme A en vue du changement de destination d'une grange en habitation. Par une nouvelle décision en date du 12 mars 2020, cette même autorité a toutefois procédé au retrait de cet arrêté. Mme A demande l'annulation de cet acte de retrait.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 4o Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; () ". La décision portant retrait d'une autorisation d'urbanisme est au nombre de celles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.
3. La décision en litige du 12 mars 2020, qui vise le code de l'urbanisme, notamment l'article L. 151-11 de ce code et le règlement de la zone A du plan local d'urbanisme de la commune de Bouloc-en-Quercy dont elle fait application, expose avec suffisamment de précision les motifs de droit et de faits ayant conduit à retirer le permis de construire délivré le 17 décembre 2019. Cette décision de retrait a été prise au motif que la disposition du plan local d'urbanisme de la commune initialement applicable au projet en litige est illégale dès lors qu'elle ne désigne aucun bâtiment pouvant bénéficier d'un changement de destination, méconnaissant ainsi l'article L. 151-11 du code de l'urbanisme. Si le maire de la commune n'a pas repris toutes les observations du préfet de Tarn-et-Garonne émises dans son recours rendu le 27 janvier 2020 à l'occasion de l'exercice du contrôle de légalité, cette circonstance est sans influence sur la légalité de la décision de retrait en litige dès lors que le maire dispose d'un pouvoir propre d'appréciation pour retirer sa décision initiale. La requérante ne peut enfin utilement se prévaloir de ce que le défaut d'avis de la CDPENAF n'a pas été repris dans les motifs de la décision en litige dès lors que le motif retenu par l'administration est de nature, à lui seul, à fonder cette décision de retrait. Ainsi, la décision de retrait en litige, qui comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, est suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.
4. Aux termes de l'article L. 151-11 du code de l'urbanisme : " Dans les zones agricoles, naturelles ou forestières, le règlement peut : () 2° Désigner, en dehors des secteurs mentionnés à l'article L. 151-13, les bâtiments qui peuvent faire l'objet d'un changement de destination, dès lors que ce changement de destination ne compromet pas l'activité agricole ou la qualité paysagère du site. Le changement de destination est soumis, en zone agricole, à l'avis conforme de la commission départementale de la préservation des espaces agricoles, naturels et forestiers prévue à l'article L. 112-1-1 du code rural et de la pêche maritime, et, en zone naturelle, à l'avis conforme de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites () ".
5. A supposer même qu'en mentionnant que l'article 2 du règlement de la zone A du PLU communal n'était pas illégal dans son argumentaire critiquant la motivation de l'acte de retrait, Mme A ait entendu invoquer une erreur de droit du maire de la commune de Bouloc en-Quercy, la circonstance que le conseil municipal n'ait pas fait usage de la faculté prévue à l'article L. 151-11 du code de l'urbanisme en désignant les bâtiments pouvant faire l'objet du changement de destination, n'est pas de nature à faire entrer tous les bâtiments agricoles dans le champ de l'exception prévue audit article. Mme A n'est en tout état de cause pas fondée à soutenir que le maire aurait entaché sa décision de retrait d'une erreur de droit.
6. Mme A soutient enfin que la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que le projet en litige ne doit pas s'analyser comme un changement de destination au sens de l'article L. 151-11 du code de l'urbanisme mais comme une extension d'une habitation existante au sens de l'article L. 151-12 du même code. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le projet en litige a pour objet la transformation d'une grange agricole en maison à usage d'habitation. En outre, la demande de permis de construire présentée par Mme A le 14 novembre 2019, visée par l'arrêté du 17 décembre 2019, mentionne explicitement que ce projet a pour objet le changement de destination de cette grange en habitation. Dans ces conditions, en retenant que le projet de Mme A constitue un changement de destination au sens de l'article L. 151-11 du code de l'urbanisme, le maire de Bouloc-en-Quercy n'a pas commis d'erreur d'appréciation. Par suite, ce moyen doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 12 mars 2020.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune du Bouloc-en-Quercy, qui n'est pas, dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme A au titre des frais non compris dans les dépens qu'elle a exposés. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme que demande la commune de Bouloc-en-Quercy sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions que la commune de Bouloc-en-Quercy présente au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Bouloc-en-Quercy.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2020, à laquelle siégeaient :
M. Antolini, président,
M. C, magistrat honoraire,
Mme Bourjade, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.
Le rapporteur,
F. C
Le président,
J. ANTOLINILa greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne au préfet de Tarn-et-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026