mardi 11 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2100169 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | GELY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 18 janvier 2021, 6 mars 2022 et 12 septembre 2022, Mme D C demande au tribunal l'annulation de la décision du 26 novembre 2020 par laquelle le directeur du centre hospitalier Alès-Cévennes a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de la pathologie dont elle souffre, constatée le 21 novembre 2019.
Mme C soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'elle souffre d'une allergie sévère au propylène contenu dans les masques chirurgicaux.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 13 février 2022 et 29 mars 2022, le centre hospitalier Alès-Cévennes, représenté par Me Gely, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le centre hospitalier Alès-Cévennes fait valoir que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Achour, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Gely, représentant le centre hospitalier Alès-Cévennes.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, infirmière titulaire au sein du centre hospitalier Alès-Cévennes depuis le 1er janvier 2006, exerce au sein du service d'oncologie. Par courrier du 21 novembre 2019, elle a demandé au centre hospitalier la reconnaissance de l'imputabilité de sa pathologie constatée le 21 novembre 2019. Après expertise du 13 avril 2020 et avis défavorable de la commission de réforme du 17 novembre 2020, le directeur du centre hospitalier Alès-Cévennes a refusé, par une décision du 26 novembre 2020, de reconnaitre le caractère professionnel de cette pathologie et a placé l'intéressée en arrêt de travail pour maladie ordinaire du 3 novembre 2019 au 15 novembre 2019, du 20 novembre 2019 au 20 décembre 2019 et du 28 janvier 2020 au 10 juillet 2020. Mme C demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires créé par l'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017 et entré en vigueur à compter du 21 janvier 2017 : " () IV.- Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau (). ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : () / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants (). / Toutefois, si la maladie provient () d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de la maladie ou de l'accident est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales ".
4. Les droits des agents publics en matière d'accident de service et de maladie professionnelle sont constitués à la date à laquelle l'accident est intervenu ou la maladie diagnostiquée. Or, les dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, issues de l'ordonnance du 19 janvier 2017 portant diverses dispositions relatives au compte personnel d'activité, à la formation et à la santé et la sécurité au travail dans la fonction publique, qui instituent une présomption d'imputabilité au service des pathologies désignées par les tableaux des maladies professionnelles annexés au code de la sécurité sociale, n'étaient pas en vigueur à la date du 21 novembre 2019 à laquelle l'allergie de Mme C a été diagnostiquée pour la première fois. Sa situation était dès lors régie par les dispositions précitées de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986.
5. Une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.
6. Après plusieurs investigations médicales, il est apparu que Mme C souffre d'une allergie qu'elle estime imputable au port des nouveaux masques chirurgicaux à barrette portés dans l'exercice de sa profession d'infirmière. La commission de réforme a émis un avis défavorable à la reconnaissance d'une maladie d'origine professionnelle pour cette pathologie.
7. Pour estimer que la maladie de Mme C ne pouvait être reconnue comme constitutive d'une maladie professionnelle, le directeur du centre hospitalier Alès-Cévennes a estimé, d'une part, que l'enquête administrative n'a pas démontré de lien entre la pathologie constatée le 21 novembre 2019 et le service effectué par Mme C en précisant que Mme C n'apporte aucun élément de preuve de nature à justifier sa demande de reconnaissance de maladie professionnelle et notamment ne produit aucun élément permettant de relier sa pathologie au port du masque ni d'objectiver une éventuelle allergie, d'autre part, que la pathologie constatée le 21 novembre 2019 ne figure dans aucun tableau de maladie professionnelle.
8. S'agissant de ce second motif, toutefois, à la date à laquelle la maladie de Mme C a été diagnostiquée, aucune disposition ne rend applicable aux fonctionnaires relevant de la fonction publique hospitalière, qui demandent le bénéfice des dispositions de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986, les dispositions de l'article L. 461-1 du code de la sécurité sociale instituant une présomption d'origine professionnelle pour toute maladie désignée dans un tableau de maladies professionnelles et contractée dans des conditions mentionnées à ce tableau. Par suite, le directeur du centre hospitalier Alès-Cévennes ne pouvait légalement fonder la décision attaquée du 26 novembre 2020 sur la circonstance que la pathologie de Mme C ne figure dans aucun tableau de maladie professionnelle.
9. Lorsqu'une décision repose sur plusieurs motifs parmi lesquels certains sont légaux et d'autres illégaux, le juge de l'excès de pouvoir ne procède pas à une annulation automatique, mais recherche si l'administration aurait pris la même décision en ne se fondant que sur les motifs légaux.
10. En l'espèce, ainsi qu'il a été dit précédemment, il ressort de l'examen de la décision attaquée qu'elle est également fondée sur l'absence d'établissement du lien de causalité entre la pathologie dont Mme C se plaint et le port du masque chirurgical dans le cadre de ses fonctions d'infirmière. Cependant, il ressort des pièces du dossier que l'expertise du Dr B en date du 14 avril 2020, réalisée à la demande du centre hospitalier, conclut que la pathologie constatée est imputable au service même s'il ne s'agit pas d'une maladie professionnelle. En outre, Mme C verse au débat deux certificats médicaux établis les 20 mars 2020 et 7 avril 2020 par le Dr E allergologue, lequel atteste qu'elle présente une allergie de contact aux masques utilisés au travail. Dans ces conditions, malgré l'avis défavorable émis par la commission de réforme le 17 novembre 2020, Mme C est fondée à soutenir que le centre hospitalier a entaché sa décision d'une erreur dans l'appréciation du lien de causalité susmentionné.
11. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C est fondée à demander l'annulation de la décision du directeur du centre hospitalier Alès-Cévennes du 26 novembre 2020 refusant de reconnaître l'imputabilité au service de sa pathologie.
Sur les conclusions présentées en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme C, qui n'est pas la partie perdante, une somme au titre des frais exposés par le centre hospitalier Alès-Cévennes et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 26 novembre 2020 du directeur du centre hospitalier Alès-Cévennes est annulée.
Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier Alès-Cévennes présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C et au centre hospitalier Alès-Cévennes.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Brossier, président,
Mme Bala, première conseillère
M. Aymard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2023.
La rapporteure,
K. ALe président,
J. B. BROSSIER
La greffière,
E. NIVARD
La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026