mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2100562 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | LEBRETON |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 15 février 2021, la présidente du tribunal administratif de Marseille a transmis au tribunal administratif de Nîmes la requête de M. C A.
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 14 février 2021, les 14 septembre, 13 octobre et 10 novembre 2022 et les 26 et 28 janvier 2023, M. C A, représenté par Me Lebreton, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du recteur de l'académie d'Aix-Marseille portant rejet de sa demande de protection fonctionnelle formée le 11 octobre 2020 ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser, en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis, la somme de 40 500 euros, ainsi que le montant cumulé des demis-traitements appréhendés depuis le 22 juillet 2002 assorti des intérêts au taux légal ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 ;
- le rectorat a méconnu les stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la fin de non-recevoir qu'invoque le rectorat à l'encontre des conclusions indemnitaires est infondée ;
- à la suite de l'audience du 10 novembre 2020, il a été relaxé par le tribunal correctionnel de Carpentras.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 septembre 2022, le recteur de l'académie d'Aix-Marseille conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables en l'absence de demande préalable ;
- les moyens de la requête sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de M. B,
-les conclusions de Mme Achour, rapporteure publique,
-et les observations de Me Lebreton représentant M. A.
Une note en délibéré, enregistrée le 14 mars 2023, a été produite pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, professeur agrégé d'italien affecté au lycée de l'Arc à Orange (Vaucluse), a sollicité du proviseur de cet établissement le bénéfice de la protection fonctionnelle, par un courrier de son conseil en date du 11 octobre 2020. Le silence gardé par le rectorat de l'académie d'Aix-Marseille sur cette demande a fait naître le 13 décembre 2020 une décision portant refus de protection fonctionnelle. M. A demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa version applicable au litige : " I.-A raison de ses fonctions et indépendamment des règles fixées par le code pénal et par les lois spéciales, le fonctionnaire ou, le cas échéant, l'ancien fonctionnaire bénéficie, dans les conditions prévues au présent article, d'une protection organisée par la collectivité publique qui l'emploie à la date des faits en cause ou des faits ayant été imputés de façon diffamatoire. / II.- Sauf en cas de faute personnelle détachable de l'exercice de ses fonctions, la responsabilité civile du fonctionnaire ne peut être engagée par un tiers devant les juridictions judiciaires pour une faute commise dans l'exercice de ses fonctions. / Lorsque le fonctionnaire a été poursuivi par un tiers pour faute de service et que le conflit d'attribution n'a pas été élevé, la collectivité publique doit, dans la mesure où une faute personnelle détachable de l'exercice de ses fonctions n'est pas imputable au fonctionnaire, le couvrir des condamnations civiles prononcées contre lui. / III.- Lorsque le fonctionnaire fait l'objet de poursuites pénales à raison de faits qui n'ont pas le caractère d'une faute personnelle détachable de l'exercice de ses fonctions, la collectivité publique doit lui accorder sa protection. Le fonctionnaire entendu en qualité de témoin assisté pour de tels faits bénéficie de cette protection. La collectivité publique est également tenue de protéger le fonctionnaire qui, à raison de tels faits, est placé en garde à vue ou se voit proposer une mesure de composition pénale. / IV.- La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté. / () / VII.- Un décret en Conseil d'Etat précise les conditions et les limites de la prise en charge par la collectivité publique, au titre de la protection, des frais exposés dans le cadre d'instances civiles ou pénales par le fonctionnaire ou les personnes mentionnées au V. ".
3. Pour rejeter la demande d'un fonctionnaire qui sollicite le bénéfice des dispositions de l'article 11 précité, l'autorité administrative peut, sous le contrôle du juge, exciper du caractère personnel de la ou des fautes qui ont conduit à l'engagement de la procédure pénale, sans attendre l'issue de cette dernière ou de la procédure disciplinaire. Elle se prononce au vu des éléments dont elle dispose à la date de sa décision en se fondant, le cas échéant, sur ceux recueillis dans le cadre de la procédure pénale.
4. Il est constant que, le 17 décembre 2019, un élève mineur du lycée de l'Arc à Orange, qui était parti en voyage linguistique en Italie sous l'autorité de M. A, a déposé plainte contre ce dernier pour des faits commis le 1er avril 2019 à Cuneo en Italie, que le procureur de la République de Carpentras a qualifiés d'agression sexuelle sur mineur de plus de 15 ans par une personne ayant autorité sur la victime. A la suite des actes d'enquête et de l'audition de M. A, le juge d'instruction du tribunal de Carpentras a alors procédé, le 1er juillet 2020, à la mise en examen de l'intéressé et à son placement sous contrôle judiciaire, la lettre adressée le 6 juillet 2020 par le procureur de la République au recteur de l'académie d'Aix-Marseille précisant, d'une part, que ce placement sous contrôle judiciaire comporte notamment l'interdiction d'exercer l'activité de professeur ou toute autre activité impliquant un contact habituel avec des mineurs, d'autre part, que sa mise en examen porte non seulement sur des faits qualifiés d'agression sexuelle sur mineur de plus de quinze ans par une personne ayant autorité, mais aussi sur la détention de l'image d'un mineur présentant un caractère pornographique et la consultation habituelle d'un service de communication au public en ligne mettant à disposition l'image ou la représentation pornographique d'un mineur.
5. Au regard de ces éléments, qui avaient alors été portés à la connaissance de l'administration rectorale, le recteur de l'académie d'Aix-Marseille, se plaçant à la date de la décision qu'il a prise, a valablement pu décider de rejeter la demande de protection fonctionnelle présentée par M. A, en se fondant sur le caractère personnel de la faute imputable à cet enseignant dans le cadre de la procédure pénale en cours. A cet égard, la circonstance que M. A, dont le dossier a été audiencé le 10 novembre 2022 devant le tribunal judiciaire de Carpentras, a bénéficié d'un jugement de relaxe est inopérante dans le présent litige car postérieure à la date de la décision attaquée. Il résulte de ce qui précède que, dans le présent litige, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires doit être écarté.
6. En second lieu, l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales relatif au droit au procès équitable ne peut être utilement invoqué pour contester la régularité d'une procédure administrative, qui n'est pas un procès. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations ne peut qu'être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision attaquée portant refus de sa demande de protection fonctionnelle formée le 11 octobre 2020.
8. M. A n'en conserve pas moins la possibilité de saisir l'administration rectorale d'une nouvelle demande de protection fonctionnelle, s'il s'y croit recevable et fondé.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
9. Aux termes du deuxième alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ".
10. Dès lors que M. A ne justifie pas avoir adressé à l'administration une demande préalable tendant au paiement d'une somme d'argent, les conclusions à fin d'indemnisation présentées par le requérant dans le cadre de la présente instance sont irrecevables en application des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative. Pour ce motif, ces conclusions doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée pour information au recteur de l'académie d'Aix-Marseille.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Brossier, président,
Mme Bala, première conseillère,
M. Aymard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.
Le rapporteur,
F. B
Le président,
J. B. BROSSIER
La greffière,
E. NIVARD
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026