vendredi 12 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2100338 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | POURRET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 janvier 2021, Mme C B, représentée par Me Pourret, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 août 2020 par lequel le maire de Tornac a déclaré non réalisable l'opération qu'elle projetait et consistant en un changement de destination d'une bergerie vers une maison d'habitation sur les parcelles section AI nos 11 et 14, situées au 5437, route de Saint Hyppolite du Fort au lieudit domaine de Sallèles à Tornac, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la commune de Tornac de procéder à une nouvelle instruction de sa demande ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Tornac une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- en déclarant non réalisable l'opération qu'elle projetait, le maire de Tornac a méconnu les dispositions de l'article 2 de la zone N du plan local d'urbanisme ;
- le motif tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 4 de la zone en cause et des dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme est entaché d'erreur de droit et de fait.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 avril 2021, la commune de Tornac, représentée par la SCP Territoires Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Un courrier du 23 juillet 2021 adressé aux parties en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, les a informées de la période à laquelle il est envisagé d'appeler l'affaire à l'audience et a indiqué la date à partir de laquelle l'instruction pourra être close dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 613-1 et le dernier alinéa de l'article R. 613-2 du même code.
Par ordonnance du 14 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée à sa date d'émission en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Un mémoire présenté pour la commune de Tornac a été enregistré le 3 avril 2023, postérieurement à la clôture d'instruction et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le plan local d'urbanisme de la commune de Tornac ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- et les observations de Me d'Audigier, représentant la commune de Tornac.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a déposé le 8 juin 2020 une demande en vue d'obtenir un certificat d'urbanisme déclarant réalisable l'opération qu'elle projetait et consistant en un changement de destination d'une bergerie vers une maison d'habitation sur les parcelles section AI nos 11 et 14, situées au 5437, route de Saint Hyppolite du Fort au lieudit domaine de Sallèles à Tornac. Par la présente requête, elle demande au tribunal d'annuler le certificat d'urbanisme délivré le 4 août 2020 déclarant non réalisable cette opération ainsi que la décision portant rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la méconnaissance des dispositions de l'article 2 de la zone N du plan local d'urbanisme de Tornac :
2. D'une part, aux termes de l'article N-2 du règlement du plan local d'urbanisme applicable à la zone où se situe le terrain d'assiette du projet en litige : " Sous réserve de ne pas porter atteinte à la vocation d'espace naturel de la zone, ni à la qualité des sites, des milieux naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique, sont admis dans l'ensemble de la zone N : / - Le changement de destination des bâtiments existants désignés sur les documents graphiques et sous réserve de l'avis conforme de la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles ou forestiers (CDPENAF). / - Les extensions des habitations existantes sont limitées à 40 m2 de la surface de plancher. - Les constructions à usage d'habitation à condition : / o Que la surface de plancher ne dépasse pas 200 m2 (existant + extension + annexes à l'habitation) et qu'elles soient liées à l'exploitation agricole et nécessaire à leur fonctionnement, / o Qu'en cas d'existence de bâtiments sur l'exploitation, elles soient réalisées à proximité de ceux-ci (sauf en cas d'impératif sanitaire, technique ou de sécurité). / - Les annexes des constructions à usage d'habitation existantes et autorisées dans la zone à condition : o Qu'elles soient limitées à un bâtiment, / o Qu'elles soient sur la même unité foncière et qu'elles soient situées à une distance maximale de 15 mètres du bâtiment d'habitation, o Que la surface de plancher n'excède pas 40 m2, o Que les piscines liées à l'habitation respectent les conditions énumérées précédemment, / - Les constructions nécessaires à l'exercice de l'activité pastorale ".
3. D'autre part, il ressort du rapport de présentation du plan local d'urbanisme de Tornac que : " Les zones agricoles ou naturelles des documents d'urbanisme sont des zones en principe inconstructibles ou pour lesquelles la constructibilité doit rester très limitée. Des dispositions spécifiques ont par ailleurs été prévues par la loi pour gérer le bâti existant en zone A et N ; il s'agit, d'une part du changement de destination des bâtiments existants dans ces zones, et d'autre part, de l'extension et des annexes des constructions à usage d'habitation. En ce qui concerne le changement de destination, le règlement graphique peut désigner tous les bâtiments pouvant bénéficier de ce dispositif au titre de l'article L151-11du Code de l'Urbanisme. Pour les bâtiments désignés sur le document graphique, le changement de destination est soumis, en zone agricole, à l'avis conforme de la Commission Départementale de la Préservation des Espaces Agricoles, Naturels et Forestiers (CDPENAF) prévu à l'article L. 112-1-1du Code Rural et de la Pêche Maritime et, en zone naturelle, à l'avis conforme de la Commission Départementale de la Nature, des Paysages et des Sites (CDNPS). "
4. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le bâtiment dont Mme B sollicite le changement de destination ait été désigné par le règlement graphique du plan local d'urbanisme de Tornac comme pouvant bénéficier du dispositif autorisant un changement de destination alors que, dans la zone en cause, tout changement de destination est soumis à ce prérequis. Par ailleurs, dès lors que le projet de la pétitionnaire porte sur un changement de destination d'un bâtiment, fût-ce en maison d'habitation, l'intéressée ne peut se prévaloir de la possibilité ouverte, sous conditions, par les dispositions précitées de créer de nouvelles constructions à usage d'habitation ou des extensions. En tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier que la maison d'habitation projetée soit nécessaire à l'exploitation maraichère de Mme B ni que la présence continue de cette dernière sur ses terres soit exigée par son exploitation. Mme B n'est, dès lors, pas fondée à soutenir que le maire de Tornac aurait fait une inexacte application des dispositions de l'article N-2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune en refusant de lui délivrer le certificat d'urbanisme qu'elle sollicitait.
En ce qui concerne la méconnaissance des dispositions de l'article L. 111-1 du code de l'urbanisme et des dispositions de l'article 42 de la zone 2 du plan local d'urbanisme de Tornac :
5. D'une part, l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme dispose que : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés. / Lorsqu'un projet fait l'objet d'une déclaration préalable, l'autorité compétente doit s'opposer à sa réalisation lorsque les conditions mentionnées au premier alinéa ne sont pas réunies. / Les deux premiers alinéas s'appliquent aux demandes d'autorisation concernant les terrains aménagés pour permettre l'installation de résidences démontables constituant l'habitat permanent de leurs utilisateurs. /Un décret en Conseil d'Etat définit pour ces projets les conditions dans lesquelles le demandeur s'engage, dans le dossier de demande d'autorisation, sur le respect des conditions d'hygiène et de sécurité ainsi que les conditions de satisfaction des besoins en eau, assainissement et électricité des habitants, le cas échéant, fixées par le plan local d'urbanisme. ". Il appartient à l'autorité compétente pour délivrer le certificat d'urbanisme d'apprécier si les équipements publics existants ou prévus susceptibles de desservir le terrain concerné permettent ou non la construction sur ce terrain. Si elle estime que tel n'est pas le cas, cette autorité peut, sous le contrôle du juge, déclarer que le terrain est inconstructible ou non utilisable pour cette opération, alors même qu'aucune règle d'urbanisme n'imposerait le refus de toute construction ou autorisation.
6. D'autre part, l'article 4 N du règlement du plan local d'urbanisme applicable à la zone où se situe le terrain d'assiette du projet en litige dispose que : " 4) Electricité / Pour tout projet prévoyant un raccordement électrique au réseau collectif (et non à une alimentation électrique individuelle telle que les groupes électrogènes), la desserte de l'unité foncière doit être assurée par les réseaux électriques. / Par ailleurs, au titre de l'article R 111-13 du Code de l'Urbanisme, le projet pourra être refusé si, par sa situation ou son importance, il impose, soit la réalisation par la Commune d'équipements publics nouveaux hors de proportion avec ses ressources actuelles, soit un surcroît important des dépenses de fonctionnement de la Commune. ".
7. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'avis du gestionnaire du réseau électricité ENEDIS rendu le 1er juillet 2020, que le réseau existant auquel la parcelle en cause doit être raccordé se situe à une distance supérieure à 250 mètres, ce dont il se déduit qu'une telle distance implique de facto une nécessaire modification ou extension du réseau public. La circonstance que les autres bâtiments qui jouxtent la bergerie dont la requérante sollicite le changement de destination seraient raccordés à un réseau public situé à moins de 30 mètres n'est pas de nature à remettre en cause la pertinence de l'avis du gestionnaire du réseau qui a pris en compte la puissance en watts qui était nécessaire s'agissant d'une maison d'habitation. Dans ces conditions, s'agissant non d'un simplement branchement mais d'une extension ou modification du réseau existant, la commune pouvait opposer la circonstance qu'elle n'était pas en mesure d'indiquer si et dans quels délais les travaux pourraient être effectués. Par suite, c'est sans commettre d'erreur de droit ou de fait que le maire de Tornac a pu opposer les dispositions combinées de l'article L. 111-1 du code de l'urbanisme et de l'article 4 N du règlement du plan local d'urbanisme de Tornac.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation n'appelle aucune mesure d'exécution au sens des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de Mme B dirigées contre la commune de Tornac qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B une somme de 600 euros, à verser à la commune de Tornac en application de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Mme B versera à la commune de Tornac une somme de 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la commune de Tornac.
Délibéré après l'audience du 18 avril 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Ciréfice, président,
- Mme Ruiz, première conseillère,
- M. Lagarde, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mai 2023.
La rapporteure,
I. A
Le président,
C. CIRÉFICE
La greffière,
A. OLSZEWSKI
La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026