LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2100202

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2100202

lundi 18 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2100202
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantMARQUIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 21 janvier 2021, le 2 mars et le 7 avril 2022, M. E D, représenté par Me Marquis, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 23 novembre 2020 par laquelle le préfet de Vaucluse a rejeté la demande de regroupement familial qu'il avait présentée au bénéfice de son épouse et de ses trois enfants ;

2°) d'enjoindre au préfet de Vaucluse de faire droit à sa demande, ou à défaut, de procéder à son réexamen dans un délai de 3 mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la requête est recevable ;

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'erreur de fait, dès lors que son revenu moyen mensuel brut sur la période de référence était de 1 856,0025 euros et non de 1675 euros comme l'a retenu le préfet de Vaucluse ; à titre subsidiaire, il convient de constater le caractère stable de ses ressources ; il justifie d'un salaire moyen de 2 011,31 euros bruts sur la période allant de juin 2021 à janvier 2022 ;

- elle est entachée d'erreur de droit au regard des dispositions des articles L. 411-1 et L. 411-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il remplit les conditions légales ouvrant droit au regroupement familial ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mars 2022, le préfet de Vaucluse conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 440 euros soit mise à la charge de M. D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Après avoir entendu le rapport de Mme B au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant tchadien né le 30 octobre 1973 et titulaire d'une carte de résident valable du 7 novembre 2011 au 6 novembre 2021, a eu trois enfants avec une compatriote, Mme C, respectivement nés les 19 décembre 2002 (Maïwang), 12 novembre 2003 (Djidda) et 10 mai 2005 (Idriss). Le 30 juillet 2008, il a eu une enfant (A) avec une ressortissante française. Le 9 octobre 2009, il a épousé au Tchad Mme C. M. D a présenté le 6 mars 2020 une demande de regroupement familial en faveur de son épouse et de ses trois enfants tchadiens. Par une décision du 23 novembre 2020, dont l'intéressé demande l'annulation, le préfet de Vaucluse a rejeté sa demande.

Sur la légalité de la décision attaquée :

2. En premier lieu, la décision attaquée mentionne les textes dont elle fait application, à savoir l'article L. 411-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, et mentionne de manière suffisamment précise les faits qui en constituent le fondement, à savoir que M. D a perçu sur la période de référence des revenus mensuels bruts d'un montant de 1 675 euros, lesquels sont inférieurs au montant de 1 829 euros bruts exigé par les textes en vigueur. Le préfet de Vaucluse a ainsi suffisamment motivé sa décision.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 411-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au litige : " Le ressortissant étranger qui séjourne régulièrement en France depuis au moins dix-huit mois, sous couvert d'un des titres d'une durée de validité d'au moins un an prévus par le présent code ou par des conventions internationales, peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre du regroupement familial, par son conjoint, si ce dernier est âgé d'au moins dix-huit ans, et les enfants du couple mineurs de dix-huit ans. ". Aux termes de l'article L. 411-5 de ce code : " Le regroupement familial ne peut être refusé que pour l'un des motifs suivants : / 1° Le demandeur ne justifie pas de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille. Sont prises en compte toutes les ressources du demandeur et de son conjoint indépendamment des prestations familiales (). Les ressources doivent atteindre un montant qui tient compte de la taille de la famille du demandeur. Le décret en Conseil d'Etat prévu à l'article L. 441-1 fixe ce montant qui doit être au moins égal au salaire minimum de croissance mensuel et au plus égal à ce salaire majoré d'un cinquième. () ". Aux termes de l'article R. 411-4 du même code : " Pour l'application du 1° de l'article L. 411-5, les ressources du demandeur et de son conjoint qui alimenteront de façon stable le budget de la famille sont appréciées sur une période de douze mois par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance au cours de cette période. Ces ressources sont considérées comme suffisantes lorsqu'elles atteignent un montant équivalent à : () / - cette moyenne majorée d'un cinquième pour une famille de six personnes ou plus. ". Enfin, selon le 3° de l'article R. 421-4 du même code, alors en vigueur, les ressources du demandeur sont appréciées sur " la période des douze mois précédant le dépôt de sa demande ".

4. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que le caractère suffisant du niveau de ressources du demandeur est apprécié sur la période de douze mois précédant le dépôt de la demande de regroupement familial, par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum interprofessionnel de croissance au cours de cette même période. En l'espèce, au cours de la période des douze mois ayant précédé le dépôt de la demande de regroupement familial de M. D, soit de mars 2019 à février 2020, la moyenne mensuelle du salaire minimum interprofessionnel de croissance, majorée d'un cinquième, s'élevait à 1 829 euros bruts, comme l'a considéré le préfet de Vaucluse dans la décision attaquée.

5. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des bulletins de salaire produits par M. D, que celui-ci a perçu, sur la période de référence précisée au point précédent, des revenus d'un total de 20 097, 89 euros bruts, soit une moyenne mensuelle de 1 675 euros bruts, laquelle a été prise en compte par le préfet et s'avère au demeurant nettement inférieure au montant exigé par les dispositions citées au point 3. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de fait. Il ne saurait par ailleurs utilement se prévaloir du caractère stable de ses ressources, dès lors que le préfet ne lui a en tout état de cause pas opposé l'instabilité de ses revenus, ni invoquer le niveau de sa rémunération résultant des salaires qu'il a perçus entre les mois de juin 2021 et janvier 2022, postérieurement à la décision attaquée.

6. En troisième lieu, M. D ne peut utilement se prévaloir du fait qu'il est titulaire d'un contrat à durée indéterminée, qu'il réside régulièrement en France depuis l'année 2000, qu'il est marié depuis le 9 octobre 2009, a quatre enfants et dispose d'un logement adapté, ou encore qu'il justifie de liens étroits avec sa famille restée au Tchad et respecte les principes de la République française, dès lors que le préfet de Vaucluse s'est exclusivement fondé, pour refuser d'autoriser le regroupement familial sollicité, sur l'insuffisance de ses revenus perçus au cours de la période de référence. Il en résulte que le moyen tiré de l'erreur de droit qu'aurait commise le préfet, au regard des dispositions des articles L. 411-1 et L. 411-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit être écarté.

7. En quatrième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

8. Il ressort des pièces du dossier que M. D, qui soutient séjourner en France depuis l'année 2000, a épousé Mme C avec laquelle il avait trois enfants, le 9 octobre 2009 au Tchad, où celle-ci est demeurée, avant de ne demander que le 6 mars 2020, soit plus de dix ans après, le regroupement familial au profit de celle-ci et de ses trois enfants. En l'absence d'éléments contraires, l'intéressé doit être regardé comme ayant choisi de maintenir son foyer au Tchad malgré l'éloignement de son épouse. Si M. D soutient entretenir des liens étroits avec sa famille résidant au Tchad et s'il ressort des pièces du dossier qu'il a effectué plusieurs allers-retours entre la France et son pays d'origine et qu'il envoie régulièrement de l'argent à son épouse, il a néanmoins eu en France, le 30 juillet 2008, une enfant avec une ressortissante française. Enfin, il n'est pas démontré, ni même soutenu, que l'intéressé serait dans l'impossibilité de reconstituer sa cellule familiale au Tchad, dès lors qu'il ne justifie pas contribuer à l'entretien ou à l'éducation de A, sa fille de nationalité française. Dans ces conditions, le préfet de Vaucluse n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts d'intérêt public poursuivis en rejetant sa demande de regroupement familial. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations citées au point 7 doit être écarté.

9. En cinquième lieu, pour les mêmes motifs que ceux évoqués au point 8, le moyen tiré de l'erreur manifeste qu'aurait commise le préfet dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de M. D doit également être écarté.

10. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la mesure qu'il conteste.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

11. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. D, n'implique aucune mesure d'exécution au sens des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Par suite, les conclusions visées ci-dessus doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Les conclusions présentées au titre des mêmes dispositions par le préfet de Vaucluse, qui n'a pas eu recours au ministère d'un avocat et ne justifie pas avoir exposé de frais particuliers pour assurer la défense de l'Etat, ne peuvent qu'être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par le préfet de Vaucluse au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E D et au préfet de Vaucluse.

Délibéré après l'audience du 16 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Cantié, président,

Mme Bahaj, première conseillère,

M. Chevillard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2022.

La rapporteure,

C. B

Le président,

C. CANTIÉ

La greffière,

I. LOSA

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions