mardi 4 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2022683 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DUPEY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juin 2020 au greffe du tribunal administratif de Toulouse et attribuée au tribunal administratif de Nîmes par une ordonnance du président de la section du contentieux du Conseil d'Etat du 4 avril 2022, M. et Mme D A, représentés par Me Dupey, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 30 décembre 2019 par laquelle le maire de la commune de Vernet s'est opposé à la déclaration que M. A a déposée en vue d'une division parcellaire, ensemble la décision rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Vernet de réexaminer sa demande sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Vernet une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision en litige est insuffisamment motivée faute de préciser l'atteinte à la sécurité publique au sens de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- le maire ne pouvait légalement leur opposer les dispositions de l'article 3 du règlement de la zone UB du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune qui n'est applicable qu'aux voies nouvelles.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 septembre 2020, la commune de Vernet, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les moyens soulevés par M. et Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le plan local d'urbanisme de la commune de Vernet;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les conclusions de Mme Bahaj, rapporteure publique,
Considérant ce qui suit :
1. Par la décision critiquée du 30 décembre 2019, le maire de Vernet s'est opposé au travaux déclarés par M. A en vue de la division en trois lots, dont un à bâtir, d'un terrain cadastrée section C, parcelle n° 587, sis sur le territoire de la commune. M. et Mme A demandent l'annulation de cette décision et de celle rejetant leur recours gracieux.
2. Une division foncière en plusieurs lots constitue un lotissement au sens des dispositions de l'article L. 442-1 du code de l'urbanisme, s'il est prévu d'implanter des bâtiments sur l'un au moins de ces lots. Une telle opération doit respecter les règles tendant à la maîtrise de l'occupation des sols édictées par les règlementations nationale ou locale d'urbanisme. Il appartient par suite à l'autorité compétente de s'opposer à la déclaration préalable sollicitée lorsque, compte tenu de ses caractéristiques telles qu'elles ressortent des pièces du dossier qui lui est soumis, le projet de lotissement prévoit l'implantation de constructions dont la conformité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.
3. En application de l'article 3 du règlement de la zone UB du PLU de la commune de Vernet, " Les constructions doivent être desservies par des voies publiques ou privées dont les caractéristiques correspondent : d'une part à l'importance et à la destination de l'immeuble ou de l'ensemble d'immeubles à édifier, d'autre part aux exigences de la sécurité publique, de la défense incendie et de la protection civile. () Les voies nouvelles se terminant en impasse doivent être aménagées de telle sorte que les véhicules, notamment les véhicules de collecte d'ordures ménagères, ainsi que ceux assurant la lutte contre l'incendie, puissent faire demi-tour. Il pourra être exigé que les voies en impasse soient prolongées jusqu'à une voie existante ou jusqu'en limite de l'unité foncière pour une meilleure structuration du quartier. La longueur des voies en impasse ne devra pas dépasser 80m sauf dans le cas où elles sont conçues pour être ultérieurement raccordées à des voies existantes ou projetées ". Ces dispositions n'ont pas vocation à s'appliquer aux voies de moins de 80 mètres de long dédiées à la circulation des véhicules au sein du terrain d'assiette du projet.
4. Il ressort des plans versés aux débats que la division en trois lots de la parcelle n° 587, d'une contenance de 3935,80 m², implique une voie interne en impasse desservant chacun des lots. Il ressort des pièces du dossier que la voie interne à la parcelle divisée desservait déjà deux habitations préexistantes à la division et qu'elle a, jusqu'au lot à bâtir n° 3, une longueur d'environ 60 mètres, selon les cotations figurant sur le plan DP10 versé au débat par la commune. M. et Mme A sont dès lors fondés à soutenir que le maire de Vernet ne pouvait légalement leur opposer les dispositions de l'article UB3 du PLU alors que la voie en cause desservait déjà deux habitations implantées sur le terrain et qu'elle a une longueur inférieure à 80 mètres.
5. A supposer même que la commune de Vernet ait entendu demander une substitution de motif en opposant la largeur insuffisante de la desserte des lots au regard des exigences de ce même article qui prescrit une largeur minimale de 6 mètres pour les voies en impasse, ces dispositions n'ont pas davantage vocation à s'appliquer à une voie existante interne au projet.
6. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme A sont fondés à soutenir que l'arrêté qu'ils contestent est entaché d'excès de pouvoir et à en demander l'annulation. Il y a lieu également, par voie de conséquence, d'annuler la décision rejetant leur recours gracieux.
7. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ". Aux termes de l'article L. 911-2 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette décision doit intervenir dans un délai déterminé ". Le motif d'annulation retenu implique nécessairement le réexamen de la demande de M. et Mme A. Il y a lieu, en conséquence, d'enjoindre au maire de la commune de Vernet de procéder à ce réexamen et de prendre une nouvelle décision dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Vernet une somme de 1 200 euros en remboursement des frais non compris dans les dépens engagés par M. et Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du maire de Vernet en date du 30 décembre 2019 et celle rejetant le recours gracieux formé par M. A à son encontre sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de Vernet de procéder au réexamen de la demande de M. et Mme A dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Vernet versera à M. et Mme A une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme D A et à la commune de Vernet.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Antolini, président,
M. C, magistrat honoraire,
Mme Bourjade, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2022.
Le rapporteur,
F. C
Le président,
J. ANTOLINILe greffier,
N. LASNIER
La République mande et ordonne au Préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026