mardi 6 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2024870 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DULON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés au greffe du tribunal administratif de Toulouse les 28 septembre 2020 et 16 novembre 2022, et attribués au tribunal administratif de Nîmes par une ordonnance du président de la section du contentieux du Conseil d'Etat du 4 avril 2022, Mme F C, M. I C, M. B C, Mme G C, M. D C et Mme H C, représentés par Me Dulon, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 30 juillet 2020 par lequel le préfet de Haute-Garonne a retiré l'autorisation DP 03111720A0002 du 31 mai 2020 et s'est opposé aux travaux déclarés en vue de la création de 5 lots à bâtir sur un terrain situé sur le territoire de la commune de Castelmaurou ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente, d'une part, car aucun transfert de compétence au profit du représentant de l'Etat n'est intervenu, et, d'autre part, en l'absence de délégation de signature ;
- le préfet n'a pas respecté le principe du contradictoire dès lors qu'il n'a pas mis la pétitionnaire à même de présenter ses observations orales sollicitées en application de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il a méconnu les articles L. 424-5 et L. 153-11 du code de l'urbanisme ;
- en estimant que le projet en litige est en contradiction avec la mise en œuvre des orientations du projet d'aménagement et de développement (PADD) du plan local d'urbanisme (PLU), en particulier les axes 1, 2, 3, 4, 5, le préfet a commis une erreur de fait et une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense du 16 novembre 2021, la commune de Castelmaurou, représentée par la SCP Courrech et Associés, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit procédé à la réinstruction de la déclaration sollicitée après avis de la commune, et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens invoqués par les requérants sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. E,
- et les conclusions de Mme Bahaj, rapporteure publique,
Considérant ce qui suit :
1. Le 21 janvier 2020 Mme A C et autres ont déposé à la mairie de Castelmaurou une déclaration préalable en vue de la division d'un terrain en 5 lots à bâtir. Du silence gardé par le maire de la commune sur cette demande, est née une décision tacite de non opposition. Par un arrêté en date du 30 juillet 2020, le préfet de Haute-Garonne a édicté un arrêté portant retrait de cette décision tacite née le 31 mai 2020. Mme C et autres demandent l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes, enfin, de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". Aux termes de l'article L. 122-1 du même code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix. / L'administration n'est pas tenue de satisfaire les demandes d'audition abusives, notamment par leur nombre ou leur caractère répétitif ou systématique. ". Aux termes de l'article L. 211-2 de ce code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; () ".
3. Il résulte de ces dispositions que la décision portant retrait d'une décision de non-opposition à déclaration préalable est au nombre de celles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.
4. La décision tacite du 31 mai 2020 par laquelle le maire de la commune de Castelmaurou ne s'est pas opposé aux travaux déclarés par Mme C a créé des droits à son profit. L'arrêté attaqué du 30 juillet 2020 doit s'analyser comme une décision de retrait de cette décision créatrice de droits, dont l'adoption devait être précédée d'une procédure contradictoire en application de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de Haute-Garonne a invité Mme C à faire parvenir ses observations dans un délai maximum de 15 jours à compter du 29 juin 2020, date à laquelle lui a été notifiée la lettre de saisine relative à la mise en œuvre de la procédure contradictoire. En l'espèce, Mme C a présenté ses observations le 10 juillet 2020 dans les délais impartis en sollicitant un entretien oral. Les motifs de l'arrêté en litige révèlent que le préfet n'a pas eu connaissance des observations que la requérante avait pourtant formulées devant ses services avant que n'intervienne l'édiction de l'arrêté en litige. Ainsi, Mme C a été privée de la garantie d'une procédure contradictoire et le préfet de Haute-Garonne a entaché l'arrêté du 30 juillet 2020 d'une irrégularité substantielle.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. () ". Aux termes de l'article L. 153-11 de ce code : " () L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable ".
6. L'arrêté attaqué du 30 juillet 2020 a été édicté au motif que " le conseil municipal a, lors de la séance du 20 septembre 2018, débattu et approuvé les orientations du PADD du futur plan local d'urbanisme qui s'avèrent suffisamment précises pour émettre un sursis à statuer ". Toutefois, si ce motif était de nature à justifier le retrait de la décision tacite du 31 mai 2020 dès lors que les orientations du PADD du futur PLU avaient été approuvées et que la division d'un terrain en 5 lots était de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan, dont les axes 1 à 5 entendent limiter l'urbanisation en périphérie de ville au bénéfice des zones agricoles, il ne permettait pas en revanche à cette autorité de s'opposer aux travaux déclarés par Mme C à une date à laquelle ledit plan n'avait pas encore été adopté. Dans ces conditions, en s'opposant pour ce motif aux travaux déclarés par Mme C alors que, suite au retrait de l'arrêté de non-opposition du 31 mai 2020, il appartenait à l'autorité compétente de statuer à nouveau après une nouvelle instruction sur la déclaration préalable dont elle restait saisie et d'opposer un sursis à statuer dans l'attente de l'adoption du futur PLU de la commune, le préfet de Haute-Garonne a méconnu les dispositions de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme.
7. Il résulte de ce qui précède que les requérants sont fondés à demander l'annulation de l'arrêté en litige du 30 juillet 2020.
8. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est susceptible de fonder, en l'état du dossier, l'annulation de l'arrêté en litige du 30 juillet 2020.
9. Contrairement à ce que soutient la commune en défense, le présent jugement qui annule l'arrêté du préfet et fait ainsi renaître l'autorisation dont Mme C était titulaire n'implique nullement que l'administration se prononce à nouveau sur sa demande.
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par la commune de Castelmaurou soit mise à la charge de Mme C et autres, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser aux requérants.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 30 juillet 2020 du préfet de Haute-Garonne est annulé.
Article 2 : L'Etat versera aux requérants la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C, première dénommée pour l'ensemble des requérants, au préfet de Haute-Garonne et à la commune de Castelmaurou.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Antolini, président,
Mme Bourjade, première conseillère,
Mme Lahamar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 202Le président-rapporteur,
J. E
La conseillère la plus ancienne,
A. BOURJADELa greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne au préfet de Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026