mardi 14 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2100664 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | GEOFFRET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 février 2021 et un mémoire enregistré le 19 janvier 2023, M. D B A et la société civile immobilière (SCI) SPQR, représentés par Me Geoffret, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 février 2021 par laquelle le maire de la commune de Bollène a décidé de préempter un terrain cadastré section BZ, parcelles n° 87 et 89 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bollène une somme de 2 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence dès lors que l'exercice du droit de préemption urbain relève de la seule compétence de la communauté de communes Rhône Lèz Provence ;
- La commune de Bollène n'établit pas que l'assemblée délibérante de la communauté de communes Rhône Lèz Provence a adopté une délibération relative à la définition de l'intérêt communautaire dans les conditions prévues par l'article L. 5214-16 du code général des collectivités territoriales, de sorte que la communauté de communes Rhône Lèz Provence, qui détient la compétence obligatoire " aménagement de l'espace ", est la seule titulaire du droit de préemption ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée en fait ; elle ne vise par ailleurs pas le PLU de la commune ;
- la commune ne justifie pas de la réalité d'un projet répondant aux objets mentionnés à l'article L. 300-1 du code de l'urbanisme ;
- la décision en litige est entachée d'un détournement de pouvoir.
Par des mémoires en défense enregistrés le 20 juillet 2021 et le 26 janvier 2023, la commune de Bollène, représentée par Me Cazin, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge solidaire des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- les observations de Me Geoffret, pour les requérants, et celles de Me Benmerad, pour la commune de Bollène.
Une note en délibéré présentée pour M. B A a été enregistrée le 9 février 2023.
Une note en délibéré présentée pour la commune de Bollène a été enregistrée le 9 février 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Par la décision critiquée du 3 février 2021, le maire de Bollène a préempté un immeuble cadastré section BZ parcelles n°s 87 et 89, situé 11, rue Anatole France et 6 bis, rue Plan de Grignan. Les requérants, en leur qualité d'acquéreurs évincés, demandent l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 211-1 du code de l'urbanisme dans sa version applicable au litige : " Les communes dotées d'un plan d'occupation des sols rendu public ou d'un plan local d'urbanisme approuvé peuvent, par délibération, instituer un droit de préemption urbain sur tout ou partie des zones urbaines et des zones d'urbanisation future délimitées par ce plan () ". Aux termes de l'article L. 213-3 du même code dans sa version applicable au litige : " Le titulaire du droit de préemption peut déléguer son droit à l'Etat, à une collectivité locale, à un établissement public y ayant vocation ou au concessionnaire d'une opération d'aménagement. Cette délégation peut porter sur une ou plusieurs parties des zones concernées ou être accordée à l'occasion de l'aliénation d'un bien. Les biens ainsi acquis entrent dans le patrimoine du délégataire. ".
3. Il est constant que la commune de Bollène fait partie de la communauté de communes Rhône Lèz Provence, titulaire de la compétence aménagement de l'espace. Il ne ressort en revanche d'aucune pièce du dossier que la commune de Bollène aurait délégué son droit de préemption à ladite communauté de communes en application de l'article L. 213-3 du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.
4. Aux termes de l'article L. 210-1 du code de l'urbanisme : " Les droits de préemption institués par le présent titre sont exercés en vue de la réalisation, dans l'intérêt général, des actions ou opérations répondant aux objets définis à l'article L. 300-1, à l'exception de ceux visant à sauvegarder ou à mettre en valeur les espaces naturels, à préserver la qualité de la ressource en eau, ou pour constituer des réserves foncières en vue de permettre la réalisation desdites actions ou opérations d'aménagement. / () / Toute décision de préemption doit mentionner l'objet pour lequel ce droit est exercé () ". Aux termes de l'article L. 300-1 du même code : " Les actions ou opérations d'aménagement ont pour objets de mettre en œuvre un projet urbain, une politique locale de l'habitat, d'organiser le maintien, l'extension ou l'accueil des activités économiques, de favoriser le développement des loisirs et du tourisme, de réaliser des équipements collectifs ou des locaux de recherche ou d'enseignement supérieur, de lutter contre l'insalubrité et l'habitat indigne ou dangereux, de permettre le renouvellement urbain, de sauvegarder ou de mettre en valeur le patrimoine bâti ou non bâti et les espaces naturels ".
5. Il résulte de ces dispositions que les collectivités titulaires du droit de préemption urbain peuvent légalement exercer ce droit, d'une part, si elles justifient, à la date à laquelle elles l'exercent, de la réalité d'un projet d'action ou d'opération d'aménagement répondant aux objets mentionnés à l'article L. 300-1 du code de l'urbanisme, alors même que les caractéristiques précises de ce projet n'auraient pas été définies à cette date et, d'autre part, si elles font apparaître la nature de ce projet dans la décision de préemption. En outre, la mise en œuvre de ce droit doit, eu égard notamment aux caractéristiques du bien faisant l'objet de l'opération ou au coût prévisible de cette dernière, répondre à un intérêt général suffisant. D'une part, la décision attaquée précise que les parcelles concernées jouxtent la parcelle cadastrée section BZ n°88, dont la mairie est propriétaire depuis 2011, ce qui permettra la réalisation sur ces trois parcelles d'un projet d'aménagement d'ensemble destiné à l'accueil de services de proximité, afin de poursuivre la redynamisation du cœur de ville. Une telle mention est suffisante pour faire apparaître la nature du projet justifiant la décision de préemption. D'autre part, la circonstance que cette décision ne vise pas le plan local d'urbanisme de la commune est sans incidence sur sa légalité. Il s'ensuit que le moyen tiré du défaut de motivation entachant la décision en litige doit être écarté en ses deux branches.
6. Il ressort des pièces du dossier que le projet d'aménagement et de développement durables (PADD) du plan local d'urbanisme de la commune de Bollène, approuvé en septembre 2017, comporte une orientation relative à la redynamisation du centre ancien. Dans le cadre de la mise en œuvre de cette orientation du PADD, la commune fait valoir qu'elle a exercé son droit de préemption à cinq reprises depuis 2018, dans ce périmètre, afin d'implanter notamment un centre d'examen du permis de conduire et une salle d'exposition permanente pour les artistes locaux. Elle a ainsi préempté la parcelle cadastrée section BZ n° 85, située 5, rue Anatole France, par une décision du 17 septembre 2020, pour y implanter un office du commerce, ce qui s'inscrit également dans un objectif de redynamisation du secteur. Ces précédents démontrent que la décision en litige s'insère dans une politique globale d'acquisitions foncières conduite par la commune au sein du cœur de ville et répondant à l'objectif de renouvellement urbain mentionné à l'article L. 300-1 du code de l'urbanisme. Par suite, alors même que les caractéristiques du projet n'étaient pas définies à la date de la décision en litige, la commune de Bollène a pu valablement exercer son droit de préemption.
7. En se bornant à soutenir qu'il y a tout lieu de penser que l'acte attaqué a été édicté en raison de considérations d'opportunité et non pour permettre la réalisation d'une action ou opération d'aménagement répondant à l'un des objectifs de l'article L. 300-1 du code de l'urbanisme, au seul motif que l'a commune n'a pas entendu faire usage de son droit de préemption lors d'une précédente vente, les requérants ne démontrent pas l'existence d'un détournement de pouvoir.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision en litige.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Bollène, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par les requérants, au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants une quelconque somme à verser à la commune de Bollène au titre au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B A et la SCI SPQR est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Bollène sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B A, premier dénommé dans la requête, et à la commune de Bollène.
Délibéré après l'audience du 31 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Antolini, président,
- M. Lagarde, premier conseiller,
- Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2023.
Le rapporteur
F. C Le président,
J. ANTOLINI
La greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026